- Règne : Animalia
- Classe : Insecta
- Ordre : Lepidoptera
- Sous-ordre : Glossata
- Super-famille :Pyraloidea
- Famille : Crambidae
- Sous-famille : Spilomelinae
- Genre : Pleuroptya
Présentation
La Pyrale du houblon appartient à la famille des Crambidae, qui regroupe des papillons aux formes et aux mœurs variées. Elle compte environ 1 000 genres et près de 10 000 espèces dans le monde. En France, on dénombre un peu plus de 300 espèces au sein de cette vaste famille. Parmi elles figurent le Crambus des jardins (Chrysoteuchia culmella), la Pyrale du buis (Cydalima perspectalis), la Pyrale de la menthe (Pyrausta aurata), la Pyrale pourprée (Pyrausta purpuralis), la Pyrale du maïs (Ostrinia nubilalis) et la Nomophile hybride (Nomophila noctuella).

La famille se divise en plusieurs sous-familles principales, dont les Crambinae, les Spilomelinae et les Pyraustinae. La Pyrale du houblon fait partie des Spilomelinae, la plus vaste sous-famille des Crambidae. Elle rassemble plusieurs milliers d’espèces réparties sur tous les continents. Les adultes présentent souvent des livrées discrètes, mais certaines espèces arborent des motifs très contrastés.
Le genre Pleuroptya regroupe des papillons de taille moyenne appartenant aux Spilomelinae. Les espèces qui le composent possèdent des ailes relativement larges et un corps élancé. Leurs ailes présentent généralement des dessins bien marqués, caractéristiques de ce genre.
Description
La Pyrale du houblon est un papillon de taille moyenne dont l’envergure varie généralement entre 26 et 40 millimètres. Au repos, elle maintient ses ailes largement étalées, ce qui lui donne une silhouette presque triangulaire.
La tête est recouverte d’une pilosité abondante beige clair. Les yeux composés sont volumineux et de couleur vert olive. Les palpes labiaux sont longs, dirigés vers l’avant et recouverts d’écailles claires.
Les antennes sont fines, filiformes et de couleur beige à brun clair.


Le thorax est robuste et densément couvert d’une pilosité beige crème. L’abdomen est allongé, cylindrique, de couleur crème à beige clair et nettement segmenté.
Les ailes antérieures sont triangulaires. Leur fond est beige crème à beige jaunâtre avec parfois de légers reflets rosés. Elles sont parcourues de lignes brun grisâtre très sinueuses qui délimitent plusieurs plages plus claires. Le bord externe est souligné d’une fine bande gris brun. Les longues franges sont beige grisâtre.
Les ailes postérieures sont plus arrondies. Elles présentent une coloration et des dessins semblables à ceux des ailes antérieures. Les lignes ondulées sont toutefois un peu moins marquées près de la base de l’aile.
Le dessous des ailes est plus pâle que le dessus. Les dessins restent bien visibles mais sont moins contrastés.
Les pattes sont fines, beige clair, et recouvertes d’une fine pilosité.
Alimentation
La Pyrale du houblon se nourrit principalement du nectar des fleurs.
On l’observe fréquemment sur les ronces, les eupatoires, les angéliques, les cirses, les chardons, les centaurées, les menthes et les lierres en fleurs.
Elle visite aussi de nombreuses fleurs des jardins, comme les buddléias, les lavandes ou les marjolaines, lorsque celles-ci sont riches en nectar. Son activité se déroule surtout au crépuscule et pendant la nuit, mais il n’est pas rare de la voir butiner en journée, notamment par temps couvert ou dans les endroits ombragés.
Habitat
La Pyrale du houblon fréquente une grande diversité de milieux, à condition que la végétation y soit abondante. On la rencontre dans les lisières de forêts, les clairières, les haies, les friches, les prairies, les berges des cours d’eau, les jardins et les parcs.
Elle apprécie particulièrement les endroits frais et légèrement ombragés où poussent ses principales plantes hôtes, comme le Houblon et les orties. Elle est également présente le long des chemins, dans les ronciers et les fourrés, où la végétation est dense.
Cette espèce s’observe depuis la plaine jusqu’en moyenne montagne. Grâce à sa capacité à utiliser plusieurs plantes pour le développement de ses chenilles, elle s’adapte à des habitats variés et reste commune dans une grande partie de son aire de répartition.
Plantes hôtes
La Pyrale du houblon utilise un grand nombre de plantes hôtes. Malgré son nom vernaculaire, elle ne se développe pas uniquement sur le Houblon (Humulus lupulus) mais fréquente également de nombreuses plantes herbacées des milieux frais et riches en végétation.


