Règne : Animalia Classe : Insecta Ordre : Lepidoptera Famille : Lycaenidae Sous-famille : Theclinae Genre : Satyrium
- Règne : Animalia
- Classe : Insecta
- Ordre : Lepidoptera
- Famille : Lycaenidae
- Sous-famille : Theclinae
- Genre : Satyrium
Quel plus grand plaisir que de parvenir à photographier une nouvelle espèce !
Le 12 octobre 2026 , J’ai pu prendre cet Azuré de la luzerne mâle que je n’avais encore jamais vu au Jardin des oiseaux. Et pour cause : il est vraiment minuscule et je ne l’ai aperçu que parce qu’il s’est envolé juste devant moi. J’ai d’abord cru que c’était un Azuré commun avant de me rendre compte qu’il s’agissait d’une espèce plutôt rare dans ma région. Cette espèce est d’ailleurs absente de l’atlas des papillons de jour de bourgogne et de Franche-Comté. Présent habituellement plus au sud, il est possible que le réchauffement climatique soit la cause de sa remontée en Saône et Loire.

Cet Azuré de la luzerne ou Azuré de lang est la 122e espèce de lépidoptère diurne ou nocturne que j’ai pu photographier au Jardin des oiseaux sur une période de 10 ans.
Présentation
L’Azuré de la luzerne (Leptotes pirithous) est une espèce de lépidoptères appartenant à la famille des Lycaenidae. Cette famille compte environ 6 000 espèces dans le monde, dont 130 vivent en Europe et 66 sont présentes en France. Parmi les plus communes que l’on rencontre sur le territoire figurent l’Azuré commun, l’Azuré des nerpruns, le Cuivré commun, le Collier-de-corail ou encore le Brun des pélargoniums.
Les Lycaenidae sont généralement des papillons de petite taille qui présentent une grande diversité de couleurs. Chez de nombreuses espèces, le dessus des ailes des mâles est bleu tandis que celui des femelles est brun. Cette coloration bleue est souvent produite par la structure microscopique des écailles qui réfléchissent la lumière et non par des pigments.
Il appartient au genre Leptotes, qui regroupe de petits papillons caractérisés par le dessous de leurs ailes parcouru de nombreuses lignes blanches sinueuses sur un fond beige ou brun. Les ailes postérieures portent une petite queue et des ocelles sombres entourés d’écailles bleues et orangées. Ces marques sont censées détourner les attaques des prédateurs vers l’extrémité des ailes plutôt que vers la tête.
Description


Dimorphisme
Alimentation
L’azuré de la luzerne se nourrit du nectar de nombreuses fleurs sauvages. Il apprécie particulièrement les fleurs de Ronce (Rubus), mais visite également celles de l’Inule visqueuse (Dittrichia viscosa), une plante méditerranéenne dont la floraison se prolonge jusqu’à l’automne.
Une étude consacrée aux préférences alimentaires des papillons méditerranéens a montré que l’Inule visqueuse représentait 61 % des visites florales observées chez cette espèce.
Habitat
L’azuré de la luzerne est un papillon qui affectionne les milieux ouverts, chauds et ensoleillés. On le rencontre dans les prairies fleuries, les pelouses sèches, les friches, les garrigues, les clairières et les lisières forestières.
Il fréquente également les jardins, les parcs et les terrains cultivés, particulièrement lorsque les plantes hôtes sont présentes. Dans les régions méditerranéennes, il occupe une grande diversité de milieux, depuis le littoral jusqu’aux zones montagneuses.
Cette espèce migratrice possède une grande capacité de dispersion qui lui permet de coloniser temporairement de nouveaux habitats, même dans des régions où elle ne peut pas survivre toute l’année.
Plantes hôtes
L’Azuré de la luzerne est une espèce polyphage dont les chenilles peuvent se développer sur de nombreuses plantes appartenant à plusieurs familles botaniques.
Comme le souligne Tristan Lafranchis, les plantes hôtes de cette espèce sont nombreuses. Parmi elles figurent la Luzerne cultivée (Medicago sativa), la Badasse (Dorycnium pentaphyllum), les Mélilots (Melilotus), le Trèfle des prés (Trifolium pratense) et les Ajoncs (Ulex).
Mais l’espèce utilise également des plantes d’autres familles, comme le Romarin (Salvia rosmarinus), les Bruyères (Erica) ou encore la Salicaire commune (Lythrum salicaria).
Cette grande diversité de plantes hôtes permet à l’espèce de se reproduire dans des milieux très variés.
Cycle de vie
Parade nuptiale et accouplement
Chenilles
Chrysalide
Distribution

Carte GBIF de la
Taxonomie
L’Azuré de la luzerne a été décrit et nommé par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1767 sous le nom initial de Papilio pirithous.
Le genre Leptotes a été créé en 1876 par l’entomologiste américain Samuel Hubbard Scudder.
La famille des Lycaenidae a été proposée en 1815 par le zoologiste britannique William Elford Leach.
Etymologie
l proviendrait du grec leptótēs, qui signifie « finesse », « minceur » ou « délicatesse », lui-même dérivé de leptós, « fin » ou « délicat ». Ce choix pourrait faire référence à la petite taille et à l’apparence gracile de ces papillons.
L’épithète pirithous fait référence à Pirithoos, personnage de la mythologie grecque. Fils d’Ixion, roi des Lapithes en Thessalie et grand ami de Thésée, il participe avec lui à plusieurs aventures. Lors de son mariage avec Hippodamie, une violente bataille éclate entre les Lapithes et les Centaures. Plus tard, Pirithoos accompagne Thésée aux Enfers pour tenter d’enlever Perséphone, épouse d’Hadès. Les deux héros sont retenus prisonniers et seul Thésée parvient à être délivré par Héraclès.
L’espèce a également porté le nom Papilio telicanus, donné par Lang en 1789. Ce nom est aujourd’hui considéré comme un synonyme de Leptotes pirithous.
Elle a aussi été classée sous le nom Syntarucus pirithous. Le genre Syntarucus a été créé par l’entomologiste britannique Arthur Gardiner Butler en 1901. Selon Arthur Maitland Emmet, ce nom est formé du grec syn, « avec », associé à Tarucus, un autre genre de Lycaenidae, pour indiquer une affinité entre les deux genres.
Noms vernaculaires
Le nom « Azuré de la luzerne » fait référence à la coloration bleue du mâle et à la luzerne, qui fait partie des plantes hôtes de ses chenilles.
L’appellation « Azuré de Lang » rend hommage au naturaliste Lang, qui avait décrit l’espèce sous le nom Papilio telicanus en 1789.
Ce papillon a également été appelé « Argus courte-queue » et « Petit Argus porte-queue », en référence aux petits prolongements situés à l’extrémité de ses ailes postérieures.
En 2019, Alain Hérès et Gérard Christian Luquet ont proposé de retenir le nom « Petit Azuré porte-queue », qu’ils considèrent comme plus approprié pour désigner cette espèce.
Les noms à l’étranger
Les Anglais l’appellent Lang’s Short-tailed Blue, « azuré à queue courte de Lang », en hommage au naturaliste qui l’avait décrit en 1789. On trouve également Common Zebra Blue, « azuré zébré commun », qui renvoie aux nombreuses lignes claires qui parcourent le revers de ses ailes.
Les Allemands utilisent Kleiner Wanderbläuling, « petit azuré migrateur », qui évoque sa très petite taille et ses déplacements migratoires.
Les Néerlandais le nomment Klein tijgerblauwtje, « petit azuré tigré
Les Espagnols l’appellent Gris estriada, « gris strié .
Pour découvrir les autres étymologies,c’est ici
