Étymologie Petit Collier argenté

Boloria selene (Denis & Schiffermüller, 1775

Noms scientifiques

Le Petit Collier argenté a été décrit par Michael Denis et Ignaz Schiffermüller en 1775 sous le nom Papilio selene.

Le genre Boloria a été créé par Frederic Moore en 1900.

Selon Arthur Maitland Emmet, le nom Boloria pourrait dériver du grec bolos, qui désigne un filet de pêche. Il ferait référence aux dessins réticulés des ailes de ces papillons, qui évoquent les mailles d’un filet.

Petit Collier argenté (Boloria selene)
Petit Collier argenté (Boloria selene) Domaine public
Photo Reinhold Möller Ermell,

Hans-Arnold Hürter conteste toutefois cette interprétation. Il rappelle qu’Emmet lui-même considérait plusieurs noms créés par Moore comme des néologismes dépourvus de signification particulière.

Jean-Yves Cordier propose une autre interprétation. Selon lui, Boloria ferait référence à la chaîne des Bolor-Tagh, située à l’est du massif du Pamir. Moore, alors conservateur du musée de la Compagnie anglaise des Indes orientales, aurait choisi ce nom parce que plusieurs espèces qu’il étudiait vivaient entre 3 500 et 4 500 mètres d’altitude.

L’origine exacte de Boloria reste donc incertaine.

Le Petit Collier argenté est également classé dans le genre Clossiana, créé par Albert Franz Theodor Reuss en 1920. Ce nom rend hommage à l’entomologiste allemand Adolf Gustav Closs, qui présidait une association d’entomologistes berlinois et avait publié en 1919 un ouvrage consacré aux papillons de la région de Berlin.

L’épithète selene vient du grec ancien selếnê, qui signifie « lune ». Elle fait référence à Séléné, déesse de la Lune dans la mythologie grecque.

Fille des Titans Hypérion et Théia, Séléné était la sœur d’Hélios, dieu du Soleil, et d’Éos, déesse de l’Aurore. Elle était représentée comme une belle jeune femme qui parcourait le ciel nocturne sur un char tiré par deux chevaux blancs.

Noms vernaculaires

Le nom « Petit Collier argenté » fait référence aux taches argentées disposées en bordure du revers des ailes postérieures, qui forment une sorte de collier. Le qualificatif « petit » permet de le distinguer du Grand Collier argenté (Boloria euphrosyne). Les deux espèces présentent toutefois des tailles très proches.

Jean-Yves Cordier rappelle qu’Étienne Louis Geoffroy avait donné le nom de « Collier argenté » à ce papillon en 1762. Il décrivait neuf taches argentées sur le revers des ailes postérieures, dont sept disposées en bordure et formant un collier.

À cette époque, le Petit et le Grand Collier argenté n’étaient pas encore clairement distingués. En 1779, Jacques Louis Engramelle sépare les deux espèces et leur donne les noms de « Petit Collier argenté » et de « Grand Collier argenté ».

En 1821, Jean-Baptiste Godart utilise le nom « Argynne séléné », directement tiré du nom scientifique. En 1986, Gérard Christian Luquet remet à l’honneur l’appellation traditionnelle « Petit Collier argenté ».

L’espèce a également été appelée « Nacré fléché ». Ce nom fait référence aux dessins en forme de flèche visibles sur le revers de ses ailes.

Dans sa révision des noms vernaculaires de 1986, Gérard Christian Luquet déconseillait toutefois cette appellation, qu’il jugeait trop proche de « Nacré sagitté », utilisé pour le Grand Collier argenté. Ces deux noms pouvaient entraîner des confusions.

Les noms à l’étranger

Les noms donnés à ce papillon à l’étranger évoquent les taches argentées de ses ailes, leur coloration ou la Lune.

Les Anglais l’appellent Small Pearl-bordered Fritillary, « petit nacré bordé de perles », en référence aux taches argentées qui ornent le revers des ailes postérieures. En Amérique du Nord, on rencontre également Silver-bordered Fritillary, « nacré bordé d’argent ».

Les Allemands et les Suédois utilisent respectivement Braunfleckiger Perlmutterfalter et Brunfläckig pärlemorfjäril, qui signifient tous deux « papillon nacré à taches brunes ».

Les Néerlandais le nomment Zilveren maan, « lune argentée ». Cette appellation rappelle les taches argentées de ses ailes et son nom scientifique selene, qui désigne la déesse grecque de la Lune.

Les Espagnols l’appellent Perlada castaña, « nacré couleur châtaigne », en référence à sa coloration brun orangé.

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