Callophrys rubi (Linnaeus, 1758)
Noms scientifiques
La Thècle de la ronce a été décrite par Carl von Linné en 1758 sous le nom Papilio rubi.
Le nom de genre Callophrys a été créé en 1820 par l’entomologiste suédois Gustaf Johan Billberg. Il provient de l’association de deux racines grecques. La première, kallos, signifie « beauté », tandis que la seconde, ophrys, désigne le « sourcil ». Cette appellation fait référence à la petite ligne d’écailles colorées située juste au-dessus des yeux du papillon, un détail qui a marqué les premiers entomologistes.

L’épithète rubi est une référence directe au latin Rubus, le genre des ronces. Choisi par Carl von Linné en 1758, ce nom souligne le lien établi à l’origine entre l’espèce et la ronce. Linné indique d’ailleurs dans sa description que l’espèce vit sur la ronce, « habitat in rubo aculeato ». Il ne traduit cependant pas une dépendance exclusive à cette plante, puisque les chenilles se développent également sur de nombreux autres végétaux, comme les genêts, les ajoncs, les bruyères, les myrtilliers, les nerpruns ou encore les cassissiers.
Noms vernaculaires
Le mot « Thècle » provient de l’ancien nom de genre Thecla, lui-même repris du prénom grec Thekla. Ce prénom fait référence à sainte Thècle, vierge et martyre de la tradition chrétienne orientale. Selon Hans Arnold Hürter, l’origine et la signification exactes du prénom Thekla restent cependant incertaines.
Le nom « ronce » reprend simplement l’épithète rubi choisie par Linné. Bien que cette espèce soit capable d’utiliser de nombreuses plantes hôtes selon son habitat, cette appellation est restée la plus répandue.
La Thècle de la ronce est également connue sous le nom d’« Argus vert ». Le mot « Argus » fait référence au géant Argos de la mythologie grecque, célèbre pour ses cent yeux, un nom traditionnellement attribué à de nombreux Lycaenidae.
On rencontre aussi l’ancienne orthographe « Thécla de la ronce », plus fréquente au XIXᵉ siècle avant que l’usage ne fixe définitivement la forme actuelle.
Dans sa zoonymie, Jean-Yves Cordier rappelle que les premiers noms vernaculaires connus proviennent d’Angleterre. En 1702, James Petiver l’appelait The holly under green butterfly (« le papillon vert du houx »), puis The holly butterfly en 1717. Vers 1747, Benjamin Wilkes adopta le nom plus simple de The Green Butterfly (« le papillon vert »).
Il souligne également qu’avant de retenir le nom définitif Papilio rubi en 1758, Carl von Linné avait désigné cette espèce sous le nom d’Argus caecus en 1743, c’est-à-dire « Argus aveugle », en raison de l’absence d’ocelles sur le revers de ses ailes, contrairement à la plupart des autres Lycaenidae.
Les noms à l’étranger
Les noms attribués à cette espèce à l’étranger mettent surtout en avant sa couleur verte ou son lien avec la ronce.
Les Anglais la nomment « Green Hairstreak » (« Thècle verte »). Les Allemands utilisent « Grüner Zipfelfalter » (« Thècle verte ») ou « Brombeer-Zipfelfalter » (« Thècle de la ronce »). Les Néerlandais la nomment « Groentje » (« le petit vert »).
Les Espagnols l’appellent « Cejialba » (« Sourcil blanc ») et les Italiens « Tecla del rovo » (« Thècle de la ronce »).
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