- Règne : Animalia
- Classe : Insecta
- Ordre : Lepidoptera
- Famille : Pterophoridae
- Sous- famille : Pterophorinae
- Genre : Pterophorus
Présentation
Le Ptérophore blanc appartient à la famille des Pterophoridae, un groupe de lépidoptères traditionnellement classé parmi les microlépidoptères. Cette vaste catégorie réunit de petits papillons tels que les Pyrales, les Hyponomeutes ou encore les Tordeuses. La famille des ptérophores compte environ 1 300 espèces dans le monde, dont plus de 140 sont recensées en France. Parmi les représentants observés sur le territoire figurent le Ptérophore du liseron (Agdistis bennetii), le Ptérophore de la gentiane (Platyptilia tesseradactyla), le Ptérophore du tussilage (Oxyptilus pilosellae), le Ptérophore de la scabieuse (Stenoptilia pneumonanthes) ou encore le Ptérophore commun (Emmelina monodactyla).

La principale caractéristique de cette famille réside dans la structure plumeuse des ailes, divisées en plusieurs lobes étroits et bordées de longues franges soyeuses. Chez la majorité des espèces, les ailes antérieures comportent deux lobes et les ailes postérieures trois. Cette morphologie facilite le camouflage lorsque les papillons demeurent immobiles sur la végétation.
Le Ptérophore blanc appartient au genre Pterophorus, qui regroupe des espèces à la voilure généralement claire et dont les chenilles se développent souvent sur des plantes de la famille des Convolvulaceae, notamment les liserons. Le genre se distingue aussi par une posture de repos singulière : les ailes restent étalées à l’horizontale, à angle droit du corps, ce qui dessine la forme caractéristique de la lettre T. Les longues pattes postérieures, munies de grands éperons, renforcent encore la silhouette fine et atypique de ces papillons.
Description
Comme son nom l’indique, le papillon est entièrement blanc à l’exception de ses yeux qui ont une teinte vert pâle à verdâtre. Le corps présente un aspect satiné très fin qui renforce cette blancheur immaculée. Les ailes antérieures sont composées de deux lobes alors que les postérieures en comptent trois. Toutes sont longuement frangées, ce qui lui a valu le surnom du petit ange de nuit ou du porte-plume. Lorsqu’il est au repos, il garde les ailes étendues, ce qui lui donne la forme de la lettre T. On peut remarquer sur le bord avant des ailes de petits points plus sombres qui sont en réalité des écailles disposées le long des nervures. Le ptérophore blanc est doté de longues antennes filiformes et de longues pattes également blanches qui ajoutent à l’étrangeté de l’ensemble.
Ces dernières sont pourvues chacune de deux paires de longues épines qui sont plus impressionnantes que dangereuses.


Le papillon est si original que de nombreuses personnes ne se doutent pas qu’il s’agit d’un lépidoptère et imaginent qu’il s’agit d’un cousin ou d’un insecte inconnu.
L’espèce est bivoltine et on peut voir voler les papillons de mai à septembre. Bien qu’il soit un papillon dit de nuit, on le rencontre en fin de journée où il reste immobile sur le feuillage des plantes. Notre approche le fait souvent s’envoler, puis se reposer quelques mètres plus loin. Si l’on insiste, il se dissimule au milieu de la végétation et s’installe de préférence sur la face cachée des feuilles. La nuit, il est fortement attiré par les lumières.
Alimentation
En plus du nectar, cet insecte consomme le miellat, un liquide sucré rejeté par certains pucerons sur la surface des feuilles. Il profite également de l’humidité matinale ou nocturne pour s’abreuver des gouttes de rosée ou du jus de fruits mûrs tombés au sol. Ces apports hydriques et glucidiques lui fournissent l’énergie indispensable pour assurer ses vols crépusculaires, ses parades nuptiales et la recherche des plantes hôtes pour la ponte.
Plantes hôtes
Principalement sur les plantes de la famille du liseron comme on peut le voir sur la photo. Notamment le liseron des champs (Convolvulus arvensis) le liseron des haies (Calystegia sepium) ou le Liseron de Biscaye (Convolvulus cantabrica).
L’abondance de ces liserons sauvages dans l’environnement assure une ressource nourricière continue et détermine l’installation de l’insecte.
Cycle de vie
Parade nuptiale et accouplement
La parade nuptiale et l’accouplement se déroulent à la tombée de la nuit. Les adultes utilisent des signaux chimiques, notamment des phéromones émises par la femelle, pour se localiser au sein de la végétation dense. Une fois le rapprochement effectué, les partenaires s’unissent l’un à l’autre par l’extrémité de leur abdomen. Cet accouplement peut durer plusieurs heures et permet le transfert du spermatophore, une poche qui contient les spermatozoïdes nécessaires à la fécondation des futurs œufs.
Oeufs et chenilles
La femelle pond ses œufs isolément ou par petits paquets sur les feuilles du liseron. Elle les dépose de préférence sur la face inférieure des feuilles ou sur les boutons floraux. Les œufs sont minuscules et de forme ovale. Ils ont une coloration vert clair qui leur permet de se fondre totalement dans la végétation. La membrane qui protège la future larve est percée d’un petit orifice qui permet la respiration.
Une fois écloses, les chenilles traversent cinq stades de croissance successifs. Elles sont vert clair et peuvent atteindre 13 mm de long. Elles sont recouvertes de longs poils blancs et ont quelques soies plus foncées sur le dessus.

