Monogamie sociale ou génétique

 Les pigeons sont monogames, ce qui signifie que le couple, une fois uni, reste ensemble pour la vie ou pour une période prolongée. Cependant, la monogamie sociale n’exclut pas « l’infidélité ». Des analyses ADN sur des oiseaux pratiquant la monogamie ont permis d’effectuer des tests de paternité. Les résultats ont surpris les ornithologues qui croyaient jusque-là au récit du couple soudé et parfaitement fidèle. Parmi les œufs présents dans les nids, beaucoup étaient issus de pères différents.

Cela était même tellement fréquent que les scientifiques ont dû élaborer le concept de monogamie sociale et de monogamie génétique pour distinguer les couples qui vivaient ensemble et qui étaient fidèles de ceux qui vivaient ensemble, mais qui avaient des « aventures » .

Pigeon biset/ Columba livia (quand monsieur court après madame)
Pigeon biset/ Columba livia (quand monsieur court après madame)

Après  des études* menées sur des centaines d’espèces, il a pu être établi que dans 76% des espèces existaient des anomalies génétiques qui montraient que les couples avaient mis des petits coups de canif dans le contrat. D’autant que ces écarts ne sont pas minimes. Chez  les espèces qui n’avaient pas respecté, la monogamie génétique, plus de 20% des oisillons avaient un père social différent du père génétique.

L’intérêt d’une double stratégie reproductrice

Pour la femelle, l’enjeu est de cumuler deux types d’avantages essentiels qui se trouvent rarement chez un seul individu. D’un côté, elle a un intérêt vital à s’unir avec un partenaire fournissant des bénéfices parentaux : un mâle stable, capable de couver avec assiduité et de rapporter une nourriture abondante. Ce « père social » assure la sécurité matérielle et la survie immédiate des petits au nid.

De l’autre côté, elle tire profit d’accouplements en dehors du couple avec des mâles porteurs d’une génétique supérieure. Ces géniteurs apportent des caractères que le partenaire social peut ne pas posséder, comme une résistance accrue aux maladies ou une plus grande force physique. En combinant le soutien logistique d’un bon parent et le patrimoine biologique d’un mâle vigoureux, la femelle optimise les chances de ses descendants de devenir, à leur tour, des adultes reproducteurs performants.

pourquoi l’infidélité ?

L’intérêt d’une double stratégie reproductrice

Pour la femelle, l’enjeu est de cumuler deux types d’avantages essentiels qui se trouvent rarement chez un seul individu. D’un côté, elle a un intérêt vital à s’unir avec un partenaire fournissant des bénéfices parentaux : un mâle stable, capable de couver avec assiduité et de rapporter une nourriture abondante. Ce « père social » assure la sécurité matérielle et la survie immédiate des petits au nid.

De l’autre côté, elle tire profit d’accouplements en dehors du couple avec des mâles porteurs d’une génétique supérieure. Ces géniteurs apportent des caractères que le partenaire social peut ne pas posséder, comme une résistance accrue aux maladies ou une plus grande force physique. En combinant le soutien logistique d’un bon parent et le patrimoine biologique d’un mâle vigoureux, la femelle optimise les chances de ses descendants de devenir, à leur tour, des adultes reproducteurs performants.

La stratégie du mâle : protection et opportunisme

Le mâle, quant à lui, fait face à un dilemme biologique. Son intérêt principal est de s’assurer que l’énergie qu’il déploie pour l’élevage bénéficie bien à sa propre lignée. Pour contrer les risques d’accouplements en dehors du couple de sa partenaire, il pratique souvent la « garde du partenaire ». Ce comportement consiste à suivre la femelle de très près durant sa période de fertilité pour dissuader les rivaux.

Cependant, le mâle adopte également une stratégie opportuniste. Tout en protégeant son propre nid, il peut chercher à s’accoupler avec d’autres femelles du voisinage. Pour lui, le bénéfice est immense : il transmet ses gènes à d’autres couvées sans avoir à assumer la charge de l’incubation ou du nourrissage, laquelle incombera au « père social » de l’autre nid. Cette dualité entre protection du foyer et expansion génétique extérieure est le moteur de la compétition reproductrice chez les Columbidés.

La « morale » de l’espèce face à l’individu

Si l’on observe ces comportements sous l’angle de la nature et non plus de l’individu, la notion d’« amoralité » s’efface au profit d’une logique de préservation supérieure. Ce qui peut sembler être une rupture de contrat au niveau du couple est, en réalité, une stratégie rigoureuse de brassage génétique. La nature ne privilégie pas la fidélité pour elle-même, mais la résilience de la population. En multipliant les combinaisons génétiques « en dehors du couple », l’espèce s’assure une meilleure capacité à faire face aux parasites, aux prédateurs ou aux changements climatiques. C’est une forme de pragmatisme biologique où l’intérêt collectif de la lignée l’emporte sur les structures sociales individuelles.

Sortes de monogamie

Monogamie sociale .

Le couple vit ensemble, mais  mâle comme femelle peuvent avoir des relations sexuelles avec d’autres partenaires. Dans ce type de monogamie, le mâle peut élever des juvéniles qui ne sont pas de lui.  Chez les oiseaux, la monogamie sociale est très répandue puisque 90 pour cent des espèces la pratiquent.  

monogamie sexuelle ou génétique

Le couple vit ensemble et il est fidèle. La monogamie sexuelle peut être divisée en deux catégories . La monogamie sérielle ou mâle et femelle ont plusieurs partenaires au cours de leur vie, mais sont à chaque fois fidèle le temps que dure la relation et la monogamie vraie ou les deux partenaires sont fidèles à vie.

Monogamie stricte

Se dit d’un couple qui associe en même temps la monogamie sociale et la monogamie génétique . C’est-à-dire que le couple vit ensemble et qu’il est fidèle. la monogamie stricte est très peu répandue puisque selon les scientifiques seuls 3 pour cent des espèces seraient concernées

Monogamie temporaire

Les deux partenaires sont fidèles le temps d’une saison.

Les scientifiques utilisent aussi des termes comme monogamie prolongée ou monogamie permanente qui font un peu doublon avec les autres types de monogamie .

*Note historique sur la recherche : L’existence d’accouplements en dehors du couple a été confirmée à grande échelle au début des années 2000. Des chercheurs comme Simon Griffith et Ian Owens ont publié en 2002 une méta-analyse majeure portant sur plus de 150 études génétiques. Ce travail monumental a démontré que la monogamie sociale ne garantit presque jamais l’exclusivité génétique chez les oiseaux. Leurs recherches ont prouvé que dans la grande majorité des espèces, une partie de la nichée possède un patrimoine génétique différent de celui du père social, bousculant ainsi des décennies de certitudes en ornithologie.

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