Les lépidoptères

Présentation

Les lépidoptères sont un ordre d’insectes dont la forme adulte, appelée imago,   est le papillon . Après les coléoptères et les diptères (mouches), Il est l’un des ordres qui rassemblent le plus d’espèces. On compte à ce jour entre 15000 et 170000 espèces de papillons  décrites.   D’après les spécialistes, 7000 d’entre elles vivraient en Europe et plus de 5000 en France . Mais chaque année de nouvelles espèces sont décrites, même s’il s’agit pour la plupart de tous petits papillons. Les plus gros, bien visibles,  sont connus et répertoriés depuis longtemps.

Flambé Iphiclides podalirius sur Verveine de Buenos Aires

Origine

Les lépidoptères comme  les trichoptères sont les deux branches  issues  du super-ordre des  Amphiesmenoptera qui est apparu sur terre il y a 250 millions d’années. C’est dire que les papillons ne datent pas d’hier. Le fossile de  papillon le plus ancien  est Archaeolepis Mane. il date de 190 millions d’années. Ses écailles et ses ailes fossilisées ont été découvertes dans le sud de l’Angleterre par le géologue James Frederick Jackson (1894–1966)

Papillon fossile

Familles

On a recensé aujourd’hui près de 134 familles de papillons dans le monde . ce nombre n’est pas définitif et il est tout à fait possible que d’autres familles soient découvertes dans les années à venir .

les principales famille que l’on peut rencontrer en France sont :

  • Les nymphalidés (Paon du jour, vulcain, Belle dame, Carte géographique, Robert le diable .,etc…..)
  • Les papilionidés (Machaon , flambé )
  • Les piéridés (Citron, Souci , piéride du chou, aurore, etc….)
  • Les lycénidés (Argus bleu, collier de corail, azuré des nerpruns, etc….)
  • Les hespérides (Sylvaine, Hesperie de la houque Point de hongrie, etc …)

Quelques chiffres

Papillons de jour et papillons de nuit représentent 9 pour cent de toutes les formes de vie qui existent sur terre . Mais un  chiffre est encore plus intéressant et surprenant :  Si l’on prend en compte tous les papillons qui existent, ceux qui vivent le jour ne représentent que 5 pour cent . Tous les autres, soit 95 pour cent, sont des papillons de nuit . Voilà un chiffre qui devrait nous faire réfléchir sur la différence, souvent très grande, qui existe entre ce que l’on croit ou voit et ce qui est vraiment.  

Autre détail qui devrait, lui,  nous faire réfléchir sur la valeur de notre jugement esthétique . Les papillons les plus évolués ne sont pas comme on pourrait l’imaginer les plus beaux ni les plus colorés mais ceux qui font partie de la famille des noctuelles.  Les membres de cette famille vivent  pour la plupart la nuit et nous les trouvons  en général très  laid, voir sans aucun intérêt (sic).     

Caractéristiques

Comme son nom l’indique lépido (écaille) et ptères (ailes) , le mot lépidoptère  désigne  l’ordre qui regroupe l’ensemble des insectes qui ont des écailles sur le corps et notamment sur les ailes. On ne les voit pas forcément à l’œil nu, mais les écailles des papillons apparaissent très nettement dès qu’on utilise un fort grossissement. (illustration ).

D’autres particularités  les caractérisent comme d’avoir :

Deux paires d’ailes membraneuses recouvertes d’écailles

 Trois paires de pattes.

Ils sont aussi  des insectes holométaboles.

C’est-à-dire que leur développement passe par un développement complet qui va de l’œuf  à la larve (la chenille chez le papillon) puis à la nymphe (chrysalide chez le papillon) puis à l’imago (version adulte du papillon).

Rhopalocères ou hétérocères

Le système de classement général des animaux est dû au naturaliste suédois Linné (1707-1778). Celui-ci créa « la classification binominale » qui permet de décrire les espèces  en deux noms. Le nom générique qui définit le genre  et l’épithète qui la qualifie.

Au début de la classification, Linné plaçait toujours les lépidoptères dans le genre « papilio ». Puis d’autres naturalistes prirent  le relais et créèrent  de nouveaux genres ainsi que des familles qui permettaient de rassembler les papillons qui avaient des caractéristiques communes.

c’est ainsi que sont nés les 2 sous-ordres des rhopalocères et des hétérocères qui étaient censés représenter, d’un côté les papillons de jour, et de l’autre les papillons de nuit.

Proposés par le médecin et entomologiste français Jean Baptiste Dechauffour de boisduval, ils furent employés pendant de très nombreuses années pour classer les papillons. Ils sont encore utilisés par commodité aujourd’hui, bien qu’ils soient considéré comme faux et dépassés par les scientifiques.

Ce classement s’effectuait en fonction de la morphologie des antennes.

Rhopalocères

Dans le sous-ordre rhopalocère étaient classés les papillons dits « de jour ». Comme l’indique leur nom qui vient du grec « rophalon » massue et de « keras » corne , il rassemblait les papillons qui avaient des antennes en forme de Massue.

Hétérocères

Dans le sous-ordre hétérocère étaient classés les papillons dits « de nuit » qui était en réalité tous les papillons qui n’avaient pas d’antenne en forme de massue. D’où leur nom Hétérocère qui signifie en grec : celui qui a des antennes (keras) autre ou différent (Hétéro).

Cette classification a été abandonnée, car elle avait de très nombreux défauts.

Le principal reproche était  que de nombreux papillons dits « de nuit » vivaient aussi le jour et que l’on pouvait également rencontrer des papillons de jour, la nuit . Pour rattraper le coup, les scientifiques les baptisèrent les « hétérocères diurnes » , c’est-à-dire les papillons de nuit qui vivent le jour.

Un autre défaut était que les rhopalocères avaient été regroupés ensemble parce qu’ils créent un vrai groupe avec des espèces apparentées entre elles alors que les hétérocères avaient été classés ensemble pour la simple raison qu’ils n’avaient pas d’antennes en forme de massue. Le résultat était qu’a part cette maigre caractéristique  ils étaient très différents et n’avaient, pour la plupart, aucun lien de parenté entre eux .

Ces catégories battaient vraiment trop de l’aile (c’est le cas de le dire) et pour toutes ces raisons elles n’ont plus cours aujourd’hui dans le milieu des lépidoptéristes (papillonistes*).

Je n’irais pas trop loin dans les explications qui deviennent très complexes et réservées aux spécialistes, mais les papillons sont aujourd’hui divisés en deux sous-ordres principaux.

les zeugloptera qui regroupent des papillons assez primitifs qui ne possèdent pas de trompe, mais des mandibules avec lesquels il broie les grains de pollen et les glossata dans lequel on retrouve la plupart des espèces qui ont une trompe et qui se nourrissent de jus par aspiration.

Deux autres petits sous ordres ne regroupent que quelques papillons.

Les Heterobathmiina qui comprennent la famille sud américaine des Heterobathmiidae, représentée par seulement 9 espèces et Les Aglossata sont représentés par une seule famille, les Agathiphagidae. Cette famille ne compte qu’un genre , Agatiphaga et 2 espèces .  

L’appareil buccal

Les lépidoptères se caractérisent aussi  par un appareil buccal de type suceur (à l’exception de  quelques rares espèces dites archaïques) .

Ils se nourrissent en effet grâce à une trompe (spiritrompe),  plus ou moins longue selon les espèces, qui leur permet d’aspirer les sucs et les nectars des plantes.

Belle dame (Vanessa cardui)sur Centranthe rouge (centranthus ruber)

La Trompe

La trompe, appelée aussi spiritrompe ou proboscis, s’insère  entre les 2 les palpes labiaux. Ces derniers ont pour fonction de la protéger lorsqu’elle est replié à l’état de repos. Ils  sont également recouverts de capteurs qui détectent les odeurs de  nourriture. Certains spécialistes pensent qu’ils pourraient aussi jouer le même rôle  que les moustaches du chat et qu’ils permettraient de détecter, par effleurement,  des dangers que les yeux ne peuvent pas voir.

Les yeux

Deux gros yeux composés se trouvent de  chaque côté de la tête. Chacun peut compter jusqu’à 15000 facettes appelées ommatidies. L’ensemble donne au papillon une excellente vision en mosaïque sur 360 degrés. Comme les punaises, les libellules  et de nombreux insectes, les papillons peuvent aussi avoir des yeux simples nommés (ocelles) qui servent  à la stabilité du vol  et sont aussi des capteurs de lumière. Les yeux simples sont moins visibles que sur les guêpes ou les mantes religieuses en raison des poils qui recouvrent souvent la tête des papillons.  Contrairement à d’autres insectes qui peuvent avoir jusqu’à trois ocelles, les papillons n’en ont jamais  que deux, un de chaque côté de la tête et jamais d’ocelle médian. 

Les antennes sont fixées juste au-dessus. Elles peuvent être orientées dans plusieurs directions et sont recouvertes par de nombreux capteurs. Elles  jouent un rôle très important dans la vie du papillon  et sont de véritables radars sensoriels capables de détecter les prédateurs ou les autres animaux en mouvement ,  les phéromones sexuelles ou les effluves de nectar . Les mâles de certaines espèces comme les saturnides les ou les lasiocampides ont des antennes bien plus larges  en forme de peigne ou de râteau couvertes de centaine de milliers de capteurs qui sont capables de détecter les phéromones des femelles a plus de 2 km . Elles servent aussi à la communication tactile . Lorsqu’on observe les papillons, il n’est pas rare  d’en voir les utiliser pour toucher ou frôler d’autres lépidoptères.

La taille et leur forme diffèrent selon les familles des papillons.  Grâce à elles, on peut  distinguer les papillons dits diurnes ( rhopalocères) qui ont des antennes qui se terminent par une massue arrondie. Seule exception à la règle, les hespéridées dont les massues se terminent  par une sorte de petite virgule.

Les hétérocères diurnes ou papillons dits de nuit (bien que beaucoup vivent aussi le jour)  ont des antennes aux  formes plus variées qui peuvent être en forme de peigne, sétiforme, filiforme unipectinée, bipectinée filiforme. Mais la nature ne se laisse jamais emprisonner dans des généralités et il aussi existe des hétérocères diurnes qui ont des antennes en forme de massue (Zygènes).

L’organe de Johnson se trouve au pied de chaque antenne . Celui-ci   a pour fonction de détecter la position des antennes et d’aider à leur orientation. Il sert également  à la stabilité et à l’orientation lors du vol.  D’après des études récentes  effectuées sur le monarque, l’organe de Johnson  serait  capable de détecter le champ magnétique et servirait notamment pendant les migrations .

Corps

Le corps est composé par le thorax et l’abdomen .

Le premier se compose de 3 segments  qui servent d’ancrage pour les ailes et les pattes. À l’intérieur, de puissants muscles  permettent aux papillons de voler. On imagine leur force quand on sait que les ailes battent  au rythme de 5 à 10 battements par seconde. Les membres de la famille des hespéridées détiennent le record avec 20 battements Secondes. C’est déjà très bien, mais les papillons ne sont pas les plus rapides à ce petit jeu. À titre de comparaison, une chauve-souris bat des ailes 16 fois /secondes, l’abeille 230 fois /secondes,  le moustique 600 fois/ secondes et le grand gagnant est le minuscule  moucheron Forcipomya qui peut battre des ailes plus de 1000 fois par seconde.

Tabac d’Espagne (Argynnis paphia)

L’abdomen, lui,  est cylindrique . Il est constitué de dix segments faits de chitine et reliés entre eux par des tissus souples qui permettent la souplesse nécessaire pour l’accouplement et la ponte.

il contient la plupart des organes comme le tube digestif ,   les spiracles qui relié à de minuscules sacs font office de poumons, ainsi que les organes génitaux.

Les lépidoptères  possèdent tous 2 paires d’ailes (à l’exception de quelques espèces aptères*) .  Ce sont elles qui nous émerveillent quand nous voyons passer  un papillon .

Chaque aile est composée d’une double membrane dont la rigidité est renforcée par des nervures creuses qui partent de la base de l’aile . Les plus grosses contiennent des vaisseaux où passent eau et oxygène ainsi que des nerfs qui sensibilisent l’ensemble.   Les nervures et leurs nombres varient  selon les espèces, mais le principe reste le même . Elles sont parfois cachées par les écailles qui recouvrent les ailes, mais on les voit très bien chez certaines espèces comme le Gazé ou certains papillons aux ailes transparentes. La forme des nervures du papillon est souvent caractéristique de la famille auquel il appartient . Elle est l’un des éléments qui permettent  l’identification. Les nervures portent toutes un nom suivant l’emplacement où elles se trouvent .

Les membranes sont transparentes, mais elles  sont recouvertes, chez la plupart des papillons, par des écailles qui ont donné leur nom à l’ordre .

Ces écailles ont la forme de tuiles plates ou de gouttes et sont agencées en quinconce comme les tuiles d’un toit . Elles recouvrent les ailes, mais recouvrent également le corps et leur patte voire leur trompe et leurs antennes . Leur forme varie selon l’endroit où elles se trouvent pour s’adapter à la fonction qu’elles vont avoir . Elles peuvent être adaptées pour le vol et l’aérodynamisme ou renforcées pour la protection de certaines parties plus fragiles comme l’abdomen ou  les parties génitales . Les écailles-tuiles sont constituées de chitine, une molécule naturelle qui a de nombreuses vertus comme la légèreté , la robustesse, la souplesse ou l’hydrophobie  l’imperméabilité qui permet de pouvoir continuer à voler un temps malgré la pluie  de rester au sec  carapace de nombreux insectes et mollusques sont faires de chitine.

Androconies

Les androconies sont des écailles glandulaires souvent regroupées en touffe sur les ailes des mâles. Lors des périodes de reproduction, elles émettent des phéromones sexuelles qui attirent les femelles. Chez certains mâles, elles apparaissent sous la forme de bandes noires ou de zones luisantes sur le dessus des ailes.

Les femelles dégagent aussi des odeurs pour attirer les mâles par des glandes situées au bout de l’abdomen. Ces odeurs sont très puissantes et peuvent attirer de nombreux mâles qui les sentent à de grandes distances.

