- Règne : Animalia
- Classe : Insecta
- Ordre : Odonata
- Famille : Gomphidae
- Sous-ordre : Anisoptera
- Genre : Onychogomphus
Présentation
Une belle libellule « tigrée » prise cette après-midi au jardin des oiseaux. Ici un mâle, reconnaissable à sa griffe anale en forme de pince à sucre qui sert à attraper la femelle par le cou lors de l’accouplement.

Vu la technique de séduction un peu brutale utilisée par les mâles, on pourrait se dire que le consentement des femelles est limité dans cette espèce. Mais il n’en est rien. Le mâle a fait le premier pas. Si la femelle ne fait pas le second en recourbant son abdomen pour placer ses parties génitales sur l’appareil copulatoire du mâle, il n’y aura pas d’accouplement.
C’est la première fois que je voyais cette espèce et j’ai eu peur qu’elle s’échappe en me voyant et qu’elle ne se laisse pas photographier. Mais cette libellule est une libellule « comme les autres » et il suffit de comprendre leur comportement pour faire de belles photos.
Car les libellules sont plutôt placides et peu farouches pour autant qu’on sache se faire discret. En général, elles s’éloignent lorsqu’on s’approche du piquet sur lequel elles sont posées (ici une haute tige d’iris). Mais si on s’immobilise et qu’on attend, elles reviennent très souvent se reposer sur le même support. Et c’est ce qui s’est passé. Après s’être déplacée de 5 ou 6 mètres à mon arrivée, elle est revenue se poser juste devant moi au bout de quelques minutes.

(Illustration jessica Joachim- https://jessica-joachim.com)
Les mâles aiment surveiller leur territoire du haut d’une branche ou d’un support en hauteur, mais ils ont aussi pour habitude de se poser au sol sur des galets ou des graviers et de dresser leur abdomen de façon à mettre en évidence, comme une invitation, leur appendice anal.
Présentation
L’Onychogomphe à pinces est une libellule appartenant au Sous-ordre des anisoptères, c’est-à-dire les libellules au sens strict. Chez ce groupe, les deux paires d’ailes sont différentes et elles sont tenues ouvertes et à plat quand l’insecte se pose.
Elle se distingue des zygoptères, appelés demoiselles, qui ont des ailes identiques et qui les gardent le plus souvent repliées vers l’arrière, au-dessus de l’abdomen.
Elle fait partie de la famille des Gomphidae. Cette famille compte environ 1 000 espèces dans le monde, une quinzaine en Europe et 8 en France. Parmi les espèces les plus courantes en France, on trouve le Gomphe à pinces, le Gomphe à pattes jaunes, le Gomphe semblable, le Gomphe vulgaire et le Gomphe à crochets.
Un critère simple permet d’identifier ce groupe : chez ces libellules, les yeux ne se touchent pas sur le dessus de la tête, alors que chez la plupart des autres grandes libellules, ils se rejoignent.
L’Onychogomphe à pinces appartient aussi au genre Onychogomphus. Les larves vivent dans les rivières et les ruisseaux, souvent sur des fonds de sable ou de graviers. Chez les mâles, l’extrémité de l’abdomen porte des “pinces” très développées, dont la forme varie selon les espèces.
Description
L’onichogomphe à pince mesure entre 46 et 50 millimètres de long, pour une envergure qui varie de 55 à 65 millimètres. Son corps présente une coloration bicolore dominée par le jaune et le noir. Les yeux sont verts . Ils sont nettement séparés sur le dessus de la tête. Cette particularité constitue une signature anatomique de la famille.
Comme je l’ai déjà écrit dans mon autre article consacré aux odonates, leur présence est un marqueur écologique. Les œufs de libellules se développent dans l’eau et sont les premiers à être impactées par la pollution. Si donc vous voyez des libellules, c’est que la rivière est propre. Si vous n’en voyez pas !….


Taxonomie
L’Onychogomphe à pinces a été décrit et nommé par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1758 sous le nom initial de Libellula forcipata.
Le nom de genre Onychogomphus a été créé en 1854 par l’entomologiste belge Edmond de Selys Longchamps.
La famille des Gomphidae a été proposée en 1842 par l’entomologiste français Jules Pierre Rambur.
Étymologie
Le nom de genre Onychogomphus est composé de deux mots grecs : Onyx, qui signifie ongle ou griffe, et de gomphos, qui désigne un clou , une cheville ou un crochet.
L’ensemble peut être traduit par « crochet à griffes » ou « cheville munie de griffes ». Il fait référence aux appendices anaux du mâle, dont la forme rappelle celle d’une pince à sucre. Ceux-ci servent à saisir la femelle derrière la tête lors de l’accouplement. »


L’épithète spécifique forcipatus est formée du nom latin forceps, qui signifie « pince » ou « tenailles », et du suffixe -atus, qui veut dire « muni de » ou « pourvu de ». L’ensemble signifie donc « muni de pinces » ou « muni de tenailles ». Elle insiste, elle aussi, sur la forme des appendices du mâle. Comme dans le cas de la Mésange bleue (Cyanistes caeruleus), le nom de genre et le nom d’espèce expriment pratiquement la même idée afin de mettre en évidence une caractéristique particulièrement remarquable.
Le nom vernaculaire « Gomphe à pinces » est une traduction du nom scientifique. Cette libellule a également porté, au fil de l’histoire, plusieurs autres noms français, parmi lesquels « la Caroline », « la Demoiselle à taches d’un vert céladon », « le Gomphus onguiculé » et « le Gomphus à tenailles ».
Noms à l’étranger
Le Gomphe à pinces est désigné dans la plupart des langues européennes par des noms faisant référence à la forme de ses appendices anaux, qui évoquent une pince ou des tenailles.
On le retrouve ainsi sous les appellations suivantes :
- anglais : Small Pincertail
- allemand : Kleine Zangenlibelle
- espagnol : Gonfo de pinzas
- italien : Gonfo dalle tenaglie
- néerlandais : Kleine tanglibel
Dans toutes ces langues, le nom insiste sur la même caractéristique morphologique : les appendices terminaux du mâle, utilisés lors de l’accouplement et rappelant une pince.
La piste atterrissage pour Odonates
Au jardin des oiseaux, j’ai installé une « piste d’atterrissage pour odonates » qui se compose de plusieurs piquets plantés dans le sol. Je l’ai installé au milieu de l’endroit où les libellules aiment se poser. Car les libellules ont leurs endroits et mes observations m’ont fait remarquer que les mâles se posaient presque toujours sur le côté gauche du jardin. Peut-être le mieux placé pour leur surveillance ou le plus exposé au soleil ? Je ne sais pas vraiment, mais ce qui est certain c’est que le terrain d’aviation pour odonate fonctionne très bien et que les piquets sont souvent occupés.
25 juin 2022
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