Merle noir (Turdus merula)

  • Règne : Animalia
  • Embranchement : Chordata
  • Classe: Aves
  • Famille : Turdidae
  • Ordre :Passeriformes
  • Genre : Turdus

Le merle noir est une espèce de passereaux de la famille des turdidés.

C’est un oiseau qui est présent partout, aussi bien à la campagne qu’en ville où il s’est très bien adapté. Le mâle peut être décrit en peu de mots . il est entièrement noir avec un bec jaune orangé et un anneau orbital de la même couleur autour de l’œil. L’iris est marron et les pattes sont rougeâtres avec des pointes de violet.

Merle noir mâle

Dimorphisme

Dans cette espèce, le dimorphisme est assez marqué . La femelle est marron ou brune . Le dos est légèrement plus foncé que le ventre qui est  parsemé de taches brunes. Le plumage des femelles peut varier légèrement de couleur selon les individus et selon la saison . Le bec est brun, mais peut prendre  des teintes jaune orangé  par endroit avec l’âge . l’œil est aussi  entouré d’un cercle orbital, mais il est beaucoup plus terne et moins visible que celui du mâle.

Les juvénile ressemblent à la femelle. ils ont un plumage marron sur le dessus avec des petits traits brun clair sur la partie haute . le ventre est beige clair moucheté de taches plus sombre . L’anneau orbital est encore discret . le bec est marron et tendra vers le  jaune au fur et à mesure. Les très jeunes ont l’arrière du bec  jaune poussin caractéristiques des becs qui sont en train de se former . Les pattes sont rosâtres.

Merle juvénile avec l’arrière du bec non fini

Les jeunes sont parfois téméraire et peuvent se laisser approcher car ils n’ont pas encore compris que la nature était remplies de danger . il faut parfois quelques temps avant que l’oiseau n’acquière les réflexes qui lui permettront de se sauver face au danger .

Les jeunes merles mâle devront attendre un an avant d’avoir le plumage complètement noir .  

Chant du merle

Qui n’a pas entendu son beau chant, tôt le matin ou  le soir au coucher du soleil ?  Une longue série de notes fortes, calmes et  mélodieuses que nous avons toujours un grand plaisir à entendre . D’après André bossus et François charron* qui l’ont analysé « Le chant se compose de strophes très variées, répétées à de longs intervalles . »

L’improvisation joue un rôle très important dans le chant du merle  et l’on peut remarquer qu’il y a de très bons chanteurs et de moins bons. Chaque oiseau a son style.   Les oiseaux sont aussi des artistes et certains, comme chez nous, ont plus de talent que d’autres.

Les jeunes merles commencent à se manifester dès le mois de février pour marquer leur territoire et impressionner les autres oiseaux . Le chant joue également un grand rôle au moment de la période de reproduction pendant laquelle  il sert à séduire la femelle. Rien de tel qu’un beau concert pour faire chavirer les cœurs et les corps.

Le merle chante dans le prunus pour séduire la femelle

Pour lancer ses trilles, le merle se place en hauteur afin que le son  porte loin et que tout le monde l’entende. On peut les apercevoir  sur les toits , perchés sur les branches hautes  des arbres ou posés sur des fils électriques. Le merle a également  un chant d’appel pour communiquer avec ses congénères et un chant d’alerte qui prévient les autres  du danger .  

On dit que le merle chante, siffle, flûte, jase,  appelle ou babille.

Alimentation

Les merles sont   omnivores*. Au printemps ou en été, ils se nourrissent d’insectes et de limaces, mais apprécient aussi les fruits comme les cerises, les figues ou les mûres.

En hiver, ils mangent  de baies comme celle du cotonéaster , du houx, du pyracantha, du sorbier, du nandina, du laurier-tin ou du sureau noir. Mais leurs  mets préférés restent les lombrics qu’ils vont chercher en profondeur dans la terre grâce à leurs  griffes acérées .

