Hespèrie de l’ormière (Pyrgus malvae)

  • Règne : Animalia
  • Classe : Insecta
  • Ordre : Lepidoptera
  • Famille :Hesperiidae
  • Sous-famille : Pyrgina
  • Genre : Pyrgus

Présentation

L’Hespérie de l’ormière (Pyrgus malvae) appartient à la famille des Hesperiidae qui rassemble environ 4 200 espèces de papillons à travers le monde. Une trentaine d’espèces vivent en Europe dont 28 sont présentes en France. Parmi les espèces que l’on peut rencontrer en France figurent l’Hespérie de la houque (Thymelicus sylvestris), l’Hespérie de la guimauve (Carcharodus alceae), la Sylvaine (Ochlodes sylvanus), le Point-de-Hongrie (Erynnis tages) ou encore l’Hespérie des potentilles (Pyrgus armoricanus).

Elle fait également partie de la sous-famille des Pyrginae. Les membres de ce groupe possèdent souvent des couleurs sombres, brunes ou grisâtres, ornées de motifs blancs caractéristiques. Contrairement à de nombreux autres papillons, les espèces de cette sous-famille se posent souvent les ailes étalées ou à demi-ouvertes lorsqu’elles se chauffent au soleil. Elles sont réputées pour leur vol bas, saccadé et extrêmement rapide, une caractéristique liée à leur morphologie robuste et à leurs muscles thoraciques puissants.

Hespérie de l’ormière

Elle appartient enfin au genre Pyrgus. Les espèces de ce genre présentent généralement des ailes d’un brun noir profond, parsemée de petites taches blanches quadrangulaires disposées de manière régulière. Elles se distinguent aussi  par leurs franges de poils entrecoupées de blanc et de noir sur le bord des ailes. Le revers est marqué d’une teinte brun olive ou verdâtre avec des taches claires, caractère typique du genre.

Description

C’est un petit papillon 10 /15 mm que l’on peut voir voler du mois d’avril au mois de septembre. L’adulte a le dessus des ailes brun noirâtre marqué de petites taches blanches, d’où son surnom de Tacheté. Le revers est brun beige, marqueté de blanc. La tête est aussi large que l’abdomen . Tous deux sont  recouverts de poils . les antennes sont  annelées de noir et de blanc . L’extrémité en forme de massue est recourbée vers l’arrière.

Reproduction

C’est un petit papillon dont l’envergure varie généralement entre 10 et 15 mm, ce qui en fait l’une des plus petites hespéries. On peut l’observer en vol du mois d’avril au mois de septembre, selon les régions et les conditions climatiques.

L’adulte présente sur le dessus des ailes une coloration brun noirâtre caractéristique. De petites taches blanches parsèment cette surface et forment un motif contrasté. Ce dessin a donné à l’espèce son surnom de Tacheté. Les ailes antérieures portent plusieurs petites macules claires, tandis que les ailes postérieures montrent un marquage plus discret. Le revers des ailes est plus clair. Sa teinte brun beige porte un semis de petites taches blanchâtres, souvent plus diffuses que celles du dessus. Cette coloration assure un bon camouflage lorsque le papillon se pose dans la végétation. Les ailes sont bordées d’une frange blanche marquée par des zones plus sombres.

La tête, relativement large, atteint une largeur proche de celle de l’abdomen. Ces deux parties du corps portent une couverture de poils courts et serrés, qui donne à l’insecte un aspect légèrement velouté. Les antennes, typiques des hespéries, présentent une alternance d’anneaux noirs et blancs. Leur extrémité forme une massue nettement recourbée vers l’arrière, caractère distinctif de cette famille. Les yeux, noirs et assez proéminents, occupent une grande partie des côtés de la tête et offrent un large champ de vision.

Les palpes labiaux, situés à l’avant de la tête, sont très développés et fortement  velus. Ils forment une sorte de petit museau dirigé vers l’avant. Cet ensemble donne au papillon un profil particulier que l’on retrouve chez d’autres hespéries.

Plantes hôtes 

Le nom d’Hespérie de la mauve lui a été donné par Linné, car il pensait, à tort, que cette plante était la plante hôte du papillon. Il avait confondu cette Hespérie avec une autre espèce (Carcharodus alceae) dont les chenilles se nourrissaient effectivement de mauve.

Ses véritables plantes hôtes sont en réalité de nombreuses Rosacées comme la Potentille, l’Ormière, l’Aigremoine, le Fraisier des bois, les Ronces, la Pimprenelle ou le Comaret. L’Ormière désigne ici la Reine-des-prés (Filipendula ulmaria), une plante de zones humides.