Dimorphisme

Il existe plusieurs caractéristiques qui permettent de distinguer les mâles des femelles . Les femelles sont souvent un peu plus grandes que les mâles. Elles ont également les ailes plus arrondies et possèdent un abdomen plus épais qui est adapté pour contenir les œufs. Comme chez les oiseaux et de nombreuses autres espèces, les femelles ont également très souvent des teintes bien plus discrètes que les mâles. Cette différence vient de ce que le mâle a besoin d’être vu de loin par la femelle au moment de la reproduction alors que les femelles doivent rester discrètes pour pouvoir mener à bien la ponte sans être repéré par les prédateurs .  

La différence est parfois très légère, mais il en existe un grand nombre ou elle est très marquée comme chez l’argus bleu ou le petit mars changeant.

l’hémolymphe

Contrairement à nous , les insectes n’ont pas vaisseaux sanguins et donc pas de sang . Celui-ci est remplacé par l’hémolymphe dans lequel les organes baignent directement.    De couleur verdâtre ce liquide remplit de nombreuses fonctions comme apportés des nutriments, évacuer les déchets , lutter contre les infections ou les éléments pathogènes, etc…  Injecté sous pression lors de la sortie de la chrysalide c’est lui qui permet au papillons de déplier ses ailes. Le zoologiste allemand Herman Landois est le premier à s’être intéressé à ce l’hémolymphe en 1864.

Cycle des papillons

Comme les diptères, les hyménoptères ou les coléoptères,  les lépidoptères sont des insectes holométaboles. On dit aussi parfois qu’ils sont des insectes Endoptérygotes, c’est-à-dire que leur cycle biologique passe par 4 stades dont 3 où ils ont  une forme différente de celle de l’adulte . Pour cette  raison, Linné a baptisé « imago » le dernier stade, car  l’insecte  est  enfin à l’image de ses parents.

Ces 4 stades sont :

  1. l’œuf dans lequel l’embryon se développe .
  2. La larve, appelée chenille chez les lépidoptères, qui se développe en plusieurs mues   .
  3. La nymphe, ici nommée chrysalide, ou s’opère la métamorphose (stade nymphal)
  4. Le stade adulte, appelé aussi imago comme je l’ai expliqué ci-dessus.

Le principal avantage apporté  par ce système vient de ce que chaque stade a son type d’alimentation et que  les uns n’épuisent pas les ressources alimentaires des autres .

L’embryon se nourrit de l’intérieur de l’œuf , la chenille de sa plante hôte, la nymphe, elle, ne mange pas et l’adulte se nourrit avec sa trompe du nectar des fleurs ou de la sève des arbres (voir partie alimentation du papillon).

Anna Maria Sibylla Merian

Le cycle de vie en 4 stades a été découvert et mis en avant par la peintre allemande  Maria Sibylla Merian. C’est elle aussi qui découvrit, grâce à ses observations minutieuses, de nombreux autres détails  touchant à la vie des papillons et des insectes . Elle fut la première notamment  à comprendre  que les femelles papillons pondaient  sur certaines plantes dont dépendaient leurs chenilles. Pour le dire plus simplement, elle découvrit que chaque espèce de papillons a ses plantes hôtes .

Détail du cycle des papillons

1 ) Les œufs

Les œufs  portent en eux  tout le devenir de l’insecte. Chez les lépidoptères les formes et les couleurs sont infinies et varient selon les espèces ou les sous-espèces . Ils peuvent être sphériques ou ovales comme la plupart des œufs, mais peuvent aussi avoir des formes plus aplaties, en forme de cône, de ballon de rugby ou de bouteilles . Les motifs ou les alvéoles qui se trouvent dessus peuvent prendre eux aussi les formes les plus étonnantes. De tous les insectes, les papillons sont ceux qui ont les formes d’œufs les plus variés. 

Grâce à ces différences les spécialistes sont capables de dire l’espèce et souvent aussi son stade en observant la forme l’ emplacement ou la couleur des œufs .

Les œufs peuvent être blancs , roses, jaunes ou verts, mais ils peuvent prendre des teintes plus sombres juste avant l’éclosion . On peut d’ailleurs parfois apercevoir l’embryon juste avant l’éclosion à travers le chorion* devenu translucide.

La taille des œufs n’est pas  forcement en rapport avec la taille du papillon.  De gros papillons peuvent pondre de tout petits œufs et inversement. Pour ce qui concerne les espèces que nous pouvons voir en France ou en Europe, la taille peut aller de 0.3 mm à 3 mm. Leur  diamètre diminue au fur et à mesure que la femelle vieillit, car ces réserves nutritives se réduisent.

Les œufs sont déposés en groupe ou isolément par la femelle sur ou à côté de la plante hôte qui deviendra la nourriture principale de la chenille. Habituellement , la femelle les colle sur le revers des feuilles pour qu’ils restent invisibles des prédateurs et qu’ils soient aussi à l’abri du soleil ou de la pluie, mais la nature étant ce qu’elle est on peut toujours trouver des exceptions à cette règle.  Chez certaines espèces, la dépose est moins délicate.  Les femelles « larguent » leurs œufs à proximité de la plante hôte comme un bombardier larguerait ses bombes .On se doute qu’avec cette technique approximative il doit y avoir un peu plus de casse.

Azuré des nerpruns sur solidago

Lors de la ponte, la femelle fait attention à repartir les œufs en fonction de la quantité de nourriture disponible pour que chaque chenille puisse se nourrir convenablement.  Le manque de feuilles amènerait forcément au décès des chenilles . Certaines espèces sont cannibales et les individus finiraient par se manger entre eux s’il n’y a plus assez de nourriture.

Une fois qu’elle a pondu la femelle s’en va et ne s’occupe plus de sa descendance qui devra se débrouiller seule.  

Pour la femelle, trouver la bonne plante n’est pas chose facile.  Mais les papillons sont dotés d’organes extrêmement sensibles qui leur permettent de ne pratiquement jamais se tromper. Des zones comme les antennes ou les pattes sont notamment pourvues de nombreux capteurs qui informent le papillon sur le gout, l’odeur ou la texture d’une plante. On a longtemps cru que les femelles papillons retrouvaient les plantes parce qu’elles reconnaissaient les plantes sur lesquelles elles s’étaient nourries à l’état de chenilles, mais cette explication ne vaut pas pour toutes les espèces .

Dans son ouvrage très complet sur les papillons d’Europe, Michael Chinery* cite le cas de l’azuré des nerpruns dont la génération estivale de chenilles se nourrit sur le houx, mais qui  une fois atteint le stade du papillon (l’imago) pond sur  le lierre . On voit bien ici que la mémoire ne joue aucun rôle et que les papillons ont donc d’autres moyens que nous ignorons mais qui leur permet d’identifier à coup sûr leurs plantes hôtes.    

Il arrive aussi  que les œufs soient déposés dans des endroits où il n’y a pas la plante hôte. Cela arrive quand le temps ne permet pas de voler ou quand la femelle, malgré tous ses efforts, n’a pas réussi à trouver les bonnes plantes aux alentours . Prise de cours, elle doit alors se délester de ses œufs sur la première plante venue. La plupart des papillons réabsorbent leurs œufs lorsqu’ils se rendent compte de l’erreur qui condamne leur descendance . D’autres les laissent sur place et re-pondent plus tard sur la bonne plante .

En général les œufs sont pondus en grand nombre pour compenser les conditions climatiques et les prédateurs qui en détruisent beaucoup . Une femelle peut en pondre 200 en une seule fois et plus de 1000 au cours de sa vie.  

La taille des œufs diminue au fur et à mesure que la femelle vieillit, car ces réserves nutritives se réduisent . 

Les œufs des papillons possèdent une petite dépression sur le dessus où se trouvent un ou plusieurs trous (les pores micropylaires) par lequel entre le sperme lors de la fécondation. On appelle cette zone le micropyle . La coquille de l’œuf est également remplie de pores microcosmiques , les aéropyles*, par lesquels l’air peut entrer pour oxygéner la chenille en formation .

L’embryon se nourrit grâce aux réserves nutritives contenues dans l’œuf. En temps normal, Il faut de une1 à 2 semaines pour que la chenille soit entièrement formée et prête à sortir de l’œuf . Il faut beaucoup plus de temps lorsque l’espèce hiberne au stade de l’œuf et que l’embryon doit alors passer plusieurs mois enfermé dans sa coquille . Le développement est alors ralenti pour que l’éclosion puisse se dérouler aux premiers jours du printemps.

Les œufs destinés à passer l’hiver sont souvent plus gros et possèdent un chorion plus épais . Ils peuvent également contenir du glycérol qui fait office d’antigel ou être recouverts d’écailles déposées par la femelle au moment de la ponte .

*Chorion

Enveloppe externe de l’œuf.

*Mycropyle : Petite zone avec un ou plusieurs trous par lequel le spermatozoïde entre pour venir féconder l’œuf. Après la pénétration le micropyle se referme pour bloquer la venue d’autre spermatozoïde.

*Aéropyles : Canaux tout autour de l’œuf  qui traversent le chorion des œufs d’insectes qui permettent l’oxygénation de la chenille en formation.

2 ) les chenilles

Après avoir découpées une partie du chorion pour sortir de l’œuf,  les chenilles se mettent en quête de nourriture.  Normalement, la mère a pondu les œufs sur la plate hôte et les chenilles n’ont pas un long chemin à faire pour prendre leur premier repas . L’activité principale des chenilles  consiste d’ailleurs à se nourrir et elle le font très bien. Une  chenille affamée peut dévorer  une feuille complète en quelques minutes . Étant paysagiste de métier j’ai pu voir à plusieurs reprises  des buis totalement défoliés en 1 nuit. Je quittais le domicile du client avec des buis en parfait état et lorsque je revenais le lendemain toutes les feuilles des arbustes avaient été dévorées par les chenilles de la pyrale du buis qui sont particulièrement voraces et souvent nombreuses. 

Chenille de la pyrale du buis

Le style avec lequel les chenilles attaquent les feuilles peut permettre l’identification.  Certaines espèces font des trous d’autres s’attaquent aux bordures  alors que d’autres , comme la pyrale du buis,  ne laissent rien derrière elles   .

La nourriture des rhopalocères est essentiellement constituée de plantes à fleurs et notamment des feuilles bien que certaines espèces puissent s’attaquer à d’autres parties  comme la tige , les fleurs ou les fruits .

L’alimentation des hétérocères est plus variée  et ceux-ci peuvent aussi consommer  des mousses, des fougères, les lichens  ou les aiguilles des conifères.

Cette accumulation d’aliment a pour fonction de fournir l’énergie nécessaire aux diverses mues que la chenille va devoir traverser et en fin de cycle  à sa transformation en papillon. Durant la nymphose le papillon ne prend plus aucune nourriture et la chenille doit parvenir à ce stade rempli d’Énergie pour être capable d’effectuer la grande métamorphose.

Le corps des chenilles  est fait pour manger. Il est constitué d’une tête faite d’une capsule dure de chitine, de mâchoires très puissantes et d’un long corps mou  traversé par un long intestin .

Si l’on entre un peu dans le détail, on peut dire que la chenille est constituée  de 3 parties . La tête, le thorax et l’abdomen.

1 ) la tête est dotée de mâchoires très puissantes de type broyeur, d’une filière qui servira au filage de la soie , de palpes labiaux, de très courtes antennes et d’ ocelles, ou stemmates,  qui sont des yeux simples qui ne permettent pas de voir des images,  mais donnent des informations sur la luminosité . ceux-ci au nombre de 12  sont disposés de chaque côté de la tête (6 de chaque côté)

2 ) le thorax correspond aux trois premiers segments  qui suivent la tête. Chaque segment porte une paire de vraies pattes articulées qui se terminent chacune  par une griffe unique   . Celles-ci servent  plus  à la chenille pour  s’accrocher que pour  se déplacer .

3 ) L’abdomen est composé de 10 segments ou anneaux charnus . Les segments 3 à 6  sont souvent dotés de fausses-pattes* et le dernier segment d’une  autre paire de pattes dite anale .

Ces  pattes sont munies  de crochets ou parfois de ventouses  et servent au déplacement de la chenille.

La respiration se fait grâce des petites ouvertures nommées spiracles ou stigmates qui sont situés de chaque côté du corps  . En général, on en trouve 1 paire par anneau,  mais il peut y avoir des différences selon les espèces . Les stigmates fonctionnent  comme des valves et ne s’ouvrent que lorsque la chenille a besoin d’oxygène.

Certaines chenilles sont recouvertes de touffes de poil ou de petite  épine qui ont des vertus défensives . La chenille processionnaire par exemple  est recouverte de milliers de poils qui sont comme des minis aiguilles. Non contents d’être piquants, ses poils contiennent aussi une protéine toxique qui est très irritante et qui décourage un grand nombre de prédateurs.

Épines de la chenille de la grande tortue (Nymphalis polychloros)

Phytophages ou carnivores ?

En Europe,  la plupart des chenilles sont phytophages et se nourrissent de végétaux. Certaines, comme celles de l’azuré du serpolet et quelques espèces qui lui sont proches, ont un régime carnivore sur la fin de leur cycle.

De nombreuses espèces phytophages  peuvent en revanche pratiquer le cannibalisme à l’occasion quand la nourriture vient à manquer.

Mais il existe dans le monde  et notamment sous les tropiques un certain nombre de lépidoptères de la famille des lycaenidae  dont les chenilles sont carnivores du début a la fin de leur évolution. Ces chenilles se nourrissent de petits animaux  comme les pucerons, les cochenilles ou les membres de la famille des homoptères.    

La mue

Les chenilles n’ont pas de muscles . La forme du corps n’est due qu’à la forme de la peau qui est gonflée par la pression de l’hémolymphe dans lequel baignent les organes .  Pour cette raison la chenille doit changer de peau et muer lorsqu’elle grandit. Une nouvelle peau , plus grande, se développe alors sous la première.  Une chenille peut effectuer 4 à 5 mues au cours de son développement .

Pour exécuter cette mue qui va l’exposer,  la chenille choisit un endroit tranquille , s’immobilise et  cesse de manger. Elle gonfle alors la région antérieure de son corps en faisant pression avec son hémolymphe et déchire l’ancienne peau devenue trop petite. Celle-ci se fend d’abord sur la partie arrière et la chenille s’en extrait en progressant vers l’avant .

Il est impossible de déterminer le sexe des chenilles à l’œil nu, car elles ne possèdent pas  d’organes génitaux . Seule une analyse génétique le permettrait .

