Sittelle torchepot ( sitta europaea) 2 juin 2022

  • Règne : Animalia
  • Embranchement : Chordata
  • Classe: Aves
  • Famille : Sittidae
  • Ordre :Passeriformes
  • Genre : Sitta

Présentation

Gisèle la sittelle torchepot vient voir s’il reste des graines. Mais non ! Je ne donne plus de graines au printemps, car la nourriture est à nouveau disponible avec le retour du beau temps et la hausse des températures. Il va falloir attendre les premières gelées pour en retrouver.

a Sittelle torchepot appartient à l’ordre des passereaux et à la famille des sittidés. Cette famille ne comprend qu’un seul genre (Sitta) et 29 espèces dans le monde, réparties principalement dans l’hémisphère nord (Europe, Asie, Amérique du Nord). Les sittelles possèdent une grosse tête munie d’un long bec, un cou assez court et un corps de forme ovale assez trapu. Elles disposent d’une queue courte et de petites pattes équipées de griffes puissantes et longues. Leurs doigts, dont un est orienté vers l’arrière, possèdent une musculature qui permet de supporter tout le poids du corps sans l’aide des plumes de la queue. La plupart des espèces arborent un trait sombre qui traverse la tête par l’œil. Elles communiquent par des cris sonores. Ces oiseaux occupent les forêts des régions tempérées d’Europe et d’Asie. Ils restent généralement sédentaires toute l’année sur le même lieu. Les jeunes effectuent parfois de petits déplacements vers de nouveaux territoires ou pour chercher une meilleure nourriture.

L’espèce se divise en trois sous-groupes géographiques distincts, qui correspondent à des sous-espèces ou formes adaptées à leur zone. Le groupe europaea vit dans le nord et l’est de l’Europe jusqu’en Sibérie ; il se reconnaît à son ventre blanc. Le groupe caesia peuple l’Europe centrale et occidentale ; il présente des parties inférieures de couleur chamois ou rousse. Enfin, le groupe sinensis se trouve principalement en Chine et dans le sud-est de l’Asie.

Deux espèces vivent en France : notre Sittelle torchepot (Sitta europaea), représentée ici par la sous-espèce Sitta europaea caesia, que l’on retrouve dans les milieux boisés ainsi que dans les parcs et jardins, et la Sittelle corse (Sitta whiteheadi), plus petite et dotée d’un sourcil blanc, qui est endémique de l’île de Beauté comme son nom l’indique.

Description

La Sittelle torchepot est un oiseau de taille moyenne (15–16 cm, 17 à 28 grammes). Elle est facilement reconnaissable avec son long bec gris-bleu en forme d’épée et ses bandeaux noirs, de chaque côté de la tête, qui partent des lores et traversent toute la face. Les plumes de la calotte et du manteau présentent une texture lisse et serrée, tandis que les joues situées sous le bandeau noir sont blanches. L’iris est marron foncé. La tête ronde et le bec long accentuent sa silhouette typique. Le dessus de l’oiseau est gris-bleu et contraste fortement avec le dessous saumon. Les plumes sous la queue, nommées sous-caudales, arborent des taches d’un roux sombre plus marqué. Le plumage reste stable toute l’année, mais paraît parfois légèrement terne après l’hiver. Les jeunes oiseaux possèdent un plumage moins contrasté que les adultes, avec un gris plus doux sur le dos et des couleurs inférieures saumon plus pâles.

Sittelle torchepot (Illustration jessica Joachim- https://jessica-joachim.com)

La sittelle est un oiseau très agile et expressif. Elle émet des cris caractéristiques et sonores : « Twi, Twi, Twi ». Ces sons servent pour l’alerte, le contact ou l’appel des jeunes. Elle lance aussi des trilles rapides lors d’une excitation. Elle escalade les arbres avec une grande aisance. Contrairement aux pics, elle n’utilise jamais sa queue comme stabilisateur ; toute sa force réside dans ses pattes robustes. Elle se suspend parfois sous une branche pour picorer des graines ou des insectes directement sur l’écorce. Elle a la particularité de se positionner souvent la tête en bas. Elle est le seul oiseau d’Europe capable de descendre ou de monter d’un tronc dans cette position avec une précision totale. Sa silhouette est trapue, avec un cou si court que la tête semble directement rattachée aux épaules. Sa queue est très brève, mais elle dépasse légèrement la pointe des ailes au repos. Elle cache également des graines dans l’écorce ou dans les fissures des arbres. Le dimorphisme sexuel est léger : les mâles présentent des couleurs un peu plus intenses que les femelles.

Alimentation

La Sittelle torchepot consomme principalement des insectes à la belle saison. Elle complète ses repas par des graines et des baies en automne et en hiver. Les parents nourrissent les juvéniles presque exclusivement avec des insectes, comme des chenilles, des coléoptères, des lépidoptères ou des araignées. Elle visite volontiers les mangeoires en hiver quand la nourriture se fait plus rare.

