Pour lutter contre le froid, certains papillons choisissent de migrer. L’automne venu, ils repartent vers des climats plus adaptés à leur nature d’animaux ectothermes. C’est le cas du Vulcain ou du Souci, qui rejoignent le sud de l’Europe ou l’Afrique du Nord.
C’est aussi le cas de la Belle-dame, qui détient le record de migration avec plus de 13 000 kilomètres aller-retour. Ce papillon quitte l’Europe à l’automne pour rejoindre l’Afrique subsaharienne. Le périple représente plusieurs milliers de kilomètres. Les individus franchissent des obstacles majeurs comme la mer Méditerranée ou le désert du Sahara. Au printemps, les descendants de ces voyageurs remontent vers le nord. Certains atteignent même la Suède ou le cercle polaire lors des années favorables. L’automne suivant, une nouvelle génération entame le voyage de retour vers le sud pour boucler le cycle.

Mais nombre d’entre eux restent sur place et vont passer l’hiver à différents stades. Le papillon est en effet un insecte holométabole*. C’est-à-dire qu’au cours de sa vie, il va passer par plusieurs états avant d’atteindre son stade définitif de papillon que l’on appelle l’imago.
Les différents stades du papillon sont donc : l’œuf, la larve (chenille), la nymphe (chrysalide) et le papillon (l’imago). Selon les espèces, les papillons vont passer l’hiver dans l’un ou l’autre de ces stades.
1 l’œuf : De tous les stades, c’est sûrement le mieux adapté pour passer l’hiver. À l’abri d’un morceau de bois ou protégé par des broussailles, il peut faire face à de grands froids. Selon certaines études, les œufs seraient capables de survivre à des températures inférieures à -40 degrés. Autre avantage : en raison de leur petite taille, ils sont peu visibles des prédateurs. La femelle dépose souvent ses pontes sur la plante hôte qui servira de nourriture à la future chenille. Ce choix stratégique permet à la larve de disposer d’une source d’alimentation immédiate dès l’éclosion printanière. L’œuf entre alors en diapause, ce qui stoppe son développement embryonnaire jusqu’au redoux.
2 La chenille
Les papillons hivernent souvent à l’état de larve. Pour résister au froid, les chenilles vont en général s’enterrer dans le sol non loin de leur plante nourricière ou fabriquer un cocon fait de soie et de feuilles. Ce dispositif sert d’isolant thermique contre le gel et les intempéries. Certaines espèces, comme le Petit paon de nuit, s’abritent ainsi durant plusieurs mois dans la litière végétale. Ce repos hivernal leur permet de conserver leur énergie jusqu’au retour de la végétation printanière. Pour survivre, elles produisent parfois des substances antigel naturelles, comme le glycérol, qui empêchent la formation de cristaux de glace dans leurs tissus. Ce mécanisme biologique complexe assure la protection des organes vitaux même lors de gelées sévères.


La chrysalide
D’autres papillons hivernent au stade de la chrysalide. Celle-ci est généralement enfouie dans le sol ou, comme les chenilles, protégée par un cocon de soie. Pour permettre à l’insecte de supporter les grands froids, les tissus de la chrysalide contiennent des substances antigel à base de glycol. La nymphe entre en effet dans une phase de dormance profonde où la transformation interne vers l’état adulte s’arrête totalement. Cette cuticule épaisse et rigide limite les pertes d’eau par évaporation, ce qui évite la dessiccation de l’insecte malgré l’air hivernal très sec. Le retour de la lumière et de la chaleur au printemps déclenche alors la reprise de l’organogenèse pour permettre l’émergence finale. Une chrysalide peut ainsi résister à des températures de -25 degrés. Cependant, il va sans dire que les hivers où le froid est intense sur de très longues périodes causent des dégâts très importants sur tous les insectes ectothermes qui se sont cachés pour essayer de survivre.

4 Le papillon
On ne l’imagine pas, mais beaucoup de papillons passent également l’hiver au stade de l’imago, qui est le stade définitif de papillon. Les papillons vont d’abord chercher des abris comme les granges, les greniers, les cabanes de jardins, les petites cavités ou même des trous dans les murs. Mais tous ne parviennent pas à trouver d’abris qui les protègent complètement. Certains fabriquent donc des antigels à base de glycérol. Ces substances sont sécrétées par les papillons à partir de l’automne et injectées à travers le corps et les ailes pour empêcher que les organes et les membranes ne gèlent. Ils vont ensuite se mettre à l’abri et se plonger dans un état de sommeil qui va ralentir tout le métabolisme. Ce processus de protection biochimique est déclenché par la diminution de la durée du jour, ce qui prépare l’organisme bien avant les premières gelées.
Le Citron (Gonepteryx rhamni) est l’un des papillons qui passent l’hiver à l’état de papillon ou, comme le disent les spécialistes, à l’état « d’imago ». Les citrons que vous voyez dès le mois de mars sont des papillons qui viennent de sortir de l’état de diapause dans lequel ils s’étaient placés à l’automne. L’aile de ce papillon imite d’ailleurs parfaitement une feuille morte, ce qui lui permet de rester immobile dans le lierre sans être détecté. L’unique génération du Citron apparaît au jardin vers le mois de juin ou juillet. Le Citron fait partie des papillons qui vivent longtemps puisque sa durée de vie est de douze mois. D’autres papillons passent l’hiver à l’état d’imago comme la Petite tortue, qui est une championne dans sa catégorie puisqu’elle est capable de survivre à des températures de -24 degrés.

D’autres papillons passent l’hiver à l’état d’imago comme la petite tortue qui est une championne dans sa catégorie puisqu’elle est capable de survivre à des températures de – 24 degrés .
Et les fortes chaleurs comment les supportent t’ils ?
Les papillons, en tant qu’animaux ectothermes, ne supportent pas le froid, mais ne supportent pas mieux les très fortes chaleurs. S’il fait trop chaud, leur température corporelle augmente et ils se déshydratent rapidement. Pour lutter contre ces chaleurs, ils doivent s’abriter du soleil et trouver des coins d’ombre. Ils vont également chercher à boire dans des flaques, des piscines ou sur le bord des rivières. Ce comportement leur permet de recueillir des sels minéraux essentiels, comme le sodium, que le nectar des fleurs ne fournit pas.
Vous avez peut-être remarqué que, lors des journées d’été extrêmement chaudes, on voit beaucoup moins de papillons. La raison est qu’ils se protègent du soleil et qu’ils ressortiront en début de soirée. S’ils se trouvent dans des régions ou des pays où la température monte subitement au-delà de ce que les papillons sont capables de supporter, ils vont alors se mettre dans un abri et entrer en diapause comme ils le font à la fin de l’automne. On appelle plus précisément ce phénomène l’estivation. Cet état leur permet de ralentir leur métabolisme et de pouvoir supporter les très fortes chaleurs.
D’autres reprendront la route et migreront vers des régions où ils trouveront les températures adaptées à leurs organismes. C’est ce que font d’ailleurs les très nombreux papillons d’Afrique du Nord qui entreprennent une grande migration au début du printemps pour venir s’installer en France et jusqu’au nord de l’Europe, où les températures seront bien moins chaudes qu’en Afrique. La température idéale pour la plupart des papillons se situe entre 22 degrés et 28 degrés.
*Holométabole : Terme qui qualifie les insectes dont le cycle évolutif passe par une métamorphose complète. (Œuf, larve, nymphe, imago) .le terme holométabole est opposé au mot hétérométabole).
Parmi les insectes holométaboles on trouve : les lépidoptères, les coléoptères, les hyménoptères, les diptères ,ect…