Phalène sur une branche de buddleia

Très lente dans leur déplacement, les chenilles sont des proies faciles et très recherchées par les oiseaux et de nombreux autres prédateurs . Pour cette raison certaines chenilles ont des tenues de camouflage   (cryptique)  qui imite la couleur des feuilles ou la texture du bois .

Je suis passé à de nombreuses reprises  devant cet arbuste avant de repérer cette chenille de la phalène  qui s’était  immobilisée sur cette branche dont elle a la couleur même la  forme (mimèse) .

Camouflage

Pour se défendre des prédateurs,  les chenilles adoptent le camouflage . « Adopte  » est une façon de parler puisque cette homochromie avec le milieu qui les rend quasiment  invisibles se fait par le biais de la sélection naturelle et non par une quelconque volonté de l’animal.  

Les chenilles qui ont des teintes proches de leur plante hôte sont  tout simplement moins mangées et moins parasitées et peuvent davantage transmettre leurs gènes que celles qui ont des tons plus criards.

La couleur des  chenilles est donc souvent le vert ou le marron, car ces couleurs sont les plus fréquentes dans la nature. La couleur  dépend surtout des teintes de la plante hôte sur laquelle la chenille va passer le plus clair de son temps. Pour renforcer l’illusion, la couleur est rarement uniforme. Beaucoup ont des stries ou des rayures obliques qui viennent casser les formes de l’animal  .

Chenille du flambé (Photo André Lequet)
Chenille du Grand mars changeant (Photo H Bouyon )

Les militaires qui ne veulent pas être vus des ennemis utilisent la même technique en revêtant des vêtements vert et marron et en se dessinant des lignes obliques sur le visage pour brouiller la lecture. Des chenilles comme celle du Flambé (iphiclides podalirius) ou du Grand mars changeant (Apatura iris) jouent  sur deux tableaux en utilisant des lignes obliques et en ayant des formes qui les font ressembler à des feuilles enroulées.

Ce dernier type d’imitation par un animal d’une forme de la nature est appelé mimèse.

La chenille de la nymphale de l’arbousier et celle de la mélitée du plantain sont des parfaits exemples de mimèse . Le corps de la première imite parfaitement la feuille de l’arbousier tandis que le corps de la seconde imite par la forme et les couleurs, les épis du plantain.

Certaines  phalènes  peuvent même changer leur couleur en fonction de la tige sur laquelle elle se trouve.   Des zones plus ou moins sombres sur la chenille jouent aussi un rôle de protection en brisant l’effet de l’ombre qui peut trahir une  présence. Parmi les autres éléments de dissimulation, on peut aussi nommer la pilosité qui est parfois si importante qu’on devine à peine ce qui se cache dessous.    

Soies

Plusieurs espèces produisent  de la soie qui sert à fabriquer des toiles pour envelopper les chenilles ou à tisser des cocons pour renforcer la protection de  la chrysalide  . La  soie est fabriquer par les glandes salivaires.

Chenille de l’hyponomeute du fusain à l’abri dans un cocon de soie.

3) La chrysalide

Après l’œuf et la chenille, la chrysalide est la troisième étape dans le cycle de développement des papillons . Elle est la phase de diapause pendant laquelle la chenille se transforme en papillon. 

Parvenue à sa maturité, la chenille cherche alors un endroit où elle pourra effectuer cette phase dans les meilleures conditions. Cela peut être sur la tige de la plante hôte elle-même ou enterrée dans le sol au pied de cette même plante.

Chrysalides de Machaons attachées par une ceinture. (Photo notre nature ).
Selon la couleur de leur environnement emles peuvent être vertes ou brunes.
Chrysalide Aurore

Parmi celles qui se fixent à une tige, quelques-unes s’attachent tête en bas (Tircis ou petite tortue)  en tissant un coussinet de soie au niveau du crémaster  alors que d’autres, comme le machaon ou l’Aurore, gardent la tête haute et confectionnent  une ceinture qui va les maintenir  solidement au support. On appelle ces dernieres les chrysalides ceinturées .

Un certain nombre de chenilles vont effectuer un parcours parfois assez long et périlleux avant de trouver le bon endroit. 

La chenille du Machaon peut par exemple entreprendre un voyage de 2 à 6 heures avec de se fixer sur un support. Cette migration a des avantages des inconvénients . L’inconvénient est que la chenille est plus visible pendant son cheminement. l’avantage est que les prédateurs ne la trouveront pas sur sa plante hôte où ils ont l’habitude d’aller la rechercher  .    

Chrysalide de Robert le diable (Polygonia c album) fixée , tête en bas , par le crémaster

Une fois installée, la transformation à proprement parler commence . Vu de l’extérieur on a l’impression que la chrysalide est au repos et qu’il ne se passe rien . Mais c’est l’inverse qui se produit et à l’intérieur se déroule une intense activité qui va remodeler la chenille en papillon. Un insecte qui rampait va devenir un magnifique papillon qui vole .

La chenille cesse alors de boire et de se nourrir et vide son tube digestif puis effectue une mue qui fait apparaitre la chrysalide. 

Une grande partie des tissus de la chenille subissent à ce moment-là une importante transformation qui permet de faire apparaitre le corps et les ailes du futur papillon.  Pendant cette étape la chrysalide, qui est immobile, est extrêmement vulnérable.  Beaucoup sont victimes des prédateurs qui en font leur repas ou qui viennent y pondre leurs œufs (parasitoisme ). Un certain nombre de lépidoptères, pour cette raison, fabriquent en plus de la chrysalide un cocon protecteur . Celui-ci peut ressembler à une coque faite de soie ou à un rouleau de feuilles . Les papillons de nuit sont connus pour fabriquer de tels cocons .

Contrairement aux papillons les chrysalides sont peu visibles et revêtent souvent des formes et des couleurs proches de la nature qui font qu’elles se confondent avec leur support. Mais la cause se comprend bien et c’est là un moyen de défense pour compenser leur immobilité qui les empêche de fuir ou de se défendre .

Les chenilles qui arrivent à maturité  en fin d’automne et qui passent l’hiver à l’état de chrysalide chercheront un endroit bien abrité pour supporter les froidures de l’hiver . Certaines chrysalides peuvent résister à des températures très basses entre – 25 et -30 grâce à la présence de produits antigel dans leurs tissus (glycol).

Quelques jours avant la sortie du papillon, la chrysalide change de couleur et on aperçoit alors parfaitement la forme des ailes . Les motifs des ailes de la belle dame, par exemple, sont parfaitement reconnaissables quelques heures avant la délivrance.  

L’émergence du papillon se fait grâce à un apport d’air qui gonfle le corps du papillon. L’épiderme de la chrysalide se déchire alors au niveau de l’arrière de la tête . L’insecte libère d’abord ses pattes , ses antennes puis le reste de son corps . Les papillons qui avaient un cocon de protection devront aussi se délivrer de ce dernier . 

Chrysalidation d’une petite tortue

Au jardin des oiseaux, J’ai eu la chance d’assister à la chrysalidation d’une petite tortue (Aglais urticae). La chenille s’est d’abord fixé sur une citerne d’eau grâce à des fils de soie qu’elle a tissé  puis elle a pris une position en L . Je m’attendais à ce qu’elle reste ainsi pendant deux ou trois jours, mais dès le lendemain la chrysalidation avait commencé. La chenille s’était débarrassée dans la nuit de sa cuticule et avait  entamé la nymphose.

La chrysalide se libère de la vieille peau grâce à des contractions abdominales . Celle-ci est repoussé vers l’arrière  et reste repliée et séchée  au « pied » de la chrysalide . on voit bien sur ma photo l’exuvie replié où l’on peut encore lire  l’emplacement de la tête et du corps de la chenille.

 Les chrysalides sont en apparence totalement immobiles et la plupart le sont,  mais certaines peuvent bouger . C’est le cas de la chrysalide de la petite tortue qui s’est mis à bouger de gauche à droite  lorsqu’une personne qui m’accompagnait s’est approchée d’un peu trop près .  Il ne s’agit pas bien sûr de grands mouvements, mais des observations ont montré que les chrysalides se servaient de ces petits mouvements latéraux  pour tenter  de repousser les  prédateurs.  

Le mot chrysalide vient grec ancien  « Khtusallis » qui signifie doré . Au départ il a été créé pour désigner les chrysalides de certaines espèces de Nymphalidae qui ont des reflets métallisés.

  

4 ) L’adulte

Linné a nommé le 4 -ème et dernier  stade du cycle des papillons Imago car le papillon est enfin à l’image de ses parents .

Juste après l’éclosion, le papillon s’installe dans un endroit où ses ailes encore molles peuvent pendre et il y injecte de l’air et de l’hémolymphe* pour les gonfler et durcir les nervures  . il lui faudra encore attendre entre 1h et 5 heures pour celles-ci soit entièrement sèche et qu’il puissent s’envoler .

Émergence d’un Machaon (Photo google)

La dernière phase consiste en l’éjection du méconium qui est le fluide fécal accumulé lors de la métamorphose .

Méconium vient du grec “mekonion” qui signifie suc de pavot

Chez les insectes il a souvent une couleur rosée voir rouge vif qui peut être pris pour du sang .

Selon certaines sources l’éjection de méconium rouge par les papillons à certaines périodes serait à l’origine de la légende des pluies de sang qui avaient cours au moyen âge . 

Machaon adulte

Dans la vie des papillons d’Europe de Denis richard et Olivier Maquart, on trouve un extrait d’une chronique publiée en 1608 qui relate ce phénomène qui avait traumatisé les villageois .

« Une pluie de sang tomba à Aix-en-Provence et s’étendit à une demi-lieue de la ville . L’effroi était dans tous les esprits . Heureusement un homme instruit, M de Peiresc, se livra sur ce soi-disant prodige à des recherches assidues. Il reconnut que les matières rouges qui existaient dans l’eau de pluie n’étaient autre chose que les excréments de papillons qu’on avait observés en abondance sans les commencements en juillet . Il s’empressa de montrer le fait aux amis du miracle, mais le peuple des faubourgs continua de ressentir une véritable terreur à la vue de ces larmes sanglantes qui tachaient le sol de la campagne ».

Pluie de sang en Provence en Juillet 1608

L’enquête prouva en effet que toutes les taches rouges qu’on trouvait aux alentours du village étaient dû à un nombre impressionnant de vanesse qui s’étaient libérées en même temps de leur méconium .

Les papillons sortis de la chrysalide sont  maintenant entièrement tournés  vers un seul objectif : survivre pour pouvoir se reproduire avant de disparaitre . Leur durée de vie assez courte fait  qu’ils n’ont pas le temps de se consacrer à des futilités et que  mâles comme femelles s’attellent  à cette tâche avec un grand sérieux  dès l’émergence à l’état adulte . Si on peut badiner avec l’amour, on ne badine pas avec la perpétuation de l’espèce quand cette dernière peut disparaitre chaque printemps .

Thermorégulation

Les lépidoptères sont des animaux ectothermes. C’est-à-dire qu’ils ne produisent pas leur propre chaleur comme la plupart des oiseaux et des mammifères, mais qu’ils sont dépendant pour cela du climat extérieur .

S’il fait trop froid, ils ne pourront voler et mourront s’il ne trouve pas rapidement un abri ou qu’il ne migre pas .

S’il fait trop chaud, ils se déshydrateront et mourront de la même manière . Pour cette raison de nombreuses espèces hibernent en hiver ou effectuent des migrations vers les pays plus tempérés  .

Pour lutter contre ces variations de température, ils ont développé des stratégies qui leur permettent de compenser les températures excessives.

Pour lutter par exemple contre les fraicheurs matinales, les papillons ouvrent les ailes pour capter le moindre rayon de soleil. Pour optimiser encore plus la chaleur, ils se placent sur des supports de couleur claire qui réverbère la chaleur et leur chauffe le dessous du corps. Ces supports peuvent être des troncs d’arbres clairs comme les bouleaux ou les peupliers ,de simples feuilles tombées au sol ou même des bouts de plastique . Cette pratique est très développée chez les papillons et on peut l’observer presque chaque matin à l’heure où les papillons rechargent leurs “batteries” .  

Certaines fleurs lumineuses, de couleur jaune par exemple, peuvent également jouer ce rôle . Le papillon fait ainsi d’une pierre deux coups . Il se nourrit en aspirant le nectar tout en profitant au mieux de la luminosité  qui le réchauffe du dessus, par le soleil, ou du dessous, par la réverbération..

J’appelle ces zones des reposes papillons.

Par temps chaud, ils font l’inverse. Ils gardent les ailes fermées ou se mettent à l’ombre . Ils ressortent en début de soirée lorsque l’air est un peu plus frais  . Ils cherchent également à boire en buvant dans des flaques, des piscines ou sur le bord des rivières.

Si la canicule se prolonge, certains entrent en diapause comme ils le font en automne. La diapause d’hiver s’appelle l’hibernation . la diapause d’été, l’estivation. Cet état leur permet de ralentir leur métabolisme et de supporter les très fortes chaleurs.

D’autres reprennent la route et migrent vers des régions où ils trouveront les températures adaptées à leurs organismes . C’est ce que font d’ailleurs les très nombreux papillons d’Afrique du Nord qui entreprennent une grande migration au début du printemps pour venir s’installer en France, et jusqu’au nord de l’Europe, où les températures sont plus tempérées qu’en Afrique.   .

La température idéale pour la plupart d’entre eux se situe entre 20 et 28 degrés.

Climatisation

Des études récentes ont montré que les papillons étaient capables de refroidir leurs ailes grâce à une sorte de climatisation interne . Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les ailes ne sont pas que des structures mortes. Elles sont  alimentées en liquide via les nervurations principales. Les scientifiques ont également montré que les ailes avaient une sorte de cœur  très primitif qui battait une dizaine de fois par minute pour faciliter la circulation de l’hémolymphe dans les nervures et les androconies. Les écailles participent aussi à la climatisation en réfléchissant ou en absorbant le rayonnement solaire selon les besoins du papillon.

Les ailes sont alimentées en liquide via les nervurations principales

La teinte de certaines parties du  corps jouerait  également un rôle. Les couleurs sombres  permettraient aux papillons vivant dans des pays plus froids d’absorber un maximum de chaleur alors  que les couleurs claires permettraient aux papillons des pays chauds de  repousser les rayons du soleil.

