Qu’est-ce que la mue ?
Au sens général, la mue désigne le moment où un animal renouvelle entièrement ou partiellement son enveloppe. Cela peut être pour changer de carapace, de pelage, de peau ou de plumes.
Cela peut être pour changer de carapace, de pelage, de peau ou de plumes . En général, la mue survient en raison de l’usure du « vêtement », mais il peut y avoir d’autres raisons . Chez le serpent ou la chenille, par exemple, il s’agit de fabriquer une nouvelle peau adaptée au corps qui a grandi et qui est à l’étroit dans l’ancienne . Chez les oiseaux c’est pour renouveler le plumage mais cela peut-être aussi pour revêtir un vêtement seyant en vue de la reproduction.

Un processus qui se déroule en deux étapes.
1. La première est la perte des plumes usées qui tombent au sol et que l’on peut retrouver lorsqu’on se promène dans la nature.
2. La deuxième étape est la repousse. On reconnait les « vieilles » plumes au fait qu’elles sont effilochées et n’ont plus le lustre des plumes neuves.
La mue est un phénomène complexe et coûteux en énergie qui fatigue les oiseaux, les fragilise et les rend plus sensibles aux maladies. Les passereaux ont plus d’un millier de plumes, mais un canard en possède 10 000 et un cygne jusqu’à 25 000. On peut imaginer l’énergie qu’il faut pour effectuer le remplacement de toutes ces plumes.
Pour cette raison, les oiseaux choisissent, pour la réaliser, des moments où leur activité ne demande pas une grosse dépense d’énergie. Par exemple, ils ne changent jamais leurs plumes pendant la migration ou la période de reproduction, qui nécessitent de leur part de gros efforts. D’autres font des mues progressives sur une longue durée pour étaler les efforts. D’autres encore préfèrent tout changer le plus rapidement possible, comme on se débarrasse d’une chose pénible à faire.
Techniquement, il y a mue lorsque les follicules plumeux sont activés et qu’une nouvelle plume vient pousser les anciennes jusqu’à les faire tomber.
Fonction de la mue
Le passage à l’âge adulte
Il y a de multiples raisons à la mue, mais la principale est de permettre à l’oiseau de passer du premier plumage de juvénile à son plumage d’adulte.
Chez les passereaux nidicoles les petits naissent pullus. Les ornithologues appellent ainsi les jeunes oiseaux tant qu’ils n’ont pas de plumes et qu’ils ne possèdent qu’un fin duvet. Le premier véritable plumage est celui qui suit le duvet . Ce premier plumage fait de lui un juvénile, mais celui-ci n’est pas encore le plumage adulte. On remarque à l’œil sa finesse et sa fragilité et il est très facile grâce de lui de connaitre l’âge de l’oiseau.



Une seconde mue intervient quelque temps après. L’oiseau a plus de force et il est maintenant capable de générer l’énergie nécessaire à l’élaboration d’un plumage plus solide qui lui permettra de passer le premier hiver. Lorsque les oiseaux ont acquis leur plumage adulte, ils effectuent au moins une mue annuelle complète. Les passereaux acquièrent ainsi un plumage très proche de l’adulte à la fin de la première année.
Chez les oiseaux de plus grande taille, cela peut être beaucoup plus long. Certains oiseaux devront attendre 6 ou 7 ans, comme c’est le cas pour les aigles ou les albatros, qui perfectionnent chaque année un peu plus leur plumage.
Identification et dimorphisme
Dans de nombreux cas, le plumage adulte permet l’identification des sexes (dimorphisme), alors que le plumage juvénile est beaucoup plus flou. On reconnaît immédiatement un moineau mâle adulte d’une femelle, alors qu’il est bien plus difficile de les distinguer en plumage juvénile.
La lutte contre l’usure
Une autre raison très importante est de lutter contre l’usure. Une plume arrivée au terme de sa croissance n’est plus irriguée et « meurt ». À partir de ce stade, elle subit l’érosion et commence à se dégrader. La mue intervient alors pour régénérer les plumes et remplacer celles qui sont abîmées et ne jouent plus leur rôle. Les plumes ont en effet plusieurs fonctions vitales :
- Isoler le corps contre les températures extérieures (chaud ou froid).
- Le protéger contre l’eau ou la pluie.
- Donner une bonne portance aux ailes.
- Rendre l’oiseau attirant en vue de la reproduction ou lui permettre de se dissimuler des prédateurs.
Parmi les premières causes d’usure, on trouve les frottements des plumes entre elles, mais aussi les frottements avec l’environnement (branches, écorces ou ronces). Les éléments naturels comme le soleil (les rayons UV dégradent la kératine et le pigment) ou le gel attaquent également les plumes. Une autre cause importante est constituée par les dommages causés par les prédateurs ou les combats entre espèces. On sait que les rouges-gorges sont très territoriaux et peuvent aller jusqu’à tuer un congénère s’aventurant sur leur territoire.

