Deux mots très proches, mais qui désignent deux états bien différents .
L’hibernation est une période pendant laquelle l’animal s’endort complètement pour
traverser des périodes difficiles. Soit parce qu’il n’y a plus de nourriture, soit parce qu’il fait trop froid ou trop chaud . Il y a en effet des hibernations hivernales, mais également des hibernations estivales, nommées estivation. Les papillons ou les coccinelles, par exemple, peuvent se mettre en diapause au cœur de l’été lorsque les températures sont trop élevées ou que les pucerons viennent à manquer .

Ce phénomène se produit chez les animaux ectothermes (dit à sang-froid) qui dépendent complètement des températures extérieures et ne sont pas capables de la réguler de l’intérieur comme les reptiles ou les insectes. Il existe également chez certains animaux endothermes à (sang chaud) tel que les oiseaux ou les mammifères .
Durant cette période, l’animal tombe dans un état de sommeil profond qui lui permet de ralentir son métabolisme. Il abaisse sa température corporelle ainsi que sa fréquence respiratoire et puise dans les réserves de graisse accumulées pendant les mois précédant l’hibernation. Chez les véritables hibernants, la survie repose sur un tissu adipeux particulier : la graisse brune. Contrairement à la graisse blanche, la graisse brune a pour fonction de produire de la chaleur rapidement sans passer par le frissonnement. Certaines zones de son cerveau sont également déconnectées.
Il existe aussi un état intermédiaire souvent confondu avec l’hibernation : la torpeur. Certains oiseaux ou de petits mammifères entrent en torpeur seulement quelques heures par jour pour économiser de l’énergie. C’est une version temporaire de l’hibernation, car dès que la température extérieure remonte, l’animal retrouve son activité normale.
Quelques animaux qui hibernent
Les coccinelles, un certain nombre de papillons, les guêpes, les mouches, les chauves-souris, la marmotte, les serpents, l’escargot, la grenouille, le loir ou le hérisson.
La température moyenne du hérisson, par exemple, est de 35, 4 degrés à la belle saison alors qu’elle est de 4 degrés lorsqu’il entre en hibernation. Son rythme cardiaque est fortement ralenti, passant de 200 pulsations en moyenne à 5 ou 10 par minute lorsqu’il est en état d’hibernation. C’est grâce à son tissu adipeux brun qu’il peut remonter sa température de 4 à 35 degrés en moins de 3 heures lors de ses phases de réveil.
La phase d’hibernation peut être interrompue pour différentes raisons, comme le besoin de renforcer l’abri ou si le temps devient subitement plus clément. Certains scientifiques pensent que ces réveils peuvent aussi avoir pour fonction de permettre la mise à jour de l’horloge interne et la vérification des fonctions vitales.


D’autres animaux réduisent également leurs activités sans toutefois hiberner. Ils ralentissent également leur métabolisme et ne s’endorment pas complètement. Les ours, par exemple, peuvent arrêter de manger et dormir pendant 3 mois d’affilée, mais ils peuvent aussi se réveiller si on les dérange. Ils gardent également leurs organes vitaux à une température normale pour pouvoir réagir immédiatement en cas de danger. Celle-ci est juste abaissée de 3 à 4 degrés et passe des 37 degrés habituels à 33 ou 34 degrés.
L’ours possède une adaptation particulière du système rénal : il est capable de recycler son urée. Son métabolisme transforme les déchets azotés en protéines pour préserver sa masse musculaire, ce qui lui permet de rester immobile sans souffrir d’atrophie. Les femelles ours ont leurs petits pendant l’hiver et certains individus peuvent ne pas hiverner du tout s’ils parviennent à trouver de la nourriture. On parle d’hivernation. L’ours, le raton laveur, l’opossum ou le blaireau pratiquent l’hivernation.
Hivernation
L’hivernation, comme l’hibernation, est une stratégie d’adaptation, mais le sommeil n’est pas aussi profond. On parle plutôt ici de somnolence maîtrisée qui permet à l’animal d’économiser ses forces. Les organes de celui-ci restent en effet à des températures normales et les battements du cœur ne sont pas ralentis comme dans l’hibernation.

Il peut se réveiller et se rendormir plusieurs fois et réagir aux éléments extérieurs. Comme pour l’hibernation, les espèces qui hivernent font des réserves et mangent plus que d’habitude pour accumuler des graisses qui leur permettront de tenir le coup. Dans le cas des ours, la raison de l’hivernation est moins le froid, qu’ils ne craignent pas, que l’absence de nourriture. L’hivernation permet ainsi de traverser cette période difficile en limitant la dépense énergétique.

