La Panthère (Pseudopanthera macularia)

  • Règne : Animalia
  • Classe : Insecta
  • Ordre : Lepidoptera
  • Sous-ordre : glossata
  • Famille : Geometridae
  • Sous-famille : Ennominae
  • Tribu : Epionini
  • Genre : Pseudopanthera

Un papillon qui doit être très rare dans mon coin (Saône-et-Loire 71) puisque je ne l’ai vu qu’une seule fois. Ce jour là , j’ai d’ailleurs failli rentrer chez moi sans aucune photo tant il est sauvage et craintif  . Dès que je m’approchais de lui, il se sauvait et allait se poser 30 mètres plus loin .

La Panthère (Pseudopanthera macularia)
La Panthère (Pseudopanthera macularia)

J’ai ainsi couru après lui pendant plus d’une demi-heure avant qu’il ne s’envole définitivement pour aller butiner dans d’autres prairies .

Présentation

La Panthère est une espèce de lépidoptère appartenant à la famille des Geometridae. Cette famille compte environ 23 000 espèces dans le monde, dont plus de 600 sont recensées sur le territoire français.

Parmi les représentants les plus célèbres de ce groupe en Europe figurent l’Arpenteuse du bouleau, la Phalène picotée, la Brocatelle d’or ou encore la Zérène du groseillier.

L’une des principales caractéristiques de ce groupe réside dans la morphologie de ses larves qui ne possèdent pas de pattes intermédiaires et doivent  progressent en rapprochant leurs pattes arrière de leurs pattes avant, ce qui soulève le milieu de leur corps Bien que la grande majorité des membres de cette famille soit de mœurs nocturnes et classée parmi les hétérocères, ce papillon possède une activité strictement diurne. Ses ailes présentent une coloration vive qui assure un rôle de signal visuel dans les milieux semi-ombragés.

Elle fait aussi partie de la sous-famille des Ennominae et de la tribu des Epionini. Cette tribu compte cinq espèces en France comme l’Épione marginée (Epione repandaria) ou la Citronnelle rouillée (Opisthograptis luteolata).

La Panthère appartient au genre Pseudopanthera, dont elle est l’unique représentante sur une grande partie du continent européen. La particularité majeure de ce genre est l’ornementation alaire qui consiste en un fond jaune orangé parsemé de taches brunes ou noires disposées de manière irrégulière.

Les espèces de ce genre se distinguent également par une préférence marquée pour les lisières de forêts, les clairières et les zones boisées humides. Les larves y consomment diverses plantes selon les régions, avec une importance particulière pour certaines Lamiaceae ou Rosaceae.

Description

La Panthère est un petit papillon de 23 à 28 mm d’envergure. Le dessus comme le dessous des ailes est jaune orangé, parsemé de nombreuses taches brunes de disposition irrégulière. Une frange alternativement brune et claire borde l’arrière et l’intérieur des ailes, tandis que le bord extérieur reste lisse. Les yeux sont verdâtres. La tête est couverte d’une petite touffe de poils et elle est surmontée de deux antennes assez fines.

L’abdomen est cylindrique et allongé ; il est orange clair et ne porte aucune tache. Les trois paires de pattes sont également jaune orangé. Le dimorphisme est très léger. Comme chez la plupart des papillons, l’abdomen de la femelle est plus large car il contient les œufs. Il n’y a qu’une génération par an. On peut voir les panthères du mois de mars au mois de juillet. L’espèce hiverne à l’état de chrysalide.

Alimentation

Les adultes fréquentent une grande variété de sources de nectar pour s’alimenter. Elle recherche activement les plantes qui croissent dans son habitat de prédilection, à savoir les lisières et les clairières humides.

Parmi ses préférences, on observe une attirance marquée pour les fleurs de la Benoîte commune (Geum urbanum) et les différentes espèces de Renoncules. Elle visite également les Bugles rampantes (Ajuga reptans) et les Lamiers, dont la forme des corolles s’adapte parfaitement à l’usage de sa trompe. Il arrive aussi que ce papillon butine le nectar des Ronces ou des Euphorbes lorsque ces dernières se situent à l’ombre des sous-bois.

Contrairement à d’autres espèces qui parcourent de longues distances pour trouver de la nourriture, la Panthère reste généralement à proximité immédiate des zones où elle a grandi.

Biotope

La Panthère occupe principalement les milieux forestiers clairs et les lisières de bois feuillus. Elle  apprécie les zones de mi-ombre où l’humidité du sol permet le développement de ses plantes nourricières et les chemins étroits qui s’enfoncent sous le couvert des arbres.

Chemin de l'Ascalaphe à Berzé la ville ou vivent de nombreuses panthères (Pseudopanthera macularia)
Chemin de l’Ascalaphe à Berzé la ville ou vivent de nombreuses panthères (Pseudopanthera macularia)

Ce milieu lui offre à la fois des fleurs pour son alimentation et des zones abritées pour sa reproduction. La structure de cet habitat garantit aussi une protection efficace contre les vents forts et maintient une température stable pour le développement des chenilles.

