Noctuelle dysodée (Hecatera dysodea)

  • Règne : Animalia
  • Embranchement : Arthropoda
  • Classe : Insecta
  • Ordre : Lepidoptera
  • Super famille : Noctuoidea
  • Famille : Noctuidae
  • Genre : Hecatera

Ton sur ton. La Noctuelle dysodée (Hecatera dysodea) prise hier soir à Berzé la ville. Tous les moyens sont bons pour passer inaperçu mais ça marche . je suis passé de nombreuses fois devant elle avant de l’apercevoir.

Présentation

La Noctuelle dysodée est une espèce de lépidoptères appartenant à la famille des Noctuidae. Cette famille compte plus de 11 000 espèces dans le monde, dont plusieurs centaines vivent en Europe et en France. Parmi les plus communes que l’on rencontre sur le territoire figurent la Noctuelle fiancée, la Noctuelle potagère, la Plusie gamma, la Craintive ou encore la Nuée rousse. L’une des principales caractéristiques de ce groupe réside dans la morphologie de leurs ailes antérieures, qui se replient au-dessus du corps lorsque l’insecte est au repos. Cette posture dissimule en grande partie les ailes postérieures et permet à la majorité de ces papillons nocturnes de se confondre avec leur environnement pendant la journée.

Noctuelle dysodée, ton sur ton .
Noctuelle dysodée, ton sur ton .

Elle appartient au genre Hecatera, qui regroupe des papillons dont les larves se développent principalement sur des plantes de la famille des Astéracées. La particularité majeure de ce genre est la présence de motifs marbrés et de lignes sinueuses sur le dessus des ailes antérieures, dont les nuances de gris et de vert varient subtilement. Ces insectes pratiquent l’homochromie, ce qui signifie que la coloration de leurs ailes est en harmonie avec les teintes des murets ou des lichens où ils choisissent de se poser pour passer inaperçus.

Le genre se distingue également par des mœurs essentiellement nocturnes.

Description

La Noctuelle dysodée est un papillon de nuit qui a une envergure de 30 à 34 millimètres. La richesse de ses motifs fait qu’il est très difficile à décrire. Lorsqu’il est posé, ses ailes antérieures montrent un mélange complexe de teintes grises, blanches et vert marbré, parsemé de taches et de lignes sinueuses. Une bande centrale plus sombre traverse l’aile, sur laquelle se détachent très nettement des touches d’un orange safrané.

Ces couleurs vives entourent les motifs ronds du milieu de l’aile. Une frange de poils gris et blancs borde l’extrémité des ailes. La tête et le dos sont recouverts d’un pelage épais de poils gris et clairs. Ses antennes sont fines, lisses et d’une couleur gris-brun uniforme. Ses pattes sont marquées par des zones alternativement noires et beiges clair.

Alimentation

L’adulte s’alimente principalement à la tombée de la nuit. À l’aide de sa trompe, il butine le nectar de nombreuses fleurs pour reprendre des forces.

Il visite très régulièrement les fleurs des laitues sauvages, mais il apprécie aussi beaucoup d’autres plantes sauvages des chemins et des talus. On le voit ainsi fréquemment butiner les fleurs des épervières, des laiterons ou des crépides, qui appartiennent à la même famille que la laitue. Il ne dédaigne pas non plus les fleurs des jardins, comme les valérianes ou les buddleias.

En plus du nectar de toutes ces fleurs, il peut également se nourrir de miellat, ce liquide sucré produit par les pucerons, qui constitue pour lui une source d’énergie précieuse pour ses vols nocturnes.

Habitat

La Noctuelle dysodée vit principalement dans les milieux ouverts et ensoleillés, souvent façonnés ou fréquentés par les activités humaines. Elle s’installe très volontiers dans les friches urbaines, les terrains vagues, les chantiers, les bords des chemins et les talus routiers. Elle se plait  également  dans les  parcs et les jardins.

Ces environnements constituent des zones idéales où poussent en abondance les laitues sauvages et les autres plantes de la même famille. Ces végétaux y trouvent la chaleur et la lumière nécessaires à leur développement, et offrent  ainsi le gîte et le couvert aux chenilles comme aux adultes de cette espèce.

Plantes hôtes

La chenille de la Noctuelle dysodée montre une nette préférence pour les plantes de la famille des Astéracées, en particulier celles du genre Lactuca.

La Laitue vireuse (Lactuca virosa) et la Laitue scariolle (Lactuca serriola) constituent ses principales ressources nourricières. Le papillon sélectionne également d’autres espèces proches, comme la Laitue cultivée (Lactuca sativa) ou des plantes du genre Crepis (les crépides).

