- Règne : Animalia
- Classe : Insecta
- Ordre : Lepidoptera
- Super-famille : papilionoidea
- Famille :Lycaenidae
- Sous-famille : Lycaeninae
- Genre : Lycaena
Présentation
Le cuivré commun fait partie de la famille des Lycaenidae qui compte environ 5 200 espèces dans le monde. Une centaine vivent en Europe et soixante-cinq sont présentes en France. Parmi les représentants les plus célèbres de ce groupe rencontrés sur le territoire figurent l’Argus bleu (Polyommatus icarus), le Thécla de la ronce (Callophrys rubi) ou encore l’Azuré des coronilles (Plebejus argyrognomon).
L’une des caractéristiques les plus remarquables de ce groupe réside dans la pigmentation de ses ailes, qui arborent souvent des reflets métalliques ou des couleurs vives, comme le orange flamboyant de cette espèce.

Le cuivré commun appartient au genre Lycaena (Lycaena), qui regroupe des papillons dont les chenilles sont étroitement inféodées aux plantes de la famille des Polygonaceae (Polygonaceae), et plus particulièrement aux différentes espèces d’oseilles sauvages (Rumex). La particularité visuelle majeure de ce genre est l’éclat métallique du dessus des ailes antérieures, ponctué de taches noires distinctes. Cet insecte pratique le polyphénisme, ce qui signifie que les individus de la génération estivale présentent souvent des teintes plus sombres ou des reflets plus cuivrés que ceux issus de la génération printanière.
Le genre se distingue également par un vol très rapide, nerveux et erratique, souvent près du sol pour faciliter la recherche des plantes hôtes. Les mâles sont connus pour leur comportement territorial marqué ; ils se postent fréquemment sur une tige ou une fleur et s’élancent avec vivacité pour chasser tout intrus s’approchant de leur périmètre afin de s’assurer l’exclusivité des femelles lors de la parade nuptiale.
Description
Le dessus des ailes antérieures est orange. Celles-ci comportent des taches noires et sont bordées par une marge sombre. Le dessus des ailes postérieures est brun, avec une bande orange contenant des points noirs sur la partie externe. Il peut y avoir des points bleus à la jonction entre le brun et l’orange .
Les quatre ailes sont bordées par une frange blanche. Le dessous des ailes antérieures est orange et orné de points noirs de tailles différentes. Il est bordé par une large bande beige. Le dessous des ailes postérieures est beige clair et comporte de petits points foncés. Une bande orange, plus ou moins marquée selon les individus, apparaît sur la partie externe (zone submarginale).
Les ailes postérieures possèdent un très léger prolongement caudal.


Il existe très peu de différences entre les sexes, si ce n’est un abdomen légèrement plus large chez les femelles, comme chez beaucoup d’espèces. La femelle est également un peu plus grande. Ses ailes sont aussi légèrement moins anguleuses, mais ces différences restent très discrètes et rendent l’identification des sexes difficile, voire impossible, à l’œil nu.
Le Cuivré commun vole de mars à septembre ou octobre, en deux ou trois générations annuelles, avec des variations selon les régions et les conditions climatiques. Les individus de la deuxième génération sont généralement un peu plus grands et plus sombres, avec l’apparition de quelques écailles grises. Une troisième génération peut parfois apparaître lorsque les conditions climatiques sont favorables.
Alimentation
Le Cuivré commun a un régime alimentaire exclusivement liquide composé principalement de nectar. Pour s’alimenter, il utilise sa trompe appelée aussi proboscis. Ce papillon n’est pas particulièrement sélectif et butine un grand nombre de fleurs . Il se pose volontiers sur les Centaurées , sur les Marguerites ou la Buglose officinale.
Parmi ses sources de nourriture favorites on trouve la Verge-d’or (Solidago virgaurea), les séneçons (Senecio), le millepertuis perforé (Hypericum perforatum), les chardons (Cirsium) et les eupatoires (Eupatorium).

