Pinson des arbres (Fringilla Coelebs- common chaffinch)

  • Règne : Animalia
  • Classe :Aves
  • Ordre : Passeriformes
  • Famille :Fringillidae
  • Sous famille: Fringillinae
  • Genre : Fringilla

Présentation

Le pinson des arbres est une espèce de passereaux de petite taille (14 à 16 cm de longueur).

Il fait partie de la famille des Fringillidae, qui regroupe environ cinquante genres et plus de deux cents espèces. Cette famille se divise en trois sous-familles : les Fringillinae, qui comprennent le genre Fringilla, les Carduelinae (chardonnerets, verdiers, tarins, linottes, bouvreuils, etc.) et les Euphoniinae, principalement présentes en Amérique.

Les fringilles sont de petits oiseaux avec un bec conique puissant, adapté au décorticage des graines. Ils sont majoritairement granivores, même si certaines espèces consomment également des insectes au printemps et en été. Leur vol est souvent onduleux, et plusieurs espèces présentent un dimorphisme sexuel marqué.

Le genre Fringilla occupe une place particulière au sein des Fringillidae. Comme la plupart des passereaux, ses membres possèdent douze rectrices. Les pinsons du genre Fringilla transportent généralement les aliments dans le bec, tandis que d’autres fringilles utilisent plus souvent le jabot.

Pinson des arbres mâle en plumage nuptial
Pinson des arbres mâle en plumage nuptial

Autres particularités : ce sont des animaux grégaires qui aiment vivre en bandes. Beaucoup d’espèces effectuent au début de l’hiver des migrations plus ou moins importantes pour trouver de meilleures conditions de vie. 21 espèces vivent en Europe.

En France on peut voir de nombreux membres de cette famille comme le Chardonneret élégant (Carduelis carduelis), la linotte mélodieuse (Linaria cannabina), le verdier d’Europe (Chloris chloris), le Bouvreuil pivoine (Pyrrula pyrrhula), le pinson du nord (Fringilla montifringilla), le gros-bec casse-noyaux (Coccothraustes coccothraustes), le tarin des aulnes (Spinus spinus), le bec-croisé des sapins (Loxia curvirostra), le serin cini (Serinus serinus) ou le Sizerin flammé (Acanthis flammea).

Le pinson des arbres est le pinson que l’on voit le plus souvent au jardin. Le pinson du nord descend de la Fennoscandie au début de l’hiver et ne reste que quelques mois en France.

Il existe un troisième pinson, le pinson bleu (Fringilla teydea) mais on ne risque pas de le croiser, car il est endémique des îles Canaries. Ce dernier dépend exclusivement des forêts de pins endémiques pour sa survie.

Description

Le pinson des arbres mâle, en plumage nuptial, est très coloré avec le dessus et l’arrière de la tête bleus. Les joues et le ventre comme les pattes sont rosâtres. Le dos est brun. Les ailes sont noires avec des bandes alaires blanches bien visibles. La caractéristique la plus fiable pour identifier l’espèce réside d’ailleurs dans cette double barre alaire blanche qui crée un contraste frappant dans le feuillage.

La queue présente également des marques blanches sur les plumes rectrices externes. Ce signal visuel sert de repère pour maintenir la cohésion du groupe lors de l’envol. Le bas du dos et les sous-caudales sont vert olive. En plumage internuptial (cryptique), les couleurs du mâle sont moins marquées, bien que présentes.

Pinson des arbres en plumage internuptial (en haut) et en plumage nuptial (en bas)

La femelle est plus discrète, avec des teintes brunes et beiges qui lui permettent de se fondre dans l’environnement et d’échapper aux prédateurs. Son œil est cerclé de blanc, et ses ailes portent les mêmes barres alaires blanches que le mâle.

Le bec est fin et conique, adapté au décorticage des graines. Les mandibules présentent des rainures internes qui permettent à l’oiseau de caler les graines de manière stable pour fendre leur enveloppe. Ce bec est gris bleuté chez le mâle en plumage nuptial et devient couleur corne en plumage internuptial. Chez la femelle, il est rosâtre, légèrement plus foncé à la pointe. Les juvéniles ressemblent à la femelle et leurs couleurs apparaissent peu à peu.

Le pinson des arbres possède des pattes robustes et des doigts agiles qui lui permettent de se tenir sur les branches fines. Ces pattes appartiennent au type anisodactyle, avec trois doigts vers l’avant et un vers l’arrière, ce qui assure une prise ferme. Ses ailes relativement pointues favorisent un vol rapide et onduleux. La queue lui sert de gouvernail pour qu’il manœuvre entre les branches.