Plantes hôtes

La chenille de la Panthère possède un régime alimentaire spécialisé. Elle se nourrit principalement sur la Germandrée scorodoine (Teucrium scorodonia), une plante vivace commune dans les sous-bois. Elle consomme également d’autres espèces de la famille des Lamiacées. On la trouve ainsi sur le Lamier tacheté (Lamium maculatum), l’Épiaire droite (Stachys recta) ou encore la Menthe sylvestre (Mentha longifolia).

Teucrium scorodonia (Germandrée scorodoine)
Teucrium scorodonia (Germandrée scorodoine)
Domaine public Photo Agnieszka Kwiecień,
Nova, CC BY-SA 4.0

Cycle de vie


La parade nuptiale débute dès le mois de mars. La femelle libère des phéromones pour attirer les mâles dans les lisières humides. Une fois le partenaire trouvé, l’accouplement a lieu sur la végétation basse. À ce moment, le mâle transmet à la femelle un spermatophore. Cette capsule contient les spermatozoïdes ainsi que des nutriments. La femelle dépose ses œufs de manière isolée ou par petits groupes sous les feuilles de ses plantes hôtes.

Les chenilles grandissent durant tout l’été et l’automne sous la lumière tamisée des sous-bois. Ce milieu, fait d’ombres et de lumières, protège les larves du dessèchement tout en permettant aux plantes de rester tendres. La chenille de la Panthère est entièrement verte, ce qui lui permet de se fondre dans le feuillage. Son dos porte plusieurs lignes longitudinales claires. Une ligne latérale blanche marque ses flancs juste au-dessus des stigmates.

Pour ne pas être vue, elle reste immobile, se fixe par ses pattes arrière et imite la forme d’une petite branche. Ce mimétisme de forme et de couleur est très efficace et protège les chenilles des prédateurs. En fin de croissance, sa taille peut atteindre 25 millimètres de long.

Avant l’arrivée de l’hiver, chaque chenille cherche un abri dans la litière du sol ou dans la terre pour se transformer en chrysalide. C’est sous cette forme que l’espèce passe tout l’hiver, à l’abri du froid. Au printemps suivant, entre mars et juillet, le nouveau papillon émerge pour entamer l’unique génération annuelle.

Plus rarement, elle peut aussi consommer la Bugrane épineuse (Ononis spinosa). La femelle dépose ses œufs sous les feuilles, ce qui garantit une source de nourriture immédiate aux larves dès l’éclosion. Sa croissance dépend directement de la présence de ces végétaux dans des zones à l’ombre partielle.

Distribution

L’espèce occupe une vaste aire de répartition qui s’étend sur une grande partie du continent européen et se prolonge vers l’Asie. Sa présence est particulièrement marquée en Europe de l’Ouest, notamment en France, en Belgique et au Royaume-Uni. On l’observe aussi dans les pays d’Europe centrale comme l’Allemagne ou la République tchèque. La Panthère est également présente dans le sud de la Scandinavie ainsi que dans les régions qui s’étendent vers l’est, à travers la Russie et jusqu’aux abords de l’Asie centrale.

Carte GBIF de la présence de la panthère dans le monde
Carte GBIF de la présence de la panthère dans le monde

En revanche, ce papillon est absent du nord de la Finlande, du sud de l’Espagne et du nord de l’Afrique. Il ne supporte ni les hivers trop rigoureux ni les fortes chaleurs. Sa limite de répartition confirme une stricte préférence pour les environnements tempérés.

Bien qu’elle soit largement répandue en France, ses populations dépendent étroitement de la présence de ses milieux de prédilection et de la disponibilité des ressources florales.

Taxonomie

L’espèce a été nommée puis décrite par Linné en 1758 sous le nom initial de Phaelana macularia.

Le nom de genre Pseudopanthera a été créé en 1823 par l’entomologiste allemand Jakob Hubner.

La famille des Geométridae a été proposée en 1815 par le zoologiste britannique william Elford Leach.

Étymologie

Le nom de genre Pseudopanthera se compose du préfixe grec pseudo, faux, et du nom de genre Panthera. Cette dénomination fait référence au-dessus des ailes du papillon dont les motifs peuvent évoqués la robe tachetée du félin .

L’épithète Macularia vient du latin macula qui signifie tâche ou marque. Il souligne une nouvelle fois l’aspect moucheté du papillon

L’étymologie du nom vernaculaire n’est pas très difficile à comprendre et reprend celui du nom de genre qui renvoie au félin à la robe tachetée.

A l’étranger

En dehors de nos frontières, les naturalistes utilisent des noms variés pour désigner cette espèce. En anglais, ce papillon porte le nom de Speckled Yellow. Cette appellation évoque les taches sombres sur le fond jaune des ailes. Les Allemands emploient deux dénominations avec Pantherspanner ou Gelber Fleckenspanner. Le premier nom rappelle le motif du félin alors que le second décrit précisément un géomètre jaune à taches. En néerlandais, le nom officiel est Boterbloempje. Ce mot se traduit par petite renoncule, ou petit bouton d’or. Les Danois utilisent enfin des termes comme Leopardmåler ou Pantermåler. Ces différentes langues privilégient ainsi soit la couleur vive de l’insecte, soit son aspect tacheté caractéristique.

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