Bruant zizi (Emberiza cirlus)

  • Règne : Animalia
  • Embranchement : Chordata
  • Sous-embranchement : Vertebrata
  • Classe : Aves
  • Ordre :Passériformes
  • Famille :Emberizidae
  • Genre : Emberiza

Le bruant zizi est un oiseau discret que je vois rarement. En général, j’en aperçois un ou deux chaque année  qui traversent le jardin.  Mais J’ai eu la chance un hiver d’avoir un couple qui s’est installé à demeure et j’ai pu les observer de plus près. Les bruants zizis sont des oiseaux que je trouve beaux et très élégants. Il y a un charme qui se dégage d’eux que je ne saurais décrire. Et autant chez le mâle,  avec son masque noir et son air décidé, que chez la femelle et son plumage délicat et tacheté.

Bruant zizi mâle
Bruant zizi mâle

Présentation

Le Bruant zizi (Emberiza cirlus) appartient à la famille des Emberizidae, qui rassemble une quarantaine d’espèces de passereaux à travers le monde. En France, cette famille compte environ dix espèces. On y rencontre notamment le Bruant jaune (Emberiza citrinella), le Bruant proyer (Emberiza calandra), le Bruant ortolan (Emberiza hortulana), le Bruant des roseaux (Emberiza schoeniclus) ou encore le Bruant fou (Emberiza cia).

La famille des Emberizidae est caractérisée par un dimorphisme sexuel important. Chez la plupart des espèces, les mâles arborent des couleurs vives ou des contrastes marqués, tandis que les femelles conservent des teintes plus ternes et cryptiques pour assurer leur sécurité au nid. Le Bruant zizi fait également partie de la sous-famille des Emberizinae. Les membres de ce groupe possèdent souvent un bec conique et robuste, adapté à un régime granivore. Contrairement à de nombreux autres oiseaux forestiers, les espèces de cette sous-famille fréquentent principalement les milieux ouverts ou semi-ouverts. Elles sont réputées pour leur chant répétitif et monotone, une caractéristique liée à leur comportement territorial marqué durant la période de reproduction.

Il appartient enfin au genre Emberiza. Les membres de ce genre présentent généralement un plumage dont les teintes varient du brun strié au jaune olive. Ils se distinguent souvent par des motifs contrastés sur la tête chez les mâles et par une queue assez longue dont les rectrices externes sont souvent blanches. Chez le Bruant zizi, la calotte et la gorge sombres, séparées par une bande sourcilière jaune, illustrent ce type de dessin de tête caractéristique du genre. Cette livrée permet aux individus de se fondre dans les haies et les buissons lorsqu’ils sont au repos.

Description

Le Bruant zizi est un petit oiseau mesurant environ 16 cm, avec un poids variant entre 21 et 27 grammes et une envergure de 22 à 26 cm. Il présente un corps compact, une queue relativement longue et des ailes arrondies, adaptées à des vols rapides et agiles à travers les buissons et les haies.

Le bec est assez particulier : la mandibule supérieure est foncée, tandis que la mandibule inférieure est claire, de couleur corne. Cette partie inférieure possède un aplatissement légèrement saillant, donnant au Bruant zizi une apparence particulière qui permet de l’identifier facilement sur le terrain.

Le mâle se distingue par un plumage très contrasté. La tête est jaune vif, traversée de bandes noires bien marquées formant un dessin évoquant un masque avec une paire de lunettes, très caractéristique de l’espèce. Les yeux sont marrons. Le poitrail affiche un large plastron verdâtre, bordé par une bande jaune au-dessus et des parties brunes en dessous. Les flancs sont légèrement striés, renforçant le contraste avec le reste du corps. Les pattes sont roses et pourvus de belles griffes qui permettent à l’oiseau de se tenir fermement sur les branches

La femelle, en revanche, présente un plumage plus discret. La tête est moins contrastée, dépourvue des bandes noires du mâle. Le poitrail est jaune clair tacheté de lignes sombres, tandis que le reste du corps conserve des tons bruns et striés qui assurent un camouflage efficace dans les haies et les buissons. Les juvéniles ressemblent à la femelle, mais avec des teintes encore plus ternes et des stries plus marquées sur le dos et les flancs.

Bruant zizi Mâle, à droite et femelle, à gauche.
Bruant zizi Mâle, à droite et femelle, à gauche.

Alimentation

Le régime alimentaire du Bruant zizi varie selon les saisons. En hiver, il  adopte un comportement essentiellement granivore. Il recherche sa nourriture au sol dans les champs ou sur les chemins de terre et consomme une grande diversité de graines de graminées et de céréales.