Alimentation

1) Le nectar

Avec un appareil buccal de type suceur*, les papillons ne peuvent aspirer que des substances fluides. Le nectar des fleurs qui se trouve dans les nectaires de ces dernières  constitue l’élément principal de leur alimentation.

Les papillons butinent les fleurs grâce à leur trompe qui joue le même rôle que nos pailles . La sélection naturelle, chère à Darwin, joue ici son rôle et elle a fait en sorte que la longueur des trompes de chaque espèce  correspond à la profondeur des corolles dans lesquelles les papillons aiment butiner .

Robert le diable (Polygonia c album) en train de butiner le nectar d’un aster

C’est en voyant que le nectar  de l’orchidée Angraecum sesquipedale se trouvait au fond d’un éperon de 26 cm que Darwin a émis l’hypothèse qu’il devait exister un papillon qui possédait une trompe de cette taille . Il précisa que ce papillon  était certainement le seul à pouvoir polliniser cette plante en raison de la longueur de l’éperon.

Darwin n’eut pas la chance de pouvoir vérifier son hypothèse de son vivant . Il mourut en 1882 .La réponse fut apportée 20 ans plus tard  en 1903 par les entomologistes anglais Walter Rothschild et Karl Jordan . Ces derniers  décrivirent une sous-espèce du sphinx de Morgan capturé par le naturaliste français Paul Mabille à Madagascar  qui correspondait parfaitement à la prédiction de Darwin.   Le papillon avait une trompe de 27 centimètres qu’il enroulait autour de sa tête en faisant plus de 20 tours quand il ne l’utilisait pas.

C’est à l’occasion de ce butinage que le corps du papillon se recouvre du pollen des fleurs  et qu’il va ensuite le déposer sur d’autres fleurs qu’il pollinise . 

Certains papillons sont « généralistes »  et butinent de nombreuses espèces, mais d’autres sont spécialisés et ne butinent que certaines fleurs avec des caractéristiques bien précises (Couleurs, forme , taille, type de nectar, odeur , etc. …).

Les papillons qui vivent en sous-bois  se nourrissent également, comme les fourmis, du miellat des pucerons qui sont souvent très nombreux sur le feuillage des arbres.

2) Sèves et sucs

Même s’il est l’élément principal, le nectar n’est pas le seul aliment dont se nourrissent les papillons . Des espèces comme le maure (Mormo mauraà ), la grande tortue ((Nymphalis polychloros), le Sylvandre (Hipparchia fagi)  ou le Morio (Nymphalis antiopa) se nourrissent de la sève qui s’écoule  des arbres et des sucs des fruits.

Mettez une coupelle de fruits pourris  dans votre jardin et vous verrez surement apparaitre le petit mars changeant qui se nourrit principalement de jus de fruits .

Petit mars changeant mâle (Apatura ilia) et guêpe poliste qui se
disputent une poire dans la coupelle aux papillons.

Au jardin des oiseaux, je n’en voyais jamais jusqu’au jour où j’ai eu l’idée d’installer une coupelle à papillons remplis de fruits pourris (Poires, pêches, abricots , melon , etc.) Depuis, le jardin est habité chaque année par cette espèce que l’on repère immédiatement grâce au phénomène de l’iridescence qui fait apparaitre de grandes zones bleues sur les ailes des mâles.

3) Urine, transpiration, excrément ou charogne 

Mais les papillons se délectent également d’aliments moins nobles que les fruits ou le nectar .  Il apprécient aussi beaucoup les excréments, l’urine ou les charognes dont ils extraient, grâce à leur trompe, les éléments nutritifs  . Ils font la même chose avec les eaux boueuses  ou  la transpiration . Si un papillon, un jour, se pose sur votre bras en été, n’y voyez pas  comme cause  un signe du destin ou la force attractive de votre charisme . le papillon est simplement en train d’extraire les sels minéraux de votre transpiration pour s’en nourrir  . Les mâles s’intéressent notamment au sodium contenu dans ses solutions  pour le transmettre  ensuite, via le spermatophore, aux femelles.

*Quelques rares *groupes de papillons n’ont pas de trompe et se nourrissent en raclant le pollen avec des petites mandibules . D’autres n’en ont pas parce qu’ils ne vivent que quelques heures et que leur durée de vie limitée leur laisse juste le temps de se reproduire. 

Reproduction

Comme toutes les espèces vivantes sur la planète, les papillons n’ont qu’une seule obsession : ne pas disparaitre et « persévérer dans leur être » comme l’écrivait si joliment le philosophe Spinoza en son temps.

Mais contrairement aux autres espèces ,  la vie des papillons est très courte et la reproduction est donc l’affaire qui occupe toute leur vie.  Les femelles ont seulement quelques jours pour rencontrer le bon partenaire, s’accoupler avec lui, puis trouver sa plante hôte et y déposer ses œufs.

Après la parade nuptiale, qui se réduit souvent à quelques acrobaties aériennes, l’accouplement a lieu dos à dos. En général, il est plutôt rapide, car les papillons sont très vulnérables dans cette position et ne peuvent faire face aux prédateurs . Mais il existe des exceptions comme chez les sésies du peuplier ou l’accouplement peut durer des heures. En cas de danger, il arrive d’ailleurs que les papillons s’envolent dans cette position. L’un des deux entraine alors l’autre à sa suite tout en restant soudé par les organes génitaux.

Lors de l’accouplement, le mâle introduit les spermatozoïdes dans l’appareil génital de la femelle soit directement soit par le biais d’un spermatophore .

Les œufs se développent dans l’abdomen de la femelle dès son émergence et sont fécondés juste avant la ponte.

De l’importance du climat sur la reproduction

Selon le climat, les papillons peuvent modifier le rythme de la  reproduction  . Le Tircis (pararge aegeria) par exemple, qui est présent du nord au sud de l’Europe , se développe sur deux générations annuelles au nord alors qu’il peut en faire 3 ou 4 plus au sud .  Sur l’ile de madère où le climat est tropical, le Tircis enchaine même  les générations tout au long année et ne connait plus aucune diapause.   

Fidèle ?

Chez certaines espèces, les femelles n’ont de relations qu’avec un seul mâle et refusent les suivants alors que chez d’autres elles acceptent toutes les sollicitations et peuvent enchainer les accouplements avec plusieurs partenaires . Pour être sûrs de leur paternité, les mâles ont élaboré des stratégies qui consistent à occulter les voies génitales des femelles avec une sorte de sécrétion crémeuse  qui sèche à l’air et bouche définitivement les parties génitales . L’Appolon est coutumier du fait et fabrique une sorte de gros  bouchon qui est appelé le sphragis.

Dans la majorité des espèces ,les mâles apparaissent quelques jours avant les femelles. Selon certains spécialistes, la raison de ce décalage viendrait de ce que les femelles sont fécondes très peu de temps et qu’il est bon que de nombreux mâles soient disponibles  pour les féconder dès qu’elles émergent.

Patrouilleurs ou solitaires?

Les lépidoptéristes divisent le comportement des papillons mâles en deux groupes . Les patrouilleurs, qui sillonnent un territoire connu en faisant des aller-retour à la recherche des femelles, et  les sentinelles, qui se postent en hauteur et attendent que les femelles passent devant eux .

Robert le diable mâle  qui surveille son territoire du haut de sa tige

 

Il est difficile de ne pas reconnaitre dans ces attitudes celles des mâles humains qui ont à peu de choses près les mêmes stratégies.

On pense bien sûr à ces hommes  qui s’installent aux terrasses des cafés pour regarder passer les femmes ou à ceux qui écument  les soirées en espérant ne pas revenir bredouilles .

Partant de là, on peut imaginer que les ressemblances existent aussi du côté des femelles et qu’il y a surement des lépidoptères femelles qui « papillonnent  »  en mettant en avant leurs atouts et d’autres qui utilisent un style plus direct qui ne laisse aucun doute quant à ce qu’elles désirent.

Générations

Ce que l’on nomme  une « génération » est l’ensemble des individus d’une même espèce  qui naissent au même moment dans un lieu donné.  

Comme chacun peut le constater, les papillons en Europe ne sont pas présents en permanence. Absents en hiver, ils apparaissent au printemps lorsque les températures sont devenues plus clémentes. Chez les papillons, qui sont des insectes holométaboles*, la génération est le fruit d’un cycle de métamorphose qui commence par l’œuf ,se poursuit par le stade de la chenille puis celui de la chrysalide avant d’arriver à l’ultime  métamorphose appelée le stade de l’imago.  Ce dernier stade a été baptisé ainsi par le naturaliste suédois Carl von Linné, car l’insecte devenu un papillon adulte est enfin à l’image de ses parents.

Belle dame sur asters

Les premiers papillons que l’on voit arriver en premier  fin février ou début mars sont les papillons qui ont passé l’hiver à l’état d’adulte. Pour traverser ce moment difficile,  ils se sont protégés du froid en se cachant dans des granges, derrière des volets ou  sous des tas de feuilles. Certains d’entre eux,  comme  le citron (Gonepteryx rhamni), produisent même du glycérol qu’ils s’injectent dans le corps et les ailes pour ne pas geler. Les premières générations arrivent un peu plus tard et sont le fruit des lépidoptères qui ont passé l’hiver au stade de la chrysalide , de la chenille ou de l’œuf . Les papillons peuvent en effet hiverner à tous les stades de leur métamorphose . 

Selon les espèces et selon le climat il y avoir 1 2 , 3 voire 4 générations dans l’année .

Les espèces monovoltines

De nombreuses espèces sont monovoltines* , c’est-à-dire qu’elles ne produisent qu’une génération par an . Les œufs sont en général pondus en fin d’été ou au début de l’automne et les individus passent l’hiver au stade de l’œuf de la chenille ou de la chrysalide .

Aurore mâle (Anthocharis cardamines)
Demi-deuil ( Melanargia galathea ) sur echinacea

c’est le cas de l’aurore (Anthocharis cardamines) qui se sort de sa chrysalide au printemps et que l’on peut admirer dès le mois de mars avril . On peut la voir pendant un mois ou deux puis il faudra attendre l’année suivante pour admirer à nouveau la tache orange du mâle et le dessous blanc marbré de vert des deux sexes. C’est aussi le cas du demi-deuil ( Melanargia galathea ) que l’on peut apercevoir en France du mois de mai- juin au mois de septembre ou de l’hespérie de l’épiaire (Carcharodus lavatherae) qui vole entre mai et aout . L’aurore hiberne à l’état de chrysalide alors que le demi-deuil et l’hespérie de l’épiaire le font à l’état de chenille ce qui explique pourquoi l’aurore apparait plus tôt.

Les espèces bivoltines ou plurivoltines

Certaines espèces de papillons produisent plusieurs générations par an. Au  printemps apparait la première génération qui a passé l’hiver en hibernation. Celle-ci se reproduit puis les générations se succèdent. La succession rapide des générations est rendue possible grâce à la douceur des températures  et à l’abondance de nourriture qui favorise la reproduction et

 Selon l’espèce et selon le climat, il peut y avoir deux ou trois générations avant l’arrivée de l’automne. Le machaon, la belle dame  ou la piéride du navet  peuvent produire de 1 à 4 génération par an selon l’endroit où ils vivent.

Piéride du navet (pieris napi)
Belle dame (Vanessa cardui)
Machaon (Papilio machaon)

Dans le nord de la France, les papillons n’ont le temps de produire qu’une génération alors que la même  espèce peut en produire deux , trois et parfois même  quatre dans le sud.

Certaines espèces ont des particularités qui permettent de distinguer entre les générations printanières et les générations estivales. Un papillon comme la carte géographique a même un dimorphisme saisonnier très marqué avec  sa forme de printemps  F levana et sa forme d’été  (f. prorsa)  .  

Le froid arrête le processus des générations, car les papillons sont des insectes ectothermes et qu’ils dépendent de la température extérieure, mais les trop fortes chaleurs peuvent aussi le stopper. Pour cette raison on ne voit pratiquement plus de papillons lors des grosses canicules    Dans les deux cas, les papillons se mettent en diapause et attendent que les bonnes conditions reviennent. Sous nos latitudes, la durée de vie  des papillons  va de quelques jours pour certaines espèces à plus d’un an pour celles  qui passent l’hiver en hibernation.  

Dryadula phaetusa (Le Tigre Orange)
Heliconius erato

Ci dessus papillons de la fôret tropicale

La forêt tropicale est l’endroit  sur la planète où l’on trouve le plus de papillons. C’est aussi le lieu où l’on rencontre les plus colorés . La raison vient de ce que le climat est celui qui leur convient le mieux et qu’il y a une richesse  botanique incroyable. Les papillons ont à leur disposition de nombreuses plantes hôtes  et n’ont qu’à se pencher pour trouver de la nourriture  .

Une autre raison est la faible densité d’humains dont la forte présence  est  toujours la principale cause de  disparition des espèces.

La chaleur et l’humidité y sont permanentes et permettent aux  générations de s’enchainer tout au long de l’année.

En France, c’est la région méditerranéenne qui convient le mieux aux papillons . le climat tempéré  du bord de mer est idéal pour eux et la durée du jour , plus importante qu’au nord, permet aux espèces de produire deux ou trois générations.  

*Génération :  l’ensemble des individus d’une même espèce qui naissent au même moment dans un lieu donné. 

*Monovoltin : De « mono » seul et de « volvere » , se dérouler, évoluer .

Se dit des espèces qui ne produisent qu’une génération par an.                            

*Bivoltin :  Des mots  « bi » , deux et de « volvere » ,se dérouler, évoluer . 

Se dit des espèces qui ont deux générations par an. 

*Plurivoltin ou multivoltin  :

De pluri ou multi , plusieurs et volvere, se dérouler, évoluer.

Se dit des espèces qui produisent plusieurs générations par an. 

*Homolétabole

Terme qui qualifie les insectes dont le cycle évolutif passe par une métamorphose complète. (Œuf, larve, nymphe, imago) .le terme holométabole est opposé au mot hétérométabole).
Parmi les insectes holométaboles on trouve : les lépidoptères, les coléoptères, les hyménoptères, les diptères ,ect…

Le parasitoïsme

Il existe chez les animaux de nombreuses interactions interespèces qui vont du mutualisme au parasitisme . Le premier est un arrangement gagnant-gagnant entre deux espèces qui tirent toutes deux des bénéfices de la relation.

