- Règne : Animalia
- Embranchement : arthropoda
- Classe : Insecta
- Sous-classe : Pterygota
- Ordre : Coleoptera
- Super-ordre : Endopterygota
- Famille : Scarabaeidae
- Sous-famille : Cetoniinae
- Genre : Cetonia
Présentation
La cétoine dorée ou hanneton des roses fait partie de l’ordre des Coléoptères (Coleoptera). Ce groupe constitue le plus vaste du règne animal avec environ 400 000 espèces décrites à ce jour. Il représente près de 25 % de la diversité animale connue sur Terre. les scientifiques estiment toutefois que le nombre réel d’espèces pourrait atteindre entre 1,5 et 2 millions, car de nombreuses régions tropicales restent encore peu explorées par les entomologistes.
Elle fait aussi partie de la famille des Scarabaeidae, qui regroupe plus de 30 000 espèces dans le monde. Les représentants de cette famille possèdent des antennes caractéristiques terminées par des feuillets mobiles que l’animal déploie en éventail pour capter les odeurs. La famille présente une grande diversité de formes et de modes de vie, allant des bousiers aux hannetons.

Elle se rattache également à la sous-famille des Cetoniinae, qui compte environ 4 000 espèces, dont beaucoup arborent des couleurs métalliques vives. Les plus gros coléoptères présents sur la planète se trouvent d’ailleurs dans cette sous-famille. Le Goliathus giganteus peut dépasser les 10 cm de long et tient à peine dans une main.
Le genre Cetonia regroupe les espèces au corps robuste et trapu, souvent dotées d’une coloration métallique très marquée. Les individus sont diurnes et apprécient la chaleur. Ils s’activent principalement sous un ensoleillement direct et s’observent fréquemment sur les fleurs où ils prélèvent leur nourriture sans endommager profondément les tissus végétaux
Description
La Cétoine dorée est un coléoptère de bonne taille (15 à 20 mm). Elle est généralement de couleur verte, mais la palette chromatique peut varier. Ces variations sont plus présentes dans la moitié sud de la France où l’on peut rencontrer des cétoines dorées, marrons, bleues, lie-de-vin ou cuivrées et même bicolores.


Comme tous les coléoptères, l’insecte possède quatre ailes. Deux ailes souples permettent de voler et deux ailes durcies protègent les premières. Contrairement à la plupart des coléoptères qui soulèvent leurs élytres pour voler, les cétoines ont les élytres soudés et déploient leurs ailes par de petites fentes latérales.

La tête est très petite par rapport au corps. Elle est dotée de deux yeux composés, de 2 antennes lamelliformes et d’un appareil buccal de type broyeur. Comme tous les insectes, Les cétoines possèdent six pattes qui sont pourvues de griffes. De nombreux individus ont des stries blanches sur le corps, mais ce n’est pas toujours le cas et d’autres en sont dépourvus.
D’autres espèces de cétoines peuvent être rencontrées au jardin comme la cétoine grise souvent présente en grand nombre ainsi que la trichie fascié qui est un peu plus discrète et moins connue mais qui fait pourtant aussi partie de la sous-famille des Cetoniinae.
Dimorphisme
Mâle et femelle semblent identiques au premier regard mais un examen attentif de la face ventrale montre une différence anatomique. Chez le mâle, les premiers segments de l’abdomen présentent une légère dépression longitudinale. Ce sillon, situé sur la ligne médiane, facilite probablement le maintien de la position lors de l’accouplement.
À l’inverse, l’abdomen de la femelle est parfaitement convexe et lisse.