Dès l’arrivée du printemps, son régime devient majoritairement insectivore. Ce changement répond d’abord à un besoin vital pour les oisillons, car les protéines animales sont indispensables à leur croissance rapide. l’adulte devient lui aussi insectivore durant cette période. La capture des insectes lui fournit l’énergie nécessaire pour mener à bien les tâches épuisantes de la reproduction, comme la défense du territoire et les multiples allers-retours vers le nid.

Il capture alors une grande quantité d’invertébrés, tels que des criquets, des sauterelles, des chenilles et des araignées. À la fin de l’été, il complète ce menu avec de petites baies sauvages avant de repasser à un régime presque exclusivement composé de graines pour affronter l’hiver.

Bruant zizi mâle avec un insecte au moment de la nidification
Bruant zizi mâle avec un insecte au moment de la nidification. Photo Frank Vassen from Brussels, Belgium, CC BY 2.0
Bruant zizi mâle qui chante
Bruant zizi mâle qui chante Photo Andy Morffew from Itchen Abbas, Hampshire, UK, CC BY 2.0

Chant

Le chant du mâle est un élément essentiel pour l’identification de l’espèce. Il consiste en une trille monotone, métallique et rapide, qui dure environ une à deux secondes. Ce cliquetis régulier peut être confondu avec celui du Bruant jaune ou de la Fauvette babillarde.

Le Bruant zizi se distingue par l’absence de la note finale étirée et traînante que l’on entend systématiquement chez son cousin le Bruant jaune. Le mâle chante généralement bien en vue depuis un perchoir élevé, comme le sommet d’un buisson ou un fil électrique. Son chant peut durer une grande partie de la journée.

Parade et accouplement

La période de reproduction débute dès la fin de l’hiver. La parade nuptiale reste assez discrète chez cette espèce. Le mâle se tient souvent bien en vue sur un perchoir avec les ailes légèrement tombantes et la queue déployée pour mettre en évidence le blanc de ses rectrices externes. Il peut aussi chanter par intermittence pour attirer la femelle et intimider les autres mâles. Il poursuit parfois la femelle à travers les buissons dans un vol rapide et sinueux. Une fois le couple formé, le mâle accompagne la femelle dans tous ses déplacements. Il surveille les alentours pendant que celle-ci s’occupe de la recherche des matériaux et de la construction du nid. L’accouplement a lieu peu de temps après, une fois le site de nidification sécurisé.

Nidification

Le nid n’est pas très élaboré. Il se compose d’herbes sèches, de brindilles et de différentes fibres. L’intérieur est recouvert de mousses plus douces pour accueillir les juvéniles. En général, la femelle le construit à faible hauteur sur un arbuste ou dans une haie.

Il peut aussi se trouver au sol au milieu des broussailles et des ronces. Dans ce cas, la femelle utilise des feuilles mortes ou des brindilles supplémentaires pour camoufler le nid et limiter le risque de prédation.

Oeufs de Bruants zizis
Oeufs de Bruants zizis Domaine public
Bruants zizis juvéniles
Bruants zizis juvéniles Domaine public Ivan Medenica, CC BY-SA 4.0

La femelle y pond 3 ou 5 œufs dont la couleur varie du blanc bleuté au grisâtre. Ils sont recouverts de fines marbrures sombres qui ressemblent à des petites éclaboussures de peinture. La femelle les couve seule pendant 10 ou 15 jours. Pendant cette période, le mâle assure le ravitaillement de la femelle. Après l’éclosion, les deux parents nourrissent les juvéniles avec des petits invertébrés. Les oisillons quittent le nid au bout d’une douzaine de jours, bien avant de savoir voler parfaitement. Pendant deux ou trois jours, ils se cachent dans le couvert végétal et continuent d’être nourris par les parents jusqu’à ce qu’ils deviennent autonomes.

Pendant cette période, il arrive que plusieurs jeunes issus de nids différents se regroupent dans le même couvert végétal, ce qui forme ce que les ornithologues appellent des « crèches ». Chaque parent continue de nourrir ses propres oisillons, mais ce regroupement collectif, surveillé par plusieurs couples, augmente la sécurité de tous et réduit les risques de prédation.

Les bruants zizis font souvent deux pontes : une en avril-mai et une autre en juillet-août. La deuxième ponte est parfois légèrement plus petite que la première. Bien que les insectes soient abondants en été, ce volume réduit s’explique par le temps limité dont disposent les parents pour élever la nichée avant l’automne, ou par l’épuisement des réserves de la femelle.

Distribution et migration

Le Bruant zizi occupe une aire de répartition qui s’étend principalement sur le Paléarctique occidental. On le rencontre de façon permanente dans de nombreux pays d’Europe méridionale et occidentale comme le Portugal, l’Espagne, la France, l’Italie, la Grèce, l’Albanie, la Croatie, la Bulgarie et la Roumanie. Sa présence s’étire vers l’est jusqu’en Turquie et au Proche-Orient. Vers le nord, il atteint le sud de l’Angleterre, le Pays de Galles, ainsi que de rares localités en Allemagne, en Belgique et au Luxembourg. Au sud, son aire englobe le Maghreb, notamment le Maroc et l’Algérie.

