Flambé ou voilier (Iphiclides podalirius)

Flambé (Iphiclides podalirius) sur verveine de Buenos aires

  • Règne : Animalia
  • Classe : Insecta
  • Ordre : Lepidoptera
  • Famille : Papilionidae
  • Sous- famille : Papilioninae
  • Genre : Ipihiclides

Hier au jardin des oiseaux.

Le temps de siroter son jus de verveine (verbena bonariensis) dont il adore le nectar, un beau Flambé se laisse gentiment photographier. Un peu plus à gauche, c’est possible ? et tournez les antennes un peu plus vers moi ?

Présentation

Le Flambé est un lépidoptère qui appartient à la famille des Papilionidae. Comme le Machaon, il fait partie de ce groupe qui comprend en France une dizaine d’espèces réparties en trois ensembles : les Thais (la Proserpine et la Diane), les Apollons (l’Apollon, le petit Apollon et le semi-Apollon) et les Portes-queues (le Machaon, le Porte-queue corse, le Flambé et le Voilier blanc). On dénombre environ 550 espèces de Papilionidae dans le monde. Ce groupe est largement représenté dans les régions chaudes. Toutefois, le Flambé demeure l’un des plus reconnaissables en Europe. Sa présence fréquente dans les vergers et les lisières de forêts facilite son observation.

Flambé sur verveine de Buenos Aires

L’une des principales caractéristiques de ce groupe réside dans la présence de prolongements alaires en forme de queues. Ces structures se situent sur les ailes postérieures et évoquent la silhouette de certains oiseaux. Contrairement à de nombreux papillons aux couleurs sombres, celui-ci possède une livrée claire qu’ornent des bandes noires verticales ; pour cette raison, il est particulièrement visible lors de ses phases d’activité diurne.

Il appartient au genre Iphiclides, qui regroupe des papillons dont la surface alaire est importante par rapport à la masse du corps. La particularité majeure de ce genre est la pratique du vol plané. Cette technique de déplacement, rare chez les petits insectes, lui permet de parcourir de longues distances. Il tire profit des courants thermiques et ne dépense ainsi aucune énergie superflue. Cette prouesse s’effectue avec une grande fluidité qui donne l’impression que le papillon glisse sur l’air au-dessus des buissons.

Le genre se distingue également par la disposition de ses ocelles sur la face ventrale et dorsale des ailes. Ces cercles colorés font office de leurre. De cette manière, le papillon trompe les prédateurs car il simule une tête à l’arrière du corps, ce qui favorise une fuite en cas d’attaque.

Description

Le flambé est un lépidoptère de grande taille, dont l’envergure oscille entre 50 et 70 mm. Il est immédiatement identifiable à son corps svelte, à ses ailes triangulaires et à ses longs prolongements postérieurs.

Ses ailes antérieures possèdent un fond blanc crème ou jaune pâle. Elles sont marquées par six bandes noires transversales de longueurs inégales. Les ailes postérieures présentent une série de lunules bleues sur leur bordure externe ainsi qu’une tache anale orange. Ce contraste chromatique, associé aux queues de 10 à 15 mm, détourne l’attention des prédateurs. Si un oiseau attaque, il vise souvent ces appendices plutôt que le corps vital de l’insecte. L’abdomen est fin, de teinte claire, et se termine par des structures génitales discrètes.

Cette coloration ne relève pas d’une simple fantaisie de la nature : le flambé est un spécialiste du vol plané. Contrairement au moro-sphinx qui bat des ailes à une fréquence élevée, le flambé utilise sa grande surface alaire pour capter les courants d’air. Ses teintes claires limitent l’absorption de chaleur excessive lors de ses expositions prolongées en plein soleil sur les sommets des collines (voir chapitre Hill topping).

Le revers de ses ailes est identique à la face supérieure, bien que les teintes y soient parfois plus atténuées. Au repos, il maintient souvent ses ailes ouvertes ou les referme verticalement l’une contre l’autre. Ses yeux sont volumineux et sombres. Ils offrent une vision précise des mouvements et des contrastes. Ses antennes sont noires, fines et se terminent par une massue.


