- Règne : Animalia
- Embranchement : Chordata
- Sous embranchement : Vertebrata
- Classe : Aves
- Ordre : Colombiformes
- Famille : Colombidae
- Genre : Colomba
Un couple de pigeon ramier vit en ce moment au jardin des oiseaux. Mâle et femelle s’y promènent en volant d’un côté à l’autre avec une grâce et une douceur que l’on retrouve souvent chez les membres de cette espèce. Un nid se situe certainement sur la fourche de l’un des arbres et explique la présence du couple.

Le terme pigeon est un terme générique qui désigne tous les oiseaux du genre « columba » qui compte plus de 35 espèces.
Le pigeon ramier est l’un d’entre eux . Il est celui qui est le plus présent en Europe . Il est nommé pigeon ramier dans la plupart des régions à l’exception du sud-ouest où on le connait sous le nom de Palombe .
Présentation
Le pigeon ramier (Columba palumbus) appartient à la famille des Colombidae. Cette famille regroupe environ 50 genres et plus de 300 espèces à travers le monde. Les membres de ce groupe possèdent des caractéristiques morphologiques précises. Ce sont des oiseaux au corps robuste, dotés d’une petite tête et d’un bec court avec une cire charnue à sa base. Cette structure anatomique est adaptée à un régime essentiellement végétarien, bien que ces oiseaux consomment à l’occasion des invertébrés. La plupart présentent un plumage aux reflets métalliques sur le cou, ce qui assure leur reconnaissance sociale. Leurs ailes puissantes et leur musculature pectorale développée sont caractéristiques des oiseaux capables de vols rapides et parfois de longs déplacements migratoires. Ces oiseaux manifestent un comportement grégaire en dehors de la période de reproduction et cherchent leur nourriture au sol. Ils construisent des nids sommaires, souvent une simple plateforme de brindilles dans les arbres ou les arbustes.
Les pigeons ramiers font aussi partie du genre Columba qui regroupe plus de 35 espèces comme le Pigeon biset (Columba livia) ancêtre des pigeons domestiques, le Pigeon roussard (Columba guinea) présent en Afrique subsaharienne, ou le Pigeon trocaz (Columba trocaz) endémique de l’île de Madère. Le pigeon ramier est celui qui est le plus présent en Europe. Il est nommé pigeon ramier dans la plupart des régions à l’exception du sud-ouest où on le connaît sous le nom de Palombe.
Description
Le pigeon ramier pèse entre 500 et 600 grammes. C’est le plus grand des pigeons et le plus robuste. En poids, il peut faire le double du pigeon biset. Il mesure 42 centimètres de long et il possède une envergure de 80 cm qui fait de lui un oiseau très habile en vol. Ses ailes sont grises avec une virgule blanche qui coupe l’aile en son milieu. Lorsque l’oiseau est posé, on ne voit plus qu’un trait blanc en bas de l’aile. Oiseaux des bois au départ, il sait s’adapter à de nombreux habitats et on en rencontre de très nombreux dans les villes où il est attiré par les nombreux déchets laissés par les humains. Son plumage, qui est un mélange des teintes rose, mauve ou grise, a donné son nom à la couleur gorge-de-pigeon. On reconnaît le pigeon ramier à la marque blanche avec des stries obliques sur le cou des adultes. On trouve des reflets verts sur l’arrière du cou juste au-dessus de la marque blanche. L’iris est jaune ou vert pâle. La pupille est noire avec un deuxième rond sous la pupille principale. Le bec est mauve à sa base et devient jaune orange à son extrémité. La cire, qui est le renflement mou sur le dessus du bec, est blanche. Les pattes sont roses. Il n’y a pratiquement pas de différence entre mâle et femelle. La marque blanche et les couleurs du poitrail sont parfois plus marquées chez le mâle, mais ce n’est pas toujours le cas. Le juvénile est plus terne que l’adulte et il n’a pas encore la tache blanche sur le cou. Son plumage adulte apparaît entre le 6e et le 8e mois.