Exemple de mutualisme entre un bœuf charolais et des pies bavardes

Entre le bœuf et le héron, par exemple, existe une relation où chacun trouve son compte. La vache fait sortir du sol des insectes que le héron peut attraper facilement  et en retour le héron débarrasse la vache de ses parasites.  

Le deuxième  est moins sympathique puisque le bénéfice est unilatéral et  qu’une seule espèce en tire du bénéfice alors que l’autre n’en retire que du désagrément.  Le parasitisme est très désagréable pour l’hôte  qui est exploité par un autre être vivant, mais il conduit rarement à la mort .

C’est ce qui le distingue du parasitoïsme qui est une interaction entre deux espèces où l’espèce parasitée meurt toujours à la fin. Les papillons  sont très souvent victime de ce type d’interaction.  Le deuxième et  le troisième stade de la métamorphose qui correspondent aux  chenilles et aux  chrysalides sont particulièrement attaqués.

Nymphes de guêpe ichneumon sur une chenille de sphinx du tabac . (photo Google )

Le cas le plus connu de parasitoïsme est celui de la guêpe ichneumons.  La femelle de cet hyménoptère pond ces œufs sur  le corps ou directement  dans le corps  de la chenille grâce à son ovipositeur qui lui permet de percer la chair . Une fois éclot, la larve se nourrit de l’intérieur du corps de la chenille. En général, elle commence par les parties non mortelles pour garder la viande fraiche le plus longtemps possible puis s’attaque aux parties vitales  . La chenille finit par mourir. La larve sort alors du corps de son hôte et se nymphose sur la dépouille ou juste à côté.

Le naturaliste britannique Charles Darwin avait été frappé par le parasitoïsme de la guêpe ichneumons . Il disait qu’il avait  définitivement cessé de croire en Dieu après avoir découvert le processus de ponte de  la guêpe  Ichneumon .

Dans une lettre envoyée en 1860 au botaniste américain Asa Gray, il écrivait:

« Je ne parviens pas à voir aussi pleinement que d’autres ni aussi pleinement que je le souhaiterais, la preuve d’un dessein et d’un dessein généreux dans ce qui nous environne. Il me semble qu’il y a trop de misère en ce monde. Je n’arrive pas à me persuader qu’un Dieu bienveillant et tout-puissant ait pu créer délibérément les ichneumons avec l’intention de les faire se nourrir de l’intérieur du corps de chenilles vivantes.…»

Les chenilles peuvent également être parasitées par les mouches de la famille des tachinidaes. Les femelles de cette espèce pondent leurs œufs sur la plante hôte de la chenille. Une fois éclot la larve de la mouche fait comme celle de la larve de la guêpe. Elle se rapproche de la chenille puis  pénètre dans son  corps où elle commence immédiatement  le festin. Il arrive fréquemment  que plusieurs insectes parasitoïdes s’attaquent aux chenilles ou aux chrysalides . D’autres parasites vivent sur l’hôte et profitent de la décomposition du corps. C’est le cas des acariens  qui sucent les jus qui sortent du corps .

la Phasie crassipienne de la famille des Tachinidae
Phasie aurigera de la famille des Tachinidae

Des  études ont montré qu’une chrysalide sur deux serait parasitée ou tuée par des maladies. Les mêmes études montrent que sur les 500 œufs pondus par la femelle seuls 2 ou 3 arrivent à l’âge adulte et parviennent à se reproduire.

Ces pratiques nous paraissent barbares, mais elles sont pourtant très fréquentes dans le monde des insectes.

Certains  scientifiques considèrent même qu’il y a un bénéfice indirect  pour l’espèce hôte . Selon eux, les parasitoïdes réguleraient les populations de papillons qui sans eux seraient beaucoup trop nombreux . Dans certaines espèces, les femelles peuvent pondre jusqu’à 500 œufs. Les spécialistes estiment  que si les naissances n’étaient pas régulées, les individus trop nombreux  épuiseraient les ressources et finiraient par mourir de faim .

Comme il est toujours difficile de savoir si la poule était là avant l’œuf,  on peut aussi imaginer que les femelles papillons pondent beaucoup d’œufs pour compenser les pertes causées par les parasitoïdes et qu’elles en pondraient beaucoup moins si ces derniers  n’étaient pas là.

Les papillons et les fourmis

On sait que les fourmis pratiquent le mutualisme avec les pucerons ou des cochenilles dont elles apprécient beaucoup le miellat sucré. On sait moins que les fourmis pratiquent également le mutualisme avec certains lépidoptères.

Myrmécophilie

Qui a déjà vu un papillon tomber dans une fourmilière et se faire immédiatement dévorer par des centaines de fourmis sera étonné.  Et pourtant, les fourmis pratiquent bien le mutualisme avec les certaines espèces de lycènes . Cette relation au sein de laquelle chaque espèce profite positivement de l’autre est appelée myrmécophilie lorsqu’elle se déroule entre des fourmis et une autre espèce. Ce peut être une autre espèce animale, mais aussi des espèces végétales . Un exemple connu que j’ai déjà évoqué ailleurs est celui qui unit les fourmis d’Amérique centrale Pseudomyrmex ferruginae avec des arbres du genre vachellia (ex acacia).

Une fourmi myrmica ramène une chenille à la fourmilière (photo Google )

L’arbre fournit un abri aux fourmis et les nourrit grave à des petites excroissances qui fournissent un liquide riche en sucre et en protéines . En échange, les fourmis protègent l’arbre en attaquant violemment les ruminants qui auraient la mauvaise idée de vouloir croquer ses feuilles. Elles vont même jusqu’à désherber le pied de l’arbre pour qu’un autre végétal ne vienne pas faire de l’ombre à leur hôte.

Avec les lépidoptères le mutualisme se déroule au stade la chenille.  Il existe principalement avec des membres de la famille des lycènides . Les chenilles de ces espèces sont en effet dotées de petits mamelons sécrétant un liquide sucré qui se rapproche du miellat et qui plait beaucoup aux fourmis.  Pour les fourmis, ce liquide est un apport nutritif important qui est notamment très apprécié au début du printemps quand les pucerons ne sont pas encore apparus.

Le liquide des chenilles est tellement apprécié que plusieurs espèces de fourmis peuvent se battre pour en garder le contrôle.  

 La glande de Newcomer

Les glandes qui fournissent le liquide sucré se nomment les glandes de Newcomer et portent le nom de l’entomologiste anglais Erval J.Newcomer qui les décrivit en 1912. Ces glandes ont la particularité de distribuer des gouttes d’un liquide sucré et riche en acide aminé lorsqu’elles sont stimulées par les antennes des fourmis . Le gout dépend de la plante hôte de la chenille ce qui explique pourquoi certaines chenilles sont plus sollicitées et apprécie par les fourmis .

Les relations que les chenilles entretiennent fourmis vont des relations occasionnelles à des relations obligatoires.

Les relations occasionnelles  

Certaines espèces de chenilles ont des relations occasionnelles, dites facultatives, avec les fourmis. C’est alors l’occasion qui fait le larron. Les femelles papillons pondent leurs œufs sur les plantes hôtes qui se trouvent de préférence près d’une fourmilière. Attirés par l’odeur des chenilles, les fourmis ne tardent pas à venir les voir puis reste à proximité pour bénéficier de leur miellat.  En échange elles les protègent des parasitoïdes ou d’autres prédateurs. Il arrive même qu’elle reste près d’elles la nuit pour les protéger, mais la relation n’est pas obligatoire. Ces chenilles apprécient la présence des fourmis et leur protection, mais peuvent parfaitement se développer si la femelle papillon s’est trompé et à pondu ses œufs loin d’une fourmilière . 

Fourmis crématogaster sp protège la chenille d’une chenille de lycaenidae (photo Google )

L’importance de ces chenilles pour les fourmis est telle qu’il arrive qu’elles récupèrent des chrysalides pour les protéger et les mettre à l’abri dans leur fourmilière. l’intérêt, là, est d’avoir la certitude que le papillon arrivera à son terme sans être parasité qu’il se reproduira et donnera vie à d’autres chenilles qui viendront les nourrir. Quand la nourriture est bonne, on a envie qu’elle revienne.

Les relations obligatoires

D’autres espèces de lycènes ne peuvent pas se passer de ce mutualisme et meurent si les fourmis ne s’en occupent pas. Comme dans le cas précédent, les femelles de ces espèces pondent alors leurs œufs en prenant soin de le faire sur des plantes hôtes qui se situent à proximité des fourmilières. Les chenilles sont alors visitées par les fourmis qui se nourrissent de leur miellat et les protègent . Il arrive aussi que ces chenilles entrent dans la fourmilière, mais sans jamais se nourrir des larves . La protection des fourmis est ici essentielle, car sans elles ces espèces seraient complètement parasitées et disparaitraient. Le lien qui unit les deux espèces est tel que la disparition de l’une, dans un espace donné, pourrait amener la disparition de l’autre.

Les relations obligatoires parasites

La myrmécophilie est une relation gagnant entre deux espèces qui en tirent profit  . Quand l’un des deux en retire un bénéfice  mais que l’autre y perd au change,  on n’appelle  plus cela le mutualisme ou la myrmécophilie mais le parasitisme.

C’est le cas, par exemple, entre l’azuré du serpolet (phengaris arion) et les fourmis.

Le cycle débute comme les autres par la ponte de la femelle  qui choisit une plante hôte à proximité d’une fourmilière.  La chenille commence son développement en se nourrissant de sa plante hôte et après plusieurs mues se laisse tomber au sol.   Encore minuscule, elle gonfle légèrement son thorax  pour ressembler aux larves des ouvrières et émet des signaux chimiques et acoustiques rapidement détectés par les fourmis.  L’une d’entre elles vient alors la ramasser et croyant avoir affaire à une larve de fourmis la transporte dans la fourmilière.  La chenille, qui se nourrissait jusque-là de feuilles, change alors son alimentation et se met à manger les larves des fourmis. Là s’arrête la myrmécophilie, et là commence le parasitisme.

Bizarrement, les fourmis la laissent faire bien que cette dernière soit en train de dévorer leurs petits . Il semblerait que la chenille émette des odeurs qui neutralisent l’agressivité des fourmis et qu’elle pousse des petits cris qui imitent les signaux de détresse des ouvrières.   Ces deux actions font qu’elle devient inattaquable et qu’elle est  même protégée par l’ensemble de la fourmilière.

La chenille vivra ainsi aux dépens des fourmis pendant une dizaine de mois avant de se transformer en chrysalide puis  devenir un papillon adulte .

Les prédateurs

On parle souvent des dégâts causés par les chats sur les populations d’oiseaux. Bien plus rarement des dommages causés sur les oiseaux sur les populations de papillons. Je n’ai d’ailleurs jamais entendu une seule personne se plaindre des traitements infligés aux chenilles ou aux vers de terre par d’autres espèces, alors que la prédation du chat sur les oiseaux déchaine les passions et génère des tas de commentaires agressifs sur les réseaux sociaux.

Et pourtant la mésange ou les moineaux font autant de dégâts, voire bien plus, sur les populations de lépidoptères. Mais pas une seule plainte !

La raison ? Les humains s’identifient à la “gentille” petite mésange alors qu’ils ne veulent pas entendre parler de la “méchante” chenille ou du “vilain” ver de terre qui les dégoute. 

Ils souhaitent donc défendre la mésange dans laquelle ils se sont projetés alors qu’ils se moquent de la vie du ver ou de la chenille qu’ils rejettent et dont ils ne veulent pas entendre parler.

Le narcissisme, là encore, est au cœur de la relation que les humains entretiennent avec les autres espèces. On n’aime pas l’animal pour ce qu’il est, mais on l’aime uniquement si on peut s’y projeter. Ce n’est pas lui qu’on aime, mais nous, en lui.

Les principaux prédateurs des chenilles et des papillons sont en effet les oiseaux. Les insectivores s’en nourrissent pendant toute la belle saison. Mais ils ne sont pas les seuls.

Guêpiers d’Europe et Machaon (photo Google )

Les oiseaux granivores comme les moineaux en font une consommation très importante au moment de la nidification pour nourrir leurs petits qui ont besoin des protéines contenues dans le corps des chenilles et des vers pour se développer.

Un seul couple de mésanges bleues ou de mésanges charbonnières  peuvent consommer jusqu’à 500 insectes par jour pour nourrir leurs  petits. Étant donné le nombre de naissances des passereaux au printemps, on peut imaginer l’importance de la prédation qui se déroule à cette période.    

Des observations ont aussi montré que de nombreux papillons portaient des traces de becs d’oiseaux. Ceux-là ont réussi à échapper aux prédateurs, mais on pouvait en déduire une fréquence d’attaques très importantes et considérer qu’un nombre tout aussi important de papillons n’ont pas eu cette chance.  Des études plus larges ont montré qu’un papillon sur deux est tué par les oiseaux avant d’avoir eu le temps de se reproduire. Les moins chanceux sont tués avant même d’avoir été totalement libérés de leur chrysalide, mais la plupart sont surpris lorsqu’ils sont au repos ou en vol. L’habilité redoutable des oiseaux insectivores leur laisse peu de chance.

Robert le diable qui a subi une attaque d’oiseau
Flambé qui a subi une attaque d’oiseau
Petit mars changeant qui a subi une attaque d’oiseau

  

Pour se protéger des prédateurs, les chenilles et les papillons ont développé des stratégies qui fonctionnent plus ou moins. Parmi elles se trouve l’aposématisme qui prévient le prédateur d’un danger par des signaux, des sons ou des odeurs. D’autres stratégies existent comme se laisser tomber et faire semblant d’être mort. Cette stratégie est d’ailleurs employée par de nombreux insectes.

Ils utilisent également le camouflage en ayant un côté des ailes qui ressemble à l’environnement dans lequel ils se trouvent. Les ailes des lépidoptères comportent d’ailleurs souvent deux faces très différentes. Une qui sert à se cacher. En principe, le dessous. On parle alors de motifs cryptiques. Et une autre qui sert à faire peur aux prédateurs. C’est le plus souvent le dessus sur lequel on peut trouver des ocelles qui ressemblent à des yeux.

