Robert le diable (Polygonia c-album)

  • Règne : Animalia
  • Classe : Insecta
  • Ordre : Lepidoptera
  • Famille : Nymphalidae
  • Sous-famille : Nymphalinae
  • Genre : Polygonia

Présentation

Le Robert-le-Diable appartient à la vaste famille des Nymphalidae. Ce groupe se distingue par une particularité anatomique : la première paire de pattes est si réduite qu’elle ne participe plus à la marche. Alors que la plupart des papillons affichent des lignes régulières, cette espèce présente des ailes aux découpures profondes et irrégulières ; cette morphologie singulière en fait un expert du camouflage au sein de la végétation.

Il fait partie du genre Polygonia, dont les membres possèdent des capacités de dissimulation exceptionnelles. La caractéristique majeure de ce genre réside dans le revers des ailes qui imite parfaitement une feuille morte. Cette illusion visuelle reproduit les nervures et les teintes brunes des végétaux secs. Elle permet à l’insecte de passer inaperçu lorsqu’il est au repos. Sur le plan géographique, ce genre présente une particularité notable : le Robert-le-Diable est l’unique représentant de sa lignée en France comme dans le reste de l’Europe.

Robert le diable (Polygonia c-album)
Robert le diable (Polygonia c-album)

À l’étranger, et particulièrement sur le continent américain, le genre se diversifie avec plusieurs espèces aux adaptations variées. On peut citer la Vanesse du Canada (Polygonia faunus), dont le revers très sombre imite finement l’écorce des conifères. Le Polygone satyre (Polygonia satyrus), présent dans l’Ouest américain, partage avec notre espèce européenne un point commun biologique : ses chenilles se développent principalement sur les orties. Enfin, le Polygone gracile (Polygonia gracilis) s’est adapté aux milieux froids et montagneux avec un revers d’ailes grisâtre lui permettant de se confondre avec les rochers licheneux.

Le genre est également reconnaissable à la petite virgule blanche, d’aspect nacré, située au centre de la face inférieure. Cette signature visuelle, qui contraste avec le reste du corps sombre, est commune à presque toutes les espèces de ce groupe à travers le monde.

Description

Le Robert-le-Diable est un papillon de taille modeste, affichant une envergure comprise entre 45 et 50 millimètres. Il se reconnaît au premier coup d’œil à sa silhouette tourmentée et à son vol nerveux, souvent saccadé, qui le fait paraître plus insaisissable que d’autres vanesses.

Le dessus de ses ailes présente une teinte fauve orangé. Il est parsemé de taches brunes et noires aux contours bien définis. Les ailes sont encadrées par une bordure sombre qui souligne leur découpage atypique. Ce graphisme contrasté joue un rôle crucial lors des parades territoriales. Les mâles, particulièrement combatifs, utilisent ces éclats colorés pour signaler leur présence. Ils chassent ainsi les intrus de leur périmètre. Le corps est robuste et possède une pilosité rousse qui lui confère une allure sauvage. Les ailes possèdent également de nombreuses soies sur leurs bords. Elles forment une fine frange le long des découpures. Ce revêtement pileux accentue l’aspect irrégulier de la silhouette. Il brise encore davantage le contour du papillon contre son support. Cette bordure de poils fins piège aussi une mince couche d’air. Elle améliore ainsi l’écoulement du flux sur la voilure lors des phases de vol.

Cette apparence change radicalement lorsque l’insecte replie ses ailes. Le revers dévoile alors des nuances de marron terreux, de gris et de noir. Il imite la texture d’un débris végétal. Loin d’être fortuite, cette coloration fait du Robert-le-Diable un prodige de l’homochromie. Contrairement à d’autres papillons comme le Moro-sphinx qui mise sur la vitesse, ce lépidoptère compte sur l’immobilité totale. Une fois posé sur un tronc ou au milieu de feuilles mortes, sa silhouette déchiquetée casse les lignes de son corps. Il devient alors virtuellement invisible pour les oiseaux.

Sa caractéristique la plus emblématique se situe au centre de l’aile postérieure : une petite tache d’un blanc pur, courbée en forme de crochet ou de « c ». Cette marque nacrée, à laquelle il doit son nom d’espèce c-album, semble presque artificielle sur son aile sombre. Ce détail, bien que discret, constitue un repère visuel indispensable pour distinguer l’espèce au repos.