Cet oiseau possède un comportement de stockage très marqué. Elle cache des graines, des noisettes ou des faînes dans les fissures de l’écorce ou sous de la mousse. Elle recouvre parfois ces cachettes avec des débris végétaux ou de la boue pour les dissimuler aux autres animaux. Ce garde-manger lui permet de survivre lors des périodes de grand froid.

Quand la sittelle vient à la mangeoire en hiver .

Pour consommer les fruits à coque dure, elle les coince fermement dans une crevasse du tronc qui sert d’enclume. Elle utilise ensuite son bec comme un marteau pour percer la coque par des coups répétés et puissants. Ce mode opératoire lui permet d’accéder à l’amande des noisettes ou des glands, une ressource inaccessible pour beaucoup d’autres petits passereaux.

Habitat

La Sittelle torchepot occupe principalement les forêts de feuillus et les boisements mixtes. Elle marque une préférence pour les peuplements de vieux arbres, notamment les chênes, les hêtres et les charmes. La présence de bois âgé est un élément déterminant pour elle , car ces arbres offrent les cavités naturelles et les anfractuosités d’écorce nécessaires à sa reproduction et à ses méthodes de recherche de nourriture.

On la rencontre également dans les parcs urbains, les vieux vergers et les grands jardins, pourvu que des arbres matures s’y trouvent.

En montagne, son habitat s’étend jusqu’à la limite supérieure des forêts de feuillus. Elle s’adapte à diverses altitudes tant que la structure forestière lui permet de circuler le long des troncs. Son territoire reste le même tout au long de l’année, car l’espèce ne migre pas.

Nidification

Le couple occupe son territoire tout au long de l’année. Le mâle chante pour marquer cet espace et attirer la femelle. La période des amours débute au mois de mars. Avant l’accouplement, le couple exécute une danse nuptiale composée de vols légers et tremblotants. Le mâle expose également son plumage, se redresse, décrit des cercles en vol et effectue des offrandes de nourriture à la femelle. Les partenaires demeurent généralement unis plusieurs années et présentent une grande stabilité territoriale.

Sittelle torchepot qui vient nourrir ses petits (Image générée par IA en attendant qu’un illustrateur la représente)

La Sittelle torchepot est un oiseau cavernicole. Elle installe son nid dans des cavités : trou d’arbre, anfractuosité rocheuse ou ancien nid d’une autre espèce. On la trouve le plus souvent dans de vieux arbres de parcs, de vergers ou en lisière de forêt. La femelle assure seule les travaux de maçonnerie. Si le trou est trop large, elle utilise de la boue, de l’argile ou même des bouses de vache pour le rétrécir. Ce mélange de boue et de salive durcit et forme un ciment protecteur contre les prédateurs. Après séchage, l’ouverture correspond presque exactement au gabarit de l’oiseau. Ce travail spécifique explique son nom de torchepot. À l’intérieur, l’aménagement reste sommaire, parfois réduit à quelques écorces ou copeaux de bois.

La femelle pond de 5 à 8 œufs blancs avec de légères taches. Elle assure l’incubation seule pendant environ quinze jours. Les deux parents nourrissent les juvéniles avec des insectes. Les jeunes quittent définitivement le nid entre 20 et 26 jours après leur naissance. Une fois au sol, les parents continuent de les surveiller et de les nourrir jusqu’à leur autonomie complète, ce qui prend 15 à 20 jours supplémentaires. Après l’envol, la famille demeure souvent groupée quelque temps, les jeunes apprenant à connaître le territoire avant de se disperser. Certaines années favorables, une seconde nichée peut être entreprise.

Distribution

La Sittelle torchepot occupe une aire de répartition très vaste qui s’étend sur la majeure partie de la zone paléarctique. On la retrouve de l’Europe occidentale jusqu’au Japon, en passant par l’Asie centrale et la Sibérie. En Europe, elle est présente presque partout, mais elle reste absente de l’Irlande et de l’Écosse. Concernant la Scandinavie, son occupation se limite aux régions méridionales et centrales, car elle délaisse les zones les plus septentrionales du grand nord. Elle peuple également quelques localités au Maroc, dans le Rif et le Moyen Atlas, ainsi que certaines zones du Proche-Orient comme la Turquie et le nord de l’Iran.

Carte GBIF de la présence de la Sittelle torchepot dans le monde https://www.gbif.org/fr/species/2484916

En France, cet oiseau est sédentaire et très commun sur l’ensemble du territoire continental. Il est toutefois absent de Corse, où vit une espèce différente et unique : la Sittelle corse. La Sittelle torchepot fréquente principalement les forêts de feuillus ou mixtes, avec une préférence marquée pour les vieilles chênaies et les hêtraies qui lui offrent de nombreuses cavités naturelles. On l’observe aussi régulièrement dans les parcs urbains, les vieux vergers et les jardins arborés, depuis le niveau de la mer jusqu’à une altitude de 2 000 mètres environ.
 