Distribution

La Noctuelle dysodée possède une vaste zone de répartition géographique qui s’étend sur plusieurs continents. Elle est particulièrement répandue et commune dans une grande partie de l’Europe. On la retrouve ainsi très fréquemment en Espagne, au Portugal, en France, l’Italie, en Belgique, en Allemagne, au Royaume-Uni, et en remontant vers la Pologne, la Roumanie ou encore l’Ukraine. On la trouve également de manière bien implantée sur la frange nord de l’Afrique, notamment au Maroc, ainsi que dans une large moitié ouest de l’Asie, à travers la Turquie, la Russie et jusqu’au Kazakhstan. Par ailleurs, ce papillon a été introduit en Amérique du Nord, où il s’est parfaitement acclimaté, colonisant de grands territoires dans l’ouest des États-Unis et du Canada. Elle apprécie les climats tempérés et évite les climats trop chauds ou trop froids. Pour cette raison, elle est totalement absente de Fennoscandie (Norvège, Suède, Finlande). Au sud, la chaleur limite son extension : si elle est présente au Maroc, elle reste absente du reste du continent africain.

Carte GBIF de la présence de la noctuelle dysodée dans le monde (

Carte GBIF de la présence de la noctuelle dysodée dans le monde

Taxonomie

La Noctuelle dysodée a été décrite et nommée par les naturalistes autrichiens Michael Denis et Ignaz Schiffermüller en 1775 sous le nom initial de Noctua dysodea.

Le genre Hecatera a été créé en 1852 par l’entomologiste français Achille Guénée.

La famille des Noctuidae a été proposée en 1809 par l’entomologiste français Pierre André Latreille.

Étymologie

Le nom de genre Hecatera descend  du grec ancien Hekatê (Ἑκάτη). Il fait référence à Hécate, la déesse de la mythologie grecque associée à la lune, aux carrefours et à la nuit. L’entomologiste français Achille Guénée a choisi cette divinité nocturne pour souligner la nature noctambule de ces insectes.

L’épithète dysodea trouve sa racine dans le grec ancien dusôdia (δυσωδία). Il est formé du préfixe péjoratif dus- (qui indique une difficulté ou un défaut) et de la racine ozô (sentir ou dégager une odeur). Le mot signifie littéralement qui sent mauvais ou fétide.

Cette qualification ne désigne pas une odeur issue du papillon adulte, mais provient d’une association avec la plante hôte de sa chenille. Les naturalistes autrichiens Michael Denis et Ignaz Schiffermüller ont nommé cet insecte en référence à la Laitue vireuse (Lactuca virosa), une plante sauvage au suc laiteux et à l’odeur forte, fétide ou repoussante, sur laquelle la chenille se développe couramment.

Noctuelle est composé du mot latin « noctua » (chouette) et du suffixe -elle. Il signale ici que ce papillon vole essentiellement la nuit. Le nom vernaculaire reprend directement le nom scientifique Hecatera dysodea.

Le mot « dysodée » est une francisation de l’épithète spécifique dysodea, mais il n’existe pas en français courant et n’a pas de sens propre. Il sert simplement à créer un nom lisible pour désigner cette espèce de manière pratique.

Noms vernaculaires

Pour nommer ce papillon les entomologistes emploient parfois les noms Hécatère de la Laitue ou Noctuelle de la Laitue. Ces deux dénominations font directement référence au genre de la plante nourricière dont se nourrit sa chenille.

Les noms à l’étranger

À l’étranger, les noms populaires donnés à ce papillon soulignent ses habitudes de vie ou l’aspect de ses motifs.

En anglais, il est appelé Small Ranunculus, ce qui signifie la petite renoncule. Ce nom fait référence aux motifs complexes de ses ailes, qui rappelaient aux premiers observateurs britanniques les formes de certaines fleurs de cette famille.

En allemand, son nom est « Kompasslattich-Eule », ce qui se traduit par « noctuelle de la laitue boussole ». Cette appellation très précise désigne la Laitue scariolle, l’une des plantes préférées de sa chenille, dont les feuilles se dirigent naturellement du nord au sud. Le mot Eule (« chouette ») est traditionnellement employé en allemand pour désigner les noctuelles.

En néerlandais, il porte le nom de « Kompassla-uil », qui signifie également « noctuelle de la laitue boussole ». Comme en allemand, ce nom fait référence à la Laitue scariolle, l’une des plantes préférées de sa chenille, tandis que uil (« hibou ») est le terme employé pour désigner les noctuelles.

Confusion

Elle peut être confondue avec Polymixis flavicincta (la ceinture jaune) qui lui ressemble, mais qui a une taille  plus grande.

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