- Règne : Animalia
- Embranchement : Chordata
- Classe: Aves
- Famille : Sturnidae
- Ordre :Passeriformes
- Genre : Sturnus
L’Étourneau sansonnet est une espèce de passereau du genre Sturnus et de la famille des Sturnidés. Cette famille est composée de 33 genres et de 123 espèces. Les Sturnidés sont des oiseaux trapus de taille moyenne avec un bec pointu et une queue courte. Ils vivent souvent en groupe et sont particulièrement intelligents. Ce sont des oiseaux cavernicoles capables de s’adapter à de nombreux habitats. Le dimorphisme est peu marqué.
Trois espèces vivent en Europe : l’Étourneau sansonnet (Sturnus vulgaris) en France, l’Étourneau unicolore (Sturnus unicolor) en Espagne et l’Étourneau roselin (Pastor roseus) dans les steppes de l’Europe de l’Est.
Description
L’Étourneau sansonnet est facilement reconnaissable avec son long bec pointu de couleur crème et sa robe bleu foncé tachetée de touches blanches. De loin elle peut sembler noire, mais qu’une belle lumière survienne et son plumage nous apparait dans toute sa splendeur. On comprend alors pourquoi on lui a donné ce nom « Etourneau » qui descend du latin « sturnus » qui vient lui-même de la racine indo-européenne « stor » qui signifie « étoile ».

Car c’est bien une pluie d’étoile filante qui apparait sur le ciel de son plumage. Un ciel qui va du bleu le plus profond au bleu azur en passant par des teintes vert lagon. Le plumage atteint l’apogée de sa beauté lorsque le mâle revêt son plumage nuptial à la belle saison .
L’Étourneau sansonnet est un peu plus petit que le merle avec lequel il est parfois confondu. Cependant, l’étourneau possède un long bec pointu alors que le merle a un bec plus court et arrondi. À l’âge adulte, un étourneau pèse environ 80 grammes, mesure 22 centimètres de long et possède une envergure de 35 à 39 cm. Dans la nature, où les dangers sont grands, ils vivent entre 5 et 7 ans, bien que certains spécimens aient atteint l’âge de 19 ans. Quand il crie ou chante, on dit que l’étourneau pisote, pissote ou fécrotte.
Vie sociale
L’Étourneau sansonnet est un oiseau social qui vit en groupe. De taille variable, chaque groupe peut aller de quelques dizaines d’individus à plusieurs milliers. On a même décrit des groupes comptant jusqu’à plusieurs millions d’individus. Seule exception : la période de reproduction où ils vivent plutôt en couple. Le reste du temps, il vit avec ses semblables et vient dormir le soir dans ce que l’on appelle des dortoirs.
La plupart des critiques faites à cette espèce viennent de cette habitude : tout ce qui se trouve dessous finit recouvert par leurs excréments. Certains demandent alors, dans un élan de rage, qu’on extermine cette espèce qui a sali leur véhicule. D’autres, plus tolérants, choisissent simplement de se garer ailleurs. On ne va tout de même pas demander aux oiseaux d’utiliser des toilettes !
Les étourneaux possèdent des dortoirs de nuit, mais aussi des dortoirs de jour où ils passent de longs moments. Ce peut être des poteaux métalliques, des fils électriques, sur lesquels ils se posent serrés les uns contre les autres, ou d’autres arbres qu’ils occupent en groupe lorsqu’ils ne sont pas en quête de nourriture .


