Étymologie Némusien ou Arianne

Lasiommata maera (Linnaeus , 1758)

Noms scientifiques

L’espèce a été décrite par Carl von Linné en 1758 sous le nom de Papilio maera. Le genre Lasiommata a été créé par John Obadiah Westwood en 1841.

Le nom de genre Lasiommata vient du grec lasio (« chevelu ») et ommata (« les yeux »). Il fait référence aux yeux bordés de poils qui caractérisent les espèces de ce genre.

Némusien ou Arianne (Lasiommata maera)
Némusien ou Arianne (Lasiommata maera)

Pour l’épithète maera, Linné s’est inspiré, comme souvent, de la mythologie grecque. A. Maitland Emmet y voit une référence à Maera, la fidèle chienne d’Icarios. Jean-Yves Cordier propose une autre interprétation. Selon lui, Maera désignerait plutôt Maira, l’une des cinquante Néréides, car Linné a placé cette espèce parmi plusieurs papillons auxquels il a donné des noms de Néréides. Fille de Nérée et de Doris, elle fait partie des trente-deux Néréides qui remontent des profondeurs pour se rassembler auprès de Thétis et pleurer la mort de son fils Achille.

Le nom Maera a également été repris plus récemment pour désigner l’un des membres de la famille du super-héros Aquaman.

Noms vernaculaires

Le nom vernaculaire « Némusien » a été créé par l’entomologiste Jacques Louis Florentin Engramelle en 1779. Il signifie « habitant des bois » ou « habitant de Némus ». Ce nom renvoie au bois sacré de Diane dans la mythologie et évoque le goût de ce papillon pour les milieux boisés.

Ce choix historique comporte toutefois un paradoxe. Malgré son nom, le Némusien fréquente volontiers les affleurements rocheux, les falaises, les murets et les éboulis bien exposés, où les mâles établissent souvent leur territoire, tout en restant généralement à proximité des lisières ou des bois clairs.

Le nom « Ariane » est lui aussi emprunté à la mythologie grecque. Ariane, fille de Minos et de Pasiphaé, est la sœur de Phèdre. C’est elle qui donne à Thésée le célèbre fil qui lui permet de retrouver son chemin dans le labyrinthe.

L’histoire des deux noms est assez singulière. En 1779, Engramelle donna le nom de « Némusien » au mâle. L’année suivante, il donna celui d’« Ariane » à la femelle, pensant avoir affaire à une espèce différente. Engramelle n’a jamais expliqué pourquoi il avait choisi ce second nom. On découvrit par la suite que le Némusien et l’Ariane étaient en réalité le mâle et la femelle d’une même espèce. En 1986, Gérard Luquet conserva les deux noms : « Némusien » pour le mâle et « Ariane » pour la femelle. Aujourd’hui, les deux noms sont également employés pour désigner l’espèce Lasiommata maera.

Les noms à l’étranger

Les noms donnés au Némusien dans différentes langues européennes font souvent référence à son habitat, à sa coloration ou à ses ocelles.

Les Anglais le nomment « Large Wall Brown » (« Grand brun des murs »), un nom qui évoque son goût pour les endroits rocheux et les vieux murs. Les Néerlandais utilisent « Rotsvlinder » (« Papillon des rochers »), qui fait directement référence à son habitat.

Les Espagnols l’appellent « Pedregosa », un nom qui évoque également les terrains pierreux, tandis que les Catalans utilisent « Margenera gran », que l’on peut traduire par « Grand papillon des marges ou des bordures ».

Les Allemands le nomment « Braunauge » (« Œil brun »), en référence aux ocelles qui ornent ses ailes. On rencontre également en allemand le nom « Rispenfalter ».

Les Danois utilisent « Skov-vejrandøje », un nom qui associe la forêt et les ocelles, tandis que les Tchèques le nomment « Okáč ječmínkový », littéralement « Ocellé de l’orge ».

Pour découvrir les autres étymologies,c’est ici

pour lire mon article sur cette espèce , c’est ici

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *