Brocatelle d’or (Camptogramma bilineata)

  • Règne : Animalia
  • Embranchement : arthropoda
  • Classe : Insecta
  • Ordre : Lepidoptera
  • Super-famille : Geometroidea
  • Famille : Geometridae
  • Sous-famille : Larentiinae
  • Genre : Camptogramma

Présentation

La brocatelle d’or est un hétérocère diurne , c’est-à-dire un papillon de nuit que l’on peut rencontrer aussi le jour. Elle fait partie de la famille des Geometridae qui compte 23000 espèces recensées dans le monde et plus de 650 espèces en France . Cette famille est l’une des riches après celle des Noctuidae .  Leurs membres sont appelés les géomètres ou phalènes.  J’ai déjà présenté ici la phalène picotée ou la phalène du bouleau qui sont aussi des géométridés. Les géométridés ont une envergure comprise entre 10 et 120 mm . Ils ont en général de larges ailes qui restent souvent à plat au repos .

Brocatelle d’or (Camptogramma bilineata)

La famille des géométridés a été créée en 1815 par le zoologiste anglais William Elford Leach.

Les chenilles des géométridés sont nommées arpenteuses, car leur manière d’avancer en se courbant donne l’impression qu’elles sont en train de mesurer le terrain comme le font les géomètres avec leur corde d’arpenteur.

La brocatelle d’or fait également partie de la sous-famille des larentiinae. Les papillons de cette sous-famille ont des motifs caractéristiques sur les ailes constitués de lignes transversales ondulées comme on peut le voir sur la photo.

La Brocatelle d’or appartient aussi au genre Camptogramma, qui comprend quatre espèces rencontrées en Europe : Camptogramma bilineata, C. bistrigata, C. grisescens et C. scripturata.

Ce genre est aussi  en Afrique du Nord et en Asie tempérée. Les espèces qui le composent présentent des ailes relativement larges, au bord externe légèrement festonné, parcourues d’un réseau de fines lignes transversales ondulées. Certaines espèces montrent une variabilité géographique importante, décrite sous forme de sous-espèces, notamment chez C. scripturata, qui en compte plusieurs formes. Ce motif constitue le principal critère permettant de reconnaître les représentants du genre sur le terrain.

Description

La brocatelle d’or porte bien son nom puisque ses ailes sont effectivement dorées . Sa silhouette triangulaire est traversée par plusieurs bandes claires qui lui ont valu le surnom de Laurentie à deux bandes. Les lignes blanches peuvent parfois être légèrement assombries par des zones brunes . Les ailes postérieures sont plus orangées et moins marquées par les lignes . Les yeux sont verts .

Les antennes sont dirigées vers l’arrière et passent sous les ailes. L’abdomen doré est lui aussi recouvert de lignes concentriques blanches. De jour elle a tendance à aller se cacher dans les feuilles quand elle est apeurée. La nuit, elle est attiré par les lumières. L’espèce hiverne au stade de la chenille.

Plantes hôtes

Les chenilles de la Brocatelle d’or se nourrissent d’une grande variété de plantes herbacées basses. Leurs hôtes de prédilection appartiennent au genre Galium, avec une préférence marquée pour le gaillet gratteron (Galium aparine) et le gaillet blanc (Galium album).

Gaillet grateron
Gaillet grateron Domaine public Photo Mike Pennington

Le régime alimentaire des larves comprend également d’autres végétaux très communs. Elles consomment régulièrement le mouron des oiseaux (Stellaria media), les oseilles sauvages (genre Rumex), les pissenlits (genre Taraxacum) ainsi que les renouées (genre Polygonum). De manière plus occasionnelle, les chenilles s’alimentent sur les feuilles de la clématite vigne-blanche (Clematis vitalba).

Cette diversité de plantes hôtes se rencontre facilement dans les haies, les lisières de forêt, les prairies et les friches, ce qui explique la large répartition de ce papillon dans les milieux ouverts et semi-boisés.

Accouplement et ponte

L’activité de reproduction de la Brocatelle d’or commence dès la fin de l’après-midi et se poursuit pendant la nuit. Tout repose ici sur l’odorat : la femelle reste immobile sur une plante et libère des phéromones sexuelles que le mâle capte à distance grâce à ses antennes très sensibles.

Dès que le mâle repère la femelle, il se pose à ses côtés. L’accouplement débute alors sans attendre. Les deux papillons s’unissent par l’extrémité de leur abdomen et restent bien cachés sous les feuilles ou dans les herbes basses pour échapper aux prédateurs.

Une fois l’accouplement terminé, le mâle s’envole à la recherche d’une autre partenaire . La femelle fécondée commence quant à elle sa quête des plantes hôtes (comme les gaillets ou le mouron des oiseaux). Elle dépose ses œufs de manière isolée sur les feuilles, sans disposition particulière. C’est le début d’un cycle qui permettra à la future chenille de passer l’hiver bien cachée au pied de sa plante nourricière.

