Némusien ou Arianne (Lasiommata maera)

  • Règne : Animalia
  • Classe : Insecta
  • Ordre : Lepidoptera
  • Famille : Nymphalidae
  • Sous-famille : Satyrinae
  • Tribu : Satyrini
  • Sous-tribu : Parargina
  • Genre : Lasiommata

Introduction

Lasiommata maera femelle au jardin des oiseaux sur une centranthe rouge. Un des rares papillons dont l’espèce porte deux noms vernaculaires. Un pour la femelle que l’on nomme l’Ariane, et un pour le mâle qui s’appelle le Némusien.

Son cousin « lasiommata megera » porte aussi deux noms vernaculaires puisque la femelle est la mégère et le mâle le satyre .

Présentation

Le Némusien;est un lépidoptère qui appartient à la famille des Nymphalidae. Cette famille compte environ 6 000 espèces dans le monde, dont de nombreuses vivent en Europe et en France.

Lasiommata maera sur Centranthe rouge
Lasiommata maera femelle sur Centranthe rouge

L’un des principaux caractères des Nymphalidae réside dans l’atrophie de leur première paire de pattes. Réduites et repliées contre le thorax, ces pattes antérieures ne participent plus à la locomotion et remplissent principalement une fonction sensorielle.

Le Némusien appartient aussi au genre Lasiommata, qui comprend une dizaine d’espèces réparties en Europe, en Asie et en Afrique du Nord. En France, on y rencontre également la Mégère (Lasiommata megera), le Satyre (Lasiommata maera) et la Gorgone (Lasiommata petropolitana).

Les espèces de ce genre se distinguent notamment par la présence d’ocelles bien visibles sur les ailes, généralement pourvus d’une ou de deux pupilles blanches. Ces dessins jouent un rôle défensif en détournant les attaques des prédateurs vers les bords des ailes. L’espèce présente un dimorphisme sexuel marqué : les femelles arborent sur les ailes antérieures des plages fauves à orangées plus claires et plus étendues que celles des mâles.

J’aperçois chaque année quelques Lasiommata maera  au jardin, mais le papillon est plutôt rare si on le compare aux papillons les plus communs comme le Tircis , le Robert le diable ou les piérides que l’on voit en grand nombre. Selon Bourgogne nature ce papillon serait en régression non seulement dans la  région, mais aussi au  niveau national . Les raisons seraient le réchauffement climatique ainsi que les modes de la culture intensive qui sont source de grande pollution et de destruction massive

Description

Le Némusien est un papillon relativement grand puisque les plus grands individus peuvent avoir une envergure 60mm. La couleur générale est marron avec des taches orangées plus marquées sur les antérieures  chez la femelle. Le dessus des ailes antérieures possède 1 ocelle pupillé d’un ou deux points blancs. le dessus des postérieures compte, lui, trois ocelles également pupilles  de blanc et cerclé par une bande orange .

Arianne femelle
Némusien mâle

Le dessous des ailes antérieures est orange  avec un ocelle simple ou double noir pupillé de blanc à l’apex. L’ocelle est entouré par une zone plus jaune . le bord des ailes est gris avec des zones plus ou moins claire . l’ensemble se termine par une frange blanche qui fait le tour de l’aile. Les dessous des ailes Postérieures  est gris.  la partie avant  comporte des lignes sinueuse de couleur marron tandis que l’arrière est recouvert d’une ligne d’ocelles noirs pupillés de blanc et cerclé par des lignes successivement jaunes et de marron. Une ligne foncé fait le tour des ailes qui, comme les anterieures a un bord frangé .

La camouflage du dessous des ailes est remarquable et le rend quasiment invisible dans la nature quand il est au repos .
Vous le voyez ici ?

L’espèce peut être confondue avec Lasiommata megera (Satyre/mégère) et avec  Lasiommata petropolitana (gorgone).

Habitat

Le Némusien fréquente principalement les milieux ouverts, secs et ensoleillés. Ils aiment les bords de forêt ensoleillés et apprécient tout particulièrement les endroits caillouteux. On dit que ce sont des papillons à tendance orophile* car ils recherchent les parois verticales. Ils aiment aussi les zones rocheuses ou les petits murets de pierre que l’on trouve dans les campagnes pour séparer les espaces. Ces surfaces minérales emmagasinent la chaleur du soleil, ce qui permet aux adultes de s’y poser pour réguler leur température corporelle. Cet insecte se rencontre du niveau de la mer jusqu’à des altitudes montagnardes élevées, partout où la végétation herbeuse rase côtoie la roche nue.

Alimentation

L’alimentation des adultes se compose principalement du nectar des fleurs sauvages. Le Némusien ou l’Arianne visitent de nombreuses plantes florifères qui poussent dans les milieux secs et rocailleux. Il recherche les astéracées, les ronces ou encore les thyms sauvages qui bordent les chemins et les murets.

Ce papillon ne se cantonne pas au nectar floral pour reconstituer ses réserves d’énergie. Il absorbe également les sels minéraux et l’humidité directement sur le sol humide, les excréments d’animaux ou les fruits mûrs tombés à terre.

Plantes hôtes

Les chenilles de cette espèce se développent exclusivement sur les graminées, qui appartiennent à la famille des Poaceae.

Parmi les essences végétales indispensables à leur cycle de vie figurent la glycérie flottante (Glyceria fluitans), le roseau des bois (Calamagrostis epigejos), la fétuque ovine (Festuca ovina), le pâturin des prés (Poa pratensis) ou la canche flexueuse (Avenella flexuosa). Ces plantes communes des pelouses, des sous-bois et des zones herbeuses fournissent toute l’énergie nécessaire à la larve avant sa nymphose.