 

Flambé qui a subi l’attaque d’un oiseau

Comme le Machaon, le Flambé fait partie de la famille des Papilionidae qui comprend en France une dizaine d’espèces réparties en 3 groupes:

1) Les Thais (La proserpine et la Diane)

2)Les Apollons (L’apollon, le petit Apolon, le semi Apollon)

3) Les portes queues (Le Machaon, le Porte-queue corse,le Flambé, le Voilier blanc.)

Hill Topping ou sommet de la colline

Quand le climat est doux , le flambé peut avoir deux générations dans la saison . Une première, lorsqu’on le voit apparaitre dans les jardins en Mars et, si le temps le permet, une deuxième en aout-septembre.

La période de reproduction donne lieu à une parade particulière. Tous les adultes du même endroit se retrouvent au sommet d’une colline (le point le plus haut qu’ils trouvent) et y effectuent ensemble des parades nuptiales qui se termineront par un accouplement.     

Ce phénomène, assez fréquent chez de nombreux insectes comme les papillons, les libellules, les guêpes ou les coléoptères, a été baptisé par les Anglais de manière très originale le  « Hill-topping » (littéralement « Sommet de la colline » ).

Flambé sur centranthe rouge

Vol

Le flambé est également surnommé « voilier » en raison du style de son vol qui est majestueux bien qu’un peu hasardeux. L’image qui nous vient lorsqu’on le  regarde planer est celle d’un bateau balloté par une mer houleuse. Mais le flambé, malgré son allure un peu maladroite,  est très agile et peut soudain  redresser la tête et monter en flèche vers la cime des arbres .    

Plantes hôtes

Sa plante hôte est principalement le prunellier, mais les femelles peuvent aussi pondre sur le prunier domestique ou sur d’autres types du genre prunus comme le pêcher (prunus persica). On peut également trouver des œufs sur les amandiers ou les amélanchiers.

Quand le climat est doux, le flambé peut avoir deux générations dans la saison. Une première, lorsqu’on le voit apparaître dans les jardins en avril-mai et si le temps le permet, une deuxième en aout-septembre.

Distribution

Seuls les papillons qui vivent un peu plus au nord sont migrateurs. les autres restent sur leur territoire et hibernent à l’état de chrysalide.

Carte GBIF de la présence du Flambé dans le monde https://www.gbif.org/fr/species/1938214

 Le Flambé est présent partout dans l’Europe tempérée. Aimant les climats chauds et secs il évite les endroits trop froids. On peut également le trouver aussi Afrique du nord ainsi qu’en Asie et jusqu’en chine.  

Étymologie

Le Flambé doit son nom aux 7 longues « flammes » noires qui traversent ses ailes. Mais flammes de feu, ou flammes faisant référence à un tissu ? 

Dans son ouvrage écrit en 1734, « Mémoire pour servir à l’histoire des insectes », le naturaliste français  Réaumur  évoque les motifs présents sur les étoffes chinées : « « les taches qui sont dessus, sont noires, faites en espèce d’ondes, ou de flammes, qui imitent celles des taffetas qu’on nomme flambés ».

Le rôle de Réaumur n’étant pas de nommer les espèces, c’est Geoffroy qui créera le nom vernaculaire « Flambé » en 1762.

Le flambé a été nommé par Carl von Linné en 1758 dans la nomenclature binominale « iphiclides podalirius » 

Comme il aimait le faire, Linné a choisi des noms qui ont un rapport avec la mythologie.

Selon Jean-Yves cordier qui a réalisé sur son blog un travail remarquable de zoonymie des insectes, Hiphiclides viendrait de l’argonaute Hiphiclos, compagnon de Jason tandis que Podalirius serait inspiré de Podalire qui était, comme son frère Machaon, un héros de la guerre de Troie.

Les noms « Hiphiclos » frère de « Machaon » aurait -il été choisi parce que ses deux papillons se ressemblent ? C’est possible, mais je ne m’avancerai pas car je n’ai trouvé dans mes recherches aucun document qui puisse l’attester.

Premier et dernier Flambé vu au jardin des oiseaux

Quelques autres photos de flambé

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