Alimentation

Le pinson préfère se nourrir au sol, mais on peut aussi le voir dans les mangeoires en hiver. Il a un régime mixte, composé de petits insectes et larves,, ainsi  de graines variées. Sa démarche au sol est caractéristique car il ne sautille pas comme le moineau mais marche ou court à pas rapides. Il balance souvent la tête d’avant en arrière lors de ses déplacements pour chercher sa nourriture parmi les feuilles mortes.

L’anatomie de son bec révèle une adaptation remarquable à ce régime. À l’intérieur de la mandibule supérieure se trouvent des rainures longitudinales qui permettent de maintenir fermement les graines lisses. Cette structure aide l’oiseau à décortiquer les semences avec une grande précision avant de les consommer. Il ingère aussi parfois de petits graviers, nommés gastrolithes, qui facilitent le broyage mécanique des graines dures dans son gésier.

En période hivernale, le pinson des arbres adapte ses besoins énergétiques et recherche des graines oléagineuses comme celles du tournesol ou du faîne de hêtre. Ces aliments riches en lipides lui fournissent les calories nécessaires pour maintenir sa température corporelle. Il exploite alors les zones où la nourriture est abondante en compagnie d’autres espèces de Fringillidés.

Pinson des arbres femelle qui vient d’attraper un Ephémère

Les juvéniles sont nourris par les parents avec des larves d’insectes et des chenilles. L’accès à l’eau est également déterminant car le pinson boit par succion et utilise les points d’eau pour des bains réguliers afin d’entretenir son plumage.

C’est un oiseau qui apprécie de vivre avec d’autres espèces à l’exception de la période de reproduction où il peut devenir très territorial. Il défend alors son territoire car il le marque de son chant et attaque les oiseaux qui ne comprennent pas bien le message vocal. À la mangeoire, les pinsons sont un peu plus peureux que les autres passereaux. On peut souvent voir la femelle qui s’approche en voletant puis repart sans s’être même posée sur le plateau.

Le mâle reste en retrait et observe attentivement tout ce qui se passe. Il surveille les allées et venues de la femelle et ne se décide à venir prendre une graine qu’après l’avoir vue faire plusieurs voyages sans être ni repoussée ni attaquée par les autres oiseaux. De nombreuses observations m’ont permis de vérifier que les femelles, chez les pinsons des arbres, sont souvent plus courageuses et téméraires que les mâles.

Habitat

En France, le pinson des arbres est présent sur l’ensemble du territoire. Il fréquente les grandes forêts, les bosquets, les haies et les jardins, et peut s’adapter à presque tous les milieux où poussent des arbres. Il évite toutefois les zones de haute montagne dépourvues de végétation et les plaines entièrement nues. On le trouve depuis le niveau de la mer jusqu’à environ 1 500 m d’altitude. Sa capacité à coloniser de nouveaux territoires témoigne de sa grande résilience, une faculté qui se retrouve également dans d’autres parties du monde : Europe, grande partie de l’Asie tempérée et nord-ouest de l’Afrique.

L’espèce apprécie particulièrement les paysages mêlant zones boisées et espaces ouverts. Dans les forêts, elle privilégie les lisières et les clairières aux massifs trop denses ou sombres, non seulement pour la recherche de nourriture, mais aussi pour chanter et défendre son territoire tout en surveillant les prédateurs. En hiver, les pinsons se regroupent souvent dans les vergers, haies ou zones cultivées pour se nourrir des graines et fruits disponibles.

Cette grande polyvalence explique pourquoi le pinson des arbres reste l’un des passereaux les plus communs en France et dans les zones tempérées où il est présent. Sa proximité avec l’homme, dans les jardins et parcs, en fait également l’un des oiseaux les plus observés par les ornithologues amateurs, sans que sa population ne soit menacée.

Le Chant

Le pinson des arbres est l’un des premiers oiseaux à se faire entendre à la fin de l’hiver. Le chant du mâle est puissant et territorial. Il se compose de notes rapides et variées, souvent descendantes, avec une phrase finale qui peut se distinguer par une modulation ou une note plus accentuée. La structure exacte du chant varie selon les individus et les populations.

Le mâle chante depuis un perchoir bien exposé, comme le sommet d’un arbre ou une branche dégagée, afin de délimiter son territoire et de tenir à distance les autres mâles. Chaque individu possède plusieurs variantes de chant, et l’on observe parfois des différences régionales, appelées dialectes. Les pinsons d’une même forêt peuvent ainsi présenter des sonorités légèrement différentes de ceux d’une région voisine.

