Étymologie du Marbré-de-vert

Pontia daplidice (Linnaeus, 1758)

Noms scientifiques

Le Marbré-de-vert a été décrit par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1758 sous le nom Papilio daplidice.

Le nom de genre Pontia a été créé en 1807 par l’entomologiste danois Johan Christian Fabricius. Il provient du grec pontos qui signifie « mer ». Pontia était également une épithète d’Aphrodite qui était vénérée sous ce nom dans plusieurs sanctuaires du monde grec. Cette déesse était considérée comme la protectrice des navigateurs et des voyages maritimes. Selon la mythologie grecque, Aphrodite serait née de l’écume de la mer.

Marbré-de-vert (Pontia daplidice)
Marbré-de-vert (Pontia daplidice)
Domaine public Photo Eirik Hektoen

Arthur Maitland Emmet rappelle que Fabricius avait divisé les Pieridae en deux groupes appelés Colias et Pontia. Il précise toutefois qu’aucune raison évidente ne permet d’expliquer ce choix.

L’épithète daplidice fait référence à Daplidice qui était l’une des cinquante filles de Danaos dans la mythologie grecque. Ces cinquante sœurs étaient appelées les Danaïdes. Leur père leur avait ordonné d’épouser les cinquante fils de son frère Égyptos, puis de tuer leurs maris pendant leur nuit de noces. Toutes obéirent à cet ordre, à l’exception d’Hypermnestre qui épargna son époux Lyncée.

Selon une version du mythe, les Danaïdes furent condamnées dans les Enfers à remplir éternellement d’eau un récipient percé qui se vidait au fur et à mesure. C’est de cette légende que vient l’expression « le tonneau des Danaïdes », qui désigne une tâche interminable.

Arthur Maitland Emmet apporte une précision intéressante sur le choix de cette épithète. Linné avait réparti certains papillons dans deux sections qu’il avait appelées Danai Candidi, « Danaïdes blanches », et Danai Festivi, « Danaïdes festives ». La première regroupait des papillons blancs tandis que la seconde comprenait des espèces aux couleurs plus vives.

Linné avait donné à plusieurs espèces de ces groupes les noms des filles de Danaos. Le choix de Daplidice s’inscrit donc dans cette classification inspirée de la mythologie grecque.

Noms vernaculaires

Le nom « Marbré-de-vert » décrit les dessins verdâtres qui recouvrent le dessous des ailes postérieures. Ces taches irrégulières forment un motif qui rappelle les veines du marbre.

En 1779, le naturaliste Jacques Louis Engramelle le désignait déjà sous le nom de « Papillon blanc marbré de vert » dans son ouvrage Papillons d’Europe, peints d’après nature.

Ce papillon est également appelé « Piéride du réséda », car ses chenilles peuvent se nourrir de Réséda jaune (Reseda lutea). On rencontre aussi les appellations « Piéride marbrée » et « Piéride du radis ».

Les noms à l’étranger

Les Anglais l’appellent Bath White, « Piéride blanche de Bath ». Bath est une ville du sud-ouest de l’Angleterre. Ce nom possède une origine assez curieuse. Selon l’entomologiste John Lewin, il aurait été inspiré par une broderie réalisée à Bath par une jeune femme qui avait représenté un papillon supposé avoir été capturé près de cette ville.

Les Allemands utilisent Grünfleckweißling, « Piéride blanche aux taches vertes », qui décrit les dessins verdâtres présents sous les ailes. On rencontre également Resedafalter, « papillon du réséda ».

Les Néerlandais le nomment Resedawitje, « petite blanche du réséda .

Les Espagnols disent Blanquiverdosa, « blanche verdâtre ». Cette appellation associe les deux couleurs caractéristiques de ses ailes.

Les Polonais préfèrent  Bielinek rukiewnik. Le mot bielinek désigne une piéride blanche et rukiewnik renvoie à une plante de la famille des Brassicacées.

Les Suédois l’appellent  Grönfläckig kålfjäril, « papillon du chou aux taches vertes.

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