Étymologie Zeuzère du poirier


Zeuzera pyrina (Linnaeus, 1761)

Noms scientifiques

La Zeuzère du poirier a été décrite par Carl von Linné en 1761 sous le nom Phalaena pyrina.

Le nom de genre Zeuzera a été créé par Pierre André Latreille en 1804. Son origine est longtemps restée discutée. De nombreux auteurs l’ont rattaché au grec zeugnymi (ζεύγνυμι), qui signifie « lier » ou « attacher ». Cette interprétation, proposée notamment par Louis Agassiz, est encore souvent reprise aujourd’hui.

Zeuzère du poirier (Zeuzera pyrina)
Zeuzère du poirier (Zeuzera pyrina)

Toutefois, A. Maitland Emmet, dans The Scientific Names of the British Lepidoptera, considère cette explication comme peu probable. Selon lui, Zeuzera résulterait d’une faute typographique. Latreille avait d’abord employé la forme Zenzères, puis Zeuzères. Le nom dériverait en réalité de l’italien zenzera ou zenzara, qui désigne un insecte piqueur, lui-même issu de zenzero (« gingembre »), en référence à la sensation de brûlure provoquée par sa piqûre. Emmet pense que Latreille a volontairement choisi ce nom pour évoquer les puissantes mandibules des chenilles xylophages, capables de creuser profondément le bois vivant. La graphie Zeuzera se serait ensuite imposée malgré cette probable erreur d’orthographe.

L’épithète pyrina vient du latin pyrus, qui signifie « poirier ». Elle fait référence à l’un des principaux arbres hôtes de la chenille. L’espèce se développe aussi sur de nombreuses autres essences, comme le pommier, le noyer, le frêne, le saule, le peuplier ou le marronnier.

Noms vernaculaires

Le nom « Zeuzère du poirier » reprend directement le nom scientifique. Le mot « zeuzère » est la francisation du nom de genre Zeuzera.

Le complément « du poirier » fait référence à l’un des arbres sur lesquels la chenille est le plus fréquemment observée.

Les entomologistes utilisent aussi les noms « Zeuzère du marronnier » et « Coquette ». Le premier rappelle une autre plante hôte courante de la chenille.

L’origine du nom « Coquette » n’est pas connue. Il fait peut-être référence à l’élégance de ce papillon, dont le plumage blanc ponctué de nombreuses taches bleu noir lui donne une allure particulièrement soignée. Aucune source ancienne ne permet toutefois de confirmer cette interprétation.

Les noms à l’étranger

À l’étranger, les noms populaires mettent le plus souvent en avant l’aspect très caractéristique du papillon ou les dégâts causés par sa chenille.

Les Anglais le nomment « Leopard Moth » (« papillon léopard »), en référence aux nombreuses taches bleu noir qui parsèment ses ailes blanches et rappellent le pelage du léopard.

Les Allemands l’appellent « Blausieb » (« tamis bleu ») ou « Apfelbohrer » (« foreur du pommier »). Le premier fait référence à l’aspect blanc criblé de taches bleu noir du papillon, tandis que le second rappelle les galeries creusées par la chenille dans les arbres fruitiers.

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