Étymologie Cossus gâte-bois

Cossus cossus

Noms scientifiques

Le nom scientifique Cossus cossus reprend deux fois le même terme latin cossus, qui désignait, dans la Rome antique, les grosses larves vivant sous l’écorce des arbres. Selon les auteurs anciens, ces vers étaient parfois consommés lors des grands banquets. Il est toutefois probable qu’il s’agissait de larves de coléoptères plutôt que de celles du Cossus gâte-bois, dont l’odeur de vinaigre est peu engageante. En choisissant ce nom, Linné a voulu mettre en avant le mode de vie très particulier de cette chenille, qui passe plusieurs années à l’intérieur des troncs.

Cossus gâte-bois (Cossus cossus)
Cossus gâte-bois (Cossus cossus)

La répétition du même mot pour le genre et l’espèce, comme dans Cossus cossus, s’appelle une tautonymie. Ce procédé, autorisé en nomenclature zoologique, sert souvent à désigner l’espèce type d’un genre. On le retrouve également chez le Renard roux (Vulpes vulpes), le Bison d’Amérique (Bison bison) ou encore le Loriot d’Europe (Oriolus oriolus). En revanche, cette pratique est interdite en nomenclature botanique.

Noms vernaculaires

Les noms « Gâte-bois » et « Ronge-bois » sont très explicites. Le verbe gâter signifiait autrefois « abîmer » ou « détériorer » et fait directement allusion aux galeries creusées par la chenille dans le bois.

L’espèce est également appelée « Cossus du peuplier », en référence à l’un de ses arbres hôtes favoris. Toutes ces appellations montrent que les forestiers avaient identifié ce papillon à travers les dégâts causés par ses larves bien avant l’apparition des noms scientifiques.

Les noms à l’étranger

Les noms attribués au Cossus gâte-bois à l’étranger mettent généralement en avant son activité de foreur ou l’odeur très particulière de sa chenille.

Les Anglais le nomment « Goat Moth » (« Papillon chèvre »). Cette appellation fait référence à la forte odeur de bouc que dégage la chenille lorsqu’elle vit dans le bois.

Les Allemands l’appellent « Weidenbohrer », que l’on peut traduire par « Foreur de saule », un nom qui évoque à la fois son arbre hôte préféré et son mode de vie.

Les Italiens utilisent « Perdilegno rosso », littéralement « Gâte-bois rouge », en référence à la couleur de la chenille, tandis que les Espagnols le connaissent sous le nom de « Taladro de la madera » (« Perceuse de bois »). Ces différentes appellations montrent que, partout en Europe, ce papillon est avant tout associé à sa capacité à creuser le bois.

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