Lopinga achine (Scopoli, 1763)
Noms scientifiques
La Bacchante a été décrite par le naturaliste italien Giovanni Antonio Scopoli en 1763 sous le nom Papilio achine.
Le nom de genre Lopinga a été créé en 1893 par l’entomologiste britannique Frederic Moore. Son origine reste incertaine. Hans-Arnold Hürter souligne qu’aucune explication convaincante n’a été trouvée dans les langues grecque ou latine.

Domaine public Photo Johannes S.
Jean-Yves Cordier propose cependant une hypothèse géographique intéressante. Il rapproche Lopinga de Luoping, une région située dans la province chinoise du Yunnan, ainsi que d’un ancien mont Loping mentionné par les géographes du XVIIIe siècle. Cette hypothèse s’appuie sur le fait que certains papillons étudiés par Moore avaient été découverts au Yunnan par l’entomologiste français Charles Oberthür. Il est donc possible que Moore se soit inspiré de cette région pour créer le nom Lopinga, mais cette interprétation reste à confirmer.
L’origine de l’épithète achine reste également incertaine. Selon l’entomologiste allemand Arnold Spuler, elle pourrait signifier « l’endeuillée », en référence à la coloration sombre du papillon. Dans son ouvrage publié en 1908, il écrit : « die Trauende, von der Farbe des Schmetterlings », que l’on peut traduire par « celle qui est en deuil, en raison de la couleur du papillon ».
L’espèce a également été décrite par Linné en 1764 sous le nom Papilio deianira, aujourd’hui considéré comme un synonyme de Lopinga achine. Cette épithète fait référence à Déjanire, personnage de la mythologie grecque, épouse d’Héraclès. Croyant reconquérir l’amour de son mari, elle lui fait porter une tunique imprégnée du sang du centaure Nessos, qu’elle pense être un philtre d’amour. Mais ce sang est empoisonné et provoque d’atroces souffrances à Héraclès, qui finit par mourir sur un bûcher.
L’espèce a également porté le nom Papilio saltator, attribué à Geoffroy et publié par Fourcroy en 1785. Le latin saltator signifie « danseur » et pourrait évoquer le vol de ce papillon.
Noms vernaculaires
Le nom « Bacchante » a été proposé en 1762 par le naturaliste français Étienne Louis Geoffroy. Il fait référence aux Bacchantes qui étaient des prêtresses célébrant les mystères de Bacchus. Ce dieu romain du vin et de l’ivresse était assimilé au Dionysos grec.
Dans la mythologie, les Bacchantes étaient également appelées Ménades. Elles parcouraient les campagnes au hasard avec les cheveux épars et la tête couronnée de lierre. Elles tenaient un thyrse à la main et dansaient avec frénésie en remplissant l’air de cris discordants.
Geoffroy explique lui-même son choix dans son Histoire abrégée des insectes publiée en 1762 : « On trouve ce papillon dans les bois : les sauts qu’il fait en voltigeant l’ont fait appeler la baccante. »
La Bacchante est également appelée « Déjanire ». Ce nom fait référence au personnage mythologique dont Linné avait repris le nom pour désigner cette espèce sous l’appellation Papilio deianira.
Les noms à l’étranger
Les Anglais l’appellent Woodland Brown, « papillon brun des bois ». Ce nom fait référence à sa coloration et à son habitat forestier.
Les Allemands utilisent Gelbringfalter, « papillon aux anneaux jaunes », qui évoque les cercles jaunâtres autour des ocelles.
Les Néerlandais le nomment Boszandoog, « papillon des bois aux yeux de sable ». Cette appellation associe son habitat forestier aux ocelles qui ornent ses ailes.
Les Espagnols l’appellent simplement Bacante, « Bacchante ».
Les Polonais disent Osadnik wielkooki, « papillon aux grands yeux ».
Les Suédois préfèrent Dårgräsfjäril, « papillon de l’herbe folle ». Le mot dårgräs désigne une graminée appelée Ivraie enivrante (Lolium temulentum).
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