Glossaire

Agrion

Nom vernaculaire que l’on donne aux libellules de type demoiselle ou « zygoptère »  qui font partie de la famille des odonates  . C’est-à-dire à celles qui replient leurs deux paires d’ailes vers l’arrière lorsqu’elles sont au repos et qui ont les yeux séparés.

Le nom permet de les distinguer  des autres libellules de type « anisoptère » qui sont plus grosses , qui ont les yeux qui se touchent  et qui ont la particularité de garder les ailes perpendiculaires au corps lorsqu’elles se posent.

Antispecisme/ spécisme

« Je ne suis pas antispéciste. C’est le mot antispéciste qui est venu se poser, un jour, sur ce que je suis depuis toujours. »

Les mots « antispécisme » ou « spécisme » sont construits sur le même modèle que « racisme » ou « antiracisme ».

Le raciste est celui qui considère consciemment ou inconsciemment que sa race est supérieure et qu’il peut traiter les autres races avec moins de respect que la sienne. Le traitement peut bien sûr varier de la condescendance au mépris, mais peut aussi très vite dériver vers des excès insoutenables. Puisqu’il sous-estime l’autre et qu’il le juge comme ayant moins de valeur que lui, il ne sent plus obligé de le traiter comme il traite ses semblables.
L’esclavage ou le nazisme nous ont, hélas, montré à quoi pouvait aboutir ce type de raisonnement.

L’antiraciste au contraire considère, lui, que toutes les races se valent. Que chacune à ses particularités, ses qualités et ses travers, mais qu’aucune ne vaut mieux qu’une autre. Il traitera donc « l’autre « comme il se traite lui-même et aura envers lui les mêmes égards qu’il a envers les membres de sa communauté.

Le spéciste est celui qui considère que son espèce (les humains) est supérieure à toutes les autres espèces animales et qu’il peut donc traiter ces dernières avec moins de respect que la sienne. Allant beaucoup plus loin que pour les autres races, il considère même qu’il peut les traiter comme des objets et en faire à peu près ce qu’il veut comme il le ferait d’une simple marchandise. Les vendre, les acheter, les maltraiter, les abandonner, les utiliser, les enfermer, les jeter, les torturer ou même les exterminer.
Personne n’aurait l’idée d’arracher un enfant à sa mère alors qu’on arrache le veau à la vache. Personne n’aurait l’idée de couper un être humain en deux vivant puis de le jeter dans l’eau bouillante alors que c’est ce que nous faisons au homard.
Personne n’aurait l’idée d’attacher un enfant toute la journée à un piquet alors qu’on le fera avec un chien, un cheval ou un âne.

L’antispéciste au contraire considère que toutes les espèces se valent et que chacune est parfaite en son genre. L’homme a certes des qualités, mais les autres animaux en ont tout autant, bien que différentes. L’homme a une pensée réflexive et une grande capacité d’analyse, mais l’oiseau voit en quadrichromie et le cachalot, lui, peut sonder à 3000 ou 3500 mètres, ce que l’homme est bien incapable de faire.
De là découle forcément toute une philosophie de vie qui sera très différente de celle du spéciste.
Le point de vue avec lequel on regarde un être vivant et la place qu’on lui donne modifient forcément le comportement qu’on va avoir avec lui.
On ne traite pas de la même façon un cochon que l’on désigne sous le nom générique de « cochon » et que l’on considère comme une simple marchandise (un pré-jambon) ou un cochon que l’on nomme Jean-Pierre et que l’on considère comme un être vivant sensible doué de grandes qualités et ayant autant (ni plus , ni moins) de valeur que nous.

Le mot « antispécisme » a le mérite de poser le sujet de la relation entre l’homme et les autres espèces.

Et une fois posé, chacun est obligé de se situer.

On peut dire : « je suis antispéciste » ou « je suis spéciste. On peut aussi dire : – « ce sujet ne m’intéresse pas » ou encore « je suis en train d’y réfléchir » mais on ne peut plus faire comme si ce sujet n’existait pas.

