- Règne : Animalia
- Classe : Insecta
- Ordre : Lepidoptera
- Famille :Hesperiidae
- Sous-famille : Pyrgina
- Genre : Pyrgus
Présentation
L’Hespérie de la mauve (Pyrgus malvae) appartient à la famille des Hesperiidae qui rassemble environ 4 000 espèces de papillons à travers le monde. En France, cette famille compte environ 30 représentants. On y rencontre notamment l’Hespérie de la houque (Thymelicus sylvestris), l’Hespérie de la guimauve (Carcharodus alceae), la Sylvaine (Ochlodes sylvanus), le Point-de-Hongrie (Erynnis tages) ou encore l’Hespérie des potentilles (Pyrgus armoricanus).
Elle fait également partie de la sous-famille des Pyrginae. Les membres de ce groupe possèdent souvent des couleurs sombres, brunes ou grisâtres, ornées de motifs blancs caractéristiques. Contrairement à de nombreux autres papillons, les espèces de cette sous-famille se posent souvent les ailes étalées ou à demi-ouvertes lorsqu’elles se chauffent au soleil. Elles sont réputées pour leur vol bas, saccadé et extrêmement rapide, une caractéristique liée à leur morphologie robuste et à leurs muscles thoraciques puissants.

Elle appartient enfin au genre Pyrgus. Les espèces de ce genre présentent généralement des ailes d’un brun noir profond, parsemée de petites taches blanches quadrangulaires disposées de manière régulière. Elles se distinguent aussi par leurs franges de poils entrecoupées de blanc et de noir sur le bord des ailes. Le revers est marqué d’une teinte brun olive ou verdâtre avec des taches claires, caractère typique du genre. Cette alternance de tons sombres et clairs permet aux individus de rompre leur silhouette et de rester discrets sur les sols dénudés ou dans la végétation basse.
Description
C’est un petit papillon 10 /15 mm que l’on peut voir voler du mois d’avril au mois de septembre. L’adulte a le dessus des ailes brun noirâtre marqué de petites taches blanches, d’où son surnom de Tacheté. Le revers est brun beige, marqueté de blanc. La tête est aussi large que l’abdomen . Tous deux sont recouverts de poils . les antennes sont annelées de noir et de blanc . L’extrémité en forme de massue est recourbée vers l’arrière.
Reproduction
C’est un petit papillon dont l’envergure varie généralement entre 10 et 15 mm, ce qui en fait l’une des plus petites hespéries. On peut l’observer en vol du mois d’avril au mois de septembre, selon les régions et les conditions climatiques.
L’adulte présente sur le dessus des ailes une coloration brun noirâtre caractéristique. De petites taches blanches parsèment cette surface et forment un motif contrasté. Ce dessin a donné à l’espèce son surnom de Tacheté. Les ailes antérieures portent plusieurs petites macules claires, tandis que les ailes postérieures montrent un marquage plus discret. Le revers des ailes est plus clair. Sa teinte brun beige porte un semis de petites taches blanchâtres, souvent plus diffuses que celles du dessus. Cette coloration assure un bon camouflage lorsque le papillon se pose dans la végétation. Les ailes sont bordées d’une frange blanche marquée par des zones plus sombres.
La tête, relativement large, atteint une largeur proche de celle de l’abdomen. Ces deux parties du corps portent une couverture de poils courts et serrés, qui donne à l’insecte un aspect légèrement velouté. Les antennes, typiques des hespéries, présentent une alternance d’anneaux noirs et blancs. Leur extrémité forme une massue nettement recourbée vers l’arrière, caractère distinctif de cette famille. Les yeux, noirs et assez proéminents, occupent une grande partie des côtés de la tête et offrent un large champ de vision.
Les palpes labiaux, situés à l’avant de la tête, sont très développés et fortement velus. Ils forment une sorte de petit museau dirigé vers l’avant. Cet ensemble donne au papillon un profil particulier que l’on retrouve chez d’autres hespéries.
Plantes hôtes
Le nom d’Hespérie de la mauve lui a été donné par Linné, car il pensait, à tort, que cette plante était la plante hôte du papillon. Il avait confondu cette Hespérie avec une autre espèce (Carcharodus alceae) dont les chenilles se nourrissaient effectivement de mauve.
Ses véritables plantes hôtes sont en réalité de nombreuses Rosacées comme la Potentille, l’Ormière, l’Aigremoine, le Fraisier des bois, les Ronces, la Pimprenelle ou le Comaret. L’Ormière désigne ici la Reine-des-prés (Filipendula ulmaria), une plante de zones humides.