Particularités physiologiques
Le pigeon ramier partage avec le Pigeon biset et l’ensemble de sa famille une manière singulière de s’abreuver. Là où la majorité des espèces aviaires doivent remplir leur bec puis basculer la tête vers l’arrière pour laisser l’eau descendre par gravité, ces oiseaux possèdent la capacité de boire par aspiration continue. Ils plongent le bec dans l’eau et utilisent leur œsophage comme une pompe. Cette technique, également observée chez les Ptéroclidés, permet d’absorber de grandes quantités de liquide sans jamais lever la tête. Ce comportement réduit considérablement le temps d’exposition et la vulnérabilité face aux prédateurs lors du passage au point d’eau.
Alimentation
C’ est un oiseau opportuniste qui possède une grande faculté d’adaptation à de nombreux habitats. Son régime est essentiellement phytophage. Sa nourriture principale est constituée de matière végétale comme les feuilles, les bourgeons, les graines, les fruits ou les baies. Il apprécie particulièrement les glands, les faînes et les grains de céréales dans les zones agricoles. Toutefois, il peut également consommer des invertébrés comme les larves, les vers ou de petits mollusques à l’occasion.
Le pigeon ramier se nourrit en général au sol, où il marche avec assurance pour glaner sa nourriture. Il est tout à fait capable de trouver de quoi manger dans la canopée des arbres. Malgré sa taille imposante, il fait preuve d’une grande habileté dans ses déplacements au sein des branchages pour atteindre les jeunes pousses ou les fruits. En milieu urbain, il modifie son comportement et tire profit des nombreux déchets organiques laissés par les humains.
Comportement
Le pigeon ramier vit seul avec sa compagne pendant la saison des amours et le couple est très soudé. Mais dès que la période de reproduction est terminée, l’oiseau rejoint le groupe avec lequel il vit tout le reste de l’année. Les ramiers manifestent un caractère très grégaire et dorment dans des dortoirs qui regroupent de très nombreux individus. L’effet de masse possède pour eux une grande importance et exerce notamment un effet dissuasif sur les éventuels prédateurs. Les populations peuvent alors regrouper des milliers d’oiseaux.
Palombiere


Ce sont ces grands groupes que les ornithologues observent lors de leur passage dans les cols des Pyrénées à l’automne en direction de l’Espagne. Mais il n’y a pas que les amis des oiseaux qui les regardent passer. Ce sont aussi, hélas, sur ces grands groupes de ramiers migrateurs que les chasseurs tirent du haut des palombières. Le pigeon ramier est aujourd’hui l’animal le plus tué par les chasseurs puisque 4 926 324 individus sont abattus chaque année en France. Il suffit de tirer dans la masse qui passe pour en voir tomber un ou deux.
Monogamie sociale ou génétique ?
Les pigeons sont monogames, c’est-à-dire que le couple ,une fois uni, reste ensemble pour la vie ou tout du moins pour une longue période. Mais la monogamie n’exclut pas l’infidélité. Des études ADN sur des oiseaux qui pratiquent la monogamie ont permis d’effectuer des tests de paternité. Les résultats ont surpris les ornithologues qui croyaient jusque-là au récit du couple soudé et parfaitement fidèle. Parmi les œufs présents dans les nids, beaucoup étaient de pères différents. Cela était même si fréquent que les scientifiques ont dû élaborer le concept de monogamie sociale et de monogamie génétique pour distinguer les couples qui vivaient ensemble et qui étaient fidèles de ceux qui vivaient ensemble, mais qui avaient des aventures.

Après des études menées sur des centaines d’espèces, il a pu être établi que dans 76 % des espèces existaient des anomalies génétiques qui montraient que les couples avaient mis des petits coups de canif dans le contrat. D’autant que ces écarts ne sont pas minimes. Chez les espèces qui n’avaient pas respecté la monogamie génétique, plus de 20 % des oisillons avaient un père social et un père génétique différents.
Les scientifiques n’ont pas étudié le cas des pigeons en particulier, mais il semblerait que ceux-ci n’échappent pas à la règle. L’infidélité est peut-être plus rare chez les pigeons que chez d’autres espèces, mais elle n’est pas inexistante. Je suis sûr qu’on serait même surpris si de véritables études étaient menées sur le sujet. Pourquoi cette espèce échapperait à ce phénomène qui touche toutes les autres ? Pour reprendre un proverbe célèbre, l’habit ne fait pas le moine, et comment cela pourrait être autrement quand on sait que les pulsions (qui favorisent la perpétuation des espèces) mènent la plupart des espèces bien plus sûrement que la raison.
Nidification
Après l’accouplement, le pigeon ramier construit son nid dans les arbres ou les grands arbustes. C’est une construction assez sommaire faite de brindilles et de quelques herbes que l’oiseau assemble à la va-vite. Le nid est si peu élaboré que l’on voit souvent le jour à travers la structure. La femelle y pond deux œufs de couleur blanche, comme c’est toujours le cas chez les colombidés. L’incubation dure de 16 à 18 jours. Elle est effectuée par les deux parents qui se relaient à tour de rôle. Les petits, appelés pigeonneaux, naissent nidicoles, ce qui signifie qu’ils sont totalement dépendants de leurs parents pour leur survie.

