On parle de dimorphisme saisonnier lorsqu’une même espèce change de formes ou de couleurs selon la saison.
Le papillon “carte géographique” (Araschnia levana), par exemple, est connu pour avoir deux formes très différentes. La première génération de printemps (forme levana), qui apparaît en avril-mai, est claire et de couleur fauve, alors que la seconde génération (forme prorsa), que l’on voit dès juin-juillet, est noire avec une bande blanche.



Ce changement est dicté par la durée du jour (la photopériode) perçue par la chenille, qui programme ainsi la couleur du futur papillon. Une personne qui ne connaîtrait pas cette particularité serait certaine de voir deux espèces distinctes tant les couleurs sont différentes. Mais le dimorphisme saisonnier peut être plus discret comme c’est le cas chez notre piéride du navet. Chez cette dernière, les nervures sont plus sombres au printemps pour mieux absorber la chaleur du soleil, un rôle de thermorégulation essentiel.
Cette particularité s’observe également chez les punaises, comme la Punaise verte (Nezara viridula). En période estivale, elle arbore un vert éclatant qui lui permet de se fondre parfaitement dans le feuillage. Cependant, à l’approche de l’hiver, son corps change de couleur pour devenir brun ou pourpre. Ce camouflage saisonnier lui permet de rester indécelable lorsqu’elle s’abrite parmi les feuilles mortes ou les écorces pour hiberner.
On retrouve ce dimorphisme saisonnier chez les oiseaux avec le plumage internuptial et le plumage nuptial. Le premier, très discret, a pour fonction de rendre l’oiseau peu visible afin qu’il soit plus difficilement repérable par les prédateurs. L’oiseau peut alors revêtir un plumage neutre de type « cryptique » qui est comme une sorte de camouflage.
Le plumage nuptial, qui survient au printemps au moment de la saison des amours, est au contraire souvent très coloré et voyant, car sa fonction première est d’être perçu de loin et d’attirer la femelle par sa brillance et l’intensité de ses couleurs. Ce plumage est un « signal honnête » de santé : seules les couleurs les plus vives prouvent à la femelle que le mâle est vigoureux et résistant.