Ci dessus étourneau mâle en plumage nuptial reconnaissable à la base de son bec bleuté.
Alimentation
Les étourneaux sansonnets sont une espèce omnivore qui est principale insectivore et frugivore. On les voit souvent accompagner les vaches et profiter des petits insectes que le déplacement du troupeau fait sortir du bois. On peut également les apercevoir au printemps dans les cerisiers, ou, en automne, plongeant sur les vignes pour picorer les raisins. Ils aiment également les escargots, les vers de terre et les araignées. Pour nourrir les juvéniles, les parents choisissent les parties les plus tendres des insectes.
Nidifications
L’étourneau sansonnet est une espèce cavernicole. Il peut utiliser les trous dans les arbres faits par les pics ou, comme ici, se servir des anfractuosités dans les murs. Le nid est construit par le mâle entre mars et début avril, à base d’herbes sèches, de fibres végétales ou animales et de mousse.



En général, il se trouve à 2 ou 3 mètres de hauteur, mais il peut aussi être bien plus haut comme on peut le voir sur la photo. La femelle y pond 4 à 6 œufs de couleur bleu clair puis les couve pendant 10 à 12 jours avant l’éclosion. Les juvéniles sont nourris par les parents pendant une quinzaine de jours avant de quitter définitivement le nid.
Dimorphisme
Le dimorphisme est léger mais présent. Les femelles sont plus ternes, mais la différence se fait surtout à la période nuptiale : la base du bec devient bleutée chez le mâle et rosâtre chez la femelle. Le plumage des juvéniles est gris-brun.
Murmuration
le plus étonnant et le plus spectaculaire chez les étourneaux reste les vols groupés que l’on peut voir au début de l’automne et que l’on nomme des « murmurations ».
Le nom vient du doux bruit des ailes produit par les oiseaux lorsqu’ils virevoltent en groupe.
En français, on dira plutôt « nuée », mais le mot anglais murmuration est si poétique qu’il est difficile de ne pas l’employer. Les scientifiques, eux, parlent d’agrégations d’animaux grégaires.* .
Plusieurs explications ont été données de ce phénomène qui garde une part de mystère , mais il semblerait que la plus plausible soit le renforcement des relations sociales. Les oiseaux volent ensemble et font exactement les mêmes mouvements pour affirmer leur désir de faire partie du groupe et montrer, par là même, leur obéissance.
Chez les humains on retrouve ce même phénomène d’agrégation dans la marche au pas des militaires, dans les grands rassemblements religieux mais aussi dans les stades de foot ou les boites de nuit.
On le retrouve également dans les grands concerts de rock où les fans dansent , chantent ou crient ensemble pour montrer leur adhésion (leur soumission) aux règles du groupe qu’ils ont choisi .

Un oiseau qui ne tournoierait pas avec les autres aurait certainement des problèmes avec la collectivité comme en aurait un jeune qui refuserait d’avoir les mêmes comportements que ceux qui l’entourent.
L’agrégation est selon les termes plus scientifiques « un premier pas vers des niveaux de sociabilité supérieurs qui poussent les individus à se regrouper par attraction réciproque. »
Une autre particularité de l’agrégation est qu’elle est un rapprochement de l’ensemble des membres du groupe et non du rapprochement de certains avec d’autres . Pour le dire clairement, l’objectif ici n’est pas de se faire des amis proches , mais de vivre et de tester la cohésion de l’ensemble du groupe.
Une autre hypothèse est que la murmuration protégerait les étourneaux des prédateurs. Même si les rassemblements peuvent dissuader ou faire fuir les prédateurs, je ne pense pas qu’ils soient organisés pour cela. Il y a une telle notion de partage, d’harmonie et de « plaisir » dans ces magnifiques ballets que je ne peux pas imaginer qu’ils soient uniquement générés par un sentiment d’inquiétude ou la recherche d’une protection.

passent en rase motte devant la fenêtre de ma cuisine
D’autres chercheurs pensent que ces nuées permettraient de créer des superorganismes capables d’échanger entre eux des informations et d’augmenter ainsi les chances de survie de chaque individu .
Selon ces chercheurs, chaque oiseau transmettrait aux autres ses connaissances par le biais du vol, et le groupe entier pourrait ainsi acquérir une foule d’informations qui seraient inaccessibles à un seul individu. Pour expliquer le mécanisme, ils donnent l’exemple d’un oiseau qui, en tournoyant, apercevrait un groupe d’arbres capable de servir de dortoir. L’information circulerait alors d’oiseau en oiseau jusqu’à ce que l’ensemble du groupe soit au courant, valide l’idée et vienne se poser sur les arbres afin d’y passer la nuit.