La couleur
La couleur métallisée des cétoines est une couleur structurelle causée par la polarisation circulaire de la lumière réfléchie. Des expériences avec des lunettes stéréoscopiques, qui inversent le sens de la lumière polarisée, ont montré que la couleur ou le côté métallisé de la carapace apparaît ou disparaît selon le sens de rotation circulaire que l’on choisit. Ce phénomène s’explique par la superposition de couches de chitine microscopiques organisées en hélice dans la cuticule. Lorsque la lumière frappe ces strates, elle n’est pas simplement réfléchie, mais elle est forcée de tourner dans un sens précis, généralement vers la gauche. Ce mécanisme physique, appelé biréfringence, crée des interférences lumineuses qui produisent cet éclat vert ou doré. Contrairement aux couleurs pigmentaires des plantes qui ternissent avec le temps, cette structure physique demeure intacte même après la mort de l’insecte, car elle ne dépend d’aucun processus vital, mais seulement de la forme de la matière.Dimorphisme
Mâle et femelle sont identiques, mais l’on peut identifier les sexes en regardant la forme du ventre. Les mâles possèdent un sillon ventral incurvé qui est absent chez les femelles .
Alimentation
Les cétoines dorées adultes se nourrissent du nectar des fleurs, mais elles mangent aussi parfois les étamines (appareil reproducteur mâle). Cette consommation peut modifier légèrement la reproduction d’une fleur individuelle, mais l’impact reste modéré à l’échelle d’un jardin sauvage. Il leur arrive aussi de manger de-ci de-là quelques pétales, mais on ne leur en voudra pas, car leur esthétique compense largement ce petit désagrément.

Les cétoines dorées adultes se nourrissent du nectar des fleurs, mais elles mangent aussi parfois les étamines (appareil reproducteur mâle). Cette consommation peut modifier légèrement la reproduction d’une fleur individuelle, mais l’impact reste modéré à l’échelle d’un jardin sauvage. Il leur arrive aussi de manger de-ci de-là quelques pétales, mais on ne leur en voudra pas, car leur esthétique compense largement ce petit désagrément.
Au Jardin des oiseaux, cela n’est même pas un problème puisque les fleurs ont été installées dès le départ pour attirer un maximum d’espèces animales et que je suis toujours heureux, au printemps, de voir les insectes venir se nourrir sur les fleurs. Cette consommation d’étamines permet d’ailleurs une dispersion efficace du pollen, qui adhère aux poils ventraux de l’insecte et contribue à la pollinisation.
Les cétoines dorées aiment tout particulièrement se nourrir dans les roses, ce qui leur a valu le surnom de « Hannetons des roses ». Cet attrait s’explique par l’accessibilité des ressources de cette fleur mellifère, riche en pollen et en nectar. De plus, la structure des pétales imbriqués offre un abri physique où l’insecte se protège tout en restant au contact de sa nourriture. Les cétoines dorées sont ainsi d’excellentes pollinisatrices. Comme elles pénètrent profondément dans les fleurs pour se nourrir, elles en ressortent couvertes de pollen et transportent ces grains de fleur en fleur au gré de leurs butinages.
On peut distinguer deux régimes alimentaires selon la saison. Le premier, à base de fleurs et de nectar, est plutôt le fait des cétoines ayant hiverné et qui arrivent au début du printemps. Les cétoines qui se nourrissent en été ou en automne consomment davantage de fruits, notamment des fruits mûrs ou pourris comme les pommes, les poires et les pêches. Au Jardin des oiseaux, je place régulièrement des coupelles de fruits juteux pour attirer les papillons et la coupelle est très rapidement remplie de cétoines qui y passent leurs journées.
Accouplement
Le cycle biologique débute par l’accouplement, qui a lieu dès l’apparition des beaux jours, entre mai et juillet. Les adultes se rejoignent sur les fleurs ou les zones de nourrissage. Les organes sexuels des femelles sont appelés génitalias alors qu’on parle d’édéage pour les mâles. Comme cela se passe chez la plupart des insectes, le mâle Cétoine dorée monte sur le dos de sa partenaire et introduit son édéage dans les génitalias.

Le sexe du mâle est de bonne taille et peut parfois être aussi long que le corps. Une fois la fécondation effectuée, la femelle se met en quête d’un site de ponte favorable. Elle privilégie les milieux riches en matières organiques comme les tas de compost, le bois mort en décomposition ou les cavités de vieux arbres. Elle y dépose une quarantaine d’œufs blancs et sphériques.

