Ophrys apifera (Ophrys abeille)

  • Règne : Plantae
  • Sous règne : Tracheobionta
  • Classe : Liliopsida
  • Ordre : Orchidales
  • Famille : Orchidaceae
  • Genre : Orphrys

On dirait qu’elle rigole .

Ophrys apifera

Présentation

L’Ophrys abeille est une orchidée sauvage qui illustre parfaitement le phénomène de la coévolution entre le monde végétal et le monde animal.
La stratégie de reproduction de cette plante repose sur un mimétisme sexuel qui vise à tromper les sens des insectes pour assurer la pérennité de l’espèce.

Le labelle de la plante ressemble en effet à l’abdomen de certaines abeilles sauvages femelles. La sélection naturelle a notamment favorisé l’apparition de deux petites bosses sur les côtés de ce labelle : les gibbosités. Ces excroissances poilues imitent le relief du corps de la femelle et perfectionnent le leurre tactile lors du contact. La plante va encore plus loin car elle diffuse des odeurs qui imitent à la perfection les phéromones sexuelles que ces abeilles émettent. Ce mimétisme est à la fois visuel, chimique et tactile.

Ce phénomène n’est pas le fruit d’une volonté quelconque de la plante, mais le résultat de la sélection naturelle. Au fil des générations, les mâles ont visité davantage les fleurs dont les caractéristiques étaient les plus proches de celles des femelles d’abeilles (forme, couleur, odeur). Ces plantes ont donc été mieux pollinisées. Ces caractères ont alors été transmis plus fréquemment à la descendance. Cette accumulation de variations avantageuses a conduit progressivement à un mimétisme de plus en plus précis.

Contrairement à ce que le nom peut évoquer, la plante n’est pas pollinisée par l’abeille domestique, mais par des abeilles sauvages solitaires, notamment celles du genre Eucera. Le transfert de pollen se fait pendant que l’abeille mâle essaie de copuler avec la fleur. La posture que le mâle adopte lors de sa tentative d’accouplement fait pivoter les anthères de la plante. Les deux petits sacs collants de pollen, les pollinies, viennent alors se coller avec précision sur le dos ou la tête de l’abeille.

Si aucun insecte ne vient la visiter, l’espèce possède une sécurité biologique. Ophrys apifera est capable de s’autoféconder. Elle rapproche elle-même le stigmate des pollinies pour garantir la production de graines.

Taxonomie

L’Ophrys abeille a été décrite et nommée par le naturaliste britannique William Hudson en 1762 sous le nom initial de Ophrys apifera.

Le nom de genre Ophrys a été créé en 1753 par le naturaliste suédois Carl von Linné.

La famille des Orchidaceae a été proposée en 1789 par le botaniste français Antoine-Laurent de Jussieu.

Étymologie

Le mot « orchidée » vient du grec orchis qui signifie « testicule ». Il fait référence à la forme particulière des deux tubercules souterrains que certaines espèces possèdent. On doit cette nomination au naturaliste et philosophe grec Théophraste (-371/ -288 av. J.-C.). Il est considéré comme le fondateur de la botanique scientifique et il théorise la différenciation entre le règne animal et le règne végétal.

Il est amusant  de noter que le nom « Orchidée » et le comportement de « pseudocopulation » de l’Ophrys se rejoignent autour de la thématique de la reproduction.

Le nom de genre Ophrys trouve son origine dans le mot grec qui signifie « sourcil ». Ce terme désigne la partie poilue du labelle qui évoque cette arcade pileuse. Enfin, le nom d’espèce apifera provient de la langue latine. Il associe les racines apis, qui signifie « abeille », et fero, qui se traduit par « je porte ». Ce nom souligne ainsi l’aspect visuel de la fleur qui semble porter un insecte sur ses pétales.

Petit glossaire

Labelle : Le labelle est un pétale inférieur . Il est de forme de taille et de couleurs variées selon les espèces. Sa  fonction est d’attirer l’insecte pollinisateur et de lui servir de terrain d’atterrissage.

Anthère : Partie terminale de l’organe mâle de la fleur (étamine) qui produit et renferme le pollen.

Pollinie :  Chez certaines plantes, masse solide et gélatineuse formée par des grains de pollen agglomérés qui ne peuvent pas être disséminés . Lorsqu’un insecte visite la fleur, les pollinies se collent sur le dos ou le front de l’animal qui les transporte vers une autre fleur.

Gynostéme : Terme qui désigne les organes sexuels soudés des orchidées. Il s’agit en général d’une colonne située au centre de la fleur où se trouvent l’organe mâle et les pollinies ainsi que l’organe femelle (stigmate ).   L’ensemble est disposé de telle sorte que les insectes puissent facilement jouer leur rôle de pollinisateur.

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