Rossignol philomèle (Luscinia megarhynchos)

 Le Rossignol philomèle est très présent au jardin des oiseaux, mais il est très discret et je ne l’ai jamais vu. Je ne fais que l’entendre, ce qui est déjà très agréable. Ce passereau est connu pour son chant mélodieux, qui est considéré par certains comme le plus beau chant d’oiseau, car il est varié et complexe. Le rossignol posséderait de 180 à 260 « phrases » différentes, qu’il utilise pour impressionner les concurrents et séduire les femelles.

Quand il chante, on dit qu’il gringotte, qu’il quiritte, qu’il rossignole ou qu’il trille.

Rossignol philomèle
Rossignol philomèle Domaine public Photo Marie-Lan Taÿ Pamart, CC BY 4.0

Taxonomie

L’espèce a été décrite et nommée Luscinia megarhynchos par le naturaliste allemand Christian Ludwig Brehm en 1831.

Le nom de genre Luscinia a été créé en 1817 par le naturaliste britannique Thomas Forster.

La famille des Muscicapidae a été proposée en 1822 par le zoologiste britannique John Fleming.

Étymologie

Le nom de genre « Luscinia» est issu directement du latin classique. Il désigne originellement le rossignol. Les racines étymologiques ne sont pas clairement établies. Le rapprochement avec « lux » (lumière) et « canere » (chanter) est parfois proposé, mais reste incertain et discuté. Ce nom a traversé les siècles pour devenir le fondement de la nomenclature scientifique du groupe.

Le qualificatif « megarhynchos » est construit avec les mots grecs « mégas » et « rhunkhos ». Le premier signifie grand ou puissant, et le second désigne le bec. Cette précision anatomique a été choisie par le naturaliste Christian Ludwig Brehm en 1831.

Dans son Étymologie des noms d’oiseaux, Pierre Cabard s’interroge sur ce qualificatif qui n’est pas forcément justifié. Le bec du Rossignol philomèle est celui d’un insectivore classique : fin, pointu et absolument pas massif. Cabard écrit : « On ne comprend pas très bien cette appellation. C’est une idée de Brehm qui lui trouvait un bec plus long et plus fort que celui d’une autre espèce qu’il souhaitait aussi créer, Luscinia philomela (devenue Luscinia luscinia, le rossignol progné). »

Le terme rossignol descend du provençal « rossinhol », qui vient lui-même du latin « lusciniolus », diminutif de luscinia, qui désigne un petit rossignol. Philomèle trouve sa source dans le récit tragique de la mythologie grecque relaté par Ovide. Philomèle est la fille du roi d’Athènes et subit les outrages de son beau-frère Térée, qui lui coupe la langue pour la réduire au silence. Elle parvient à alerter sa sœur Procné en brodant son histoire sur une toile. Pour les soustraire à la fureur de Térée, les dieux les métamorphosent : Philomèle devient un rossignol. Le nom lui-même vient du grec ancien philomêla, composé de « phileîn », aimer, et de « mélos », la mélodie. C’est ainsi que, dans la tradition poétique, le chant nocturne du rossignol est perçu comme la plainte éternelle de la jeune femme.

Les noms vernaculaires


Le Rossignol philomèle (Luscinia megarhynchos) est appelé Rossignol d’Occident car, sur le continent européen, son aire de répartition couvre principalement l’Ouest et le Sud (France, Espagne, Italie, Grande-Bretagne). À l’inverse, son cousin le Rossignol progné (Luscinia luscinia) occupe l’Est de l’Europe (Pologne, Russie, Ukraine) et la Scandinavie, ce qui lui vaut parfois le surnom de Rossignol d’Orient.


Cette distinction est surtout utile pour les naturalistes qui travaillent dans les zones de « contact », comme en Europe centrale, où les deux espèces peuvent se croiser.
On le nomme parfois Rossignol ordinaire, car il est l’espèce la plus répandue dans nos jardins. En littérature, il prend souvent le nom de Philomèle en référence à la mythologie. Selon les régions, il porte des noms variés comme Rossinhol en occitan, Roussignou en provençal, Roussignol en gascon ou encore Rassignou en normand. On rencontre également le terme Rossignol des murailles pour désigner parfois par erreur le Rougequeue noir, ou plus justement Rossignol de jardin. Dans les vieux dialectes du Centre, il est parfois nommé Rossignol franc pour marquer sa supériorité vocale. Certaines localités utilisaient autrefois le nom de Chante-nuit, traduction directe de son comportement nocturne, ou encore l’appellation populaire de Maître chanteur des bois.

Les noms à l’étranger


À l’étranger, le Rossignol philomèle est désigné par des noms qui soulignent presque toujours ses talents de chanteur ou ses mœurs nocturnes. En anglais, il se nomme Nightingale, un terme issu du vieil anglais qui signifie « celui qui chante la nuit ». Les Allemands utilisent le nom Nachtigall, qui partage la même racine germanique. En Italie, on l’appelle Usignolo (le rossignol), tandis qu’en Espagne, il porte le nom de Ruiseñor (petit rossignol), deux appellations dérivées du latin lusciniola. Les Portugais le désignent par le terme Rouxinol.

Plus au nord, les Suédois le nomment Sydnäktergal, ce qui signifie littéralement rossignol du sud, pour le différencier de l’espèce nordique. Enfin, en néerlandais, son nom est Nachtegaal (celui qui chante la nuit), confirmant une fois de plus cette fascination européenne pour sa voix qui s’élève dans l’obscurité.
L’espèce a été décrite et nommée Luscinia megarhynchos par le naturaliste allemand Christian Ludwig Brehm en 1831.
Le nom de genre Luscinia a été créé en 1817 par le naturaliste britannique Thomas Forster.
La famille des Muscicapidae a été proposée en 1822 par le zoologiste britannique John Fleming.

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