Son corps est plutôt trapu. Les soies sont particulièrement denses sur le thorax, alors qu’elles se font plus discrètes sur l’abdomen. Celui-ci se termine en pointe. Les antennes sont fines et sombres. Elles s’épaississent vers l’extrémité pour former une massue bien visible. La pointe est souvent teintée d’une nuance plus claire. Ses yeux sont volumineux et occupent une place majeure sur les côtés de la tête. Ils présentent une teinte brun sombre, presque noire, qui capte la lumière. Leur structure offre au papillon une vision panoramique. Il détecte ainsi le moindre mouvement de ses prédateurs ou l’approche d’un concurrent. Cette acuité visuelle est un atout précieux pour ce lépidoptère qui vit dans les sous-bois, où les contrastes entre ombre et lumière sont fréquents.

Le dimorphisme sexuel est à peine visible chez cette espèce. Il repose surtout sur l’intensité de la couleur orange et sur la taille de l’insecte. La femelle possède une teinte un peu plus claire. Son envergure est également plus grande que celle du mâle. Son abdomen est plus large car il doit porter les œufs. Ce volume abdominal constitue souvent un critère fiable pour distinguer facilement les sexes chez un grand nombre d’espèces.

Dimorphisme saisonnier

Il existe en revanche un dimorphisme saisonnier assez net. Les papillons qui naissent des adultes après l’hivernage sont plus clairs. Ils se distinguent de leurs parents qui possèdent une teinte plus foncée. Cette génération apparaît à l’état adulte vers le mois de juin et porte le nom de génération « vernale ». Ses ailes sont claires et peu découpées. Il s’agit de la forme hutchinsoni.

Dessous des ailes des deux générations (f. hutchinsoni pris en juin et f.C-album en Octobre )
Dessous des ailes des deux générations (f. hutchinsoni pris en juin et f.C-album en Octobre )

Les papillons de la seconde génération, dite « estivale », sont les descendants de la génération vernale. Conçus au mois de juillet ou d’août, ils apparaissent à l’état adulte en fin d’été ou au début de l’automne. Ce sont eux qui passent l’hiver. Ils donnent ensuite la génération vernale au printemps suivant. Le dessous de leurs ailes est plus foncé avec des taches verdâtres. Le dessus l’est également et les découpures des ailes sont plus marquées. C’est la forme c-album.

Ce phénomène porte le nom de polyphénisme saisonnier. La science confirme que ce n’est pas seulement une question de génétique fixe. C’est une réaction directe de la chenille à la durée du jour, la photopériode, et à la température. Le déclencheur environnemental joue un rôle clé : si les chenilles bénéficient de jours longs, soit plus de seize heures de lumière, elles se développent rapidement pour donner la forme hutchinsoni. Cette forme claire se reproduit tout de suite. Si les jours raccourcissent, elles produisent la forme c-album. Cette forme foncée est programmée pour l’hivernage.

La nature n’est pas découpée en deux boîtes étanches et il existe une zone de « gris ». Les individus avec des caractères mélangés sont le résultat de conditions météo intermédiaires. Un printemps très chaud ou un automne très doux brouille les pistes hormonales du papillon. Ce classement en deux formes reste donc un peu étriqué. Il ne rend pas compte de la variabilité extraordinaire qui existe dans la nature. L’observation de nombreux individus sur vingt ans révèle ces exceptions. Certains papillons de juin présentent des ailes assez découpées avec un teint clair. À l’inverse, d’autres individus d’octobre conservent un teint clair et une forme peu découpée.

Alimentation

Le Robert-le-Diable butine les fleurs, mais il a une prédilection pour les suintements de sève ou les fruits bien mûrs. En cela, il ressemble au Petit Mars changeant. Il apprécie aussi les matières organiques en décomposition comme les excréments, les urines ou les cadavres. Il extrait de ces sources les nutriments nécessaires à son alimentation.

Ce comportement existe chez de nombreuses espèces d’insectes. Les Anglais le nomment le « Mud-puddling ». Cela signifie littéralement « la flaque de boue » ou le « pataugeage dans la boue ». Les matières en décomposition attirent souvent plusieurs papillons. Elles nous donnent l’occasion de voir des espèces comme le Petit Mars changeant qui ne butine pratiquement jamais les fleurs.

