- Règne : Animalia
- Embranchement: Arthropoda
- Classe : Insecta
- Sous-classe : Pterygota
- Infra-classe : Neoptera
- Ordre :Mecoptera
- Sous-ordre : Brachycera
- Famille : Panorpidae
- Genre : Panorpa
Présentation
La Mouche scorpion (Panorpa communis) ou Panorpe commune appartient à l’ordre des Mecoptera. Cet ordre est considéré comme petit par les entomologistes, car il ne compte que 600 espèces dans le monde. À titre de comparaison, les coléoptères sont bien plus nombreux avec près de 350 000 espèces, tout comme les lépidoptères qui en regroupent plus de 100 000. L’allongement de la tête en un rostre piqueur-suceur orienté vers le bas constitue l’un des critères d’identification de cet ordre. Cette structure anatomique permet d’extraire des fluides nutritifs sur des cadavres d’invertébrés ou des restes organiques.
La Mouche scorpion fait partie de la famille des Panorpidae. Ces insectes se nourrissent de restes d’animaux ou de végétaux en décomposition. On les trouve souvent à l’abri dans les herbes hautes, près des bois ou dans les lisières humides. Les membres de cette famille se distinguent par la présence de deux paires d’ailes membraneuses d’envergure similaire et par un appareil buccal de type broyeur situé à l’extrémité du rostre. Contrairement aux diptères avec lesquels ils sont parfois confondus, les Panorpidae possèdent quatre ailes fonctionnelles et non deux.

La mouche scorpion appartient aussi au genre Panorpa, qui comprend environ 260 espèces dans le monde, dont une vingtaine en Europe et une dizaine en France. Les représentants de ce genre partagent une biologie liée aux milieux frais et une activité principalement diurne. L’une des caractéristiques de ce genre réside dans le dimorphisme sexuel marqué de l’extrémité abdominale. Chez le mâle, les derniers segments sont transformés en un organe génital complexe et recourbé, dont la morphologie évoque visuellement le post-abdomen d’un arachnide de l’ordre des Scorpiones.
Description
La Mouche scorpion possède un corps allongé et assez fin. Sa tête se termine par une sorte de long bec pointé vers le bas, que l’on appelle un rostre. À l’extrémité de ce bec se trouvent de toutes petites mâchoires qui lui permettent de grignoter sa nourriture. Ses yeux sont globuleux et bien visibles de chaque côté de la tête.
Ses quatre ailes sont transparentes mais marquées par des taches noires bien nettes. Lorsqu’elle est posée, elle garde souvent ses ailes bien à plat ou légèrement écartées. Ces dessins sombres varient d’un individu à l’autre. Ses pattes sont longues et munies de petits crochets. Cela lui permet de s’accrocher solidement aux feuilles, même la tête en bas. L’ensemble de son corps est d’une couleur jaunâtre avec des segments plus sombres pour mieux se cacher.
Dimorphisme
Le Mâle et la femelle sont facilement reconnaissables grâce à la terminaison de l’abdomen. Chez la femelle, celui-ci se termine par une pointe effilée avec deux courts appendices que l’on appelle des cerques.


Chez le mâle en revanche il se finit par un imposant appendice brun rouge brillant recourbé vers le haut qui fait penser à la queue d’un scorpion . Le nom de l’espèce vient de là. Mais contrairement au scorpion, l’appendice ne comporte pas de dard et ne peut inoculer aucun venin .
Il sert principalement lors de l’accouplement. le mâle a la particularité d’offrir un cadeau à la femelle juste avant l’accouplement. En général, une mouche morte enrobée de salive. Ce peut être aussi des punaises ou des sauterelles . Si celle-ci accepte le cadeau, le mâle la bloque alors avec sa pince et s’accouple avec elle pendant qu’elle déballe le cadeau et commence à le grignoter .