Reproduction

Il arrive que les merles vivent en groupe pendant l’année, mais ils deviennent très territoriaux pendant la période de reproduction.  Le mâle fait la cour à la femelle avec une parade nuptiale. Durant celle-ci, le mâle se pose près de la femelle puis approche d’elle en rampant.  Il se met à plat ventre et dispose les plumes de sa queue en éventail. Si la femelle est séduite par la danse du mâle, elle lève la queue et accepte l’accouplement .

Nidification

 Le choix de l’emplacement du nid et sa construction est l’affaire de la femelle. Même si le mâle peut y participer par moment, c’est elle qui agit et décide. La femelle pond entre 3 à 6 œufs qui ont une couleur bleu-vert. Elle couve ensuite les œufs pendant une douzaine de jours avant que ceux-ci n’éclosent.  Les deux parents nourrissent ensuite les petits à parts égales et s’occupent les deux de la propreté du nid. Ils font le ménage et évacuent les débris et les sacs fécaux des juvéniles.  

La merlette collecte des lombrics pour nourrir ses petits

Les petits sauteront définitivement du nid 14 ou 15 jours après, mais les parents les nourriront pendant encore 3 ou 4 semaines . Pendant ce temps ils apprendront à choisir leur nourriture et à se méfier des prédateurs . Les petits quittent leurs parents quand ils se sentent près . La durée pendant laquelle les petits restent à la charge des parents est variable et dépend des besoins de ces derniers et de leur capacité à être autonome . les parents ne chassent jamais leurs petits, mais attendent que ceux puissent voler « de leurs propres ailes »  

Migration

Le merle noir est présent partout en Europe à l’exception du nord de la Finlande, de la Scandinavie, de la Carélie et de la péninsule de kola (Fennoscandie* ) .

Il est un migrateur partiel, c’est-à-dire que seuls ceux qui vivent dans les pays les plus au nord migrent vers des pays ayant un climat moins extrême . Les migrateurs qui viennent de Norvège ou du Danemark semblent hiverner pour la plupart dans les iles britanniques ou au Benelux même si certains merles arrivent jusqu’en France . Les merles qui migrent jusqu’en France et en Espagne proviennent en majorité de Suède. D’autres qui viennent des pays de l’Est descendent jusqu’en Afrique du Nord et les iles méditerranéennes.

En France la plupart des merles noirs sont sédentaires même s il est arrivé de retrouver dans les sud des oiseaux qui vivaient dans le nord de la France en été.

Comme la plupart des espèces, les merles effectuent les migrations d’automne vers le mois d’octobre et reviennent sur les lieux de reproduction vers le mois de février ou mars .

Albinisme ou leucisme (Illustrations)

On peut observer parfois des merles qui ont des anomalies de colorations avec des taches blanches qui apparaissent de-ci de-là . Certains merles peuvent même être entièrement blancs. Cette particularité a fait naitre la légende d’une nouvelle espèce, « le merle blanc ». Espèce qui, bien sûr, n’a jamais existé. Et si l’on peut voir des merles entièrement ou partiellement blancs, la cause en est toujours une maladie génétique . Cela peut être l’albinisme* ou le leucisme*.

L’albinisme , qui est plus connu, est le résultat d’une production insuffisante du pigment qui colore la peau et  les plumes. Une mutation génétique, heureusement assez rare, qui rend  incapable de synthétiser un pigment qui s’appelle la mélanine . La maladie touche les plumes, mais aussi les cellules et notamment celles  qui tapissent le fond des yeux . Les conséquences sont l’absence de couleur de l’iris qui parait alors rouge, car les vaisseaux sanguins du fond de l’œil apparaissent par transparence.

L’albinisme est une maladie qui n’est pas dangereuse si l’on prend des précautions, mais elle peut tout de même causer des problèmes de vue , voire rendre aveugle si les yeux, qui sont beaucoup plus sensibles à la lumière ,ne sont pas suffisamment protégés des  rayons du soleil.  Elle peut également causer des brulures, car la peau des êtres vivants  touchés par cette maladie est moins bien protégée des ultras violets. On peut rencontrer des cas d’albinisme chez les merles  et d’autres oiseaux, mais aussi chez les poissons, les reptiles, les amphibiens et bien sûr aussi les humains .

