- · Règne : Animalia
- · Classe : Insecta
- · Ordre : Coleoptera
- · Sous-ordre : Polyphaga
- · Famille : Lampyridae
- · Sous-famille : Tanypodinae
- · Tribu : Lampyrini
- · Genre : Lampyris
Larve de vers luisant
Celle-ci a eu peur lorsque j’ai commencé à désherber la mélisse. La goutte blanche visible sur le côté de la larve de luciole correspond à un phénomène d’autohémorragie appelé aussi saignée réflexe.

Lorsqu’elle se sent menacée ou qu’elle subit une pression, la luciole exsude volontairement des gouttes d’hémolymphe (le liquide circulatoire des insectes) par des pores situés le long de ses segments ou au niveau de ses articulations. Ce liquide contient des substances amères et toxiques, notamment des lucibufagines, qui servent à repousser les prédateurs en signalant sa toxicité par le goût et l’odeur. L’hémolymphe peut être blanche comme ici, mais elle peut aussi être jaune orange verdâtre ou rouge .
On peut rencontrer ce même phénomène chez d’autres insectes : le crache-sang, les coccinelles , des chenilles ou certains criquets pratiquent aussi ces saignées réflexes.


Les taches latérales présentes sur les côtés de chaque segment sont caractéristiques des larves et ne sont plus présentes chez la femelle adulte . Les mâles adultes sont très différents et ressemblent davantage à des coléoptères.
Vers luisant ou Lucioles ?
On confond souvent ces deux insectes, car ils appartiennent à la même famille des Lampyridae, mais leurs modes de vie et leurs signaux lumineux permettent de les distinguer nettement.
Le Ver luisant (Lampyris noctiluca) est l’espèce la plus courante en Europe du Nord. Chez cette espèce, le dimorphisme sexuel est frappant : le mâle ressemble à un petit coléoptère classique capable de voler, tandis que la femelle n’a pas d’ailes et conserve une apparence de larve toute sa vie. Son signal est une lumière verte fixe et continue qu’elle émet depuis le sol ou une herbe haute pour guider le mâle vers elle.
La Luciole (souvent du genre Luciola) se rencontre plus fréquemment dans le sud de l’Europe et dans les régions tropicales. Contrairement au ver luisant, le mâle et la femelle possèdent généralement des ailes et peuvent voler. Leur communication est beaucoup plus dynamique : ils émettent des éclats de lumière intermittents, semblables à des flashs. Ces clignotements suivent un rythme précis qui permet aux partenaires de se reconnaître au milieu d’autres espèces.
Distribution

Taxonomie
Le ver luisant a été décrit et nommé par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1758 sous le nom initial de Cantharis noctiluca.
Le genre Lampyris a été créé en 1762 par l’entomologiste français Étienne Louis Geoffroy.
La famille des Lampyridae a été proposée en 1817 par l’entomologiste français Pierre-André Latreille.
Étymologie
Le nom de genre Lampyris provient du grec ancien λαμπυρίς (lampurís), un terme dérivé du verbe λάμπειν (lámpein) qui signifie briller ou resplendir. Ce mot servait déjà dans l’Antiquité à désigner spécifiquement les insectes dotés de propriétés lumineuses.
L’épithète spécifique noctiluca est un adjectif latin composé de nox, noctis (la nuit) et de lucere (briller), issu de lux (lumière). Littéralement, ce terme signifie qui luit pendant la nuit.
L’assemblage des deux termes décrit donc un organisme qui manifeste une brillance nocturne.
Le terme ver provient du latin vermis, qui désigne de manière générale les animaux invertébrés au corps allongé et dépourvus de membres. Dans ce contexte précis, l’appellation est techniquement inexacte puisque l’animal est un coléoptère, mais elle a été conservée car la femelle, aptère, garde une apparence larvaire tout au long de sa vie.
L’adjectif luisant est issu du participe présent du verbe luire, provenant du latin lucere, qui signifie briller ou émettre de la lumière. L’association des deux mots définit donc un organisme à l’aspect vermiforme capable de produire une source lumineuse visible.