On l’observe aussifréquemment sur la Bruyère callune (Calluna vulgaris), le Thym serpolet (Thymus serpyllum) ou encore la Scabieuse colombaire (Scabiosa columbaria).
Le nectar lui apporte les sucres nécessaires à l’énergie de son vol nerveux. Le Cuivré commun peut parfois être observé sur le sol humide. Il y puise des sels minéraux et de l’eau essentiels à son métabolisme.
Habitat
On le trouve principalement dans les prairies fleuries, les friches industrielles ou agricoles, les landes et les versants de collines bien exposés. Les spécialistes disent qu’il aime vivre dans les prairies mésophiles, c’est-à-dire qu’il apprécie les prairies ou le climat n’est pas extrême et où l’herbe ni trop sèche ni trop humide.
Il fréquente également les jardins, les parcs urbains et les bords de chemins, pourvu que ses plantes hôtes, comme l’Oseille commune (Rumex acetosa), y soient présentes. Contrairement à d’autres espèces plus exigeantes, il colonise aussi les sols pauvres, sablonneux ou acides où la végétation est rase. En montagne, on peut l’observer jusqu’à plus de 2 000 mètres d’altitude. Sa présence dépend avant tout d’un ensoleillement direct indispensable à sa thermorégulation et de la disponibilité des sources de nectar.
Plantes hôtes
Ses plantes hôtes de prédilection sont les différentes espèces d’oseilles sauvages du genre Rumex. On trouve les chenilles très fréquemment sur la Petite Oseille (Rumex acetosella) ainsi que sur l’Oseille commune (Rumex acetosa).

Dans certains milieux, elles peuvent également se nourrir de la Patience à feuilles obtuses (Rumex obtusifolius) ou de la Patience crépue (Rumex crispus).
Plus rarement, elles se développent aussi sur la Renouée des oiseaux (Polygonum aviculare).
Cycle de vie
Plusieurs sources signalent l’agressivité des mâles de cette famille qui sont très territoriaux et ne supportent pas la présence d’autres mâles . Quand cela se produit, un combat aérien s’engage jusqu’à ce que l’un des deux renonce et parte se chercher un autre territoire .

L’accouplement est assez sommaire et sans préliminaire ou parade amoureuse . Une particularité de l’espèce est le comportement des femelles qui se sont déjà accouplées. Lorsqu’un autre papillon mâle se présente à nouveau, elle lui signale son refus en agitant rapidement ses ailes ou en relevant l’abdomen, puis se laisse glisser le long d’une plante et se dissimule sous des feuilles où elle ne bouge plus. Après l’accouplement, la femelle dépose ses œufs sur ses plantes hôtes qui font partie de la famille des Rumex.
Les œufs sont ronds et légèrement aplatis avec de larges alvéoles ovales. D’abord blancs ou verdâtres, ils deviennent plus foncés au fur et à mesure de leur maturité.
Chenilles
Une fois les œufs éclos, les chenilles s’installent sur la face inférieure de la feuille et commencent immédiatement à se nourrir. Je l’ai déjà écrit, mais c’est un peu comme si les mères de famille accouchaient dans des épiceries et que les nouveaux-nés à peine sortis du ventre se mettaient à dévorer le rayon frais du magasin.
Comme chez la plupart des Lycaenidae, les chenilles sont courtes et un peu aplaties. Celles du cuivré se développent en 5 stades durant l’été sur une période de 3 semaines à un mois. Elles sont de couleur verte et sont parfois traversées par 3 lignes pourpres ou roses . Elles peuvent atteindre 16 mm de longueur.
Le cuivré commun hiberne à l’état de chenille.
Chrysalide
Une fois son développement larvaire terminé, la chenille se transforme en chrysalide. Chez cette espèce, la nymphose se déroule généralement au sol, parmi les débris végétaux ou à la base de la plante hôte. La chrysalide est fixée par un crémaster et une ceinture de soie. Ce dispositif assure sa stabilité durant toute la phase de la métamorphose. Elle mesure environ 10 à 11 mm. Sa coloration est variable et va du beige au brun clair. La chenille est souvent parsemée de petits points noirs qui facilitent son camouflage dans la litière. Ce stade dure environ deux à trois semaines avant l’émergence de l’imago.
Distribution
Le Cuivré commun est un papillon que l’on trouve sur une immense partie de la planète. Il occupe presque tout l’hémisphère Nord : il est présent dans toute l’Europe, en Afrique du Nord, à travers toute l’Asie jusqu’au Japon, et sur une grande partie du continent nord-américain. On peut même l’observer plus au sud, dans certaines zones de l’Afrique de l’Est. En France, il est présent partout sur le territoire.