Cette stratégie permet au mâle de s’assurer que la femelle reste immobile et occupée pendant qu’il se reproduit. Plus le cadeau est gros et nutritif, plus le repas dure longtemps, ce qui augmente les chances de réussite de l’accouplement.
Alimentation
À l’âge adulte, la Mouche scorpion ne chasse pas activement ses proies. Elle se comporte comme un nettoyeur de la nature. Elle se nourrit principalement de cadavres d’insectes, comme des mouches ou des moustiques, qu’elle trouve sur les feuilles. Elle possède aussi la particularité d’aller chercher sa nourriture directement dans les toiles d’araignées. Elle dérobe les insectes piégés dans la soie pour s’en nourrir.
Elles prennent pour cela pas mal de risques puisque les araignées font partie des prédateurs qui s’en nourrissent, tout comme les libellules et les oiseaux. Grâce à son long bec muni de petites mâchoires, la Mouche scorpion grignote les tissus mous des insectes morts. Elle consomme également des matières végétales en décomposition et apprécie parfois le nectar des fleurs ou le miellat laissé par les pucerons. Elle joue donc un rôle important en débarrassant la végétation des restes organiques.
La ponte et le développement
Une fois l’accouplement terminé, la femelle attend quelques jours. Ce délai correspond au temps nécessaire pour que les œufs finissent de se développer à l’intérieur de son corps. Elle dépose ensuite ses œufs en paquets de 15 à 30. Elle les insère dans la terre légère ou profite de cavités naturelles pour les mettre à l’abri. Les œufs sont légèrement jaunâtres et restent dans le sol durant toute la phase d’incubation. Les jeunes larves éclosent 10 ou 20 jours plus tard. Elles déchirent la coquille à l’aide d’une sorte de dent qu’elles ont sur le front.
Les larves ressemblent à des chenilles. On dit qu’elles sont éruciformes. À ce stade, elles possèdent des pattes bien visibles et des sortes de fausses pattes sur l’abdomen, ce qui leur permet de se déplacer facilement sous terre. Les larves restent ensemble un moment, puis elles creusent chacune de leur côté des galeries pour s’enfoncer un peu plus dans le sol. Elles y cherchent des restes de matières organiques ou de petits insectes morts pour se nourrir.
Au bout de quatre mues, la larve s’isole dans une petite loge de terre et se transforme en nymphe. C’est durant cette étape que le corps se transforme totalement pour devenir une mouche scorpion adulte. Selon la température et la saison, il peut y avoir deux générations par an. Les adultes de la seconde génération passent souvent l’hiver à l’abri avant de réapparaître au printemps suivant.
Distribution
La Mouche scorpion est une espèce très répandue que l’on trouve majoritairement en Europe et en Asie du Nord. Sa présence est massive sur le territoire européen, depuis les côtes atlantiques jusqu’aux confins de la Russie. On remarque une densité particulièrement élevée en Europe occidentale et centrale.
Toutefois, certaines bases de données mondiales affichent des points isolés à Madagascar. Les scientifiques considèrent ces données comme des erreurs de recensement ou d’identification, car l’ordre des Mécoptères est officiellement absent de cette île. La Panorpa communis est une espèce strictement eurasienne qui a besoin des climats tempérés de l’hémisphère Nord.

Elle apprécie les zones où l’humidité demeure constante, comme les jardins, les parcs, les lisières de forêts et le long des haies fraîches. Elle privilégie les endroits ombragés et les zones de végétation dense pour se cacher sous les feuilles. Sa présence indique souvent un environnement riche en insectes et en matières organiques. Bien qu’elle soit capable de voler, elle reste généralement fidèle à son territoire tant que les conditions de nourriture et d’humidité lui conviennent.
Taxonomie
La Mouche scorpion a été décrite et nommée par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1758 sous le nom initial de Panorpa communis.
Le nom de genre Panorpa a été créé en 1758 par le naturaliste suédois Carl von Linné.
La famille des Panorpidae a été proposée en 1802 par l’entomologiste Français Pierre André Latreille.
Étymologie
Le nom de genre Panorpa vient des deux mots grecs pas (partout) et norpe (aiguillon). Il souligne l’aspect de l’insecte qui semble menaçant autant par son long bec que par sa pince arrière. Il est amusant de noter que ce nom évoque un aiguillon universel alors que l’animal est parfaitement inoffensif. L’épithète communis (commun) rappelle que cet insecte est très présent et qu’on le rencontre partout en grand nombre.
Le nom de l’ordre Mécoptère dérive des mots grecs mekos, qui signifie longueur, et pteron, qui veut dire aile. Ce mot met l’accent sur la forme longue et étroite des ailes des membres de cet ordre. Il est d’ailleurs étonnant que le nom de l’ordre se rattache à la forme des ailes, dont les caractéristiques se rencontrent dans d’autres ordres, alors que leur rostre très particulier les caractérise davantage.
Enfin, son nom vernaculaire de Mouche scorpion se comprend aisément. On utilise le terme scorpion en raison de la pince terminale qui rappelle celle de l’arachnide. On emploie le mot mouche parce que ses quatre ailes sont membraneuses et qu’elles ressemblent à celles des diptères, bien que ces derniers n’en possèdent que deux.
Citation
« La queue du mâle est armée d’une pince articulée, mobile, dont la forme est absolument celle de la queue d’un scorpion ; aussi cet insecte a-t-il reçu le nom de Mouche-Scorpion. On a cru longtemps que cette pince était venimeuse, mais les naturalistes modernes ont reconnu qu’elle n’était qu’un instrument de plaisir. »
Charles-Nicolas-Sigisbert Sonnini de Manoncourt.
*Eruciforme: Se dit de larves qui ont la forme des chenilles . Le mot vient du latin « éructa » (chenille) . Les larves de la mouche scorpion ou du hanneton commun sont des larves éruciformes.