Les lépidoptères trouvent ces mêmes minéraux sur notre peau en été lorsque nous transpirons. Si un papillon vient se poser sur votre bras ou votre oreille, n’imaginez pas qu’il succombe à votre charisme irrésistible. Non ! Il vient juste boire votre transpiration. Ce comportement lui permet de récupérer des sels minéraux et des acides aminés essentiels qui sont absents du nectar des fleurs.

les papillons aime la transpiration
les papillons aime la transpiration

Les Lépidoptères trouvent ces mêmes minéraux sur notre peau en été lorsque nous transpirons . Si un papillon, un jour, vient se poser sur votre bras ou votre oreille,  n’imaginez pas qu’il a été attiré par votre charisme irrésistible .  Non ! il est juste venu boire votre transpiration.

Habitat

Le Robert-le-Diable fréquente des milieux variés, mais il possède une nette préférence pour les zones de lisières et les clairières ensoleillées. On le rencontre souvent le long des chemins forestiers ou à la lisière des bois de feuillus. Il affectionne particulièrement les endroits humides où poussent ses plantes hôtes, comme les orties ou les saules.

Ce papillon apprécie également les milieux transformés par l’activité humaine. Il s’installe volontiers dans les jardins sauvages, les parcs urbains et les vergers où les fruits tombent au sol. Les haies bocagères et les friches buissonnantes constituent pour lui des corridors de déplacement idéaux. Tant que l’endroit offre à la fois des zones d’ombre pour le repos et des espaces dégagés pour se chauffer au soleil, ce lépidoptère parvient à s’établir. On peut l’observer depuis les plaines jusqu’à une altitude de deux mille mètres environ dans les massifs montagneux.

Sa présence est souvent liée à la proximité de l’eau. Les berges des rivières ou les abords des fossés humides lui procurent la fraîcheur nécessaire lors des fortes chaleurs. C’est aussi dans ces zones qu’il trouve plus facilement les matières organiques et les sels minéraux indispensables à son métabolisme. Contrairement à certaines espèces très spécialisées, le Robert-le-Diable fait preuve d’une grande capacité d’adaptation, ce qui explique sa large répartition géographique.

Plantes hôtes

La femelle du Robert-le-Diable sélectionne avec soin les végétaux qui reçoivent ses œufs. Contrairement à certains papillons très sélectifs, ce lépidoptère possède un régime larvaire varié. Sa plante favorite reste l’ortie dioïque. On trouve aussi fréquemment les chenilles sur le houblon ou l’orme de montagne. Le noisetier ainsi que le framboisier figurent également parmi les choix possibles pour la ponte.

Ortie dioique (Urtica dioca)
Ortie dioique (Urtica dioca)
Houblon (Humulus lupulus)
Houblon (Humulus lupulus) Domaine public

Le papillon fréquente aussi des arbustes comme le groseillier épineux. Cette souplesse botanique permet à l’espèce de coloniser des milieux très différents, des forêts humides jusqu’aux jardins de campagne. Les chenilles vivent de manière isolée sur le revers des feuilles. Elles possèdent un camouflage qui imite une fiente d’oiseau. Ce déguisement les protège durant toute leur croissance. Elles consomment le limbe des feuilles mais laissent les nervures intactes. Une fois leur développement fini, elles s’attachent à une tige pour entamer leur métamorphose.

Parade nuptiale et accouplement

La reproduction débute par une parade nuptiale énergique. Le mâle, très territorial, choisit un poste d’observation sur une feuille ou un tronc ensoleillé. Il surveille son périmètre avec attention et prend son envol dès qu’un autre papillon approche. Si l’intrus est un rival, il le chasse avec vigueur. Si c’est une femelle, il entame une poursuite aérienne rapide. Ce vol nuptial permet au mâle de signaler ses intentions et de guider sa partenaire vers un endroit calme, souvent au cœur de la végétation dense.

Rapprochement nuptial entre deux Robert le diable
Rapprochement nuptial entre deux Robert le diable

Une fois que la parade s’achève, le couple se pose sur un support stable comme une feuille ou une branche basse. Les deux partenaires adoptent alors une position dite « opposée ». Ils se tournent le dos et restent unis par l’extrémité de leur abdomen. Cette disposition forme une ligne droite où les têtes pointent dans des directions contraires. Durant cette union qui dure plusieurs heures, les papillons ferment leurs ailes. Le camouflage du revers joue alors un rôle vital : le couple ressemble à un simple débris végétal, ce qui limite les risques face aux oiseaux. La durée de l’accouplement  permet au mâle de transmettre non seulement ses spermatozoïdes, mais aussi un « spermatophore ». Ce petit sac riche en nutriments renforce la femelle et favorise la future production des œufs. Une fois l’acte fini, les papillons se séparent définitivement.

