Boloria euphrosyne (Linnaeus, 1758)
Noms scientifiques
Le Grand Collier argenté a été décrit par Carl von Linné en 1758 sous le nom Papilio euphrosyne.
Le genre Boloria a été créé par Frederic Moore en 1900.
Selon Arthur Maitland Emmet, le nom Boloria pourrait dériver du grec bolos, qui désigne un filet de pêche. Il ferait référence aux dessins réticulés des ailes de ces papillons, qui évoquent les mailles d’un filet.

Photo Gilles San Martin
Hans-Arnold Hürter conteste toutefois cette interprétation. Il rappelle qu’Emmet lui-même considérait plusieurs noms créés par Moore comme des néologismes dépourvus de signification particulière. L’origine exacte de Boloria reste donc incertaine.
Jean-Yves Cordier propose une autre interprétation. Selon lui, Boloria ferait référence à la chaîne des Bolor-Tagh, située à l’est du massif du Pamir. Moore, alors conservateur du musée de la Compagnie anglaise des Indes orientales, aurait choisi ce nom parce que plusieurs espèces qu’il étudiait vivaient entre 3 500 et 4 500 mètres d’altitude.
Le Grand Collier argenté est également classé dans le genre Clossiana, créé par Albert Franz Theodor Reuss en 1920. Ce nom rend hommage à l’entomologiste allemand Adolf Gustav Closs, qui présidait une association d’entomologistes berlinois et avait publié en 1919 un ouvrage consacré aux papillons de la région de Berlin.
L’épithète euphrosyne fait référence à Euphrosyne, l’une des trois Charites de la mythologie grecque, appelées les Grâces dans la mythologie romaine. Fille de Zeus et d’Eurynomé, elle était la sœur d’Aglaé et de Thalie. Les trois sœurs personnifiaient la beauté, la grâce et la joie.
Le nom Euphrosyne vient du grec ancien euphrosýnē, qui signifie « joie », « gaieté » ou « bonne humeur ». Euphrosyne personnifiait ainsi la joie et les plaisirs de l’existence.
Noms vernaculaires
Le nom « Grand Collier argenté » fait référence aux taches argentées disposées en bordure du revers des ailes postérieures, qui forment une sorte de collier. Le qualificatif « grand » permet de le distinguer du Petit Collier argenté (Boloria selene).
Jean-Yves Cordier rappelle que le nom « Collier argenté » apparaît chez Étienne Louis Geoffroy au XVIIIᵉ siècle. Celui-ci décrit neuf taches argentées sur le revers des ailes postérieures, dont sept disposées en bordure et formant un collier. Cordier souligne toutefois que la description de Geoffroy correspond en réalité au Petit Collier argenté actuel.
En 1779, Jacques Louis Engramelle utilise le nom de « Grand Collier argenté ». Il explique que les sept taches argentées disposées sur le bord des ailes constituent le principal ornement du papillon et sont à l’origine de son nom.
L’espèce est également appelée « Nacré sagitté ». Le qualificatif « sagitté », qui vient du latin sagitta, « flèche », fait référence aux dessins en forme de flèche visibles sur ses ailes.
Dans sa révision des noms vernaculaires de 1986, Gérard Christian Luquet déconseillait toutefois cette appellation, qu’il jugeait trop proche de « Nacré fléché », utilisé pour le Petit Collier argenté (Boloria selene), et qui pouvait donc entraîner des confusions.
Les noms à l’étranger
Les noms donnés à ce papillon à l’étranger évoquent les taches argentées de ses ailes, sa coloration ou ses plantes hôtes.
Les Anglais l’appellent Pearl-bordered Fritillary, « nacré bordé de perles », en référence à la rangée de taches argentées qui orne le revers des ailes postérieures.
Les Allemands utilisent Silberfleck-Perlmutterfalter, « nacré à taches argentées ». On rencontre également Veilchen-Perlmutterfalter, « nacré des violettes », en référence aux plantes hôtes de la chenille.
Les Néerlandais le nomment Zilvervlek, « tache argentée ».
Les Espagnols l’appellent Perlada rojiza, « nacré rougeâtre », en référence à la coloration de ses ailes.
Les Suédois utilisent Prydlig pärlemorfjäril, que l’on peut traduire par « élégant papillon nacré ».
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