La chenille

La chenille de la Brocatelle d’or possède la silhouette typique des Geometridae. De couleur variable, elle arbore des teintes qui vont du vert clair au brun jaunâtre ou au gris-brun, ce qui lui permet de se fondre parfaitement dans la végétation. Son dos est souvent marqué de fins motifs géométriques en forme de chevrons ou de lignes longitudinales plus claires.

Comme toutes les chenilles arpenteuses, elle ne possède pas de fausses pattes au milieu du corps. Pour avancer, elle doit donc rapprocher ses pattes arrière de ses pattes avant, ce qui courbe son corps en forme d’arche.

Chenille de la Brocatelle d’or (Domaine public) Photo David Short from Windsor, UK, CC BY 2.0

La chenille est polyphage, c’est-à-dire qu’elle se nourrit de nombreuses plantes basses. Ses repas se composent principalement de gaillets (comme le gaillet gratteron), de mouron des oiseaux, de pissenlits, de ronces ou d’oseille sauvage. Elle s’alimente surtout la nuit pour limiter les risques face aux oiseaux.

Cette espèce passe l’hiver sous la forme de chenille. À l’automne, la jeune chenille ralentit son activité et s’abrite au pied de sa plante nourricière, cachée sous la litière de feuilles mortes ou dans la mousse. Au printemps suivant, elle se réveille, termine sa croissance, puis s’enterre légèrement dans le sol ou se cache dans les débris végétaux pour tisser un cocon de soie lâche. C’est à l’intérieur de ce abri qu’elle se transforme en chrysalide .

Distribution

La Brocatelle d’or est un papillon très répandu que l’on trouve dans une grande partie de l’Europe, de l’Asie et du nord de l’Afrique.

En Europe, ce papillon se rencontre presque partout, depuis l’Espagne et le Portugal au sud, jusqu’en Angleterre, en Irlande et dans les pays scandinaves au nord. Il est présent en Italie, en Allemagne, en Pologne, en Turquie, en Russie et jusqu’en Sibérie. On le trouve aussi dans les pays d’Afrique du Nord, notamment au Maroc, en Algérie et en Tunisie.

Carte GBIF de la présence de la Brocatelle d’or dans le monde. https://www.gbif.org/species/4524376

En France, ce papillon habite la totalité des départements du continent ainsi que la Corse. Il n’est pas difficile sur le choix de son environnement et s’installe aussi bien en plaine qu’à la montagne. Les promeneurs peuvent ainsi l’observer depuis le bord de mer jusqu’à une altitude de 1600 mètres environ dans les Alpes.

Taxonomie

La Brocatelle d’or a été décrite et nommée par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1758 sous le nom initial de Phalaena bilineata.

Le nom de genre Camptogramma a été créé en 1831 par l’entomologiste britannique James Francis Stephens.

La famille des Geometridae a été proposée en 1815 par le naturaliste britannique William Elford Leach.

Étymologie

Le nom de genre « camptogramma » descend des mots grecs « καμπτός » campto , courbé ou qui est courbé et de « gramma » , signe ou dessin.  L’ensemble évoque les lignes ondulées qui traversent les ailes. Le genre camptograma a été créé en 1831 par le zoologiste britannique James Francois Stephens.

L’épithète « bilineata » vient des mots grecs « bi » deux et « lineata » ligne. Il fait référence aux deux lignes blanches principales qui se trouvent sur les ailes du papillon . 

Le nom de la famille des Geometridae vient du grec geômetrès (« qui mesure la terre ») .  Il désigne la marche particulière des chenilles dites arpenteuses, qui avancent par flexions successives.

Le nom vernaculaire « brocatelle » » renvoie au tissu du même nom  qui date du XVI e siecle et qui est confectionné avec deux trames.

Les noms à l’étranger

Les noms vernaculaires étrangers insistent surtout sur la couleur jaune et sur les motifs linéaires des ailes. En anglais, Yellow Shell (« coquille jaune ») évoque à la fois la teinte dominante du papillon et la forme arrondie de ses ailes au repos, qui rappellent une coquille. En gallois, Gwyfyn crisial llinellog signifie littéralement « papillon de nuit à lignes de cristal » et met l’accent sur la finesse et l’aspect lumineux des stries. En allemand, Ockergelbe Blattspanner désigne un « géomètre jaune ocre des feuilles », combinant la couleur du papillon et son appartenance aux géomètres associés au feuillage. Enfin, en néerlandais, Gestreepte goudspanner signifie « géomètre doré rayé » et insiste directement sur le contraste entre la coloration dorée et les bandes transversales des ailes.

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