- Règne : Animalia
- Embranchement : Arthropoda
- Classe : Insecta
- Super ordre : Endopterygota
- Ordre : Hymenoptera
- Sous-ordre : Apocrita
- Super-famille : Vespoidea
- Famille : Vespidae
- Sous-famille : Polistinae
- Genre : Polistes
Présentation
La Guêpe poliste (Polistes dominula) est une espèce d’hyménoptères appartenant à la famille des Vespidae. Cette famille regroupe plus de 5 000 espèces dans le monde, dont plusieurs centaines vivent en Europe et une soixantaine sont présentes en France. Parmi les plus communes figurent le Frelon européen, le Frelon asiatique, la Guêpe germanique, la Guêpe commune ou encore la Guêpe saxonne.

L’une des principales caractéristiques de ce groupe réside dans le repli longitudinal des ailes au repos. Contrairement aux abeilles, dont le corps est généralement trapu et velu, les vespidés possèdent le plus souvent une silhouette élancée, un corps peu velu et une taille très marquée reliant le thorax à l’abdomen.
Elle appartient au genre Polistes, qui rassemble des guêpes sociales bâtissant des nids de papier constitués d’un seul rayon de cellules, sans enveloppe protectrice. Suspendus par un fin pédoncule, ces nids restent entièrement visibles. Les fondatrices établissent une hiérarchie sociale dans laquelle une femelle dominante assure l’essentiel de la reproduction, tandis que les autres participent principalement à la construction du nid, à l’élevage des larves et à leur défense.
Description
La Guêpe poliste mesure généralement entre 13 et 18 millimètres de longueur. Son corps élancé est nettement plus fin que celui des guêpes du genre Vespula. Comme chez tous les insectes, il se divise en trois parties : la tête, le thorax et l’abdomen.
La tête est très mobile. Elle porte deux grands yeux composés situés sur les côtés ainsi que trois ocelles disposés en triangle sur le sommet du crâne. Les longues antennes sont des organes sensoriels très importants. Elles permettent à la guêpe de percevoir les odeurs, de reconnaître ses congénères et d’explorer son environnement.
Les puissantes mandibules servent à découper les proies et à façonner les fibres végétales utilisées pour construire le nid. Le thorax supporte trois paires de longues pattes jaunâtres ainsi que deux paires d’ailes membraneuses. Au repos, ces dernières sont repliées longitudinalement, ce qui est une caractéristique propre aux Vespidae. En vol, les longues pattes demeurent pendantes. Cette particularité permet souvent d’identifier la Guêpe poliste au premier regard.


L’abdomen est relié au thorax par un long pétiole très étroit qui a donné l’expression « avoir une taille de guêpe ». Son premier segment est nettement bombé, ce qui lui donne un profil arrondi caractéristique. Cette morphologie offre une grande souplesse à l’insecte. Elle facilite les mouvements de l’abdomen lors de la construction du nid et de la capture des proies.
Les côtés de la tête portent une large tache jaune allongée située derrière chaque œil. Le dessus du thorax présente une fine ligne jaune médiane prolongée par plusieurs taches jaunes bien contrastées. L’abdomen montre une succession de bandes jaunes et noires dont l’étendue et la forme varient légèrement selon les individus.
Dimorphisme
Les deux sexes possèdent des antennes caractéristiques. Elles sont noires sur leur face supérieure jusqu’aux trois quarts du troisième article.
Quelques critères permettent ensuite de distinguer les mâles des femelles.
Les mâles possèdent 13 articles antennaires contre 12 chez les femelles. Mais je vous l’accorde, il n’est pas toujours facile de les compter sur un insecte en liberté.
Chez la femelle, les antennes sont droites, tandis que chez le mâle leur extrémité se recourbe en crochet.


Le clypéus et le front constituent également de bons critères d’identification. Chez le mâle, ils sont le plus souvent entièrement jaunes. Chez la femelle, ils portent généralement des marques noires plus ou moins développées.
Enfin, l’abdomen du mâle comporte sept segments visibles. Il est tronqué à son extrémité et ne possède pas d’aiguillon. Celui de la femelle n’en présente que six. Il se termine en pointe par un aiguillon.