Le mâle et la femelle fabriquent tous les deux une substance spéciale pour nourrir leurs petits. Ce n’est pas de la nourriture qu’ils ont simplement mangée auparavant, mais une véritable production de leur corps qui se déclenche durant l’incubation des œufs. Sous l’effet d’une hormone, la paroi interne de leur jabot s’épaissit puis se détache en petits morceaux pour former ce qu’on appelle le lait de pigeon. Cette bouillie très riche permet aux petits de grandir très vite. Ce régime exclusif dure environ 16 jours. Ensuite, les parents ajoutent petit à petit des graines et des bourgeons jusqu’à ce que les jeunes mangent uniquement des végétaux. Dans les zones tempérées, la reproduction s’étale de février à septembre, ce qui permet aux ramiers d’élever deux à trois nichées par an si la nourriture est abondante.
Distribution
Le pigeon ramier occupe une vaste aire de répartition qui couvre l’ensemble de l’Europe, de l’Afrique du Nord jusqu’à l’Asie occidentale. C’est un oiseau très commun sur le territoire français où il est présent partout, des plaines de l’Océan jusqu’aux zones de montagne. Historiquement, cette espèce préférait les lisières de forêts et les zones boisées. Mais depuis quelques décennies, le pigeon ramier a colonisé les jardins, les parcs urbains et les centres des grandes agglomérations. Cette capacité à modifier ses habitudes pour s’installer dans de nouveaux milieux montre la grande faculté d’adaptation de cet oiseau.

Les populations du nord et de l’est de l’Europe sont migratrices. Elles traversent la France chaque automne pour rejoindre la péninsule Ibérique ou le sud de la France afin d’y passer l’hiver. À l’inverse, les individus qui vivent dans l’ouest et le sud de l’Europe sont majoritairement sédentaires. Ils restent sur leur territoire de reproduction toute l’année, sauf si des conditions climatiques extrêmes les obligent à se déplacer vers le sud. On observe ainsi un brassage important de populations durant la mauvaise saison, entre les résidents locaux et les migrateurs venus du nord.
Taxonomie
Le Pigeon ramier a été décrit et nommé par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1758 sous le nom initial de Columba palumbus.
Le nom de genre Columba a été créé en 1758 par le naturaliste suédois Carl von Linné.
La famille des Colombidae a été proposée en 1802 par l’entomologiste français Pierre André Latreille.
Étymologie
Le nom de genre Columba désigne le pigeon en latin, tandis que le mot columbus est réservé aux mâles. Cette racine latine dérive du grec ancien kolumbos, qui signifie plongeur. Ce terme renvoie au comportement de l’oiseau en vol lorsqu’il effectue des plongeons spectaculaires.
Le nom d’espèce palumbus signifie palombe ou pigeon des bois. C’est de cette racine que provient le mot Palombe, encore très utilisé dans le sud de la France. Le terme Pigeon, quant à lui, possède une origine onomatopéique. Il vient du latin pipio ou pipilo (pépier ou piauler) qui veut imiter le cri de l’oiseau. On retrouve la même logique en grec avec pippozo. Le roucoulement de ces oiseaux serait aussi à l’origine des verbes ruk ou rouk. Ces derniers auraient ensuite donné le mot latin raucus (rauque) qui signifie enroué. Cette racine a également inspiré le nom de la couleur gorge de pigeon, qui évoque les reflets changeants des plumes du cou.
Le nom Ramier dérive du mot rameau. Il évoque le lieu de nidification préféré de l’espèce qui se situe dans les arbres. Cette caractéristique se retrouve en anglais avec le nom wood pigeon (pigeon des bois). Les autres langues européennes utilisent des racines similaires : les Italiens disent « palombo », les Espagnols « paloma torcaz » et les Portugais « pombo-torcaz ». Le qualificatif torcaz vient du latin torques (bandes ou collier) et fait référence à la marque blanche sur son cou.
Le mot Colombe est un terme générique qui ne désigne pas une seule espèce, mais plusieurs oiseaux de la famille des columbinae. Les colombophiles utilisent ce nom pour désigner spécifiquement les pigeons blancs. Chez les Romains, ce mot servait à nommer la bien-aimée, mais il était aussi le petit nom donné aux prostituées. La colombe reste aujourd’hui le symbole de l’amour car ces oiseaux sont fidèles et vivent toute leur vie avec le même partenaire.
Expression
Être un pigeon, être pris pour un pigeon ou se faire pigeonner sont des locutions qui désignent une personne vulnérable et naïve que l’on dupe ou que l’on manipule facilement. Plusieurs sources donnent des origines différentes à ces formules.
L’une d’elles indique que l’expression remonte au 19e siècle. Elle proviendrait des parieurs qui misaient sur des pigeons voyageurs. Ces oiseaux étaient entraînés pour revenir le plus rapidement à leur pigeonnier. Comme certains étaient performants et d’autres beaucoup moins, on appelait « pigeons » les joueurs naïfs qui recevaient de mauvaises informations et perdaient leur argent en misant sur le mauvais sujet.
Une autre source fait remonter l’idée au 13e siècle avec l’expression « se faire plumer ». Deux siècles plus tard apparaît la formule « se faire duper » qui vient de la huppe. Le fait d’être « dé-huppé », et donc déplumé, symbolisait l’idée de se faire avoir. Comme la huppe était bien plus rare que le pigeon, et que l’humain jugeait ce dernier peu intelligent, « se faire duper » fut remplacé par « se faire pigeonner ».
Ce jugement qui qualifie les pigeons d’oiseaux idiots est typique de la méconnaissance des humains qui projettent leurs propres fantasmes sur les animaux. Le pigeon est au contraire un oiseau très intelligent. De nombreuses études montrent qu’il possède un sens de l’espace et du temps que bien des humains pourraient lui envier. Les scientifiques pensent même que ses capacités cognitives se rapprochent de celles des humains et des grands singes.
Une dernière source fait descendre l’expression des pigeonniers. Le nombre d’oiseaux dépendait autrefois de la richesse du maître des lieux. Pour réussir de beaux mariages, certains n’hésitaient pas à ajouter de faux boulins, ces ouvertures qui accueillent les pigeons. La mariée et sa famille, qui comptaient les trous pour estimer la fortune du propriétaire, se faisaient ainsi pigeonner.
« Si vous êtes à une table de poker et que vous n’arrivez pas à savoir qui va être le pigeon de la soirée, c’est qu’il y a de grandes chances pour que ce soit vous. » Paul Newman
Colombe de la paix
Les pigeons ou colombes ont été très souvent utilisés comme symbole . Pablo Picasso les a souvent représentés. On peut notamment la voir dans sa plus célèbre toile Guernica entre le taureau et le cheval. Mais on peut la retrouver également chez Magritte, matisse ou braque et de nombreux peintres qui de nos jours à l’antiquité l’ont maintes fois représenté .


