- Règne : Animalia
- Classe : Insecta
- Ordre : Lepidoptera
- Famille : Nymphalidae
- Sous-famille : Nymphalinae
- Genre : Melitae
Un papillon très présent au jardin cette saison pour une raison que j’ignore. Probablement un développement notable de leurs plantes hôtes. L’an dernier à la même époque, c’était les belles dames qui voletaient en grand nombre. Cette année, ce sont les Mélitées du mélampyre. L’occasion de faire quelques photos de ce beau papillon qu’il n’est pas toujours facile d’identifier tant il y a d’espèces dans cette famille, et tant elles se ressemblent
Présentation
La Mélitée du mélampyre ou Damier Athalie (Melitaea athalia) appartient à la famille des Nymphalidae, un groupe qui rassemble plus de 6 000 espèces de papillons à travers le monde. En France, cette famille compte un grand nombre de représentants. On y rencontre notamment le Paon-du-jour (Aglais io), la Petite tortue(Aglais urticae), le Vulcain(Vanessa atalanta), le Robert-le-Diable(Polygonia c-album) ou encore le Tabac d’Espagne (Argynnis paphia). Chez les papillons de cette famille, la première paire de pattes est réduite et ne sert pas à la marche. Elle reste repliée contre le corps et porte des récepteurs sensoriels qui permettent au papillon de tester les surfaces, notamment les plantes.
La Mélitée du mélampyre fait également partie de la sous-famille des Nymphalinae, un groupe qui réunit de nombreux papillons aux ailes souvent vivement colorées et marquées de motifs contrastés. Chez plusieurs espèces de ce groupe, le dessus des ailes présente des dessins complexes faits de bandes, de taches ou de damiers.

Elle appartient enfin au genre Melitaea. Les espèces de ce genre se caractérisent par un dessus d’ailes orange fauve parcouru d’un réseau de lignes et de taches noires formant un motif en damier, d’où leur nom de « damiers ». Le revers des ailes est plus clair et présente plusieurs rangées de taches orangées, jaunes et blanchâtres bordées de noir. Ces motifs fragmentés constituent un bon camouflage lorsque le papillon se pose dans la végétation ou parmi les feuilles mortes.
Description
Comme de nombreuses espèces de sa famille, la Mélitée du mélampyre a le dessus des ailes orange avec un quadrillage brun épais qui lui a donné son autre nom de « Damier Athalie ».
Les mâles ont parfois des zones noires plus épaisses, mais il semblerait qu’il y ait dans cette espèce une grande variabilité des formes qui rend les certitudes dangereuses.


Le dessous des ailes antérieures est orange avec quelques marques noires . Le revers des ailes postérieures est fait de damiers blanc et orange. Les ailes sont bordées de franges où se succèdent des zones blanches et sombres . Les zones sombres sont plus marquées sur les ailes antérieures .
Ses yeux sont gris .Les poils de ses palpes sont noirs et brun orangé.
Les antennes sont noires avec des marques blanches . Le bout en forme de massue des antennes est noir sur le dessus et orange en dessous. C’est un papillon plutôt petit qui a une envergure de 30 à 40 mm.
L’espèce est très commune en France. On peut la rencontrer du mois de mai au mois de septembre ou octobre selon le climat.
Critères d’identification
Comme je l’ai écrit plus haut, les Mélitées présentes en France ont des couleurs et des taches similaires, ce qui rend l’identification difficile. Le diable est dans le détail car la différence, ici, se fait par une tache plus ou moins grande ou une série de points qui se trouvent sur une espèce et pas sur d’autres . Le Paon du jour, qui a une parure unique, est plus facile à reconnaitre que les mélitées qui semblent être toutes les mêmes au premier regard. Il existe pourtant quelques détails qui permettent d’y voir plus clair .
Pour commencer nous pouvons faire un peu de tri et séparer les Mélitées en deux groupes :
Le premier rassemble les espèces qui portent des points noirs sur le verso des ailes antérieures. Ce groupe comprend quatre espèces : la Mélitée des centaurées (Melitaea phoebe), la Mélitée catalane (Melitaea ignasiti), la Mélitée orangée (Melitaea didyma) et la Mélitée du plantain (Melitaea cinxia).