Une autre équipe de l’université de Rome a, de son côté, étudié la structure du vol des étourneaux. Pour cela, ils ont filmé les murmurations en 3D et ont démontré que les nuées d’oiseaux forment des sortes de nappes qui se plient et se replient sur elles-mêmes, comme une feuille de papier pourrait le faire.
Mutualisme
L’étourneau entretient des interactions gagnant-gagnant avec un certain nombre d’espèces. On peut les voir régulièrement à côté ou sur le dos des bœufs et des vaches, mais on peut aussi les apercevoir sur le dos des cerfs ou d’autres ruminants. Selon le principe du mutualisme, ils profitent de la présence des animaux qui font sortir des herbes les insectes dont ils se nourrissent et, en retour, ils débarrassent ces derniers de nombreux parasites en montant sur leur dos.
Migrations
Les Étourneaux sansonnets se reproduisent de l’Islande à la Norvège et du nord de la Scandinavie jusqu’à l’Ukraine, la Pologne ou l’Allemagne. Plus au sud, on les trouve également en Angleterre, où ils sont très nombreux, en France, en Italie et, dans une moindre mesure, en Espagne et jusqu’aux pays du Maghreb (Maroc, Tunisie, Algérie).
Falsterbo, en Suède, plus de 110 000 étourneaux sont dénombrés chaque automne, partant vers le sud avec des pointes à 200 000 oiseaux.
Les étourneaux sont des migrateurs partiels. Seuls les étourneaux qui vivent très au nord redescendent vers des climats plus doux. Ceux qui vivent plus au sud sont *sédentaires et ne migrent pas, ou alors sur de très courtes distances. La plupart d’entre eux restent à l’année sur le même territoire.
Distribution
Originaire de la zone Eurasie, l’Étourneau sansonnet s’est aujourd’hui répandu sur tous les continents. Il est devenu un oiseau très commun en Amérique du Nord, mais on le trouve aussi en Amérique du Sud, en Afrique du Sud, en Australie et jusqu’en Nouvelle-Zélande, sur les îles Fidji ou en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Son introduction dans ces pays a été faite pour des raisons de lutte biologique. Il s’agissait en effet de faire venir les étourneaux pour combattre les insectes ou les chenilles qui faisaient des dégâts sur les cultures ou les arbres.
L’étourneau imitateur
On ne le sait pas toujours, mais l’étourneau est un grand imitateur qui n’a rien à envier aux perroquets. Il est capable d’imiter les chants d’oiseaux (buse, hulotte, loriot) à la perfection, mais il est également capable de reproduire des voix humaines ou de jouer des airs de Mozart et de Bach. On raconte qu’en Irlande, l’un d’eux avait sonné la fin d’un match de foot en imitant le sifflet de l’arbitre. Plusieurs personnes ont également expliqué qu’elles ont cru recevoir un appel alors qu’il s’agissait juste d’un étourneau isolé qui avait mémorisé la sonnerie de leur smartphone et qui s’amusait à la faire retentir.
Taxonomie
L’espèce a été décrite et nommée Sturnus vulgaris en 1758 par le naturaliste suédois Carl von Linné. Linné est aussi le créateur du genre Sturnus. La famille des Sturnidae a été proposée par l’archéologue et naturaliste Constantin-Samuel Rafinesque. L’Étourneau sansonnet est la seule espèce de Sturnidés à vivre sur le territoire français, mais le mot « étourneau » est porté par un grand nombre d’oiseaux de la famille des Sturnidae comme :
- ’Étourneau soyeux – Spodiopsar sericeus
- L’Étourneau à joues marron – Agropsar philippensis
- L’Étourneau des pagodes – Sturnia pagodarum
