Étymologie Moro-sphinx

Macroglossum stellatarum

Noms scientifiques

L’espèce a été décrite par Carl von Linné en 1758 sous le nom de Sphinx stellatarum.

Le nom de genre Macroglossum, créé par Giovanni Antonio Scopoli en 1777, vient du grec makros (« grand, long ») et glōssa (« langue »), en référence à sa très longue spiritrompe.

Moro sphinx (Macroglossum stellatarum)
Moro sphinx (Macroglossum stellatarum)

L’épithète stellatarum fait référence aux Stellatae, ancien nom des Rubiacées, famille à laquelle appartiennent les gaillets (Galium) et la garance voyageuse (Rubia peregrina), cités par Linné comme plantes hôtes de la chenille.

Noms vernaculaires

Le sens du nom vernaculaire « Moro-sphinx » n’est pas encore certain pour ce qui concerne la première partie, « Moro ». Certains spécialistes imaginent que le mot provient du latin moro, qui signifie sombre ou foncé. Il ferait alors référence aux lignes noires présentes sur le dessus des ailes du papillon. D’autres pensent que le mot vient plutôt du latin morus, qui veut dire fou ou extravagant. Ce terme renverrait au comportement très agité de l’animal lors de sa quête de nectar.

La deuxième partie est plus claire. « Sphinx » vient de la famille des Sphingidae, dont fait partie le papillon. Cette famille a été nommée ainsi car les chenilles de certains de ses membres ont pour habitude de se tenir avec la partie antérieure relevée. Cette posture hiératique rappelle celle du sphinx dans la culture égyptienne.

De nombreux noms populaires ou régionaux ont également été rapportés pour désigner le Moro-sphinx. Leur origine et leur usage sont parfois difficiles à établir avec certitude. Ses appendices terminaux et sa silhouette inspirent des comparaisons animalières variées comme Faucon, Queue de pigeon, Queue de canard, Queue de carpe ou encore Tête de carpe. Sa ressemblance avec d’autres insectes lui vaut les noms de Papillon bourdon, Tavan et Taban (en Provence et dans le Languedoc).

Dans le Sud-Ouest, on l’appelle Pomparelle, tandis qu’en Provence, il devient le Fanfoni ou la Bonne nouvelle. On le nomme également Porte-vacances ou Saint-Esprit, un nom qui évoque son vol stationnaire quasi mystique. En Maine-et-Loire, il est connu sous le nom de Ravire-chien. Le terme Fleuze bouquet (du verbe fleuzer : fleurer ou flairer) souligne sa capacité à détecter le nectar. Les Catalans le nomment Bufa-fura.

Noms à l’étranger

Cette fascination dépasse nos frontières. Les Anglais le nomment Hummingbird Hawk-moth (« Sphinx-colibri »), les Allemands Taubenschwänzchen (« Petite queue de pigeon ») et les Néerlandais Kolibrievlinder (« Papillon-colibri »).

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