Le second groupe réunit les sept espèces qui présentent des traits noirs au même endroit. On y trouve la Mélitée des linaires (Melitaea deione), la Mélitée des digitales (Melitaea aurelia), la Mélitée des scabieuses (Melitaea parthenoides), la Mélitée alpine (Melitaea varia) et la Mélitée noirâtre (Melitaea diamina). La Mélitée du mélampyre (Melitaea athalia) appartient également à ce groupe avec sa sœur presque jumelle : la Mélitée de Fruhstorfer (Melitaea celadussa). Autrefois considérée comme une sous-espèce de la première, elle constitue aujourd’hui une espèce à part entière. Les spécialistes les différencient uniquement par l’observation des genitalia des mâles à la loupe.

Ce premier tri effectué, l’observation des particularités devient essentielle. Pour identifier la Mélitée du mélampyre, l’examen porte sur plusieurs points précis :
Sur le recto des ailes :
Une tache épaisse sur les antérieures.
Une tache orange décalée.
Une ligne noire épaisse.
Des palpes sombres.

Sur le dessous de l’aile postérieure :
Une bande submarginale de la même couleur que la bande marginale.
Les deux bandes centrales présentent des teintes différentes, en général du blanc vers la base et du jaune crème vers l’extérieur.
De profil, les palpes apparaissent mêlés de roux, de blanc et de noir, tandis que de face, le blanc et le noir dominent.
Alimentation
La Mélitée du mélampyre fréquente les lisières forestières, les clairières et les prairies humides où elle butine une grande diversité de fleurs sauvages. Ses sources de nourriture principales incluent la ronce commune (Rubus fruticosus), le trèfle des prés (Trifolium pratense) ou encore la marguerite commune (Leucanthemum vulgare).

Elle visite également régulièrement les scabieuses (Scabiosa columbaria et Knautia arvensis), les chardons (Carduus nutans et Cirsium vulgare), la centaurée jacée (Centaurea jacea), le buglosse officinal (Anchusa officinalis) ou encore diverses espèces de hiéraciums (Hieracium sp.).
Plantes hôtes
La Mélitée du mélampyre dépend étroitement de la flore des milieux ouverts et des lisières de forêts. La femelle choisit avec soin les végétaux qui garantissent la survie de sa progéniture. Le mélampyre des bois reste sa source de nourriture principale. Elle apprécie également plusieurs espèces de plantains, comme le plantain lancéolé ou le plantain moyen. Dans les zones de friches et sur les talus bien exposés, la linaire commune constitue une ressource précieuse et complémentaire. Enfin, dans certains habitats plus humides, les chenilles consomment les feuilles des véroniques, notamment la véronique petit-chêne.
Cycle de vie
La parade nuptiale débute par un vol rapide. Le mâle surveille son territoire depuis une branche ou patrouille au-dessus de la végétation. Dès qu’il aperçoit une femelle à proximité, il s’élance et la suit de manière insistante. Cette manœuvre incite la femelle à se poser dans la végétation basse. Une fois au sol ou sur une feuille, le mâle déploie ses ailes. Il effectue des mouvements saccadés pour diffuser les phéromones que produisent les androconies. Si la femelle est réceptive, l’accouplement a lieu. Les deux individus restent unis par l’extrémité de l’abdomen pendant une durée qui peut atteindre une heure. Durant cette phase, ils demeurent immobiles et se dissimulent souvent sous une feuille. Si un prédateur survient, ils peuvent même s’envoler tout en restant reliés.
La ponte et l’œuf
Après l’accouplement, la femelle dépose ses œufs sur la face inférieure des feuilles des plantes hôtes. Ils sont disposés en groupes compacts pouvant compter de 15 à 150 unités. Les œufs, initialement de couleur jaune citron ou crème, s’assombrissent progressivement avant l’éclosion, qui intervient après deux à trois semaines.
Chenilles
À leur naissance, les jeunes chenilles sont grégaires et tissent un nid de soie protecteur pour s’alimenter ensemble. Elles consomment le parenchyme des feuilles tout en restant à l’abri des prédateurs. Comme elles se nourrissent de plantain et d’autres plantes qui contiennent des composés iridoïdes toxiques, leur goût devient très désagréable. Les prédateurs préfèrent donc les éviter et se tournent vers des espèces plus goûteuses.
Après la deuxième ou troisième mue, les chenilles entrent en diapause pour traverser l’hiver. Elles se dissimulent sous des feuilles ou des rochers dans un hibernaculum qu’elles fixent avec de la soie. Au printemps, les chenilles sortent de leur léthargie. Elles deviennent alors solitaires, se séparent et achèvent leur croissance à travers un total de six stades larvaires.