Parmi ses principales plantes hôtes figurent les orties (Urtica dioica et Urtica urens), le Houblon (Humulus lupulus), les lamiers (Lamium), les menthes (Mentha), les marrubes (Marrubium), les mélisses (Melissa officinalis) et plusieurs autres espèces de la famille des Lamiacées.
Cette diversité de plantes permet à la Pyrale du houblon d’occuper des habitats variés, ce qui explique en partie sa large présence en Europe.
Cycle de vie
La Pyrale du houblon s’accouple au printemps. En Europe, cette espèce est univoltine et ne produit qu’une seule génération par année. Après l’accouplement, la femelle dépose ses œufs de manière isolée ou par petits groupes, principalement sur les orties ou le houblon.
Dès l’éclosion, les chenilles s’abritent dans des feuilles qu’elles plient avec des fils de soie pour se nourrir. Elles passent ainsi tout le reste du printemps, l’été et l’automne sous cette forme.
À l’arrivée de l’hiver, la chenille s’installe dans un abri de soie solide pour hiverner. Ce n’est qu’au printemps suivant qu’elle achèvera sa transformation en chrysalide, avant qu’un nouveau papillon adulte n’émerge pour relancer le cycle.
Distribution
La Pyrale du houblon est largement répandue en Europe. On la rencontre depuis le Portugal et l’Espagne jusqu’à la Russie occidentale. Elle est présente en France, au Royaume-Uni, en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Suisse, en Italie, en Europe centrale et dans les pays scandinaves, notamment en Norvège, en Suède et en Finlande. Elle est également présente dans une grande partie des Balkans. Son aire de répartition se prolonge vers l’est à travers la Turquie et le Caucase jusqu’à l’Asie tempérée, où elle devient plus localisée.
En France, elle est présente sur la quasi-totalité du territoire métropolitain ainsi qu’en Corse. C’est une espèce commune qui fréquente les lisières de forêts, les haies, les clairières, les jardins et les berges riches en végétation.

Taxonomie
La Pyrale du houblon a été décrite et nommée par le naturaliste italien Giovanni Antonio Scopoli en 1763 sous le nom initial de Phalaena ruralis.
Le nom de genre Pleuroptya a été créé en 1890 par l’entomologiste britannique Edward Meyrick.
La famille des Crambidae a été proposée en 1810 par le zoologiste français Pierre André Latreille.
Étymologie
Le nom de genre Pleuroptya n’a pas été expliqué par son auteur, Edward Meyrick. La description originale se contente de définir les caractères morphologiques du genre, sans préciser l’origine de ce nom.
Il est probablement formé du grec pleurá (πλευρά), qui signifie « flanc » ou « côté », associé à un second terme dont l’interprétation reste discutée. Certains auteurs y voient un lien avec ptyon (πτύον), qui désigne un « éventail » ou une « pelle à vanner », tandis que d’autres le rapprochent de ptyx (πτύξ), qui signifie « pli » ou « repli ». En l’absence d’explication laissée par Meyrick, il est impossible de savoir quelle était son intention, et ces interprétations demeurent des hypothèses. On peut toutefois imaginer qu’il ait voulu évoquer un caractère morphologique de ce papillon, comme la disposition ou le repli de ses ailes au repos.
L’épithète ruralis vient du latin ruralis, qui signifie « rural », « de la campagne » ou « des champs ». Elle évoque les milieux ouverts dans lesquels ce papillon est fréquemment observé.
Son nom vernaculaire, « Pyrale du houblon », fait référence au Houblon (Humulus lupulus) qui est l’une de ses principales plantes hôtes.
Les noms à l’étranger
Les noms donnés à la Pyrale du houblon dans les différents pays mettent en avant soit son apparence, soit les plantes auxquelles elle est le plus souvent associée.
Les anglophones la nomment « Mother of Pearl » (« Mère de nacre »). Ce nom fait référence aux reflets nacrés et irisés de ses ailes, qui rappellent l’intérieur des coquillages producteurs de nacre.
Les Allemands et les Néerlandais ont préféré insister sur l’une de ses principales plantes hôtes. En allemand, elle s’appelle « Blasser Nesselzünsler » (« Zünsler pâle de l’ortie »), tandis qu’en néerlandais elle porte le nom de « Gewone netelmot » (« Teigne commune de l’ortie »). Dans les deux cas, le nom rappelle le lien étroit qui unit cette espèce à la grande ortie, une plante sur laquelle se développent fréquemment ses chenilles.
Au Japon, elle est connue sous le nom de « Ukon-nomeiga » (ウコンノメイガ). Le mot ukon désigne le curcuma en japonais. L’origine exacte de cette appellation n’est toutefois pas clairement établie. Elle pourrait faire référence à la teinte jaune ocrée des ailes, mais cette interprétation ne semble pas avoir été confirmée par les spécialistes.