Aposématisme

L’aposématisme est une stratégie qui permet à certains organismes (en général des animaux, mais aussi des plantes) d’émettre un signal d’avertissement qui peut être visuel, sonore ou olfactif pour dissuader les éventuels prédateurs de s’attaquer à eux. L’aposématisme prévient en général d’un empoisonnement, d’une toxicité quelconque et d’un danger imminent.  

Ectotherme

Désigne des organismes qui ne produisent pas leur propre chaleur et dépendent pour cela des conditions climatiques ou de la température du liquide dans lequel ils se trouvent.

Les insectes, papillons, serpents ou certains poissons sont ectothermes.

Leur avantage est qu’ils consomment très peu d’énergie puisque l’énergie leur vient de l’extérieur. Leur faiblesse est qu’ils dépendent des changements climatiques et meurent dès que les températures deviennent trop froides ou trop chaudes.

Le mot ectotherme est construit sur les deux mots grecs « Ekto » (dehors) et « thermos » (chaud). Dans le langage courant, on appelle cela, à tort, des animaux à sang froid.

À l’opposé se trouvent les organismes endothermes qui fabriquent eux-mêmes leur propre énergie et leur propre chaleur.

Endotherme

Désigne des organismes qui produisent eux-mêmes l’énergie thermique qui régule leur température.  Les mammifères ou les oiseaux sont endothermes.

L’avantage de l’endothermie est que l’organisme ne dépend pas des changements climatiques. Le désavantage est qu’il consomme énormément d’énergie et qu’il doit trouver régulièrement de la nourriture pour alimenter sa « chaudière »

Le mot endotherme est construit sur les deux mots grecs « endo » qui signifie « dedans » et de « thermos » qui veut dire « chaleur ».

Génitalia

Chez les insectes, ensemble des structures génitales qui permettent l’accouplement et la reproduction .

Méllifère

une plante est dite « mellifère » lorsqu’elle attire les abeilles qui apprécient son pollen dont elles se nourrissent  ou son nectar à partir duquel elles fabriquent le miel .

Par extension, une plante mellifère est une plante qui attire les insectes butineurs.

Mellifère vient du latin « mellis » qui signifie « miel » 

Mouche à merde

Appeler « mouche à merde « la lucilie soyeuse » ou l’une de ses cousines en dit bien plus, en réalité, sur la condescendance et le mépris avec lesquels nous (les humains) traitons les autres espèces, que sur l’animal lui-même.

Je pense que côté « Merde » nous n’avons rien à lui envier.

Un mépris tellement criant que ce surnom est devenu une expression ou plutôt une insulte que l’on emploie pour signifier à la personne qu’on la juge méprisable.

« Déguerpis mouche à merde ou t’en prends plein les entrées de métro qui te servent de narines »

Frederic dard (San, Antonio) La casse de l’oncle Tom

Ocelle

Le terme ocelle vient du latin « oculus » qui signifie « petit œil »

Chez les insectes comme les libellules, les punaises ou les abeilles il s’agit d’organes sensibles à la lumière, mais qui ont une fonction différente des yeux. Situé en général sur le sommet de la tête (par2 ou3 ) Ils ne voient pas à proprement parler, mais jouent un grand rôle, entre autres, dans la stabilité du vol ou la perception des heures de la journée.

Ce sont eux qui perçoivent la diminution de la lumière et préviennent l’insecte qu’il doit se préparer à l’arrivée de la nuit .

Les fabricants de drones ont étudié le rôle joué par ces petits yeux pour améliorer la stabilité de leurs appareils.

Chez les papillons, les poissons, les reptiles ou les félins, les ocelles sont des tâches arrondies qui servent de leurre pour effrayer les prédateurs ou de camouflage.

Le paon du jour, par exemple, ouvre brusquement ses ailes lorsqu’il sent la présence d’un prédateur. Ce dernier, croyant voir apparaître deux yeux, prend peur. Le papillon a ainsi le temps de s’éloigner.