Les photographies des mâles ci-dessus ont été prises le 4 juillet 2026. Cette année-là, nous venions de connaître deux épisodes de canicule, l’un en juin et l’autre au début du mois de juillet. La présence de plusieurs mâles à cette date témoigne de colonies déjà bien avancées. Les premiers mâles apparaissent généralement au cours de l’été, le plus souvent entre la fin du mois de juillet et le mois d’août. Leur émergence peut toutefois être plus ou moins précoce selon les conditions climatiques et le développement des colonies, comme cela semble avoir été le cas en 2026.
Alimentation
La guêpe Poliste gaulois possède un régime alimentaire qui varie selon son âge et selon les besoins de la colonie.
Les adultes recherchent principalement des aliments riches en sucres. Elles prélèvent du nectar sur les fleurs, mais consomment également le miellat produit par les pucerons ainsi que les jus de fruits mûrs ou abîmés. Cette alimentation leur fournit l’énergie nécessaire à leurs déplacements et à leurs activités quotidiennes.
Les larves, en revanche, ont besoin d’une nourriture riche en protéines pour assurer leur croissance. Les ouvrières capturent donc de petites proies, principalement des chenilles, mais aussi d’autres larves et de petits insectes. Après les avoir mastiquées, elles distribuent cette nourriture aux larves.
Grâce à ce régime alimentaire, la guêpe Poliste gaulois participe également à la pollinisation de nombreuses plantes lorsqu’elle visite les fleurs pour se nourrir.
Habitat
La guêpe Poliste gaulois apprécie les milieux chauds, ensoleillés et relativement secs. On la rencontre aussi bien dans les jardins que dans les parcs, les vergers, les haies, les friches, les lisières de forêt ou les milieux rocheux. Elle s’est également très bien adaptée aux paysages façonnés par l’être humain.
Elle construit généralement son nid à l’abri de la pluie, sous une avancée de toit, une tuile, un rebord de fenêtre, un balcon, une boîte aux lettres ou encore dans une cabane de jardin. Elle peut aussi l’installer sous une branche, dans un buisson ou parmi une végétation dense lorsque l’emplacement offre une protection suffisante.

La présence de fleurs à proximité est importante, car les adultes se nourrissent principalement de liquides sucrés. Les environs doivent également offrir suffisamment de petites proies, notamment des chenilles et d’autres insectes, destinées à nourrir les larves.
Contrairement aux guêpes communes, elle recherche des sites ouverts et bien exposés au soleil. Les nids sont souvent installés isolément, mais plusieurs colonies peuvent parfois s’établir à faible distance les unes des autres lorsque les conditions sont favorables.
Cycle de vie
Le cycle de vie du Poliste gaulois débute au printemps, lorsque les jeunes femelles fécondées de l’année précédente quittent leur abri hivernal. Après avoir passé plusieurs mois cachées sous une écorce, dans une cavité ou parfois dans un bâtiment, elles recherchent un emplacement favorable pour fonder une nouvelle colonie.
Il n’est pas rare que plusieurs fondatrices s’associent pour construire un même nid. Cette coopération reste toutefois provisoire. Une hiérarchie s’installe rapidement entre elles et une seule femelle devient dominante. C’est elle qui pond la grande majorité des œufs, tandis que les autres participent principalement aux différentes tâches de la colonie.