Le stade larvaire
L’éclosion survient quelques semaines après la ponte. La larve, souvent nommée « ver blanc », présente un corps arqué en forme de « C » d’une couleur blanc laiteux. Sa tête est petite et ses pattes sont courtes, car elle n’a pas besoin de creuser des galeries profondes dans un sol compact. Sa croissance dure entre deux et trois ans selon les ressources disponibles et les conditions climatiques. Durant cette période, elle joue un rôle de recycleur en transformant les débris ligneux en un terreau fin.
La nymphose et l’émergence
À la fin de sa croissance, la larve confectionne une coque de nymphose. Elle utilise ses propres excréments mélangés à des particules de terre et de bois pour bâtir cet abri ovoïde. À l’intérieur, elle se transforme en nymphe. Après quelques semaines, l’adulte (ou imago) est formé. Si cette transformation s’achève en automne, l’insecte reste souvent à l’abri dans sa coque pour hiverner et n’émerge qu’au printemps suivant pour commencer un nouveau cycle.
Larves de cétoines ou larves de Hannetons
Les larves de cétoines et les larves de hannetons se ressemblent beaucoup. Il est pourtant assez simple de les reconnaître. La première chose qui permet de les distinguer est l’endroit où on les trouve. Les larves de hannetons vivent dans la terre, près des racines des plantes dont elles se nourrissent. Les cétoines, au contraire, vivent dans la matière organique comme les feuilles en décomposition ou dans le compost. Si vous trouvez des vers dans vos pots de fleurs, sachez qu’il s’agit très certainement de cétoines dorées et non de hannetons.
Un autre critère est la couleur. Les larves de cétoines sont blanches alors que celles des hannetons sont plutôt jaunâtres. La longueur des pattes est également significative. Courtes chez les cétoines, elles sont bien plus longues chez les hannetons. Le dernier signe d’identification est la forme générale. Les larves de cétoines dorées ont une petite tête et l’arrière de l’abdomen épais, alors que les hannetons ont une grosse tête et l’arrière de l’abdomen plus fin. Ces deux larves sont dites mélolonthoïdes en raison de leur forme blanche et courbée en C.


Ces deux larves sont dites mélolonthoïdes en raison de leur forme blanche et courbée en forme de C .
Il ne faut surtout pas détruire ces larves que l’on trouve dans les pots de fleurs ou dans la terre car la larve de la cétoine est une auxiliaire précieuse qui participe activement à la fabrication d’un compost de qualité. En ingérant les débris ligneux et les matières végétales mortes, elle les broie et les transforme en un terreau riche, fertile et très fin. Sa présence accélère considérablement le processus de décomposition naturelle. Contrairement aux idées reçues, elle ne représente aucune menace pour les cultures du potager ou les massifs de fleurs, car son régime alimentaire exclut totalement les racines vivantes.
Distribution
La Cétoine dorée occupe une aire de répartition très vaste qui s’étend sur la quasi-totalité de l’Europe. Son bastion principal se situe en Europe centrale et occidentale, notamment en France et en Allemagne, où les densités de population sont les plus élevées. Vers l’est, sa présence se prolonge de manière continue à travers la Russie pour atteindre l’Asie centrale.