- L’Étourneau pie – Gracupica contra
- L’Étourneau à tête grise – Sturnia malabarica
- L’Étourneau mandarin – Sturnia sinensis
- L’Étourneau de Malabar – Sturnia blythii
- L’Étourneau à tête blanche – Sturnia erythropygia
- L’Étourneau de Ceylan – Sturnomis albofrontatus
- L’Étourneau unicolore – Sturnus unicolor Etc.
Étymologie
Le terme sturnidés vient du latin sturnellus et du latin sturnus qui veut dire étourneau. Si l’on remonte encore dans le temps, il pourrait descendre de la racine indo-européenne « stor » qui désigne une étoile. On pense que le mot a pu être choisi en rapport avec son magnifique plumage aux reflets violets qui est parsemé de taches blanches pouvant faire penser aux étoiles. On retrouve d’ailleurs la racine « stor » dans le mot « starling », qui est le nom de l’étourneau dans les pays anglophones.
Certains pensent que « sansonnet » est un dérivé de « sassonet » (crible) et que le mot lui a été attribué en raison des nombreuses taches blanches qui parsèment son plumage. Buffon, lui, avait avancé l’idée que le mot était une déformation de « chansonnet » et qu’il mettait en avant le côté parfois très bavard et bruyant des étourneaux. Les Espagnols lui ont donné un beau nom, « l’estornino pinto » ou « l’étourneau peint », qui évoque là encore les touches blanches pouvant faire penser à des petits coups de pinceau.
Expression
L’expression « parler comme un étourneau », qui désigne celui qui parle à tort et à travers, ne viendrait pas de l’inintelligence de l’étourneau (très intelligent), mais des étourneaux qui étaient dressés pour parler et qui, on l’imagine bien, ne tenaient pas un discours très rationnel. On peut aussi penser qu’elle vient de la capacité qu’a l’étourneau d’imiter le chant d’autres oiseaux qu’il intègre parfois à ses propres chants.
Roupie de sansonnet : On emploie cette expression pour désigner quelque chose qui a peu de valeur ou qui est de mauvaise qualité. Bien qu’on pourrait le croire, elle n’a rien à voir avec l’oiseau. À l’origine, la roupie est la morve qui sort du nez et qui pendouille dessous. Le mot descend du latin « ruppi », qui vient lui-même d’un mot grec qui signifie « crasse, saleté, substance gluante ou poix ». « Sansonnet » serait juste une déformation de « sous son nez ». Le mot étourneau s’emploie aussi de manière péjorative pour désigner une personne étourdie. Mais là encore, l’oiseau n’y est pour rien et il s’agit juste d’un rapprochement avec le mot « étourdi ».
Au jardin des oiseaux
Au Jardin des Oiseaux, l’étourneau s’appelle « Bruno ». Un petit hommage lui a été rendu dans le tome 2 de la bande dessinée « Les oiseaux en bande dessinée », paru en 2021 aux éditions Bamboo. J’y suis représenté, en bas de la page 19, avec mes appareils photo et je dis « Salut Bruno ! » à l’étourneau.

La raison de ma présence dans ce livre ? : c’est très simple . le scénariste , Jean Luc Garrera, suivait ma page consacrée aux oiseaux sur Facebook et appréciait mes photos et les textes que je postais . Il m’a expliqué que ma page l’avait accompagné lors de l’écriture des scénarios du tome 1 et pour marquer le coup, il a glissé ce petit clin d’œil sympathique dans le tome 2. »
*Omnivore
Se dit des animaux qui ont des alimentations variées et qui peuvent se nourrir de chairs , d’herbes, de graines ou de fruits.
*Sédentaire
Qui se déroule dans un même lieu . une personne sédentaire est une personne qui vit toujours au même endroit