Mante religieuse qui mange un argus bleu

Les papillons sont également victime des guêpes comme je l’ai montré dans le chapitre précédent. Ils sont aussi la proie des mantes religieuses ou  araignées qui les immobilise dans leurs toiles . Les plus gros  parviennent souvent à s’en extraire, mais les plus petits parviennent rarement  à s’en sortir   .

Les petites araignées-crabes (misumena vatia) sont aussi de redoutables prédateurs des papillons. Perchées au somment d’un iris, d’une pivoine ou d’un viburnum,  elles peuvent restés des heures immobiles sans bouger. Elles sont d’autant plus difficiles à voir qu’elles peuvent changer sa couleur en fonction de la fleur sur laquelle elles se trouvent.

L’araignée crabe qui arrive jaune sur une fleur blanche
Quelques jours après ,elle est devenue blanche

Elles sont ainsi capables de passer en quelques jours de la couleur jaune à la couleur blanche pour se fondre dans le décor . Très patientes, elles attendent qu’un papillon vienne se poser devant elles. Elles se jettent alors sur lui, le maintiennent avec leurs pattes avant et lui injectent leur venin paralysant . Celui-ci contient des agents dissolvants qui réduisent les chairs en jus que les araignées aspirent .

Parmi les prédateurs importants, on compte aussi les coléoptères . Une étude consacrée aux piérides qui vivent en plein champ a montré que les membres de la famille des Carabidae et quelques autres invertébrés détruisaient à eux seuls plus de 50 pour cent des chenilles au stade de la première et de la deuxième mue (instars ).

Cette même étude a également montré que les oiseaux commençaient à s’intéresser aux chenilles lors du 3e instar* et qu’ils étaient à cette occasion responsable de la prédation de 50 pour cent des chenilles.  

Cette 3e mue et les suivantes correspondent au moment où les passereaux doivent apporter des protéines à leurs juvéniles pour que ceux-ci puissent se développer correctement. Les chenilles qui contiennent plus de 50 % de protéine et les vers de terre dont le taux frôle les 70 % sont pour eux la nourriture idéale .

D’autres animaux peuvent aussi s’en prendre aux chenilles comme les lézards, les serpents ou les souris .

Des bactéries, des virus et même des champignons pathogènes sont aussi la cause de nombreux décès parmi les chenilles

Les ocelles

Les ocelles sont des motifs ronds que l’on rencontre très fréquemment sur les ailes des papillons . Ils peuvent se trouver sur ou sous les ailes et peuvent être gros ou plus petits .

Les “yeux” du paon du jour (Aglais io )

Noirs ou très colorés, ils contiennent parfois en leur centre  1 ou plusieurs petits points qui semble marquer le centre de l’ocelle . On dit alors que les ocelles sont pupillés.

Les naturalistes se sont beaucoup interrogés sur la fonction de ces motifs et plusieurs hypothèses ont été avancées .

Les grands ocelles auraient avant tout pour mission de faire peur aux  prédateurs .

Lorsque l’un d’eux s’approche, le papillon ouvre ou ferme  les ailes selon l’endroit où elles se trouvent et les ocelles, qui  ressemblent à de grands yeux, apparaissent  alors brusquement.  Certains spécialistes pensent que le prédateur s’enfuie parce qu’il est persuadé de faire face aux yeux d’un animal plus grand que lui . D’autres trouvent que la première hypothèse est trop anthropomorphique et que la peur est surtout crée  par  la soudaineté avec laquelle  ces formes géométriques souvent  très colorées lui sautent au nez .  

Les petits ocelles auraient une autre fonction et seraient là pour servir de cible.

Placé volontairement sur des zones non vitales elle aurait pour fonction d’attirer l’attaque des oiseaux ou d’autres prédateurs vers ces parties peut importantes pour les détourner des zones vitales qui condamnerait le papillon .

Mieux vaut perdre un petit bout d’aile que d’être attaqué à la tête au thorax ou à l’abdomen .

Thécla zébrée (Panthiades bathildis) Maids ou est donc la tête ? (Photo Google)

Certains papillons comme la Thecla zebrée ont une association de ligne et d’ocelles qui crée un  trompe-l’œil et  donne l’impression que sa tête est à un endroit alors qu’elle est en réalité à l’autre bout . La fonction de ce genre de dessin est de tromper l’oiseau qui attend souvent que le papillon décolle pour l’attraper . ici il s’attend à le voir décoller dans une direction et le papillon part dans une autre.  

Le Mimétisme

Le mimétisme est un autre moyen de défense très fréquent chez les êtres vivants. Son objectif est toujours de faire croire que l’on est autre chose que ce que l’on  prétend être. En règle générale, il a une fonction de protection . L’imitation est là pour tromper l’autre. Chez les papillons et de nombreux insectes,  le mimétisme  a principalement pour rôle  de faire croire que l’on est toxique ou dangereux  et que s’en prendre à nous serait une très mauvaise idée. Ce phénomène est notamment très fréquent chez les papillons tropicaux, mais on le rencontre aussi en Europe chez de nombreux insectes . Le « copieur » est toujours une espèce non toxique ou non venimeuse qui endosse  la livrée colorée (aposématique*) d’un insecte toxique ou venimeux.

Chez les insectes la copie ne se fait pas bien sûr grâce à une volonté  de l’animal, mais par le  phénomène de la sélection naturelle découverte et décrite par Charles Darwin  .  Les animaux qui ont certaines qualités ou certaines particularités sont moins victimes des prédateurs et transmettent  leur patrimoine génétique aux générations suivantes . À l’inverse, ceux  dont les qualités et les caractéristiques sont moins adaptées au lieu où à l’environnement meurent plus facilement et transmettent moins leur patrimoine génétique. Ce n’est pas l’individu qui agit, mais l’environnement qui dicte sa loi .

Sur une certaine durée la  forme particulière d’une espèce  peut  disparaitre et une  autre se développer.

On distingue deux sortes principales de mimétisme. Le mimétisme Batésien et le mimétisme Müllerien.

Mimétisme Batésien

Ce mimétisme a été découvert par  1863 par l’entomologiste Henry Walter Bates. Au cours d’un de ces voyages en Amazonie il découvrit qu’un papillon avait évolué au fil du temps grâce au phénomène de la sélection naturelle pour prendre les couleurs d’un autre papillon qui faisait partie d’une autre famille.   Bates compris que le premier papillon avait évolué  pour profiter de la protection aposématique* du deuxième.

En faisant des recherches Bates  trouva de nombreux autres cas de ce genre de mimétisme chez les reptiles (couleuvre faux corail) les papillons (sésie apiforme) , les syrphes ou les mouches (bombylidés) et il en tira quelque lois comme:

Frelon Européen (hymenoptère)
Sésie apiforme (Lepidoptère)

-L’espèce qui copie l’autre vit dans la même région et à la même période que l’autre

-Ceux qui copie sont toujours plus vulnérable que l’espèce copié. Ils sont également moins nombreux .

-Les copieurs font également toujours  parti d’une famille différente du copié, etc…

La découverte de Henry Walter Bates prit alors son nom et on parle encore aujourd’hui  de mimétisme Batésien pour nommer ce phénomène.

Le mimétisme Batésien est une stratégie d’adaptation par l’imitation.

Il s’agit de profiter de la crainte que génère « le vêtement »  de l’autre pour se protéger et  allonger sa durée de vie.

Elle implique toujours trois acteurs.

  1. Le modèle qui va être copié (sa tenue colorée signale sa toxicité)
  2. L’imitateur qui subit la transformation (il n’est pas toxique)
  3. Et le dupe qui va prendre l’imitateur pour le modèle (il prend l’habit pour le moine ).

Chez la plupart des animaux, cette stratégie met plusieurs milliers d’années à se développer puisque la sélection naturelle a  besoin de temps  pour faire évoluer génétiquement l’apparence d’une espèce . On comprend que la transformation importante  de la Sésie du peuplier ne s’est pas faite en un jour. Il existe toutefois des exceptions comme la phalène du bouleau (Biston betularia) ou la transformation pigmentaire assez simple  de la couleur blanche à la forme mélanique puis retour à la forme blanche  se fit une période de 100 ans. Dans ce cas Il s’agissait moins de faire peur que de rester invisible sur le tronc des bouleaux (Voir article sur la phalène du bouleau )

Le mimétisme Batésien est une sorte de parasitisme

Le mimétisme Batésien est une sorte de parasitisme puisque l’imitateur copie le modèle et vit en quelque sorte « sur son dos ».

Et comme tout parasitisme il peut avoir des conséquences positives ou négatives.

Parmi ses conséquences inattendues, il y a le fait que l’espèce copieuse va dans un premier temps se développer, car elle est maintenant crainte des prédateurs et peu chassée. Sa population va alors croitre. Devant le surnombre  quelques insectes « malvoyants » vont s’attaquer à elle se rendre compte qu’elle est excellente.

Le message va alors se répandre parmi les prédateurs que les insectes ayant cette tenue sont comestibles et l’effet aposématique va peu à peu disparaitre.

Le résultat de ce jeu de dupe est que le modèle lui-même, malgré sa réelle toxicité, va  être attaqué et sa population mise en danger à cause de ces insectes imitateurs qui ont endossé son vêtement pour tromper les prédateurs.

La morale de cette histoire, si on peut en tirer une,   est que toute action ou inaction peut avoir des conséquences et que la fragilité ou la force, les gentils ou les méchants ne sont pas toujours du côté qu’on croit.

On peut également se servir de ce type de phénomène très fréquent pour réaliser que la vie est faite de nombreuses illusions et que les êtres illusionnés qui prennent l’habit pour le moine sont bien plus nombreux qu’on l’imagine.

Mimétisme Müllerien

On parle de mimétisme Müllerien lorsqu’une espèce toxique imite une autre espèce toxique pour que l’impact visuel qui dit « DANGER » prenne encore plus de poids .  À la différence du mimétisme Batésien, il n’y a pas ici de tromperie et encore moins de dupes puisque les deux espèces sont toxiques. Le mimétisme Müllérien est un mimétisme gagnant-gagnant. Le résultat est un renforcement du message qui protège encore mieux   le copieur comme le modèle.

Le concept de mimétisme Müllérien doit son nom à Fritz Müller (1822/1897), un zoologue allemand qui l’a découvert et expliqué en 1878.  Fervent défenseur de la théorie de l’évolution, il correspondait régulièrement avec Darwin qui disait de lui qu’ il était le roi des observateurs.

Mimétisme adaptatif

Il s’agit d’un mimétisme qui permet à l’animal de s’adapter à un événement particulier . La mutation de la phalène du bouleau est un exemple de mimétisme adaptatif .

Voir mon article sur la phalène

Conclusion

Ce que l’on  peut  retenir de cette histoire est que la nature est merveilleuse et  que les espèces, contrairement à ce que l’on pourrait croire sur une courte durée,  ne sont pas fixes, mais qu’elles ont au contraire  une  grande variabilité  qui leur permet de s’adapter à de nombreux environnements.

Il ne faut jamais oublier que les formes qui sont considérées comme la norme aujourd’hui peuvent être considérées comme anormales demain,  et que celles qui sont considérées comme à la marge aujourd’hui peuvent devenir la norme demain si leur particularité correspond à l’environnement à venir .

Il ne faut pas oublier non plus  que l’évolution ne vient jamais des individus eux-mêmes, mais de l’environnement qui sélectionne ceux qu’il juge  les mieux adaptés à la situation en piochant dans les individus qui se trouvent à la  marge  .

L’évolution est d’ailleurs un terme qui ne convient pas toujours puisque comme on l’a vu  dans le cas de la phalène du bouleau  une espèce peut évoluer pour s’adapter à un évènement particulier  puis revenir à sa forme première lorsque cet évènement disparait .

Cryptisme

Du grec cryptos , « caché ».

Le cryptisme est un moyen de défense utilisé par les papillons pour se protéger des prédateurs comme les oiseaux ou les libellules  . Il consiste  en une coloration discrète du dessous des ailes  qui fait que le papillon est peu visible lorsqu’il se pose sur une feuille ou une  branche. Les couleurs utilisées  sont en général ternes et proches des teintes  de la nature. On trouve notamment des coloris  verts ,  bruns, marron ou beige  . Le dessous de l’aile peut même contenir toutes ses couleurs pour  que le papillon puisse se fondre aussi bien sur un feuillage que  sur un tas de terre .

Exemple réussie de cryptisme . si vous trouvez le Tircis vous avez de bons yeux
Tircis (Pararge aegeria)

Quand la couleur d’une partie de l’animal est de la même couleur que celle de son environnement, on parle de teintes homochromes. La couleur est importante, mais certaines espèces y ajoutent la forme.

Le Robert le diable (Polygonia c album) par exemple a des ailes de couleur  brune qui peuvent faire penser à des feuilles mortes, mais il possède aussi des ailes aux contours très découpés dans lesquelles certains ont pu voir la tête d’un diable. Ces formes complexes ont pour but de tromper le prédateur en dissimulant la forme arrondie  classique que les oiseaux connaissent bien et par laquelle ils sont attirés .  

D’autres papillons , comme le citron , ont des ailes qui imitent  la forme des feuilles.

Robert le diable (polygonia c album) sur Verveine de Buenos Aires

Dans ce style,  les exemples les plus frappants sont les papillons du genre  Kallima appelés aussi “papillon-feuille”.  Au repos, ces papillons sont quasiment indétectables tant ils ressemblent à un végétal. La couleur est exactement la même que celle d’une feuille morte, et le mimétisme va  jusqu’à représenter les nervures.

 Ce papillon pousse très loin le sens de la copie  puisqu’il va même jusqu’à se laisser tomber comme une feuille morte lorsqu’il  il se sent menacé.

Papillon feuille du genre Kallima
Papillon feuille du genre Kallima

Cette espèce est d’autant plus surprenante que l’intérieur de ses ailes est fortement coloré. La différence est telle entre les deux faces qu’on pourrait croire qu’il s’agit de deux papillons . La nature, ici, a voulu marquer le coup et elle a attribué à chaque face deux fonctions opposées . Le dessous est là pour cacher  le papillon aux yeux des prédateurs alors que l’intérieur est là  pour être vu  de loin par les femelles et impressionner les concurrents .   

halera bucephala (comme un bout de bois)
Cilix glaucata (Imite une fiente d’oiseau)

Les papillons invisibles

  Le cryptisme  peut aller très loin. Certains papillons peuvent imiter des morceaux de bois, voire des fientes d’oiseaux.  Certains papillons utilisent même la transparence comme moyen de défense. Pas vu pas pris. Mais cette stratégie est assez rare car elle comporte aussi des inconvénients.  Les ailes transparentes ont en effet le défaut de briller au soleil et peuvent attirer les prédateurs. Pour cette raison les papillons transparents se rencontrent surtout  dans les forêts tropicales épaisses ou l’atmosphère est plutôt sombre.