Maturation et la stratégie de ponte

La ponte ne débute pas tout de suite après l’accouplement. La femelle a besoin d’un temps de repos et de maturation interne. Durant cette période, elle digère le spermatophore reçu du mâle pour en extraire les nutriments. Ces ressources énergétiques sont indispensables pour finaliser la fabrication des œufs dans son abdomen. Ce processus prend généralement quelques heures à une journée entière.

La ponte s’étale ensuite sur plusieurs jours, voire plusieurs semaines selon les conditions météo. La femelle ne dépose pas tous ses œufs au même endroit. Elle parcourt son territoire pour les disperser sur différents plants. Cette stratégie évite que la totalité de sa descendance ne périsse en cas de destruction d’une seule plante ou de l’attaque d’un prédateur.

Après cette étape, la femelle se met en quête de plantes hôtes. Elle explore les zones humides où poussent les orties ou les houblons. Elle dépose ses œufs de manière isolée sur le revers des feuilles ou sur les tiges. Ces derniers possèdent une couleur vert pâle qui les rend presque invisibles contre le support végétal. La ponte se déroule sur plusieurs jours. Cette stratégie répartit les chances de survie des futures chenilles sur différents plants. La survie de l’espèce dépend alors entièrement de la qualité du biotope et de l’abondance des plantes nourricières.

Eclosion et premier stade larvaire

Après une incubation de quelques jours, la chenille perce la paroi de son œuf avec ses mandibules. Ce moment précis signe le passage de l’état d’embryon à celui de larve active.

Dès sa sortie, la jeune chenille dévore sa propre coquille pour ne laisser aucune trace de son passage. Ce premier repas lui offre les forces nécessaires pour entamer sa croissance. Elle se déplace ensuite avec lenteur vers les zones les plus tendres du végétal. La vie du futur papillon repose alors sur sa capacité à s’alimenter sans relâche. Ce stade larvaire est une course contre le temps où chaque millimètre gagné assure la réussite de la future métamorphose.

Le mimétisme de la chenille

L’apparence de la chenille du Robert-le-Diable change radicalement au cours de sa croissance. À son dernier stade, elle adopte une stratégie de défense visuelle surprenante. Son corps présente une coloration bicolore très tranchée. La partie antérieure est d’un brun sombre et terne, tandis que la partie postérieure arbore une large tache blanche très lumineuse.

Lorsqu’elle se repose sur le revers d’une feuille, cette combinaison de couleurs lui donne l’aspect exact d’une fiente d’oiseau. Ce mimétisme dissuade les prédateurs, comme les oiseaux insectivores, qui ignorent totalement ce qu’ils prennent pour un simple déchet organique. En plus de ce camouflage chromatique, son corps se couvre de nombreuses épines ramifiées nommées scoli. Ces excroissances lui confèrent un aspect hirsute et peu appétissant.

Malgré cet aspect menaçant, la chenille est totalement inoffensive pour l’homme. Elle passe ses journées à dévorer le limbe des orties avec une grande efficacité. Elle se déplace peu et reste souvent immobile durant les heures les plus chaudes de la journée. Cette immobilité renforce l’illusion de son camouflage. Une fois que sa taille atteint son maximum, elle cesse de s’alimenter et part à la recherche d’un support pour entamer sa nymphose.

La chrysalide : une métamorphose sous abri

Une fois que la chenille achève sa croissance, elle s’immobilise et se fixe à une tige ou une feuille grâce à un petit coussin de soie. Elle entame alors sa nymphose pour devenir une chrysalide. Son apparence change totalement : elle prend la forme d’une feuille morte ou d’un débris végétal desséché. Sa couleur varie du brun terreux au gris beige, avec des taches nacrées qui imitent des gouttelettes de rosée ou des reflets de lumière.