Elles sont aussi traversées sur le dessus par deux bandes blanches ponctuées de taches jaunes. Certaines chenilles se développent plus rapidement que d’autres, et les adultes qui en naissent forment en août la deuxième génération. Les autres chenilles hivernent et se nymphosent au début du printemps suivant.
Des découvertes récentes* ont montré que l’on pouvait connaître le sexe des papillons à venir en observant les couleurs des chenilles au 5e et dernier stade. Selon cette étude, les mâles ont des marques jaunes qui sont absentes chez les femelles.
Distribution
Le Ptérophore blanc occupe une vaste zone géographique qui couvre la majeure partie de l’Europe et de l’Asie tempérée. Il est très commun partout en France, ainsi que dans les pays voisins comme la Belgique, la Suisse, l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne et le Royaume-Uni. Sa présence est également constatée en Suède et en Norvège, bien qu’il demeure absent de l’extrême Nord de la Scandinavie. Elle s’étend vers l’est à travers toute la Russie.

Carte GBIF de la présence Ptérophore blanc dans le monde
Taxonomie
Le Ptérophore blanc a été décrit et nommé par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1758 sous le nom initial de Alucita pentadactyla.
Le nom de genre Pterophorus a été créé en 1762 par l’entomologiste français Étienne-François Geoffroy.
La famille des Pterophoridae a été proposée en 1802 par l’entomologiste français Pierre-André Latreille.
Étymologie
Le nom de genre « Pterophorus » est composé des mots grecs « Ptero » aile ou plume et de « phoreo » porter .
L’épithète « pentadactyla », elle , est composée des mots grecs « pente » cinq et « dactulos » , doigts . Elle fait référence au nombre de lobes qui divisent les ailes du papillon et qui peuvent faire à l’architecture d’une main .
Certains disent avec un brin d’ironie que Linné avait utilisé le nom dactyla ou dactylus pour nommer plus de 29 espèces et que le Pterophorus pentadactyla est la seule espèce sur laquelle Linné ne s’était pas trompé en comptant le nombre de lobes .
Le Pterophorus pentadactyla est aussi appelé ptérophore blanc, ptérophore pentadactyle, pentadactyle ou encore petit ange, car ses ailes blanches évoquent celles des angelots. Ces appellations mettent en avant la particularité morphologique de ses ailes, qui évoquent la blancheur d’une plume ou la structure articulée d’une main.
Noms vernaculaires
Le ptérophore blanc a aussi été appelé le pentadactyle, le ptérophore pentadactyle mais aussi le petit ange car ses ailes blanches font penser à celles des angelots.
Les noms à l’étranger
En anglais, il est désigné sous le nom de white plume moth, ce qui insiste sur son aspect aérien et sa ressemblance avec une plume d’oiseau au repos. En Allemagne, l’espèce est nommée Federgeistchen, un terme construit à partir de Feder, plume et de Geistchen qui signifie petit fantôme. Les Néerlandais utilisent l’appellation sneeuwwitte vedermot, littéralement papillon à plumes blanc comme neige. En Pologne, les observateurs le nomment Piórolotek, le papillon à cinq plumes. Au Vietnam, il est appelé bướm đêm lông chim trắng, le papillon à plumes blanches. En Suède, c’est fjädermott et au Danemark fjermøl, deux termes signifiant papillon-plume. En italien, il est le plus souvent désigné sous son nom scientifique, tandis qu’en espagnol, les naturalistes le nomment polilla de pluma blanca. Ces noms vernaculaires illustrent la manière dont les observateurs ont cherché à traduire visuellement la singularité du papillon.
*Blog Zoom nature : le papillon porteplumes