Reproduction

Lasiommata maera une espèce bivoltine , c’est-à-dire qu’il y a deux générations dans l’année . La première apparait courant mai et la deuxième, qui est le fruit  de la première, est visible du mois d’aout au mois d’octobre . En montagne ou dans le nord, il n’y a qu’une seule génération. Comme de nombreuses espèces, les mâles apparaissent généralement quelques jours avant les femelles et les recherchent en parcourant le territoire dans tous les sens.

Lasiommata maera qui prend le soleil sur un petit chemin du Mont de la Fa

Cette précocité des mâles, assez fréquente chez les insectes, est appelée le phénomène de protandrie. Cette émergence des mâles quelques jours avant leurs sœurs  femelles  servirait à éviter d’éventuels problèmes de consanguinité qui pourraient survenir si les membres d’une même fratrie apparaissaient  dans un  même temps. L’espèce hiberne à l’état de chenille  à mi-croissance.  Elles  reprennent leur croissance au printemps suivant.

Distribution

Le Némusien est présent dans toute l’Europe. L’espèce  est présente au royaume uni, mais absente d’Irlande, d’Écosse  et du nord de la Fennoscandie. En Afrique du Nord, elle se fait  rare.    Seules deux petites colonies existent au Maroc et en Algérie . Aux états unis  on peut la  rencontrer en Floride et au Canada dans le Manitoba au bord de la baie d’Hudson .

Carte GIF de la présence du Lasiommata maera dans le monde https://www.gbif.org/fr/species/4535636

Taxonomie

Le Némusien a été décrit et nommé par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1758 sous le nom initial de Papilio maera.

Le nom de genre Lasiommata a été créé en 1841 par l’entomologiste britannique John Obadiah Westwood.

La famille des Nymphalidae a été proposée en 1815 par le naturaliste franco-américain Constantin Samuel Rafinesque.

Deux sous-espèces sont présentes en France. Adastra dans le sud et maera dans le reste du pays

Étymologie

Le nom de genre « Lasiommata » vient du grec « lasio » qui veut dire chevelu et de « ommata » « les yeux ». Ce nom lui a été donné, car l’espèce se caractérise par un tour des yeux poilu.
Pour L’épithète maera, Linné s’est inspiré comme souvent de la mythologie grecque . Maera ou Maira est l’une des 50 Néréides. Fille de Nerée et de Doris, elle fait partie des 32 néréides qui remontent des profondeurs et qui se rassemblent sur la côte pour pleurer avec Thétis la mort de son fils Achille. Le nom Mera a été repris il y a quelques années pour désigner l’un des membres de la famille du super héros Aquaman.
Le nom vernaculaire « némusien » a été donné par l’entomologiste Jacques Louis Florentin Engramelle en 1779. Le nom veut dire « Habitant de Némus » . Ce lieu est encore une référence à la mythologie puisqu’il fait référence au bois de diane . Le mot signifie surtout que ce papillon aime les ambiances boisées et qu’il préfère les sous-bois aux landes arides . Le nom désigne en même temps l’espèce et le mâle de l’espèce .

Le père Jacques Louis Florentin Engramelle a également donné le nom de la femelle qui, lui aussi, fait référence à la mythologie. Ariane, fille de Minos et de Pasiphaé, est la sœur de Phèdre. C’est elle qui donne à Thésée le fil (d’Ariane) qui lui permet de retrouver son chemin dans le labyrinthe. Engramelle n’a jamais expliqué pourquoi il avait choisi ce nom. Ce choix repose toutefois sur une parenté poétique évidente, car le réseau complexe et sinueux de lignes qui orne le verso des ailes de la femelle dessine un véritable labyrinthe où s’entremêle le fameux fil.

Les noms à l’étranger

Dans la plupart des langues européennes, le Némusien porte un nom qui met en avant l’un de ses principaux caractères distinctifs : ses habitats rocheux ou ses ocelles. L’anglais le désigne sous le nom de Large Wall Brown (« grand brun des murs »), en référence à son habitude de fréquenter les falaises, les affleurements rocheux et les vieux murets, tandis que le néerlandais emploie Rotsvlinder (« papillon des rochers »).

Cette évocation de l’habitat se retrouve dans de nombreuses autres langues. Les langues scandinaves y font souvent référence. En suédois, il est nommé Stor berggräsfjäril (« grand papillon des pelouses rocheuses »), alors que le danois utilise Stor Bjergringvinge (« grand papillon annelé des montagnes »). Les langues d’Europe méridionale conservent cette même inspiration. L’espagnol le connaît sous le nom de Sátiro de la roca (« satyre des rochers »), le catalan sous celui de Bruixa roquera (« sorcière des rochers ») et l’italien sous Grande ninfa dei muri (« grande nymphe des murs »). En Europe centrale, le polonais Przestrojnik skalnik signifie lui aussi « papillon des rochers ».

À l’inverse, d’autres langues choisissent de décrire ses ocelles ou sa coloration. L’allemand l’appelle ainsi Braunauge (« œil brun »), tandis qu’en norvégien, Stor ringvinge signifie « grand papillon aux ailes annelées ».

Enfin, certaines langues d’Europe centrale font la synthèse de ces deux approches. Le tchèque Okáč skalní et le slovaque Očkáň skalný se traduisent par « papillon ocellé des rochers », réunissant dans une même appellation le milieu de vie et les ocelles qui caractérisent l’espèce.

Orophile: Du grec « oro » montagne et « phile » amour. Qui aime la montagne et les espaces verticaux.

Protandrie : Du grec « Pro » devant et « anêr »mâle

Chez les insectes, phénomène par lequel les  mâles émergent quelques jours avant leurs sœurs  femelles . Ce mécanisme a pour fonction d’éviter la consanguinité qui pourrait exister si frères et sœurs naissaient le même jour.   

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