Onychogomphus forcipatus (Linnaeus, 1758)

  • Règne : Animalia
  • Classe : Insecta
  • Ordre : Odonata
  • Famille : Gomphidae
  • Sous-ordre : Anisoptera
  • Genre : Onychogomphus

Une belle libellule « tigrée » prise cette après-midi au jardin des oiseaux. Ici un mâle, reconnaissable à sa griffe anale en forme de pince à sucre qui sert à attraper la femelle par le cou lors de l’accouplement.

Vu la technique de séduction un peu brutale utilisée par les mâles, on pourrait se dire que le consentement des femelles est limité dans cette espèce. Mais il n’en est rien. Le mâle a fait le premier pas. Si la femelle ne fait pas le second en recourbant son abdomen pour placer ses parties génitales sur l’appareil copulatoire du mâle, il n’y aura pas d’accouplement.

C’est la première fois que je voyais cette espèce et j’ai eu peur qu’elle s’échappe en me voyant et qu’elle ne se laisse pas photographier. Mais cette libellule est une libellule « comme les autres » et il suffit de comprendre leur comportement pour faire de belles photos.

Car les libellules sont plutôt placides et peu farouches pour autant qu’on sache se faire discret. En général, elles s’éloignent lorsqu’on s’approche du piquet sur lequel elles sont posées (ici une haute tige d’iris). Mais si on s’immobilise et qu’on attend, elles reviennent très souvent se reposer sur le même support. Et c’est ce qui s’est passé. Après s’être déplacée de 5 ou 6 mètres à mon arrivée, elle est revenue se poser juste devant moi au bout de quelques minutes.

Les mâles aiment surveiller leur territoire du haut d’une branche ou d’un support en hauteur, mais ils ont aussi pour habitude de se poser au sol sur des galets ou des graviers et de dresser leur abdomen de façon à mettre en évidence, comme une invitation, leur appendice anal.

Cette libellule fait partie de l’ordre des odonates et de la famille des anisoptères.

Son abdomen est fait d’anneaux noirs et jaunes et son thorax est jaune rayé de noir . Ses yeux sont verts .

Comme je l’ai déjà écrit dans mon autre article consacré aux odonates, leur présence est un marqueur écologique. Les œufs de libellules se développent dans l’eau et sont les premiers à être impactées par la pollution. Si donc vous voyez des libellules, c’est que la rivière est propre. Si vous n’en voyez pas !….

Étymologie

Son nom scientifique « Onychogomphus forcipatus » lui a été donné en 1758 par Linné. Son nom commun ou nom vernaculaire est Onychogomphe à pinces, Gomphe à pinces.

« Onycho » vient du mot grec « onyx » qui signifie « griffe » ou « pinces ». Il lui a été donné en rapport avec la griffe en forme de pince à sucre de l’appendice anal du mâle qui sert à attraper la femelle par le cou lors de l’accouplement.

« Gophus » vient du grec « gomphos » qui désigne un clou , un coin ou une cheville .Il évoque l’abdomen en forme de massue du mâle .

Forcipatus lui vient du latin et veut dire muni de tenailles ou de pinces . Il insiste sur le fait que l’appendice du mâle ressemble a des forceps. Comme dans le cas de la mésange bleue (Cyanistes caeruleus) les deux noms répètent à peu près la même chose pour insister sur une particularité marquante.

Son nom vernaculaire de Gomphe à pinces est la simple traduction du nom scientifique. Cette libellule a eu à travers l’histoire d’autres surnoms comme « La Caroline », « La Demoiselle à taches d’un vert céladon », « Le Gomphus onguiculé » ou « Le Gomphus à tenaille ».

Au jardin des oiseaux, j’ai installé une « piste d’atterrissage pour odonates » qui se compose de plusieurs piquets plantés dans le sol. Je l’ai installé au milieu de l’endroit où les libellules aiment se poser. Car les libellules ont leurs endroits et mes observations m’ont fait remarquer que les mâles se posaient presque toujours sur le côté gauche du jardin. Peut-être le mieux placé pour leur surveillance ou le plus exposé au soleil ? Je ne sais pas vraiment, mais ce qui est certain c’est que le terrain d’aviation pour odonate fonctionne très bien et que les piquets sont souvent occupés.

25 juin 2022

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