Perpétuation des espèces

L’objectif principal, pour ne pas dire unique, de toutes les espèces. (Le reste n’est que fariboles et anecdotes)

Qu’elles soient animales (humains compris) ou végétales, toutes obéissent à ces deux injonctions majeures de la nature qui leur ordonnent
1 : de persévérer dans leur être autant qu’ils le peuvent.
2 : de se reproduire, pour perpétuer l’espèce, dès la maturité sexuelle venue.

Extrêmement rares sont les individus qui osent désobéir. 😉

Perspectivisme :

Le perspectivisme désigne les doctrines philosophiques qui défendent l’idée que la réalité se compose de la somme des perspectives que nous avons sur elle. Autrement dit, ce sont les différents points de vue que nous avons sur elle qui la constituent.

Perspectivisme (dans le cadre de notre relation avec les autres animaux)

Le perspectivisme est une notion philosophique qui avance l’idée qu’il n’y a pas une seule vérité (celles des humains) qui serait « absolue », mais une multitude de vérités. Autant qu’il y a de points de vue.

Par exemple, les humains ont longtemps considéré que leurs vérités étaient des vérités universelles qui valaient pour toutes les espèces.

Celui qui pratique le perspectivisme, lui, ne croit pas du tout à cette vérité absolue et considère que la vérité des humains n’est que celle des humains et qu’elle ne peut être prise comme une vérité universelle qui existerait « en soi ».

Pour le perspectiviste, le monde n’existe pas « en soi », mais il est : « ce que je vois ».

Et ce qui m’apparaît ne m’apparaît ainsi que grâce à la forme très particulière de mes yeux (mes oculaires) et au contenu de mon psychisme.

La vision d’une limace, d’un oiseau ou d’une libellule est différente de celle des humains et elle « donne à voir » un autre monde que celui que nous voyons.

En réalité, chaque être (hommes, femmes, oiseaux, insectes, araignées, papillons, etc…) perçoit le monde selon ses capacités sensorielles et psychiques et aucun ne perçoit jamais « le vrai monde ».

Être perspectiviste ne veut pas dire pour autant que l’on raye de la carte toutes les « vérités » humaines.

Cela veut simplement dire que l’on a conscience que cette vérité n’est que celle des humains et qu’elle ne peut être appliquée à aucune autre espèce.

La nuance semble fine et pourtant cela change complètement notre relation aux autres animaux.

Si je considère que ma vérité est la vérité absolue et qu’elle est valable universellement, je traiterai les autres animaux comme des sous-êtres qui ne sont pas capables d’accéder à mon niveau d’intelligence.

Si je perçois au contraire que ma vérité n’est que la mienne, qu’elle est une peinture subjective du monde (une belle peinture), et qu’elle ne vaut ni plus ni moins que les autres visions, alors je considérerai forcément que les autres animaux sont des êtres de même valeur que moi qui ont une autre perception du monde et donc d’autres vérités.

Un bon exemple de perspectivisme est la vision que nous pouvons avoir d’un couple de mésanges bleues. Grâce ou à cause de nos yeux et de leur capacité, nous les voyons du même bleu. Cela, nous en sommes certains et nous considérons ce fait comme une vérité « absolue ».

Reste que pour les mésanges elles-mêmes, les couleurs du mâle et de la femelle sont extrêmement différentes et ne peuvent être confondues.

La raison ?

La vision humaine est « trichromatique ». C’est-à-dire que l’œil humain comporte trois cônes sensibles aux couleurs (bleu, le vert et le rouge) qui lui permettent d’analyser les couleurs.

Les oiseaux, eux, et bien d’autres espèces, comme les libellules ou le poisson-zèbre, ont une vision « Tétrachromatique ».

C’est-à-dire qu’ils possèdent non pas trois, mais 4 cônes. (Les quatre pigments combinés aux cônes des passereaux étendent le spectre visible jusqu’aux ultraviolets.)

Par conséquent, leur vision colorée est bien plus riche, la gamme des couleurs qu’ils perçoivent bien plus large et cela leur permet de percevoir des différences de couleur là où nous n’en voyons aucune.

