Étymologie Thècle de l’yeuse

Satyrium ilicis (Linnaeus, 1758)

Noms scientifiques

La Thècle de l’yeuse a été décrite par Eugen Johann Christoph Esper en 1779 sous le nom Papilio ilicis.

Le nom de genre Satyrium a été créé en 1876 par l’entomologiste américain Samuel Hubbard Scudder. Jean-Yves Cordier cite le texte original de Scudder, dans lequel celui-ci explique son choix : « recalling to a certain degree a tone of color common among Oreades or Satyrids, whence the name I have applied to it », que l’on peut traduire par : « rappelant dans une certaine mesure une tonalité de couleur commune aux Oréades ou aux Satyridés, d’où le nom que je lui ai donné ».

Thècle de l’yeuse (Satyrium ilicis)
Thècle de l’yeuse (Satyrium ilicis)
Domaine public Photo Ilia Ustyantsev

Arthur Maitland Emmet propose une autre interprétation. Selon lui, le nom ferait allusion aux satyres de la mythologie grecque qui se livraient à des danses avec les nymphes, en référence au vol vif et bondissant de ces papillons. Nous retiendrons toutefois l’explication donnée par Scudder lui-même puisqu’il est l’auteur du nom Satyrium.

L’épithète ilicis est dérivée du latin ilex, qui désigne le chêne vert ou yeuse (Quercus ilex). Ce choix est cependant trompeur si on l’interprète comme une indication précise de la plante hôte. Esper savait que la chenille se nourrissait d’un chêne en Bavière, mais le nom quercus avait déjà été utilisé par Linné pour une espèce proche. Il choisit donc ilicis, tout en précisant qu’il ne fallait pas y voir une détermination botanique exacte. La chenille se nourrit en effet de différentes espèces de chênes.

Noms vernaculaires

Le nom « Thècle de l’yeuse » a été proposé par Gérard Christian Luquet en 1986. Le mot « Thècle » provient de l’ancien genre Thecla, créé par Johan Christian Fabricius en 1807 en référence à sainte Thècle, vierge et martyre de la tradition chrétienne orientale. Le terme « yeuse » est un ancien nom français du chêne vert. Selon Hans Arnold Hürter, l’origine et la signification exactes du prénom Thekla restent cependant incertaines.

L’espèce est également connue sous l’ancien nom de « Porte-Queue brun à taches fauves », donné par Engramelle, en référence aux fines queues qui prolongent les ailes postérieures et aux taches orangées qui les ornent.

Noms à l’étranger

Comme en français, de nombreux noms étrangers font référence au chêne ou au chêne vert.

Les Anglais la nomment « Ilex Hairstreak » (« Thècle du chêne vert »). Les Allemands utilisent « Steineichenfalter » (« Papillon du chêne vert ») et les Néerlandais « Steeneikpage » (« Thècle du chêne vert »).

Les Italiens l’appellent « Querciola » (« Petit chêne ») et les Espagnols « Mancha de encina » (« Tache du chêne vert »). Les Danois utilisent « Egeblåhale » (« Queue bleue du chêne ») et les Polonais « Ogończyk ostrokrzewowiec » (« Thècle du houx »).

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