Pieris napi (Linnaeus,1758)
Noms scientifiques
L’espèce a été décrite par Carl von Linné en 1758 sous le nom de Papilio napi. Elle a ensuite été placée dans le genre Pieris, créé par Franz von Paula Schrank en 1801.
Le nom de genre Pieris trouve son origine dans la mythologie grecque. Il fait référence aux Piérides, les neuf filles de Piéros, roi de Macédoine. Selon la légende, ces sœurs défièrent les Muses lors d’un concours de chant. Mauvaises perdantes après leur défaite, elles tinrent des propos violents envers leurs rivales. Pour les punir, Apollon les transforma en pie. Une autre version du mythe raconte que chacune des neuf sœurs fut changée en un oiseau différent, comme Acalanthis qui devint un chardonneret.

Arthur Maitland Emmet précise que les Piérides étaient supposées vivre sur le mont Pierus, près du mont Olympe. Il remarque également que Schrank avait placé l’Apollon (Parnassius apollo) en tête de ce groupe de papillons, selon une classification aujourd’hui abandonnée. L’Apollon appartient aujourd’hui à la famille des Papilionidae et non à celle des Pieridae. Apollon étant le protecteur des Muses, ce rapprochement pourrait expliquer le choix du nom Pieris. Cette interprétation est également reprise par Jean-Yves Cordier.
L’épithète napi, attribuée par Carl von Linné en 1758, dérive du latin napus, qui signifie « navet ». Emmet la rattache à Brassica napus, considérée par Linné comme une plante hôte. Jean-Yves Cordier précise toutefois que le « navet » auquel Linné faisait référence ne correspond pas à notre navet cultivé actuel (Brassica rapa), mais à un « navet sauvage », Napus sylvestris, dont l’identification botanique actuelle est incertaine.
Noms vernaculaires
Bien que le navet ne soit pas sa principale plante hôte, le nom vernaculaire le plus courant reste « Piéride du navet ».
Cette espèce a également reçu d’autres appellations. « Papillon blanc veiné de vert » est sans doute la plus descriptive, puisqu’elle fait directement référence aux nervures gris verdâtre qui soulignent le revers des ailes postérieures. Ce nom fut employé par Étienne-Louis Geoffroy en 1762 et repris par Engramelle en 1779.
Certains naturalistes utilisent aussi le nom de « Piéride de l’alliaire », en référence à l’une des principales plantes hôtes de la chenille.
Les noms à l’étranger
Les noms attribués à la Piéride du navet à l’étranger mettent soit l’accent sur les nervures caractéristiques de ses ailes, soit sur le navet, en reprenant l’épithète scientifique.
Les Anglais la nomment « Green-veined White » (« Blanc aux nervures vertes »). Les Allemands utilisent « Grünader-Weißling », qui possède exactement le même sens, tandis que les Néerlandais disent « Klein geaderd witje » (« Petit blanc nervuré »).
Dans les pays de langues latines, l’influence du nom scientifique est plus marquée. Les Italiens l’appellent « Pieride del navone », en référence au navone, et les Espagnols « Pieris de los nabos », c’est-à-dire « Piéride des navets ».
Les Danois utilisent le nom « Grønåret kålsommerfugl », que l’on peut traduire par « Papillon du chou aux nervures vertes », une appellation qui associe la description des ailes à son appartenance au groupe des piérides.
Au Japon, elle est connue sous le nom de « Sujiguro-shirochō ». Ce terme signifie littéralement « papillon blanc aux nervures noires » et met lui aussi en avant le critère le plus distinctif de l’espèce : les nervures sombres visibles sur le revers des ailes.
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