Un oiseau dont les plumes ne sont plus imperméables ou qui ne pourrait plus voler à cause de plumes déchirées serait en grand danger.
Durée et déclenchement
Durée de la mue
La durée est variable selon les oiseaux et selon s’ils changent complètement leurs plumes ou seulement une partie. Pour les mues complètes, la durée est plus courte chez les petits oiseaux. Chez la plupart des passereaux, elle varie entre 6 semaines et 3 mois. Pour les oiseaux plus gros, la mue peut durer de 2 à 6 mois.
Qu’est-ce qui déclenche la mue ?
En général, le départ de la mue est activé par les conditions climatiques ou la durée du jour. Elle peut également être déclenchée par des événements physiologiques comme l’activité hormonale. De nombreux mâles font une mue pour revêtir un plumage nuptial coloré afin de séduire les femelles. L’arrêt de l’activité hormonale en fin d’été déclenchera une nouvelle mue vers un plumage internuptial (hivernal), plus discret et plus chaud.
Le comportement social joue aussi un rôle : les oiseaux qui changent de partenaire chaque année font souvent des mues prénuptiales, contrairement à ceux qui vivent en couple toute leur vie.


Les stratégies ne sont pas uniquement génétiques : elles dépendent de l’environnement et de l’alimentation. Les oiseaux qui ne manquent pas de nourriture muent davantage que ceux qui souffrent de la faim.
Les différentes sortes de mues
Mues complètes et partielles
L’importance de la mue peut être plus ou moins grande . Certaines sont complètes et se déroulent d’un seul mouvement. D’autres sont partielles et peuvent être réalisées en plusieurs fois. La mue peut aussi concerner un très grand nombre de plumes ou très peu de plumes.
Certaines espèces peuvent même effectuer des mues puis cesser de le faire dans certaines circonstances.

Mues complètes
Les mues que l’on rencontre le plus souvent sont des mues complètes 1 fois par an . La plupart du temps l’oiseau l’effectue entre la fin de l’été et le début de l’hiver et renouvelle la totalité de ses plumes.
Quelques espèces assez rares effectuent deux mues complètes dans l’année.
De nombreuses espèces de grandes tailles effectuent aussi une mue complète, mais le nombre de plumes à changer et la lenteur de leur mue ne leur permet d’effectuer la mue en une année . Celle-ci se fait alors sur 14, 16 ou 18 mois .
Mues partielles
D’autres mues sont partielles et ne concernent qu’une partie plus ou moins étendue du plumage.
Ces mues concernent principalement les plumes de contour et plus rarement les rémiges ou les rectrices .

c’est le cas notamment de la mue prénuptiale qui est une mue partielle en vue de la reproduction . L’objectif ici est de se faire beau pour séduire et la mue ne concerne que des plumes de décor sans inclure les plumes de vol (rémiges) ou de queue (rectrices).
Terminologie Humphrey-Parkes
Les termes de mues prénuptiales ou mues postnuptiales sont aujourd’hui remis en cause par certains spécialistes qui considèrent que les choses sont plus complexes que cela . Pour un certain nombre d’espèces la 2 -ème mue est bien le plumage nuptial, mais ce n’est pas toujours le cas. Chez le canard, par exemple, le 2 -ème mue est le plumage d’éclipse.
Pour cette raison les ornithologues préfèrent parfois utiliser la terminologie Humptey- parkes qui porte le nom des auteurs qui l’ont proposé. Là, on y parle de :
· Mue basique
· Mue alternative
· Mue supplémentaire
· Mue formative
· Mue auxiliaire
Mues suspendues
Il ne s’agit pas d’une mue partielle, mais d’une mue qui est interrompue momentanément avant d’être poursuivie. C’est, par exemple, le cas des oiseaux qui entament leur mue sur leur site de nidification, la stoppent pour effectuer leur migration, puis la reprennent une fois arrivés sur leur site d’hivernage. La mue peut être suspendue pour d’autres raisons, notamment pour permettre à l’oiseau de préserver son énergie pour des tâches exigeantes comme le nourrissage des juvéniles ou la lutte contre des conditions climatiques extrêmes (grand froid ou forte chaleur).
Mues arrêtées
À l’inverse de la mue suspendue, la mue arrêtée ne reprendra pas. Elle survient lorsque les ressources alimentaires sont trop faibles ou que les conditions météorologiques sont trop dures. Elle peut aussi arriver quand l’oiseau est malade et qu’il n’a plus la force nécessaire pour mener à bien ce processus qui demande une énergie considérable. L’oiseau cesse alors sa mue et ne la reprend pas. La mue suivante n’interviendra qu’un an plus tard ; l’oiseau devra donc vivre entre-temps avec un plumage partiellement usé ou abîmé.
Vitesse de pousse des plumes
La vitesse de pousse des plumes est variable selon l’espèce et la grandeur de l’oiseau.
Bien que les données de ce type soient difficiles à obtenir, on estime que la vitesse de pousse d’une primaire ou d’une rectrice d’un passereau met entre 20 et 25 jours.
Pour les cygnes qui sont beaucoup plus grands, la pousse dure plus longtemps . Les rémiges d’un mâle adultes mettent 67 jours pour atteindre sa taille définitive alors que celle d’une femelle met 60 jours.
La mue est aussi très liée à l’alimentation. l’effort demandé par cette régénération est telle que les animaux bien nourrit effectuent davantage de mues que ceux qui ont du mal à se nourrir.
Chez l’oiseau le plumage représente environ 10 pour cent du poids corporel .