Le pinson des arbres mâle chante pour attirer les femelles et impressionner ses concurrents

En plus du chant, le pinson émet plusieurs cris de contact. Le plus fréquent est un « pink pink » métallique et sec, audible surtout au sol ou lorsqu’il est inquiet. En vol, il produit un cri plus doux et étouffé. Un autre cri, surnommé le « cri de pluie », consiste en un roulement bref et monotone. Selon la tradition populaire, ce cri serait associé à l’arrivée d’une averse, bien que cette observation n’ait pas de confirmation scientifique.

L’apprentissage du chant commence dès le plus jeune âge. Les juvéniles écoutent les adultes de leur entourage pour développer leur propre mélodie. S’ils ne sont pas exposés aux chants des mâles adultes, leur chant reste rudimentaire et incomplet. Cette transmission culturelle entre générations contribue à la diversité et à la continuité des motifs vocaux propres à l’espèce.

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Reproduction et nidification

La période de reproduction du pinson des arbres commence en mars et s’étend jusqu’au mois de juillet. La femelle construit seule le nid. Celui ci est généralement placé en hauteur, souvent à la fourche d’une branche et à l’abri des regards et des prédateurs.

Elle assemble principalement de la mousse et des fibres végétales pour former une coupe profonde et solide. Parfois, elle incorpore de petites toiles d’araignée ou d’autres matériaux adhésifs pour maintenir l’ensemble des éléments. L’extérieur du nid est recouvert de lichens et de morceaux d’écorce, assurant un excellent camouflage en imitant la texture de l’arbre.

À l’intérieur, la coupe est tapissée de matériaux doux, comme des plumes, du duvet végétal ou des poils d’animaux, afin de conserver la chaleur nécessaire aux œufs et aux jeunes. La femelle y pond 4 à 5 œufs, qu’elle couve pendant environ 13 à 15 jours. Pendant cette période, le mâle protège le territoire et peut parfois apporter de la nourriture à sa partenaire.

Après l’éclosion, les deux parents nourrissent les jeunes avec des insectes et des vers, riches en protéines, favorisant une croissance rapide. Ils prennent également soin de la propreté du nid : les sacs fécaux des oisillons sont retirés et déposés à distance ou parfois ingérés, réduisant ainsi les traces et les odeurs susceptibles d’attirer les prédateurs.

Pinson des arbres juvénile avec les filoplumes dressées et l’arrière du bec non fini.

Migration

Le pinson des arbres adopte un comportement migratoire variable selon sa région d’origine. En France, la majorité de la population est sédentaire et reste sur son territoire pendant tout l’hiver. En revanche, les populations du nord et de l’est de l’Europe sont partiellement migratrices : elles quittent les zones froides dès l’automne pour rejoindre des régions plus clémentes.

Le déplacement se fait principalement de jour, en petits groupes dispersés. Les oiseaux volent à une altitude modérée et suivent souvent les lignes de relief ou les côtes. Contrairement au pinson du Nord, le pinson des arbres ne forme pas de vols massifs comptant plusieurs millions d’individus. Ses déplacements sont plus réguliers et moins concentrés. Il est observé que les femelles migratrices descendent parfois plus au sud que les mâles.

Dans leurs zones d’hivernage, les pinsons fréquentent les champs et les lisières de bois, où ils trouvent des graines pour passer la saison froide. Ils se mêlent parfois à d’autres passereaux tout en conservant une certaine indépendance. Dès les premiers redoux de février ou mars, les oiseaux remontent vers le nord pour retrouver leurs sites de nidification.

Distribution

Le pinson des arbres occupe une aire de répartition extrêmement vaste qui couvre plusieurs continents. Comme le montre la carte des observations mondiales, sa présence est massive et continue dans toute l’Europe. Cette zone rouge sombre indique la densité maximale de l’espèce. Sa répartition s’étire ensuite vers l’est, traversant la Russie jusqu’au cœur de la Sibérie.

Carte GBIF de la présence du pinson des arbres dans le monde
https://www.gbif.org/fr/species/2494422

Au sud, l’oiseau peuple tout le bassin méditerranéen et le Proche-Orient. Il est également bien établi en Afrique du Nord. La carte révèle aussi des données intéressantes sur les introductions par l’homme. On distingue nettement des populations isolées mais bien présentes en Afrique du Sud et surtout en Nouvelle-Zélande. Quelques observations plus rares apparaissent même sur la côte est de l’Amérique du Nord, bien que l’espèce n’y soit pas considérée comme établie.

En France, cet oiseau est présent partout. Il fréquente les grandes forêts, les bosquets et les jardins. Il s’adapte à presque tous les milieux où poussent des arbres. Il évite seulement les zones de haute montagne sans végétation et les plaines totalement nues. Sa capacité à coloniser de nouveaux territoires, visible sur tous les continents de la carte, confirme sa grande résilience.