On appelle aujourd’hui l’Hespérie de la mauve, l’Hespérie de l’Ormière ou l’Hespérie de l’Aigremoine, ce qui désigne mieux ses véritables plantes hôtes. Ce papillon est l’un des premiers à prendre son envol dès le mois de mars. Il dépend donc de la floraison précoce de ses plantes hôtes, comme la Potentille printanière, pour assurer le cycle de vie de sa descendance dès la sortie de l’hiver.
Distribution
L’Hespérie de la mauve occupe une très vaste zone géographique. On la retrouve de manière continue depuis l’Europe de l’Ouest jusqu’en Asie centrale, en traversant la Sibérie et la Mongolie. Sa présence devient toutefois très rare et incertaine vers l’Est lointain, notamment au Japon où elle n’est presque jamais vue. En Europe, elle est partout présente, sauf en Irlande, en Écosse et dans le Grand Nord de la Scandinavie. Dans le sud de la France et en Espagne, elle laisse sa place à une espèce très ressemblante, l’Hespérie de l’aigremoine. Ce papillon s’installe principalement dans les prairies, les bords de forêts et les terrains en friche bien au soleil.

Carte GBIF de la présence de l’Hespérie de l’ormière dans le monde
Taxonomie
L’Hespérie de la mauve a été décrite et nommée par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1758 sous le nom initial de Papilio malvae.
Le genre Pyrgus a été créé en 1819 par l’entomologiste allemand Jacob Hübner.
La famille des Hesperiidae a été proposée en 1809 par l’entomologiste français Pierre-André Latreille.
Étymologie
Le nom de genre Pyrgus vient du grec purgos qui signifie tour ou rempart. Selon les auteurs, il y a plusieurs propositions. Pour les uns, le mot ferait référence aux franges blanches entrecoupées de noir. Pour les autres, au-dessus des ailes brunes marqué de blanc. Dans les deux cas, le mot renvoie à la ressemblance de ces deux parties avec des tours crénelées.
Comme je l’ai expliqué plus haut, l’épithète malvae désigne à tort la mauve comme plante hôte.
Hespérie vient du grec ancien hesperos qui signifie du soir. Le mot a été choisi pour distinguer les papillons du soir des papillons de jour et des papillons de nuit.
Ormière désigne la plante hôte du papillon. Ce terme archaïque dérive de l’ancien français orme, car la Reine-des-prés possède des feuilles découpées qui rappellent celles de l’orme. Contrairement à une idée reçue, l’ormière ne désigne pas un chemin creux (l’ornière), mais bien la Filipendula ulmaria, une rosacée dont les vertus médicinales et la floraison printanière sont essentielles à la survie des premières chenilles de la saison.
On lui attribue également de nombreux autres noms vernaculaires comme le Tacheté, en raison de la ponctuation blanche sur ses ailes sombres, ou encore l’Alvéole, qui évoque la régularité des taches rappelant les cellules d’une ruche. On le retrouve parfois sous les appellations d’Hespérie du chardon ou de Plain-chant, soulignant la sobriété de son habit. Ce papillon est l’un des premiers à prendre son envol dès le mois de mars. Il dépend donc de la floraison précoce de ses plantes hôtes, comme la Potentille printanière, pour assurer le cycle de vie de sa descendance dès la sortie de l’hiver.