Le symbole le plus connu est celui de la colombe de la paix qui porte un brin d’olivier. L’image remonte au récit du déluge dans le genèse. Après 220 jours de navigation, Noé s’échoue sur le mont d’Ararat. Pour savoir si les eaux du déluge ont quitté la terre, Noé envoie un corbeau, mais le corbeau ne revient pas à l’arche. il envoie alors une colombe blanche (pigeon). Quelques jours après elle revient sans avoir pu se poser . Noé patiente encore sept jours puis envoie à nouveau la colombe qui revient quelque temps après avec une branche d’olivier dans le bec . Noé comprend alors que les eaux ont reculé et que la colombe a pu se poser pour cueillir le brin d’olivier.

La colombe blanche est devenue ainsi un symbole positif pour les chrétiens alors que le corbeau est devenu un symbole négatif .
Un conte anglais raconte que la pie est née du croisement entre la colombe blanche et le corbeau qui avaient été lâchés par Noé.
*Cire (oiseau) :
La cire ou opercule est le renflement mou et souvent charnu qui se situe sur le dessus du bec de certains oiseaux . Les pigeons, les perroquets ou les faucons ont une cire sur le bec.
* Fennoscandie : Région du nord de l’Europe qui est composée par la Finlande (fenno) la péninsule Scandinave (-scandie), de la Carélie et de la péninsule de Kola.
* lait de pigeon : Substance fabriquée dans le jabot du pigeon qui est le résultat du développement des cellules épithéliales. Cette substance joue le même rôle que le lait, mais se distingue du produit des mammifères par l’absence de glucides. Elle est en revanche très riche en protéines et en lipides . À la différence du lait elle peut être fabriquée aussi bien par le mâle que la femelle.
Cette même substance est fabriquée par d’autres espèces d’oiseaux comme le flamant ou les manchots empereurs . On l’appelle alors le lait de jabot.