En France, il apparaît au jardin dès le mois de mai et vole sur deux ou trois générations jusqu’au mois d’octobre. Il arrive cependant qu’on le voie bien plus tôt et bien plus tard si la météo est favorable. En Bourgogne, les premiers individus signalés par les amateurs l’ont été un 19 mars et les plus tardifs le 8 novembre. Cela montre que la nature n’est pas une horloge suisse qui sonne à la même heure tous les jours et qu’il existe heureusement des variations dans les dates d’apparition et de disparition des espèces ectothermes.
Taxonomie
Le Cuivré commun a été décrit et nommé par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1761 sous le nom initial de Papilio phlaeas.
Le nom de genre Lycaena a été créé en 1807 par l’entomologiste danois Johan Christian Fabricius.
La famille des Lycaenidae a été proposée en 1815 par le zoologiste britannique William Elford Leach.
Étymologie
Le nom de genre descend du grec lukaina qui signifie louve. Ce nom fait référence à la mythologie grecque et à une appellation d’Aphrodite. L’origine mythologique du nom a toutefois donné lieu à plusieurs interprétations chez les auteurs qui se sont intéressés à son étymologie.
L’épithète phlaeas est beaucoup plus difficile à expliquer. Emmet la rapproche de plusieurs formes grecques, notamment phleō et phloiō, auxquelles sont associés des sens comme « déborder » ou « fleurir ». Il rapproche également cette racine du latin floreo, « je fleuris », et suppose que le nom pourrait évoquer la coloration brillante du papillon, qui rappelle celle des fleurs.
Spuler propose une autre interprétation. Il rapproche phlaeas du grec phlégo, « brûler » ou « flamber », en référence à la couleur de feu du Cuivré commun. Cette hypothèse est séduisante par son rapport avec l’apparence du papillon, mais Hürter montre que les différentes tentatives de rattachement de phlaeas à des termes grecs ne permettent pas d’établir une origine linguistique certaine.
L’origine exacte de phlaeas reste donc inconnue. Les interprétations proposées par Emmet et Spuler permettent toutefois de comprendre les rapprochements qui ont été faits avec l’apparence flamboyante du papillon, sans que l’une ou l’autre puisse être considérée comme démontrée.
Noms vernaculaires
L’histoire des noms vernaculaires est expliqué par Jean-Yves Cordier dans sa zoonymie de ce papillon.
Linné est le premier, en 1743, à le surnommer “le Beurré”, en raison de sa couleur jaune orangé. À cette époque, les gants portés par l’aristocratie étaient parfois teintés d’un jaune rappelant celui du beurre frais. C’est cette ressemblance qui aurait inspiré Linné.
Quelques années plus tard, Geoffroy le rebaptise « le Bronzé », en référence à sa couleur cuivrée.
L’espèce a également porté le nom d’« Argus bronzé » avant de recevoir plus récemment celui de « Cuivré commun », directement inspiré de l’anglais Common Copper. Tous ces noms ont un point commun : ils font référence à la couleur caractéristique du papillon.
Noms à l’étranger
Les noms attribués au Cuivré commun dans les autres pays mettent eux aussi en avant la couleur de l’espèce.
Les Anglais le nomment « Small Copper » (« Petit cuivré »), une appellation qui souligne également sa taille modeste.
Les Allemands utilisent « Kleiner Feuerfalter », que l’on peut traduire par « Petit papillon de feu ». Cette image du feu rejoint l’étymologie grecque phlaeas et l’idée d’ailes qui semblent brûler.
Dans les pays nordiques, cette référence à la lumière demeure. Les Suédois l’appellent « Mindre guldvinge » (« Petite aile d’or »), tandis que les Norvégiens utilisent « Liten ildfugl » (« Petit oiseau de feu »).
Enfin, les Espagnols le connaissent sous le nom de « Manto cobrizo », c’est-à-dire « Manteau cuivré ».
Pour découvrir d’autres étymologies, c’est ici
Confusions
On peut le confondre avec le cuivré fuligineux (Lycaena tityrus) qui lui ressemble beaucoup ou avec les femelles de Lycaena Dispar ou Lycaena helle.

Premier et dernier Cuivré commun vu
Premier et dernier Cuivré commun vu au jardin des oiseaux


