Étymologie Hespérie de l’Alcée

Carcharodus alceae

Noms scientifiques

Le nom de genre Carcharodus vient du grec karkharodous, qui signifie « qui a des dents pointues ». Il fait référence aux franges en dents de scie qui bordent les ailes. Les recherches de Jean-Yves Cordier sur la zoonymie de ce papillon mettent en lumière les notes originales de Jakob Hübner lors de la création de ce genre en 1819.

Hespérie de l'Alcée (Carcharodus alceae)
Hespérie de l’Alcée (Carcharodus alceae)

L’entomologiste allemand avait classé ces insectes dans un groupe qu’il avait lui-même baptisé « Les Méfiants ». Ce choix associe le comportement farouche du papillon, prompt à fuir au moindre mouvement, à sa morphologie. Hübner précise que les bordures des ailes sont dentelées de manière assez acérée, comme une mâchoire qui montre les crocs pour se défendre. Le grand requin blanc partage cette même origine avec son nom scientifique Carcharodon carcharias.

L’épithète alceae fait référence à la plante nourricière de l’insecte. Dans son texte d’origine, Esper indique avoir découvert la chenille en abondance sur la Rose trémière (Alcea rosea). Il emprunta donc le nom de cette plante pour baptiser le papillon. La Rose trémière, introduite d’Orient au XIIᵉ siècle à l’époque des Croisades, a conduit certains auteurs à imaginer plus tard, à tort, un lien avec la Mauve alcée, une espèce sauvage locale.

Noms vernaculaires

Le nom « Hespérie » reprend celui de la famille des Hesperiidae. Il dérive du grec Hespéris, qui personnifie le couchant. On retrouve cette même idée dans les Hespérides, les nymphes du couchant. L’auteur a probablement voulu souligner que ces papillons sont particulièrement actifs en fin de journée.

Le nom populaire de « Grisette » a été créé en 1762 par Étienne-Louis Geoffroy. Il faisait alors référence à un drap gris de peu de valeur. À cette époque, ce papillon terne suscitait peu d’intérêt auprès du grand public, qui préférait les espèces aux couleurs éclatantes. Jean-Baptiste Godart transféra ce nom à notre espèce en 1821 pour évoquer la teinte marbrée de ses ailes.

Afin d’éviter les confusions avec d’autres espèces, Gérard Luquet créa en 1986 le nom d’« Hespérie de la Passe-Rose », d’après l’ancien nom de la Rose trémière. En 1997, il adopta finalement la désignation d’« Hespérie de l’Alcée », jugée plus appropriée. L’usage conserve également le nom d’« Hespérie de la Rose trémière ».

Les noms à l’étranger

Les noms attribués à l’Hespérie de l’Alcée dans les autres pays mettent principalement en avant sa plante hôte ou l’aspect dentelé de ses ailes.

Les Anglais la nomment « Mallow Skipper », que l’on peut traduire par « Hespérie de la mauve ».

Les Allemands utilisent « Malven-Dickkopffalter », le « Papillon à grosse tête de la mauve », tandis que les Néerlandais disent « Malvandoorntje », un nom qui associe la mauve à l’idée de petites dentelures.

En Europe du Sud, les Espagnols emploient officiellement « Piquitos castaña », qui évoque à la fois les petites pointes des ailes et leur couleur châtaigne, même si le nom « Malva » est également utilisé. Les Italiens la nomment « Marbrire de la malva », en référence au dessin marbré de ses ailes et à son lien avec la mauve.

Les Suédois l’appellent « Stockrosvisslare », le « Siffleur des roses trémières », tandis que les Polonais utilisent « Warcabnik ślazowiec », un nom qui associe un motif en damier à la mauve.

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