La chasse aux pinsons des arbres

Difficile de ne pas être ébloui par la beauté et par la perfection de son plumage aux coloris si doux.

Quand on pense que ces petits passereaux étaient encore chassés et servis au restaurant en friture ou brochette il n’y a pas si longtemps !!!.


Heureusement leur chasse a été interdite en 1976, mais il reste toujours quelques braconniers récalcitrants qui sont addicts à la chasse et à l’argent .

Pinson des arbres mâle en plumage internuptial


Un Bruant ortolan se vendrait aujourd’hui sur le marché noir 150 euros !!!

l’interdiction et la forte baisse de ces oiseaux n’a pas stoppé la volonté de certains de les tuer pour les manger.

En 2014, des grands chefs comme Alain Ducasse Michel Guérard, Alain Dutournier et Jean Coussau demandaient même une dérogation pour pouvoir continuer à servir l’ortolan, le pinson ou les grives dans leur restaurant respectif .


-« Quand les chasseurs les apportent, disaient-ils qu’on les cuisine. !!! »
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Dieu merci, l’époque a changé et notre relation au monde animal s’est modifiée.

Un cuisinier qui oserait demander cela aujourd’hui aurait certainement de gros problèmes et pourrait y perdre pas mal de plumes au passage.

Taxonomie

Le pinson des arbres a été décrit et nommé par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1758 sous le nom initial de Fringilla coelebs.

Le nom de genre Fringilla a été créé en 1758 par le naturaliste suédois Carl von Linné.

La famille des Fringillidae a été proposée en 1802 par l’entomologiste français Pierre André Latreille.

Étymologie

L’espèce a été nommée Fringilla coelebs par Linné. Il avait remarqué que, dans les pays du nord, les femelles de pinsons des arbres migraient souvent plus loin avec les juvéniles, tandis que certains mâles restaient sur place. Le nom coelebs, issu du latin caelebs, signifie « célibataire » et fait référence à ce comportement.

Le mot latin Fringilla dériverait du grec phrugilos, qui désignait à l’origine un oiseau indéterminé, avant d’être appliqué au pinson. Le nom français « pinson » viendrait de pincio, dont la racine pinc est une onomatopée imitant le cri de l’oiseau. Cette caractéristique se retrouve dans plusieurs langues : le néerlandais vink, le toscan pincione, le corse pinziola, l’espagnol pinzón et le breton pint.

Pinson des arbres mâle

Dans les langues nordiques, le nom du pinson est souvent associé au hêtre : les Suédois disent bofink, les Danois bogfink, les Norvégiens bokfink et les Islandais bokfinka. Selon Pierre Cabard, cette association vient d’une confusion avec le pinson du Nord, qui consomme les faînes de hêtre riches en protéines, alors que ce n’est pas une caractéristique marquante du pinson des arbres.

L’expression « des arbres » a été ajoutée pour refléter son comportement : le pinson se déplace fréquemment sur les branches basses et dans les buissons, d’où il chante pour défendre son territoire et attirer les femelles.

Expression

Gai comme un pinson:

Se dit d’une personne qui est très joyeuse.

L’expression fait référence au chant mélodieux et aux sonorités joyeuse du pinson des arbres.

« Il était encore joliment saoul, ce jour là , mais non zig tout de même, et gai comme un pinson.« 

Émile Zola

Origine du petit nom que je donne aux oiseaux   

Origine du petit nom que je donne aux oiseaux   

Au jardin des oiseaux, j’ai baptisé le pinson des arbres mâle Danny en hommage au livre « Tortilla flat » de John Steinbeck qui m’avait tant marqué » dans mon adolescence. Il a été l’un des livres qui m’ont donné le gout de la littérature et de l’écriture.

Dans le livre, Danny est un paysan pauvre et vagabond mais heureux qui hérite un jour de deux maisons. Il y invite tous ses amis et ils se mettent ensemble à mener des actions vertueuses pour faire le bien autour d’eux. Mais très vite, cette héritage lui pèse et il ne supporte plus cette position de propriétaire qui l’empêche de vivre légèrement et simplement , comme il le faisait avant .

Petite chanson populaire

Le pinson a fait son nid

qui te l’as dit , qui te l’as dit ,

qui te l’as donc dit.

Il s’est caché sous la branche

Il faudra que tu te penches

Pour le voir.

Sous les grands oliviers noirs

viens t’asseoir, pour le voir .

Le pinson a fait son nid

mon petit  

https://patrimoine-oral.org/seam/resource/directMedia/x_NSaiJGtWEttRywbkcc0YxgiBVwrZMR?binaryFileId=18074&cid=4114

* Alaire :Qui appartient, ou qui est relatif, à l’aile (d’un animal, d’un avion).

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