Le perspectivisme ici est flagrant et l’exemple montre à quel point notre perception dépend de nos capacités corporelles et psychiques. Je ne vois que ce qui m’apparaît.

On comprend bien, là, que l’affirmation « le couple de mésanges est du même bleu » n’est une vérité que pour les humains et ne peut être considéré comme une vérité universelle puisqu’elle est vue d’une autre manière par des êtres qui perçoivent bien mieux les couleurs que nous.

Ceci est un petit exemple, mais je pourrai les multiplier à l’infini et vous montrer que ce vous tenez pour définitivement et universellement vrai, ne l’est pas du tout.

En philosophie, on peut retrouver la notion de perspectivisme chez Montaigne, Leibnitz et d’une certaine manière chez Kant ou Schopenhauer qui ont montré qu’il était impossible d’accéder à la chose à soi, mais que l’on pouvait seulement en saisir les représentations (subjectives) que nous nous en faisons.

Mais c’est Nietzche qui au 19e siècle développera vraiment cette notion et parlera de penser « en point de vue ».

« Il n’y a pas de faits, seulement des interprétations. Nous ne pouvons constater aucun fait en soi. Le monde n’a pas un sens derrière lui, mais d’innombrables sens. »

La philosophie d’Husserl, connue sous le nom de « phénoménologie », est également une philosophie de la perspective puisque sa position principale est de considérer que le monde n’est pas « ce qui est », mais « ce qui m’apparaît ». On ne cherche donc plus à s’emparer d’un supposé réel, mais à comprendre par où et pourquoi je le reçois sous cette forme.

Le perspectivisme est une façon de voir le monde qui permet aussi de repenser des concepts comme la nuisibilité.

Selon la pensée le plus commune, la nuisibilité est décrétée quand un animal gêne les humains ou qu’il ne correspond pas à la planification subjective et artificielle que ces derniers ont décidée au nom de leurs seuls intérêts.

Vu du perspectivisme, la nuisibilité n’existe pas, car on perçoit immédiatement que l’animal sur lequel on a posé ce qualificatif n’est “nuisible” que pour l’espèce humaine.

Un animal peut en effet être dérangeant pour nous et être par ailleurs extrêmement utile et bénéfique pour un grand nombre d’autres espèces.

Dans le premier cas, la pensée « centriste » est une pensée fermée et narcissique qui ne tient compte de l’intérêt d’une seule espèce (celle qui est en train de détruire la planète).

Dans le second, la pensée se pose la question du sens d’une espèce dans la globalité de la nature. Elle se pose la question en essayant de la penser de plusieurs points de vue. Celui des humains, mais aussi celui de tous les autres animaux dans leurs interconnexions.

« La lune n’est ronde que pour celui qui a des yeux ronds »

Régulation


Terme employé par les humains pour désigner des pratiques visant la réduction du nombre d’individus d’une espèce animale pour des raisons écologiques ou écologiques.

Raisons en réalité toujours économiques et sous-tendus par les exigences d’un système capitaliste* qui n’a qu’un objectif : S’approprier toutes les terres (quitte à tuer tous les animaux qui y vivent) afin d’en retirer un maximum de bénéfices.

Sortie de ce point de vue funeste, il suffit de regarder autour de soi pour comprendre que nous ne sommes envahis ni par les renards, ni par les étourneaux et encore moins par ces pauvres sangliers dont l’habitat, grignoté par l’agriculture intensive et le développement des habitations humaines, se réduit chaque jour un peu plus. J’ai beau habiter en pleine campagne, je n’en ai jamais vu un seul de ma vie.
En revanche, je vois énormément d’humains et si l’on me demandait de donner le nom d’une seule espèce à réguler, je pense que je choisirai les “Homo sapiens”, en premier, sans hésiter. 😉

*la religion « capitalisme »

Ubiquiste

Espèce ubiquiste . Que l’on rencontre dans des territoires étendus et variés. Certaines libellules peuvent vivre dans des zones humides avec des habitats très différents .