Erynnis tages (Linnaeus, 1758)
Noms scientifiques
Le Point-de-Hongrie a été décrit par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1758 sous le nom Papilio tages.
Le nom de genre Erynnis a été créé en 1801 par le naturaliste allemand Franz von Paula Schrank. Il s’inspire des Érinyes. Ces divinités de la mythologie grecque étaient chargées de punir les crimes. Elles poursuivaient leurs victimes sans leur laisser de répit. Ce nom pourrait évoquer le vol rapide et incessant des papillons de ce genre.

Domainepublic Photo Charles J. Sharp, Commons
L’épithète tages fait référence à Tagès, personnage de la mythologie étrusque. Selon la légende, il aurait surgi d’un sillon creusé dans la terre sous les traits d’un enfant doté de la sagesse d’un vieillard. Il aurait transmis aux Étrusques les connaissances nécessaires pour interpréter les signes divins et particulièrement ceux révélés par l’examen des entrailles des animaux sacrifiés.
Noms vernaculaires
Le nom « Point-de-Hongrie » a été créé par le naturaliste français Florentin Engramelle en 1782. Il évoque les motifs qui ornent les ailes de ce papillon et qui rappellent le point de Hongrie, un motif utilisé en broderie.
Engramelle écrit : « le milieu est entremêlé de gris et de quelques taches d’un brun foncé, dont plusieurs, se réunissant, forment une bande transversale qui, du côté du bord, a la figure du point de Hongrie ».
L’espèce avait auparavant été appelée « Papillon Grisette » par Étienne-Louis Geoffroy en 1762. À cette époque, le mot « grisette » désignait également une étoffe grise de faible valeur, dont la couleur pouvait évoquer celle du papillon.
Ce nom a ensuite été utilisé pour désigner une autre espèce, l’Hespérie de l’Alcée (Carcharodus alceae), entraînant une confusion entre les deux papillons. En 1986, Gérard Christian Luquet a recommandé d’abandonner l’appellation « Grisette », car elle avait servi à désigner plusieurs espèces différentes.
Les noms à l’étranger
Les Anglais l’appellent Dingy Skipper, « hespérie terne », en référence à sa coloration sombre et peu contrastée.
Les Allemands utilisent Kronwicken-Dickkopffalter, « hespérie des coronilles », en référence aux plantes hôtes de ses chenilles. On trouve également Dunkler Dickkopffalter, « hespérie sombre ».
Les Néerlandais le nomment Bruin dikkopje, « petite hespérie brune ».
Les Danois disent Gråbåndet bredpande, « hespérie à bande grise ».
Les Espagnols préfèrent Cervantes. Le nom renvoie certainement à l’écrivain espagnol, mais la raison reste inexpliquée. Les Catalans utilisent Fúria, « furie », un nom qui rappelle les Érinyes de la mythologie grecque.
Pour découvrir les autres étymologies,c’est ici
