Quatre  plantes  hôtes de printemps  essentielles pour les papillons

La Cardamine des prés

La cardamine des prés, ou Cardamine pratensis, se reconnaît à ses fleurs composées de quatre pétales disposés en croix, de couleur blanc rosé à lilas. Elle se développe principalement dans les prairies humides et les fossés. Cette plante contient des glucosinolates, des composés soufrés qui attirent spécifiquement l’Aurore (Anthocharis cardamines). Le papillon dépose un œuf unique sur le pédoncule floral. À l’éclosion, la chenille se nourrit prioritairement des siliques, les fruits allongés de la plante, qui sont riches en nutriments et en composés azotés nécessaires à sa croissance rapide avant la nymphose.

L’Alliaire officinale

L’Alliaire officinale, ou Alliaria petiolata, est une plante bisannuelle qui privilégie les lisières de bois et les zones ombragées. Ses fleurs blanches sont petites et groupées au sommet d’une tige pouvant atteindre un mètre. Comme la cardamine, elle appartient à la famille des Brassicacées et sert de plante hôte de substitution pour l’Aurore, mais aussi pour la Piéride du navet. Les femelles repèrent la plante grâce aux signaux chimiques de ses feuilles. Les larves consomment le feuillage et les jeunes tiges. Elles profitent de la robustesse de la plante pour se développer en grand nombre sur un même pied.

La Violette

Le genre Viola regroupe plusieurs espèces, comme la violette odorante (Viola odorata) ou la violette des chiens (Viola canina), qui fleurissent au ras du sol dès la fin de l’hiver. Les violettes sont les principales plantes hôtes des Nacrés comme le tabac d’Espagne (Argynnis paphia), le Moyen nacré (Argynnis adippe), le Grand nacré (Speyeria aglaja) ou la Petite violette (Boloria dia). Les femelles ne pondent pas directement sur la plante, mais sur l’écorce des arbres environnants. À l’éclosion, les jeunes chenilles descendent au sol pour trouver les feuilles de violettes dont elles se nourrissent exclusivement. La plante fournit ainsi l’unique source de nourriture larvaire indispensable à la survie de ces espèces de grands papillons orangés.

L’Ortie dioïque

L’ortie dioïque ou Urtica dioica se développe vigoureusement dans les sols riches en azote et se rencontre souvent à proximité des zones anthropisées ou des lisières de forêts elle se reconnaît à ses feuilles opposées dentées et couvertes de poils urticants qui injectent un mélange de composés irritants dont l’histamine l’acétylcholine et la sérotonine en cas de contact

Cette plante constitue un support de ponte essentiel pour de très nombreuses espèces de papillons et pour d’autres insectes les femelles déposent leurs œufs sur la face inférieure des feuilles en groupes denses à l’éclosion les chenilles vivent dans des nids de soie entre les feuilles et se nourrissent du feuillage riche en protéines végétales jusqu’à leur complet développement

Parmi les papillons qui utilisent l’ortie comme plante hôte on trouve le Paon-du-jour (Aglais io), la Petite Tortue (Aglais urticae), le Vulcain (Vanessa atalanta), la Carte géographique (Araschnia levana), le Robert-le-diable (Polygonia c-album), le Map (Araschnia levana), l’Hespérie de l’alcée (Carcharodus alceae), l’Hespérie de la houque (Pyrgus malvae), le Cuivré des marais (Lycaena dispar), le Cuivré commun (Lycaena phlaeas), l’Azuré des nerpruns (Celastrina argiolus), la Piéride du chou (Pieris brassicae), la Piéride du navet (Pieris napi) , la Piéride de la rave (Pieris rapae) etc…

L’ortie dioïque représente ainsi une plante clé pour la biodiversité du jardin elle fournit une nourriture indispensable à la croissance des chenilles et contribue au maintien de populations stables de papillons elle attire également d’autres insectes bénéfiques ce qui favorise un écosystème équilibré et riche en vie.

Laisser un commentaire