Cette espèce est également présente sur de nombreuses îles méditerranéennes, dont les Baléares, la Corse, la Sardaigne, la Sicile et la Crète. Il est aussi un résident des îles Anglo-Normandes. De façon plus singulière, des populations issues d’introductions anciennes sont établies en Nouvelle-Zélande, où l’espèce s’est développée sur toute l’île, ainsi que sur les îles Auckland.

Carte du GBIF (Global Biodiversity information facility) qui montre la présence du Bruant zizi dans le monde
Carte du GBIF (Global Biodiversity information facility) qui montre la présence du Bruant zizi dans le monde

C’est une espèce principalement sédentaire même si l’on peut observer quelques migrations sur de courtes distances. Il existe toutefois des exceptions rapportées dans l’atlas des oiseaux migrateurs de France. On peut en effet y trouver plusieurs exemples comme cet oiseau bagué en Belgique en mars 1967 qui fut retrouvé en Charente en novembre, après un parcours de 725 km. Un autre spécimen, bagué en août 1964 dans le Loiret, fut repris au mois de novembre dans la Rioja en Espagne, à une distance de 871 kilomètres. Un dernier exemple mentionne un oiseau bagué en août 1970 en Saône-et-Loire qui fut repris en janvier 1971 à Lérida en Catalogne, soit un trajet de 875 kilomètres.

Taxonomie

Le Bruant  zizi a été nommé Emberiza cirlus en 1766 par le naturaliste suédois Carl von Linné.

Le genre Emberiza  est aussi l’œuvre  de Linné qui l’a  crée en 1758.

La famille des Emberizidae a été proposé en 1831 par le zoologiste et homme politique Irlandais Nicholas Aylward Vigors.

Étymologie

Personne ne le connait,  mais tout le monde retient son nom.

Mais d’où vient ce nom si surprenant  ?

Le mot « Emberiza »,  qui signifie « bruant », viendrait du mot allemand « emmeritz » qui désigne l’oiseau dans cette langue . Les emberizidae regroupent  un grand nombre de bruants comme le bruant jaune , le bruant striolé, le bruant fou, le bruant à cou gris , le bruant mélanocéphale, le bruant ortolan  ou notre  bruant  Zizi .

Bruant zizi mâle
Bruant zizi mâle

« Cirlus » est la latinisation du nom italien « zirla » qui est une onomatopée du cri  « cirrrl »  que l’on croit entendre lorsque l’oiseau  appelle les membres de sa famille . On retrouve cette onomatopée chez les Anglais qui le nomment  «  cirl bunting ».

Pour le  mot « Bruant » rien n’est très sûr, mais il semblerait  qu’il dérive du mot  « bruit » ou « bruire » .

« zizi », lui , n’a aucun rapport avec ce à quoi vous pensez depuis le début, mais il est aussi une onomatopée du cri « zi,zi » . Certains entendent « Cirrl », d’autres « Zi , Zi ». Chacun entend ce qu’il peut. Mais les cris des oiseaux ne sont pas faciles à transcrire en mot . 20 personnes écriront  la même trille d’oiseau  de 20 manières différentes. Ce nom vernaculaire  lui a été donné par le naturaliste français Buffon qui écrit sans son histoire naturelle : « Je donne à cet oiseau le nom de zizi d’après son cri ordinaire. »

Les Allemands le moment bruant des haies (Zaunammer) ,les Italiens « zigolo nero » . « Zigolo » pour l’onomatopée  (onomatopée) et « nero » pour les bandes noires du mâle et  le différencier du bruant jaune , Zigolo Giallo. les Espagnols  disent « escribano soteno » ou bruant des bois . les portugais  l’appellent l’écrivain « Escrevedeira ».

Bruant zizi mâle et femelle sur des branches de rosiers
Bruant zizi mâle et femelle sur des branches de rosiers Domaine public

Naumann, Natural history of the birds of central Europe

Pour résumer,  on peut dire que son nom scientifique comme son nom vernaculaire parlent tous les deux de « bruit » et de « cri » . Le grand naturaliste suédois Linné avait dû trouver  son chant plutôt  désagréable lorsqu’il l’avait  décrit et nommé en 1766. 😉

Citation

« Regardez cette tête bigarrée : calotte sombre, sourcil jaune et bride noire sur l’œil, large bavette noire comme une fausse barbe… Et le collier jaune au-dessus de la bande gris vert qui barre la poitrine bordée de roux . Ce bariolage du zizi mâle faut un peu mascarade , mais il le camoufle bien parmi les branches. »

Paul géroudet

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