Fabriciana adippe (Denis & Schiffermüller, 1775)
Noms scientifiques
Le Moyen Nacré a été décrit par Michael Denis et Ignaz Schiffermüller en 1775 sous le nom Papilio adippe.
Le genre Fabriciana a été créé par Albert Franz Theodor Reuss en 1920. Son nom rend hommage à l’entomologiste danois Johan Christian Fabricius (1745-1808), qui était élève de Linné et professeur d’histoire naturelle à Kiel. Il est formé du nom Fabricius et du suffixe latin -ana, qui signifie ici « relatif à ».
Fabricius a joué un rôle très important dans la classification des insectes, qu’il organisait en fonction de leurs pièces buccales.

L’épithète adippe possède une histoire complexe et son origine reste incertaine.
Selon Arnold Spuler, adippe serait un ancien nom féminin grec. D’autres auteurs y voient le nom d’une nymphe. Hans-Arnold Hürter rapporte également une hypothèse qui rapproche ce nom du verbe latin adipiscor, « atteindre » ou « obtenir ».
Arthur Maitland Emmet avance l’hypothèse que le nom adippe aurait été forgé à partir de cydippe, utilisé par Linné en 1761 sous le nom Papilio cydippe. Linné avait ensuite employé adippe en 1767, en présentant le premier nom comme une erreur.
Jean-Yves Cordier propose une hypothèse un peu différente. Selon lui, Linné aurait pu vouloir écrire adippe dès 1761, mais une erreur d’impression aurait transformé ce nom en cydippe. Linné aurait donc simplement corrigé cette erreur en 1767.
Le nom Cydippe appartient à la mythologie grecque. Il désigne plusieurs personnages, dont une Néréide, fille de Nérée et de Doris, ainsi qu’une prêtresse d’Héra à Argos, mère de Cléobis et Biton.
L’espèce a longtemps été placée dans le genre Argynnis, sous le nom Argynnis adippe. Elle est aujourd’hui classée dans le genre Fabriciana.
Noms vernaculaires
Le nom « Moyen Nacré » fait référence à la taille du papillon, traditionnellement placé entre le Petit Nacré et le Grand Nacré. Le terme « nacré » évoque les taches nacrés présentes sur le revers des ailes postérieures.
Il faut toutefois préciser que le Moyen Nacré peut atteindre une taille comparable à celle du Grand Nacré (Speyeria aglaja). Cette appellation ne correspond donc pas à une différence de taille systématique.
L’espèce est également appelée « Nacré pupillé d’argent », un nom qui évoque les taches argentées présentes sur le revers des ailes postérieures. Le terme « pupillé » désigne ici une tache qui présente un point central d’une autre couleur.
L’espèce a également été appelée « Grand Nacré », une appellation ancienne que l’on retrouve chez plusieurs auteurs, dont Geoffroy et Engramelle au XVIIIᵉ siècle.
Dans sa révision des noms vernaculaires de 1986, Gérard Christian Luquet a retenu « Moyen Nacré » pour cette espèce. Il signalait que certains auteurs avaient interverti les noms du Moyen Nacré et du Grand Nacré actuel (Speyeria aglaja), ce qui pouvait entraîner des confusions.
Les noms à l’étranger
Les noms donnés à ce papillon à l’étranger évoquent sa coloration, les reflets nacrés de ses ailes ou son habitat.
Les Anglais l’appellent High Brown Fritillary, « grand nacré brun ».
Les Allemands utilisent Feuriger Perlmutterfalter, « nacré flamboyant », en référence à la coloration orangée de ses ailes.
Les Néerlandais le nomment Bosrandparelmoervlinder, « nacré des lisières forestières ».
Les Danois et les Suédois utilisent respectivement Skovperlemorsommerfugl et Skogspärlemorfjäril, qui signifient tous deux « nacré des forêts ».
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