Greta oto

La transparence des ailes de ce papillon a été étudiée par des chercheurs allemands de l’institut de technologie de Karlsruhe qui ont mis en avant les grandes qualités de ces ailes . Les verres que nous fabriquons reflètent 8 à 100 % de la lumière en fonction de l’angle avec lequel ils sont touchés par le soleil. Les ailes du  Greta oto, elles, ne reflètent  que 2 à 5% de la lumière,   et cela quel que soit le degré d’incidence de la lumière.

Après les avoir étudiés,  les chercheurs ont découvert que ce phénomène très puissant d’absorption de la lumière venait de ce que les ailes étaient composées de nanostructures en forme de piliers dont chacune avait des tailles et des  formes très différentes des autres.

Il semblerait que des recherches  plus poussées aient lieu actuellement  pour adapter ces qualités antireflets très puissantes aux verres de nos lunettes.

Lorsque le camouflage joue uniquement sur la couleur on parle de mimétisme homochromique

Lorsque le camouflage jour uniquement sur la forme on parle de mimétisme homomorphique.

Lorsque  le camouflage  joue sur  la forme et la couleur on parle de mimétisme Homotypique.

D’où viennent les couleurs

Sur ce sujet pourtant passionnant, je ne m’étendrai pas, car il dépasse mes compétences et se situe dans un domaine qui reste très abstrait pour moi .

Pour ne pas vous laisser sans réponse, je reprends quelques éléments extraits de mes nombreuses lectures sur ce thème  . Quand on veut comprendre, on ne compte pas .

la couleur des papillons peut provenir de 3 sources principales.

Elle peut être générée par des pigments, provenir d’une structure ou naitre grâce à la combinaison des deux facteurs.

Elle peut ainsi se trouver à deux endroits . Soit être contenue dans les écailles qui sont posées sur la structure due, papillon soit se trouver dans l’épiderme qui se trouve sous les écailles de telle sorte qu’elle ne disparait pas quand une écaille tombe comme cela arrive assez souvent . Elle peut aussi se situer dans un jeu entre plusieurs facteurs.  

La coloration par pigments.

Les couleurs de type pigments sont d’origine chimique. Selon Paul Smart qui a écrit un article complet sur le sujet dans son encyclopédie des papillons, elles résulteraient de processus complexe comme l’excrétion.

Parmi les pigments dont disposent les papillons, on trouve : la mélanine responsable des couleurs noires et brunes . La ptérine qui crée le jaune ou le beige .  La leucoptèrine pour le blanc. Mais il y a aussi la xanthoptérine (jaune), l’erythroptérine (rouge), etc. 

La juxtaposition des écailles peut aussi donner l’impression de nouvelles couleurs.

Les pigments étant fragiles ils s’atténuent avec le temps et sont parfois presque effacés par l’action du soleil ou de la pluie qui les délavent .

La coloration structurelle

La coloration structurelle ou physique résulte, elle, de phénomènes optiques dus à de multiples causes comme la réfraction, la diffraction ou la polarisation de la lumière . On peut comparer le phénomène aux effets de couleur qui se produisent lorsqu’on observe une goutte d’huile tombée à la surface de l’eau .  Eau comme huile sont des liquides totalement transparents et pourtant de nombreuses couleurs apparaissent . Il s’agit en réalité d’effets produits par la lumière qui traverse l’huile puis se réfléchit dans l’eau . La particularité de ce type de coloration est que la couleur se modifie  selon le point de vue d’où on observe la scène  .  

La même chose se produit sur certains papillons qui peuvent paraitre marron lorsqu’on les regarde d’un certain angle et bleu quand on les observe d’un autre endroit ; ce phénomène que l’on retrouve sur d’autres animaux se nomme l’iridescence.

La coloration par pigments+ colorations structurelles .

Chez de nombreux papillons, on retrouve les deux sources de couleurs mélangées . le marron pigmentaire d’un papillon peut par exemple être balayé par l’iridescence bleue d’une couleur structurelle.

st en réalité à l’autre bout . La fonction de ce genre de dessin est de tromper l’oiseau qui attend souvent que le papillon décolle pour l’attraper . ici il s’attend à le voir décoller dans une direction et le papillon part dans une autre.  

Les papillons et leurs plantes hôtes

Le printemps n’est plus très loin et c’est le bon moment pour  installer quelques « plantes hôtes » pour nos amis  les papillons. 

Ce que l’on appelle « plante hôte » est un végétal sur lequel la femelle papillon  va venir pondre  pour que ces chenilles, à peine écloses,  puissent se nourrir sans avoir à faire des kilomètres.

Sylvaine en train de pondre ses oeufs sur l’une de ses plantes hôtes

Chaque espèce a une ou plusieurs plantes hôtes et si vous plantez l’une d’elles dans votre jardin ou sur votre balcon il y a de grandes chances pour que le papillon viennent y déposer ses œufs . Inutile de dire que ces derniers vivent ensuite autour du lieu de ponte (la maternité) et qu’il y a de fortes probabilités pour qu’ils restent chez vous s’ils y sont nés.*

La plupart des lépidoptères sont en effet sédentaires même si certains d’entre eux effectuent  des  migrations. Le monarque américain ou notre belle dame européenne sont connus pour effectuer de longues migrations qui peuvent aller jusqu’à 4000 ou 5000 kilomètres aller-retour . La migration s’effectue bien sûr sur plusieurs générations .

On pense parfois à mettre des plantes  nourricières pour que les papillons viennent les butiner, bien plus rarement à installer  des plantes hôtes.

C’est aussi cela un jardin antispéciste. On ne le conçoit plus uniquement autour de soi,  mais on le tourne vers d’autres espèces et on essaye de faire en sorte qu’elles s’y sentent bien.

Pour commencer, on laissera pousser l’ortie (Urtica dioca)  qui est  souvent considérée comme une mauvaise herbe par les adeptes du jardin bourgeois   alors qu’elle est la reine des végétaux  et la plante hôte qui attire le plus de papillons . Je l’apprécie  tellement que j’ai créé une allée des orties au jardin des oiseaux. Mais je suis sûr que vous la verrez autrement dès que vous saurez que 40 papillons parmi les plus beau y pondent dessus  . Laisser s’installer quelques plants  d’orties dans son jardin c’est avoir la quasi-certitude de revoir des lépidoptères que l’on croyait disparus .

chenilles d’hyponomeute du fusain dans leur cocon sur leur plante hôte, le fusain.

N’oubliez pas non plus que les fleurs naturelles  « dites sauvages » sont les préférées des papillons (et des insectes) tant pour le butinage que pour la ponte.  Une partie du jardin des oiseaux est laissé à l’état naturel et c’est elle qui, de très loin,  voit passer le plus de papillons et d’insectes variés.

liste des plantes hôtes avec le nom des papillons qui viennent y pondre.

Plantes hôtes 

Alliaire officinale : Piéride du navet

Achillée millefeuille : Mélitée orangée

Aristoloche : La Diane

Bouleau verruqueux : Morio, Feuille morte, Phalène perlée, Thécla du Bouleau,etc…

Bourdaine : Citron

Brachypode des bois: Sylvaine

Brachypode penné : Demi deuil, Sylvaine, Tircis, Hesperie du dactyle,  Satyre

Brome dressé : Demi-deuil

Buis : Pyrale du buis

Camérisier : Petit mars changeant

Cardamine des près : Aurore

Centaurée jacée : Mélitée des centaurées , Mélitée du plantain , Phalène picotée, Ecaille pourpée, etc…

Chênes : Thécla du chêne

Chèvrefeuille : Sphinx gazé, sylvain azuré, petit sylvain, etc

Chou potager : piéride du chou

Colza : piéride de la rave, Piéride du chou, etc…

Cornouiller sanguin : Thécla de la ronce, Azuré des nerpruns

Coronille bigarré : Fluoré, Zygène de la coronille, Azur bleu nacré, etc…

Fenouil : Machaon, etc…

Fétuque rouge : Demi deuil

Framboisiers : Bombyx de la Ronce, Robert-le-diable, Ecaille chinée

Fuschia : Grand sphinx de la vigne

Gaillet blanc : Moro sphinx, Petit sphinx de la vigne, etc…

Groseillier épineux : Gamma, Vanesse des chardons 

Hêtre commun: Zeuzère du poirier, Grand paon de nuit, Géomètre papillonaire

Houblon : Paon du jour

Houque laineuse : le némusien

Laurier rose : Sphinx du laurier rose

Moutarde des champs : Piéride du chou

Nerprun: Citron , citron de provence, la farineuse, l’azuré des nerpruns, la thécle de la ronce, la feuille morte du chêne, la phalène du marronier, etc….

Noisetier : Robert le diable

Orpins blanc : L’Appolon

Orties : Belle dame, Paon du jour , Petite tortue, Pyrale de l’ortie , L’Ecaille rouge , l’Ecaille martre, l’Ecaille cramoisie, l’Ecaille lièvre, l’Ecaille ensanglantée, la Carte géographique, le Vulcain, le Robert, le diable, Lambda, la Pulsie confluente, La Méticuleuse, la Noctuelle à lunettes,etc….

Oseille sauvage : Cuivré commun

Panais cultivé : Machaon

Pariétaire des muraills : Vulcain

Pâturins : Myrtil, Demi deuil, etc…

Pêcher : Flambé

Peuplier tremble : petit mars changeant

Primevères : lucine

Prunellier :  Flambé, Gazé, Thécla du Prunellier, Phalène du Sureau

Prunier : Thécla du bouleau, flambé

Ravenelle : piéride de la rave

Rosacées : Gazé

Romarin : Azuré de la luzerne

Saule Marsault : Grand Mars changeant, Sésie frelon, Grande Tortue, , etc… 

Trèfle : Argus bleu

Vigne : Grand sphinx de la vigne

Etc….

Comment les papillons passent t’ils  l’hiver?

Comme on l’a vu dans des chapitres précédents, certains papillons choisissent de migrer. l’automne venu, ils repartent vers des climats plus adaptés à leur nature d’animaux ectothermes.

Mais nombre d’entre eux restent sur place et vont passer l’hiver à différents stades .

Le papillon est en effet un insecte holométabole*. C’est-à-dire qu’au cours de sa vie il va passer par plusieurs états avant d’atteindre son stade définitif de papillon que l’on appelle l’imago. 

Paon du jour (aglais io)

Les différents stades du papillon sont donc : l’œuf ; la larve (chenille), la nymphe (chrysalide) et le papillon (l’imago).

Selon les espèces, les papillons vont passer l’hiver dans l’un ou l’autre de ces stades .

1 l’œuf   : De tous les stades, c’est surement le mieux adapté pour passer l’hiver . À l’abri de morceau de bois ou protégés par des broussailles, il peut faire face à de grands froids . Selon certaines études, les œufs seraient capables de survivre à des températures inférieures à 30 degrés . Autre avantage : étant de petites tailles,  ils sont peu visibles des prédateurs .

2 La chenille : Les papillons hivernent souvent à l’état de chenille . Pour résister au froid, elles vont en général s’enterrer dans le sol non loin de leur plante nourricière ou fabriquer un cocon fait de soie de feuilles.

3 La chrysalide

D’autres papillons hivernent au stade de la chrysalide . Celle-ci est généralement enfouie dans le sol ou comme les chenilles, protégées par un cocon de soie. Pour permettre à l’insecte de supporter les grands froids, les tissus de la chrysalide contiennent des substances antigels à base de glycol. Une chrysalide peut ainsi résister à des températures de –25 degrés . il va sans dire que les hivers où le froid est intense sur de très longues périodes des dégâts très importants sur tous les insectes ectothermes qui se sont cachés essayer de survivre. 

Chrysalide de robert le diable (Polygonia C-album)

4 Le papillon

On ne l’imagine pas, mais beaucoup de papillons passent également l’hiver au stade de l’imago qui est le  stade définitif de papillon . Les papillons vont d’abord chercher des abris comme les granges, les greniers, les cabanes de jardins, les petites cavités ou même des trous dans les murs. Mais tous ne parviennent pas à trouver d’abris qui les protègent complètement . Certains fabriquent donc des antigels à base de glycérol . Les substances sont sécrétées par les papillons à partir de l’automne et injectées à travers le corps et les ailes pour empêcher que les organes et les membranes ne gèlent . Ils vont ensuite se mettre à l’abri et se plonger dans un état de sommeil qui va ralentir tout le métabolisme.

Le citron (Gonepteryx rhamni) est l’un des papillons qui passent l’hiver à l’état de papillon ou comme le disent les spécialistes à l’état « d’imago ». Les citrons que vous voyez dès le mois de mars sont des papillons qui viennent de sortir de l’état de diapause dans lequel il s’était placé à l’automne.   L’unique génération du citron apparaitra au jardin vers le mois de juin ou juillet. Le citron fait partie des papillons qui vivent longtemps puisque sa durée de vie est de 12 mois.

Chrysalide de robert le diable (Polygonia C-album)

D’autres papillons  passent l’hiver à l’état d’imago comme la petite tortue qui est une championne dans sa catégorie puisqu’elle est capable de survivre à des températures de – 24 degrés  .

Et les fortes chaleurs comment les supportent t’ils ?

Les papillons étant des animaux ectothermes, ils ne supportent pas le froid, mais ne supportent pas mieux les très fortes chaleurs.

S’il fait trop chaud, leur température corporelle augmente et ils se déshydratent rapidement . Pour lutter contre ces chaleurs,  ils doivent  s’abriter du soleil et trouver des coins d’ombres  . Ils vont également chercher à boire en buvant dans des flaques, des piscines ou sur le bord des rivières.