Le leucisme est moins connu et pourtant assez présent chez les merles . Il semblerait que cette espèce soit plus touchée que d’autres . Des observations menées en Grande-Bretagne ont montré que sur la population globale des oiseaux qui avaient cette maladie 29% appartenaient au genre Turdus et étaient principalement des merles noirs. Le leucisme  appelé aussi leucitisme est une anomalie génétique du même type que l’albinisme, mais se limite à certaines  parties du corps . Contrairement à l’albinisme qui s’attaque au plumage à la peau et aux yeux, le leucisme chez l’oiseau ne s’attaque qu’au plumage et souvent  sur des zones limitées. 

Les oiseaux atteints de cette maladie vivent très bien  et ne rencontrent pas de problèmes particuliers , si ce n’est celui d’être bien plus visible par les prédateurs .

Les villages aiment les merles

Le merle est un oiseau tellement populaire  que son nom a été donné à plusieurs commune  . On peut citer Montmerle, dans l’Ain,  Merlimont, dans le pas de Calais, Merle-Leignec, dans le département de la Loire, Merle, dans le Tarn-et-Garonne, ou saint bonnet les tours de merle, en Corrèze .

Dans leur  mystérieuse histoire des noms d’oiseaux  Henriette Walter et  pierre Avenas évoquent aussi les  6 communes appelées « chantemerle » ainsi que des nombreux lieux dits  qui ont pour noms  chantemerle, cantemerle  ou cantamerle. Ils rappellent d’ailleurs que malgré les apparences « chante » ou « canta » ne renvoie pas au verbe chanter  que l’on pourrait facilement associer au merle, mais  à une vieille racine indo-européenne Can(t) qui désigne la pierre ou le rocher.

Étymologie du merle noir

Le nom « merle » vient du latin « merula »  qui descend lui-même de la racine indo-européenne « Mesl ». Racine  que l’on peut retrouver dans le mot allemand merle=« Amsel » .

Le latin « Merula » est employé  par de nombreux pays puisqu’en italien le merle se dit « merlo »,  en espagnol « mirlo, en portugais « melro »,en néerlandais et les flamands  merel, en luxembourgeois Märel etc …

« Turdus » vient du latin « turdus » qui désigne les grives . Linné a en effet classé les grives et les merles dans la même famille des turdidés. Le mot anglais « thrush » qui désigne les merles et les grives descendrait lui aussi du mot turdus. On peut trouver un exemple dans le nom de l’oiseau « monticole merle bleu » (Monticola solitarius) qui s’écrit en anglais Blue rock thrush.

Les Basques qui ont une langue très chantante le nomment  « Zozoa », les Anglais « blackbird », les Biélorusses « дрозд чорны », les Croates « kos »,  les danois « solsort », les Islandais «svartfugl » (oiseau noir), les suédois « Koltrast », les Hongrois « feketerigo », les Lettons « melbais strazds » et en yiddish on dit « בלאַקקבירד ».

Le qualificatif « noir » a été ajouté à notre merle  commun (bien que la femelle soit marron) pour le différencier des nombreuses autres espèces  de merle qui existent dans le monde. 65 espèces  précisément  du genre Turdus”” qui se caractérise par une taille moyenne, des têtes rondes, de longues ailes pointues et des chants plutôt mélodieux  .

Avec entre autres :

Turdus merula azorensis,

Turdus merula cabrerae,

Turdus merula mauritanicus,

Turdus merula algirus, 

Turdus merula aterrimus,  

Turdus merula syriacus ,

Turdus merula insularum, 

Turdus merula intermedius,  

Turdus merula mandarinus,  

Turdus merula sowerbyi , 

Turdus merula nigropileus, 

Turdus merula spencei,  

Turdus merula bourdillon,

etc….

Plusieurs mots  découlent du mot  (merula-merle). Parmi eux, le mot « merlette » qui est la femelle du merle ainsi que le mot « merlot » , un cépage bordelais dont les grappes étaient certainement appréciées des merles .

 En argot une merlette est une prostituée . Mais cela n’a rien à voir avoir l’oiseau .

L’expression  vient du mot « merlan » qui en argot est le souteneur ou le maquereau de la prostituée.

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