Taxonomie

La Sittelle torchepot a été décrite et nommée par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1758 sous le nom initial de Sitta europaea.

Le genre Sitta a été créé en 1758 par le naturaliste suédois Carl von Linné.

La famille des Sittidae a été proposée en 1825 par l’ornithologue français René Primevère Lesson.

Étymologie

Étymologie


Le nom de genre Sitta vient du grec sitté. Selon Aristote, il désigne une sorte de pie ou de pic. Cette origine explique pourquoi Sittelle s’écrit avec deux « t » et non un seul. L’épithète europaea renvoie à la zone de distribution de l’espèce, et le nom vernaculaire sittelle dérive directement de ce nom de genre.

Le mot torchepot résulte de l’assemblage des mots torchis et pot. Le terme torchis met en avant l’activité de maçonnerie de l’oiseau : la sittelle utilise son bec comme une truelle pour réduire l’entrée de son abri à une taille qui lui convient, la protégeant ainsi des prédateurs. Elle occupe pour cela des cavités naturelles ou des trous — autrefois appelés pots — déjà creusés par des pics. Le ciment qu’elle fabrique se compose de boue mélangée à sa salive. Le mot pot fait également référence aux nichoirs en terre cuite qui se vendaient autrefois sous cette forme.

Ce passereau portait autrefois le nom de pic-maçon. Le naturaliste Buffon, qui nomme cette espèce le premier, rapporte que l’oiseau recevait aussi les noms de grand-grimpereau, pic bleu, casse-noix ou casse-noisette. Ces appellations, bien qu’inexactes selon lui, soulignaient sa capacité à briser les coques dures. Aujourd’hui, le nom casse-noix désigne un autre oiseau, le Casse-noix moucheté (Nucifraga caryocatactes), qui appartient à la famille des corvidés.

Les noms à l’étranger

L’observation des noms donnés à cet oiseau dans d’autres pays européens révèle une grande cohérence avec les caractéristiques déjà évoquées.

En Allemagne, l’oiseau se nomme officiellement Kleiber. Ce terme désigne historiquement un artisan plâtrier ou un maçon spécialisé dans la pose du torchis. Ce nom souligne directement l’habileté de la femelle à maçonner l’entrée de sa cavité. On utilise aussi le nom plus traditionnel de Spechtmeise, littéralement la mésange-pic, car l’oiseau combine le comportement d’un pic avec la silhouette d’une mésange. Les Hollandais utilisent le nom Boomklever, ce qui signifie littéralement celui qui colle à l’arbre, en référence à sa capacité de déplacement verticale et à son travail de cimentage.

Dans les pays anglophones, on l’appelle Nuthatch. Ce mot provient du moyen anglais nuthak et signifie littéralement hacheuse de noisettes. Cette dénomination met l’accent sur la puissance de son bec et sur sa technique de nourrissage. L’oiseau coince en effet les fruits à coque dans les anfractuosités de l’écorce pour les briser d’un coup sec.

En Espagne et en Italie, les noms Trepador azul et Picchio muratore rappellent respectivement ses talents de grimpeur bleu et son statut de pic maçon. Ces appellations confirment que, partout en Europe, les observateurs ont été frappés par les deux mêmes traits : sa couleur azurée et son talent de bâtisseur.

Les 29 espèces de sittelles

  • Sittelle torchepot (Sitta europaea)
  • Sittelle corse (Sitta whiteheadi)
  • Sittelle de Krüper (Sitta krueperi)
  • Sittelle de Neumayer (Sitta neumayer)
  • Sittelle des rochers (Sitta tephronota)
  • Sittelle kabyle (Sitta ledanti)
  • Sittelle à poitrine blanche (Sitta carolinensis)
  • Sittelle à poitrine rousse (Sitta canadensis)
  • Sittelle à tête brune (Sitta pusilla)
  • Sittelle pygmée (Sitta pygmaea)
  • Sittelle de Naga (Sitta nagaensis)
  • Sittelle du Cachemire (Sitta cashmirensis)
  • Sittelle de châtaigne (Sitta castanea)
  • Sittelle de l’Himalaya (Sitta himalayensis)
  • Sittelle du Yunnan (Sitta yunnanensis)
  • Sittelle à joues blanches (Sitta leucopsis)
  • Sittelle du Vietnam (Sitta langbiangis)
  • Sittelle à ventre marron (Sitta cinnamoventris)
  • Sittelle du Myanmar (Sitta neglecta)
  • Sittelle à sourcils blancs (Sitta victoriae)
  • Sittelle veloutée (Sitta frontalis)
  • Sittelle à bec jaune (Sitta solangiae)
  • Sittelle soufrée (Sitta oenochlamys)
  • Sittelle bleue (Sitta azurea)
  • Sittelle superbe (Sitta formosa)
  • Sittelle géante (Sitta magna)
  • Sittelle de Przewalski (Sitta przewalskii)
  • Sittelle de Lilith (Sitta levantina)
  • Sittelle du Victoria (Sitta victoriae)

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