Un mot qui est hélas tristement d’actualité, mais qui va certainement prendre de plus en plus de sens dans les années à venir.
Anthropocène :
Du grec anthropos (humain) et kainos (nouveau), que l’on pourrait traduire par « l’ère nouvelle de l’être humain ».
Le terme désigne une nouvelle période géologique durant laquelle l’activité humaine devient la principale contrainte exercée sur la Terre, dépassant de loin toutes les autres forces géologiques naturelles habituelles.
Le mot a été popularisé par le météorologue et chimiste de l’atmosphère Paul Joseph Crutzen dans les années 2000. Il avait été inventé quelques années auparavant par le biologiste Eugene Stoermer. Ce dernier considérait que l’anthropocène avait débuté à la fin du XVIIIe siècle avec l’avènement de l’ère industrielle. Il pensait que l’activité des humains depuis cette date entrainait des changements environnementaux comparables, voire supérieurs, aux bouleversements causés par les forces géophysiques comme les volcans , les mouvements de plaques tectoniques ou les météorites .
Pour Stoermer, l’anthropocène succède dans l’échelle des temps géologiques à l’holocène, qui a débuté il y a 12000 ans.
En créant cette nouvelle ère, il voulait avant tout mettre l’accent sur l’influence très négative, voire mortifère, des humains sur la planète . On pense bien sûr à la pollution atmosphérique, à la pollution chimique, mais aussi aux innombrables rejets de toutes sortes générés par l’industrialisation et le système de surconsommation qui polluent à une vitesse extrêmement rapide la terre , la mer, le ciel et maintenant l’espace.
On peut aussi y rajouter les guerres qui tuent d’autres humains et modifient définitivement des paysages, mais qui exterminent aussi toute une faune qui vivait sur ces territoires .
Quand on voit les photos terrifiantes de Gaza, d’Ukraine ou de n’importe quel endroit bombardé de manière intensive, on pense bien sûr à tous les humains qui ont péri. Mais on pense également à tous les autres animaux qui vivaient là paisiblement (sur terre ou sous terre) et qui ont, eux aussi, été décimés parce que des membres de l’espèce humaine, aveuglés par leur haine, sont prêts à tout détruire.
Les scientifiques (notamment l’Union internationale des sciences géologiques) ne reconnaissent pas cette nouvelle ère. Selon eux elle ne coche pas toutes les cases nécessaires qui permettent de nommer une nouvelle ère.
Je n’entrerai pas dans ce débat, mais la création de ce mot a un grand avantage : celui de nous obliger à nous poser la question de notre responsabilité vis-à-vis de la pollution et des dégradations très importantes que les sociétés les plus riches causent à la planète.