Chrysalide du robert le diable ua jardin des oiseaux
Chrysalide du robert le diable ua jardin des oiseaux

Cette enveloppe rigide protège l’insecte durant la réorganisation complète de ses tissus. La chrysalide possède des contours anguleux et irréguliers qui brisent sa silhouette au milieu de la végétation. Elle reste suspendue la tête vers le bas. Ce stade dure environ deux semaines. À l’intérieur, les muscles, les ailes et la trompe du futur papillon se forment à partir des réserves accumulées par la chenille.

Distribution

Le Robert-le-Diable occupe une vaste zone géographique. On le rencontre dans la quasi-totalité de l’Europe, de l’Espagne jusqu’en Scandinavie. Sa présence s’étend vers l’est à travers l’Asie tempérée et atteint même le Japon. Ce papillon s’adapte à de nombreux climats, ce qui explique sa large distribution sur le continent eurasiatique. En Afrique du Nord, il reste localisé dans les zones montagneuses plus fraîches.

En France, ce lépidoptère est présent dans tous les départements, y compris en Corse. Il ne craint pas l’altitude et s’observe jusqu’à deux mille mètres dans les Alpes ou les Pyrénées. Sa répartition suit la présence de ses plantes hôtes et des zones boisées qu’il affectionne. Bien que ses populations soient stables, les changements climatiques influencent ses périodes d’apparition. On note une extension de son aire vers le nord de l’Europe depuis quelques décennies.

Carte GBIF de la présence du robert le diable dans le monde
Carte GBIF de la présence du robert le diable dans le monde https://www.gbif.org/fr/species/1898544

Ce papillon ne migre pas sur de longues distances comme le Vulcain. Il reste fidèle à son territoire tant que les ressources alimentaires abondent. Sa capacité à hiverner à l’état adulte lui permet de coloniser des régions où les hivers sont rudes. Il attend alors le retour du printemps, caché dans les anfractuosités des arbres ou sous des amas de feuilles mortes.

Il n’existe aucune preuve de l’établissement de colonies viables de Polygonia c-album sur le sol américain. Les quelques points isolés sur les cartes de données mondiales résultent souvent de saisies erronées ou d’importations accidentelles très localisées qui ne survivent pas. Ce lépidoptère reste un habitant emblématique de nos forêts d’Europe et d’Asie.

Vieux Robert le diable aux ailes abimées. Mais l'âge et ses ailes déchirés ne freinent pas ses ardeurs. 
L’injonction de la nature qui lui ordonne de perpétuer l’espèce est plus forte que tout et Il passe encore ses journées à courir, 
ou plutôt voler, après les femelles qui traversent son territoire .

Vieux Robert le diable aux ailes abimées. Mais l’âge et ses ailes déchirés ne freinent pas ses ardeurs.
L’injonction de la nature qui lui ordonne de perpétuer l’espèce est plus forte que tout et Il passe encore ses journées à courir,
ou plutôt voler, après les femelles qui traversent son territoire .

Légende

Le nom vernaculaire de ce papillon s’explique par son apparence physique. Le bord de ses ailes possède un profil très découpé qui évoque les représentations classiques du diable dans l’imagerie populaire. La légende raconte qu’une duchesse de Normandie, sans enfant, invoqua le diable pour obtenir un fils. De cet appel naquit Robert, un garçon au tempérament terrible qui commit de nombreuses exactions durant sa jeunesse. Ses nombreuses actions négatives font qu’il est appelé Robert-le-Diable.

Et le diable là , vous le voyez?
Et le diable là , vous le voyez?

Sa vie bascule le jour où sa mère lui révèle son origine diabolique. Ce secret agit comme un choc profond qui brise sa volonté de nuire. Touché par cette vérité, il change totalement de comportement. Il quitte sa terre natale, fait pénitence et prononce un vœu de silence absolu. À Rome, il refuse même d’épouser la fille de l’empereur pour rester fidèle à son vœu de pauvreté et finit ses jours comme ermite.

L’intérêt de l’histoire réside dans sa justesse psychologique. Elle montre, bien avant les découvertes de Freud sur l’inconscient, comment un secret emprisonne un être et comment sa révélation peut le libérer. Le papillon devient ainsi le symbole vivant de cette métamorphose intérieure.

Premier et dernier Robert le diable vu au jardin des oiseaux

5 juin 2022

Quelques autres photos du Robert le diable

1 réflexion sur “Robert le diable (Polygonia c-album)”

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