Carte Gbif de la présence de la cétoine dorée dans le monde (https://www.gbif.org/species/1077829)
Au nord, l’espèce est observée jusque dans le sud de la Scandinavie et dans les îles Britanniques. Au sud, elle est solidement établie sur tout le pourtour méditerranéen, incluant le Proche-Orient. Son habitat de prédilection se situe dans les zones ensoleillées et riches en végétation florale comme les lisières de forêts, les prairies fleuries et les parcs urbains. La proximité de bois mort ou de compost est essentielle à son cycle biologique. Bien qu’elle soit capable de vivre en basse montagne, sa fréquence diminue avec l’altitude, car elle recherche la chaleur pour maintenir son activité de vol.
Taxonomie
La Cétoine dorée a été nommée initialement « Scarabeus auratus » par le naturaliste suédois Carl con Linné en 1758 .
Le nom de genre Cetonia a été créé en 1775 par l’entomologiste danois Johan Christian Fabricius.
La famille des Scarabaeidae a été proposée en 1802 par l’entomologiste français Pierre André Latreille.
L’espèce Cetonia aurata est aussi représentée par la sous-espèce Cetonia aurata pisana (Heer) dont la palette chromatique est très large, puisqu’elle peut aller du vert au noir en passant par le pourpre ou le bleu. Une autre sous-espèce, Cetonia aurata sicula, peut être rencontrée en Sicile.
Étymologie
Le nom de genre « Cetonia » a été créé en 1775 par l’entomologiste et ami de Linné Johann Christian Fabricius. Son origine est incertaine. Pour certains le mot descend du grec « chitonia », vêtement . Pour d’autre, il viendrait du mot « chtonien » qui veut dire souterrain.
L’épithète aurauta , dorée, fait référence à la couleur or ou doré . Si l’on choisit la première version, le nom scientifique parle du vêtement doré , c’est-à-dire de l’apparence métallisée de l’adulte. Si l’on préfère la seconde, il se rapporte alors à la couleur dorée de la larve qui vit dans le sol.
Le nom vernaculaire « Hanneton des roses » met l’accent sur la proximité de forme du hanneton avec la cétoine et sur le gout particulier de ce dernier pour le nectar et les feuilles des rosiers.
la famille des Scarabaeidae possède des racines liées au grec karabos, terme qui servait autrefois à désigner aussi bien les scarabées que les crustacés, en raison de leur carapace commune.
Les autres noms vernaculaires
Outre le célèbre « Hanneton des roses », cet insecte possède d’autres appellations qui soulignent son éclat ou son histoire avec l’homme. On le nomme parfois Émeraude des jardins ou Émeraudine, des termes poétiques qui célèbrent le vert métallique de sa carapace. Dans certaines campagnes, on utilise également le nom de Cétoine verte pour la distinguer des espèces plus sombres. Un nom plus ancien et curieux est celui de Catinette. Ce dernier fait référence à une pratique d’autrefois où les enfants attachaient l’insecte par une patte avec un fil pour le faire voler comme un petit cerf-volant vivant. Enfin, le terme de Mouche d’or souligne l’éclat de l’adulte lors de son vol bruyant en plein soleil, tandis que certains jardiniers préfèrent l’appeler Bijou volant lorsqu’il se pose sur les fleurs de sureau.
Les noms à l’étranger
En Angleterre, l’insecte est nommé Rose Chafer, ce qui rejoint directement notre appellation de « Hanneton des roses ». Ce terme souligne la relation étroite entre le coléoptère et les roseraies britanniques. En Allemagne, on l’appelle Goldglänzender Rosenkäfer, un nom plus descriptif qui signifie littéralement « scarabée des roses à l’éclat doré ». Les populations germanophones insistent ainsi sur l’aspect brillant de sa carapace.
En Espagne, l’appellation Cetonia dorada est la plus courante, restant très proche du nom scientifique. On rencontre aussi parfois le terme Escarabajo de las flores, qui définit l’insecte par son milieu de nourrissage habituel. En Italie, le nom Maggiolino dorato est parfois utilisé, bien que le terme « Maggiolino » désigne normalement le hanneton commun ; cette confusion populaire se retrouve donc dans plusieurs langues européennes en raison de la morphologie similaire des deux insectes.
Citations
« Parmi les invités aux fêtes du lilas, la Cétoine mérite mention très honorable. Elle est de belle taille, propice à l’observation. Si elle manque d’élégance dans sa configuration massive, carrément coupée, elle a pour elle le somptueux : rutilance du cuivre, éclair de l’or, sévère éclat du bronze tel que le donne le polissoir du fondeur. »
Jean Henri Fabre