La chenille mature mesure environ 24 mm. Elle possède un corps noir cylindrique que recouvrent des rangées d’épines charnues : les scoli. Ces excroissances de couleur jaune orangé servent de bouclier visuel et physique pour décourager les agresseurs. Sa tête dispose de mandibules robustes qui lui permettent de découper le bord des feuilles avec une grande précision. Pour se déplacer, elle utilise trois paires de pattes articulées à l’avant et cinq paires de fausses pattes ventouses à l’arrière. L’ensemble de son anatomie se couvre de petites taches blanc grisâtre. Ce motif assure un camouflage efficace au milieu de la végétation basse avant que la larve ne se transforme en chrysalide.
Taxonomie
La Mélitée du mélampyre a été décrite et nommée par le naturaliste allemand Siegmund Adrian von Rothenburg en 1775 sous le nom initial de Papilio athalia.
Le nom de genre Melitaea a été créé en 1807 par l’entomologiste danois Johan Christian Fabricius.
La famille des Nymphalidae a été proposée en 1815 par le zoologiste britannique Constantine Samuel Rafinesque.
Étymologie
Pour le nom de genre Melitaea diverses interprétations existent . Certains voient dans ce nom une distorsion du nom Melinaea qui est un des très nombreux surnoms attribués à la déesse Aphrodite.
D’autres y voient un jeu de mots avec le terme « meli » de miel pour évoquer le gout prononcé de ce papillon pour les nectars très sucrés.
D’autres encore le font descendre du nom d’une ville grecque de Thessalie.
Athalie fait référence à la princesse du royaume d’Israël et femme du roi de Juda dont Racine fit son héroïne.
Noms vernaculaires
Mélitée est le nom scientifique francisé. Mélampyre désigne la plante hôte principale. Ce mot provient du grec « melas » pour noir et « pyros » pour le blé. Cette appellation fait référence aux graines du mélampyre des bois qui ressemblent à des grains de blé noircis. Dans certaines régions, ce papillon porte également le nom de Damier Athalie. Ce terme évoque le motif régulier des taches orange et noires sur le dessus de ses ailes, semblable à un plateau de jeu de dames.
En plus de la Mélitée du mélampyre, ce papillon porte souvent le nom de Damier Athalie. Ce terme fait référence au motif régulier de ses ailes qui rappelle un plateau de jeu de dames. Dans certains ouvrages plus anciens, on le rencontre sous l’appellation de Mélitée des bois. Ce nom souligne sa préférence pour les clairières, les lisières forestières et les chemins boisés où pousse sa plante hôte. Enfin, certains auteurs utilisent simplement le nom de L’Athalie pour désigner l’espèce, ce qui rend directement hommage à l’héroïne de la tragédie de Racine.
Les noms à l’étranger
À l’étranger, ce papillon porte des noms qui soulignent souvent ses motifs alaires ou son habitat forestier. En anglais, on l’appelle le « Heath Fritillary », ce qui évoque les landes et les clairières où il vole fréquemment. Les Allemands le nomment « Wachtelweizen-Scheckenfalter », une appellation très précise qui signifie le damier du mélampyre des bois. En Espagne, il est connu sous le nom de « Doncella común », un terme poétique qui se traduit par demoiselle commune. Les Italiens utilisent l’appellation « Melitea della scabiosa », bien que ce nom puisse parfois prêter à confusion avec d’autres espèces proches. Enfin, aux Pays-Bas, les naturalistes le désignent par le nom de « Bosparelmoervlinder », ce qui met en avant son statut de papillon nacré des bois.
Autres espèces de Mélitée
Il existe dans le monde plus de 90 espèces de Mélitées, dont une quinzaine habitent le continent européen. En plus de la Mélitée du mélampyre, le naturaliste peut observer les espèces suivantes :
La Mélitée du plantain (Melitaea cinxia)
La Mélitée noirâtre (Melitaea diamina)
La Mélitée de la gentiane (Melitaea varia)
La Mélitée de la lancéole (Melitaea parthenoides)
La Mélitée des digitales (Melitaea aurelia)
La Mélitée des véroniques (Melitaea britomartis)
La Mélitée des centaurées (Melitaea phoebe)
La Mélitée orangée (Melitaea didyma)
La Mélitée catalane (Melitaea deione)
La Mélitée des Grisons (Melitaea asteria)
*Génération
Ensemble des individus d’une espèce qui accomplissent en même temps les étapes du cycle biologique . Chez les papillons, une génération comprend tous les individus qui sont passés simultanément par les 4 étapes . Œuf, chenille, Chrysalide et imago.
*Scoli (pluriel de de scolus)
protubérances sur le corps de la chenille. Elles sont parfois colorés et peuvent être irritante irritants
