Le crémaster

Chez l’homme, le crémaster est un « muscle mince qui accompagne le cordon spermatique dans le canal inguinal ».

Le muscle Crémaster (Domaine public)
Illustration par modified by Uwe Gille

Lorsqu’il fait  froid il se contracte et rapproche les testicules pour les réchauffer.  A l’inverse il se détend quand il fait chaud et les éloigne pour les refroidir.  

La nature est vraiment bien faite mais, vous l’aurez peut être compris, le crémaster dont je veux parler ici n’est pas celui-ci .

Je veux bien sur  parler du crémaster dont sont dotées  les chrysalide des papillons.

Le Crémaster : L’Ancre de la Métamorphose

Le crémaster se situe à l’extrémité du dixième segment abdominal de la chrysalide. Il se compose d’une tige ou d’une plaque terminale garnie de minuscules crochets. Ces crochets fonctionnent sur le principe du ruban auto-agrippant. La chenille, avant de se transformer, tisse sur un support un petit coussin de soie appelé bouton. Elle y accroche ensuite les crochets du crémaster. Cette fixation doit supporter le poids de la chrysalide pendant toute la durée de la nymphose, parfois sous des vents violents ou de fortes pluies.

Les Quatre Stratégies de Maintien

Le crémaster s’adapte à l’environnement choisi par la chenille pour sa transformation. On distingue principalement quatre configurations :

  • La suspension par soie : Chez les Nymphalidae, la chenille tisse un tapis de soie dense. Le crémaster vient se ficher dans les boucles de ce support pour assurer une suspension verticale. La chrysalide pend alors tête en bas.
  • L’ancrage direct dans le végétal : Chez d’autres espèces, le crémaster peut être planté directement dans la plante. Plus rigide et pointue, la structure s’insère dans les tissus végétaux, comme une anfractuosité d’écorce, pour caler la chrysalide sans soie.
  • La fixation par crémaster et ceinture : Chez les Papilionidae, la chrysalide utilise une double sécurité. Le crémaster est ancré dans un tapis de soie à la base, tandis qu’une ceinture de soie maintient le corps à la verticale contre le support.
  • L’existence d’un crémaster non fixé : Chez de nombreuses espèces de papillons de nuit qui s’enterrent, comme les Sphingidae, la chrysalide possède toujours un crémaster bien développé. Cependant, celui-ci ne se fixe à aucun support. Il sert alors de pivot mécanique pour permettre à la nymphe de se tortiller et de se mouvoir dans sa loge, ou pour faciliter la progression de l’adulte vers la surface lors de l’éclosion.

Morphologie et Identification

La forme du crémaster est un critère de détermination précieux pour les entomologistes. Chez certaines espèces, il peut être long et effilé, tandis que chez d’autres, il est large, plat ou même bifide. La disposition et le nombre de crochets sont constants au sein d’une même espèce, ce qui permet d’identifier un papillon même à partir de son exuvie nymphale après l’éclosion.

Étymologie

Le mot Crémaster a d’abord existé pour désigner le muscle de l’anatomie  humaine.

 Il vient du grec κρεμαστήρ (kremastêr), qui signifie « celui qui suspend » ou « ce qui pend », dérivé du verbe kremannymi : suspendre.

Ce  nom a été donné à ce muscle  parce qu’il soulève et abaisse les testicules, qui sont eux-mêmes des organes suspendus dans le scrotum.

Les entomologistes ont repris ce même mot pour désigner la petite structure située au bout de la chrysalide  parce qu’elle sert précisément à suspendre la chrysalide au support.

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