La fondatrice construit d’abord un court pédoncule auquel elle suspend les premières cellules. Pour fabriquer ce nid, elle prélève des fibres sur du bois mort ou des végétaux secs qu’elle mâche avec sa salive afin d’obtenir une pâte comparable à du papier. Elle dépose ensuite un œuf dans chaque cellule et nourrit seule les premières larves avec de petites proies, principalement des chenilles, qu’elle mastique avant de les distribuer.
Après quelques semaines, les premières ouvrières émergent. Elles prennent progressivement en charge la construction du nid, la recherche de nourriture et l’élevage des larves, tandis que la fondatrice se consacre presque exclusivement à la ponte. La colonie grandit ainsi tout au long du printemps et du début de l’été.
Lorsque la colonie atteint sa maturité, elle commence à produire des individus reproducteurs : des mâles et de jeunes femelles, appelées gynes. Les premiers mâles apparaissent généralement au cours de l’été, souvent à partir de juillet, selon les conditions climatiques et la précocité de la colonie.
Les mâles quittent régulièrement le nid pour rechercher des femelles avec lesquelles s’accoupler. L’accouplement a lieu à l’extérieur de la colonie. Après la fécondation, les jeunes femelles conservent les spermatozoïdes dans un organe spécialisé appelé spermathèque, où ils resteront viables pendant plusieurs mois. Cette réserve leur permettra de féconder progressivement leurs œufs au printemps suivant, lorsqu’elles fonderont leur propre colonie.
Comme chez toutes les guêpes, les abeilles et les fourmis, le sexe des descendants dépend de la fécondation des œufs. Les œufs fécondés donnent naissance à des femelles, tandis que les œufs non fécondés produisent des mâles. Ce mode de reproduction, appelé haplodiploïdie, est caractéristique des Hyménoptères. La femelle peut ainsi décider, au moment de la ponte, de féconder ou non chaque œuf, ce qui déterminera le sexe de sa descendance.
À l’automne, les mâles, les ouvrières et l’ancienne fondatrice meurent. Seules les jeunes femelles fécondées survivent à l’hiver, cachées dans un abri. Au printemps suivant, elles reprendront leur activité et fonderont chacune une nouvelle colonie, donnant naissance à un nouveau cycle.
Distribution
Le Poliste gaulois est l’une des guêpes sociales les plus répandues d’Europe. Il est présent dans presque tout le continent, de la péninsule Ibérique jusqu’à la Russie occidentale. On le rencontre également en Afrique du Nord, au Proche-Orient, dans le Caucase et jusqu’en Asie centrale.
Au cours des dernières décennies, l’espèce a été introduite accidentellement dans plusieurs régions du monde. Des populations se sont durablement établies en Amérique du Nord, en Amérique du Sud, en Afrique du Sud, en Australie et en Nouvelle-Zélande.
En France, le Poliste gaulois est présent sur l’ensemble du territoire, y compris en Corse. Très adaptable, il fréquente aussi bien les jardins, les villages et les villes que les haies, les friches, les lisières forestières et les milieux rocheux. Il installe volontiers son nid sous les avancées de toiture, les rebords de fenêtres, les abris de jardin ou toute autre structure offrant un support abrité.

Carte GBIF de la présence de la guêpe Poliste gaulois dans le monde
Étymologie
Le nom de genre Polistes vient du grec ancien polistês (πολιστής), qui signifie « fondateur de cité » ou « citoyen ». Il fait référence au mode de vie social de ces guêpes, qui vivent en colonies organisées autour d’un nid commun.
L’épithète dominula est le diminutif du latin domina, qui signifie « maîtresse de maison », « dame » ou « souveraine ». Elle peut être traduite par « petite maîtresse » ou « petite dame ». Ce nom fait probablement allusion à l’allure élégante de cette guêpe ou à l’organisation hiérarchisée de sa colonie.
Le nom vernaculaire Poliste gaulois est une adaptation française du nom scientifique. L’adjectif « gaulois » ne renvoie pas à une origine historique particulière, mais souligne simplement qu’il s’agit de l’une des espèces de polistes les plus communes en France et dans une grande partie de l’Europe occidentale.
Dans la plupart des langues européennes, cette espèce est désignée comme une « guêpe de papier », en référence à son nid fabriqué à partir de fibres végétales mâchées. Les Anglais la nomment European Paper Wasp (« guêpe de papier européenne »), les Allemands Haus-Feldwespe (« guêpe des maisons »), les Espagnols Avispa papelera europea (« guêpe de papier européenne ») et les Italiens Poliste comune (« poliste commun »).