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Reine-des-prés (Filipendula ulmaria) ou Ormière (Domaine public) Photo Lamiot, CC BY-SA 3.0

On appelle aujourd’hui l’Hespérie de la mauve, l’Hespérie de l’Ormière ou l’Hespérie de l’Aigremoine, ce qui désigne mieux ses véritables plantes hôtes. Ce papillon est l’un des premiers à prendre son envol dès le mois de mars. Il dépend donc de la floraison précoce de ses plantes hôtes, comme la Potentille printanière, pour assurer le cycle de vie de sa descendance dès la sortie de l’hiver.

Distribution

L’Hespérie de la mauve occupe une très vaste zone géographique. On la retrouve de manière continue depuis l’Europe de l’Ouest jusqu’en Asie centrale, en traversant la Sibérie et la Mongolie. Sa présence devient toutefois très rare et incertaine vers l’Est lointain, notamment au Japon où elle n’est presque jamais vue. En Europe, elle est partout présente, sauf en Irlande, en Écosse et dans le Grand Nord de la Scandinavie. Dans le sud de la France et en Espagne, elle laisse sa place à une espèce très ressemblante, l’Hespérie de l’aigremoine. Ce papillon s’installe principalement dans les prairies, les bords de forêts et les terrains en friche bien au soleil.

Carte GBIF de la présence de l’Hespérie de l’ormière dans le monde

Taxonomie

L’Hespérie de la mauve a été décrite et nommée par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1758 sous le nom initial de Papilio malvae.
Le genre Pyrgus a été créé en 1819 par l’entomologiste allemand Jacob Hübner.
La famille des Hesperiidae a été proposée en 1809 par l’entomologiste français Pierre-André Latreille.

Étymologie

Le nom de genre Pyrgus vient du grec pyrgos (πύργος), qui signifie « tour » ou « rempart ». Selon les auteurs, plusieurs explications sont proposées. Pour les uns, ce nom ferait référence aux franges blanches entrecoupées de noir. Pour les autres, il évoquerait le dessus des ailes brunes marqué de blanc. Dans les deux cas, il renvoie à une ressemblance avec des tours crénelées.

L’épithète malvae dérive du latin malva, qui désigne la mauve. Elle fait référence à la plante que Carl von Linné associa à cette espèce lors de sa description. Pourtant, la chenille de l’Hespérie de l’ormière ne se nourrit pas principalement de mauves. Elle utilise notamment l’ormière, ou reine-des-prés, ainsi que plusieurs autres plantes de la famille des Rosacées et des Malvacées.

Noms vernaculaires

Le mot « Hespérie » vient du grec ancien hesperos (ἕσπερος), qui signifie « du soir ». On n’en connaît toutefois pas la raison. La plupart des Hespéries sont des papillons diurnes et sont actives pendant la journée.

De l’ormière » fait référence à l’une de ses principales plantes hôtes, l’ormière, plus connue aujourd’hui sous le nom de reine-des-prés.

L’espèce est également appelée « Hespérie de la mauve », en référence à l’épithète malvae de son nom scientifique.

Le nom « Plain-Chant » a été créé en 1762 par l’entomologiste français Étienne-Louis Geoffroy. Il avait observé que les ailes de l’Hespérie de la mauve étaient couvertes de taches blanches carrées, dont plusieurs se touchaient. Leur forme et leur disposition lui rappelaient les notes de la musique dite alors « plain-chant », c’est-à-dire le chant liturgique sans accompagnement instrumental.

Les noms à l’étranger

Les noms attribués à l’Hespérie de l’ormière à l’étranger font principalement référence à son aspect ou à certaines de ses plantes hôtes.

Les anglophones la nomment « Grizzled Skipper ». Le terme « grizzled » évoque un mélange de couleurs grises et blanches. Il fait ici référence à l’aspect moucheté et fortement contrasté de ses ailes brunes couvertes de taches blanches. « Skipper » est le nom anglais traditionnel donné aux Hespéries.

Les Allemands l’appellent « Kleiner Würfel-Dickkopffalter », que l’on peut traduire par « petite Hespérie en dés ».

Les Néerlandais disent « Aardbeivlinder « papillon de la fraise ». Ce nom fait référence à la fraise des bois (Fragaria vesca), qui figure parmi les plantes hôtes de sa chenille.

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