Vous avez peut-être remarqué que lors des journées d’été  extrêmement  chaudes on voit  beaucoup moins de papillons. La raison est qu’ils se protègent du soleil et qu’ils ressortiront en début de soirée . S’ils se trouvent dans des régions pour des pays où la température monte subitement au-delà de ce que les papillons sont capables de supporter,  ils vont alors se mettre dans un abri et entrée en diapause comme ils le fond à la fin de l’automne. Cet état  leur permet de ralentir leur métabolisme et de pouvoir supporter les très fortes chaleurs. D’autres reprendront la route et migreront vers des régions où ils trouveront les températures adaptées à leurs organismes . C’est ce que font d’ailleurs les très nombreux papillons d’Afrique du Nord qui entreprennent une grande migration au début du printemps pour venir s’installer en France  et jusqu’au nord de l’Europe où les températures seront bien moins chaude qu’en Afrique.   la température idéale pour la plupart des papillons se situe entre 22 degrés et 28 degrés .

Combien de temps vivent les papillons?

La durée de vie des lépidoptères est très variable selon les espèces et peut aller de quelques heures à plusieurs mois, voire plusieurs années si l’on tient compte de tous les stades .

Les papillons éphémères

Certains papillons de nuit comme le petit paon de nuit ou le bombyx des buissons ne vivent à l’état adulte que quelques heures ou quelques jours . À peine le temps de trouver un partenaire, de s’accoupler puis de pondre pour la femelle .

Petit paon de nuit (photo google)
Chenille du paon de nuit

Le petit paon de nuit mâle, par exemple, meurt après deux ou trois jours après avoir émergé de sa chrysalide alors que la femelle vit un peu plus longtemps (une semaine) pour avoir le temps de pondre ses œufs.  

Dépourvus de trompe, ces papillons ne peuvent pas s’alimenter. Leur vie est exclusivement consacrée à la perpétuation de l’espèce. Les mâles de cette espèce possèdent heureusement des d’antennes pectinées très performantes qui leur permet de détecter rapidement  les phéromones diffusées par les femelles.

Les membres de la famille des Psychidae possèdent eux aussi  des pièces buccales atrophiées qui ne leur permettent pas de se  nourrir . Les mâles sortent de leur pupe après la nymphose et s’envolent aussitôt à la recherche des femelles. Ces dernières  ne sortent pas toujours de leur fourreau.

Fourreau de Pschidae (Photo google)

Quelques-unes s’en libèrent  le temps de l’accouplement, mais d’autres sont fécondés par les mâles à même le fourreau et elles y effectuent la ponte juste avant de mourir. Ces papillons vivent entre 1 et 5 jours à l’état adulte .

Mais tous les papillons  ne sont pas aussi éphémères.

Les papillons qui vivent plus longtemps

Les papillons qui ont une trompe ( probiscis) et qui sont capables de se nourrir vivent en général plus longtemps .

Les champions de la durée sont ceux qui hivernent à l’état adulte ou qui effectuent des migrations .

En France,  le citron , le Robert, le diable, le vulcain,   la grande tortue ou  le paon du jour qui hibernent à l’état adulte peuvent vivre  pendant 10 mois.  Les générations qui émergent des chrysalides en juillet-aout  passent l’hiver à l’abri . Au printemps, ils sortent de la diapause et se remettent à voler jusqu’au mois  d’avril ou mai de l’année suivante .

Paon du jour
Grande tortue
Citron

À l’étranger, le monarque peut vivre 9 mois à l’état adulte.

Mais la vie d’un papillon ne se résume pas à son stade adulte. 

Si l’on prend en compte les 3 autres stades de la métamorphose des lépidoptères, ce sont les espèces xylophages comme  les membres de la famille des Cossidae ou des Sessidae  qui vivent le plus longtemps puisqu’ils peuvent passer entre deux et 4 ans au stade larvaire.  

Larve de cossus gâte bois
cossus gâte bois adulte

Un papillon de nuit comme  le  grand paon de nuit  peut rester 1 ,2 ou  3 ans immobile sans manger enfermé dans leurs  chrysalides.

Certains papillons qui vivent en altitude ou dans des pays plus froids peuvent également vivre plusieurs années (2 ou 3 ans)  au stade nymphal .

La disparition des papillons

Ces dernières années, plusieurs études ont montré la disparition rapide des insectes.  Une étude est particulièrement significative puisqu’elle montre que les populations d’insectes ont diminué de 75 à 80 pour cent ces trente dernières années dans les pays européens .

Némusien femelle ou Arianne (Lasiommata maera )

Ces chiffres, très parlant, ne sont hélas pas pris au sérieux par l’opinion publique et encore moins par les autorités qui considèrent bien souvent les insectes comme quantité négligeable. On veut bien faire quelque chose pour l’abeille domestique qui produit du miel et nous rapporte de l’argent, mais on ne va pas stopper notre si belle agriculture intensive pour quelques malheureuses chenilles et autres araignées qui ne provoquent bien souvent chez les humains qu’une moue de dégout.

Un déclin général

Les scientifiques et les entomologistes nous alertent pourtant régulièrement sur le déclin très rapide des insectes qui sont particulièrement sensibles aux polluants.

Le dernier rapport de L’IPSES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques) montre que la disparition très rapide des insectes fait partie d’un déclin général. Selon ce même organisme, plus d’un million d’espèces pourraient disparaitre à brève échéance si les humains continuent à se comporter comme il le font aujourd’hui.

Les humains seuls responsables

Car nous sommes bien la seule cause de cette catastrophe écologique sans précédent  . Selon certains elle serait même la plus grande crise d’extinction des espèces qu’ait jamais connu la planète. 

la culture intensive qui a débuté au début du siècle et qui n’a cessé de se développer depuis est la première responsable.  

Les insectes ont commencé à disparaitre dès le début de ce type d’agriculture qui utilise énormément de produits chimiques  . L’utilisation des intrants comme les insecticides, les fongicides ou les herbicides sont autant de poisons qui tuent en masse les insectes. D’après la Commission européenne (Eurostat) 1,15 kilo de pesticides aurait été pulvérisé par hectare en France .

Une autre cause est la destruction des habitats. Sous la pression de l’agriculture et des constructions humaines, de plus en plus d’espaces qui étaient autrefois habités par les insectes sont bétonnés ou transformés et deviennent invivables pour les bourdons , les papillons ou les diptères qui n’y trouvent plus ni abri ni nourriture . Les monocultures à perte de vue sont une véritable catastrophe pour la biodiversité comme l’est la destruction massive des espaces naturels pour y construire des immeubles ou des lotissements .

Parmi les autres causes, on peut citer l’assèchement progressif des zones humides, le développement exponentiel du tourisme de masse ou encore l’éclairage permanent des villes et des campagnes qui perturbent considérablement l’activité des papillons de nuit . Rendus comme fous par les lumières, ces papillons passent leur nuit à se heurter contre les lampadaires . On les retrouve au petit matin vidés de toute leur énergie et si fatigués qu’ils en oublient de se nourrir ou de se reproduire .  Dans son livre « Quel est ce papillon ?», Heiko Bellman décrit des femelles tellement perturbées par les lumières qu’elles ne sont plus capables au petit matin de trouver leurs plantes hôtes et déposent leurs œufs sur le premier support venu où les chenilles n’auront aucune chance de trouver leur nourriture.

La désertification des campagnes

Paradoxalement, une autre raison de la disparition des papillons est la désertification de certaines campagnes reculées au profit de certaines zones surexploitées . Des surfaces importantes autrefois consacrées à la pâture sont aujourd’hui abandonnées et se transforment petit à petit en forêts qui sont moins favorables aux papillons que les prairies remplies de fleurs extrêmes variées . Mais cela n’est pas un problème puisque cela ne concerne ici que les papillons et que d’autres insectes peuvent se développer et vivre dans des milieux boisés. Il vaut mieux après tout une forêt remplie d’insectes variés avec peu de papillons, qu’une ville entièrement bétonnée où aucune espèce ne peut se développer. 

Le changement climatique

Une autre cause produite par les humains est le réchauffement climatique. Celui-ci crée des phénomènes météorologiques extrêmes comme les inondations ou les canicules qui provoquent des feux de forêt très importants  . On parle souvent des dégâts causés par le feu sur les habitations, mais l’on parle rarement de l’impact terrible que ces incendies ont sur les insectes (et les autres animaux) qui sont purement et simplement rayés de la carte. 

Je me souviens à ce sujet d’un fait divers qui m’avait choqué et qui montre le peu d’intérêt que notre société porte aux autres animaux.

Il y a quelques années ,une animalerie du Mans avait pris feu et le bâtiment avait été entièrement détruit .

À la télévision, un journaliste avait expliqué que 157 animaux de compagnie et 4 000 poissons avaient péri, brulés dans les flammes. Parmi eux ,des rongeurs, des poules, des reptiles, des oiseaux, des poissons, etc.

-“Heureusement, avait-il ajouté, personne n’a été blessé.”

Les papillons

La population des papillons d’Europe est particulièrement suivie par les scientifiques, car ils sont très sensibles à la pollution et à la destruction quasi industrielle des habitats dont ils dépendent.   Certains papillons ne pondent que sur 1 ou 2 plantes hôtes.  Il suffit que ces plantes disparaissent d’une zone pour que l’espèce disparaisse avec elles . On comprend alors pourquoi les monocultures sont une plaie et une véritable insulte faite à la biodiversité.  Et cela est aussi vrai pour les champs de blé à perte de vue que pour les régions viticoles où le terroir est terriblement appauvri par la surreprésentation d’une seule espèce végétale.

Prairie à papillons

En Allemagne, par exemple, où de nombreuses études ont été faites, plus de 40 pour cent des espèces de papillons sont menacés d’extinction et un certain nombre sont déjà éteintes .  Plus de 67 espèces de papillons vivaient il y a 100 ans autour de Düsseldorf alors qu’on n’en compte plus que 27 aujourd’hui. Sur les 480 espèces qui vivent aujourd’hui en Europe,  10 pour cent sont menacées et les populations de 30 % d’entre elles sont en déclin prononcé  .

le Mélibée  (fadet de l’élyme) (Photo lepinet.fr)

Dans leur livre « il faut sauver les insectes » Pierre-Olivier Macquart et Denis Richard cite des chiffres qui devraient nous faire réfléchir :

En France le Mélibée  (fadet de l’élyme) a disparu de 88 % des départements où il était présent en 1980 et il est considéré en danger critique.

L’Hermite (Chazara briseis) a disparu de 72 % des départements où il volait.

La bacchante a disparu de 48 % des départements où elle volait , etc…

D’autres auteurs* note la régression du fluoré (Colias alfacariensis), de l’Azuré bleu céleste (Lysandra bellargus) ou de l’Azuré bleu nacré (Lysandra coridon). Il n’existe pas en France de suivi précis des papillons de nuit, mais il y a de fortes probabilités pour que leurs populations connaissent la même régression que celles  papillons diurnes.

*Frederic archaux Dans l’intimité des papillons

Étymologie de l’ordre des lépidoptères

Lépidoptère est l’ordre qui regroupe l’ensemble des insectes qui ont des écailles sur le corps et notamment sur les ailes, c’est-à-dire les papillons. On ne les voit pas forcément à l’œil nu, mais les écailles des papillons apparaissent très nettement dès qu’on utilise un fort grossissement.

Le terme lépidoptère vient du latin « lépidoptera » qui descend lui-même du grec ancien  « λεπίς » (lepis) « écaille » et  « πτερόν »  (ptéron) « aile ».

Le mot « papillon » est un dérivé du latin « papilio » qui vient  lui-même de la racine latine « pil » qui signifie « aller , ou vaciller » .

« Papilio » serait né du redoublement de cette racine qui donne une sorte d’onomatopée imitant le battement des ailes du papillon .

On retrouve d’ailleurs ce style d’onomatopées pour décrire le papillon dans les autres langues.

 On dit farfala en italien.

Schmetterling en allemand

Butterfly en anglais

Mariposa en espagnol

 Papallona en catalan.

Borboleta en portugais.

Parpaillo (Parpalhhol) en occitan.

Ou balafenn en breton.

Les Romains reprirent le nom “Papilio” et baptisèrent ainsi des tentes qu’ils utilisaient à la guerre, car la forme des rideaux qui se trouvaient à l’entrée rappelait la forme du papillon .

De là est né » le mot « pavillon » qui désignait à l’origine cette tente militaire romaine et qui est devenu synonyme de construction légère.

Autres descendants  de « papilio », le mot « parpaillot »  qui désigne des protestants ou le mot « Papilionacée » qui désignait autrefois la famille des légumineuses (aujourd’hui Fabacea) . Il est employé encore aujourd’hui pour parler des plantes qui ont des fleurs dont la forme évoque   les ailes des papillons .

Pour expliquer le nom “parpaillot”, certaines  sources évoquent l’infidélité de certains protestants qui butinaient d’église en église. D’autres pensent  que cela est une allusion aux protestants qui étaient brulés sur le bucher, car jugés hérétiques . Les papillons viennent parfois se bruler les ailes  lorsqu’un feu brule la nuit .

On comprend la raison du mot « papilionacée » dès que l’on voit la forme des fleurs qui ressemble à des papillons  « papilionacé »

« Minute papillon » :  je ne pouvais pas passer sous silence  cette expression qui trouve son explication dans le mouvement souvent rapide avec lequel les papillons passent d’une fleur à l’autre.

Dans son ouvrage , « où les papillons passent -il l’hiver » l’entomologiste Patrice Léraut rappelle que  « papilloniste » fut proposé par Émile Littré  pour décrire le naturaliste  qui se spécialise dans les papillons, mais que ce terme ne parvint pas à s’imposer . Le mot “Lépidoptériste” gagna la bataille . Il  est toujours  employé aujourd’hui pour nommer les spécialistes des papillons (lépidoptères).

Étymologie chenille

Le mot  « chenille » vient du latin “canicula” qui signifie “petite chienne”. Ce nom a été choisi en raison de la ressemblance de la tête de certaines chenilles avec un chien.

(Photo chenille de la phalène)

 Petit rappel

La chenille est le deuxième stade après l’œuf du cycle des lépidoptères qui est l’ordre qui regroupe les papillons.

Le développement complet passe par 4 stades .

1) l’œuf,  2) la chenille, 3) la chrysalide et 4) le  papillon adulte qui est également appelé   « l’imago » ou le stade imaginal.

En biologie, le terme imago ou stade imaginal désigne le stade final d’un individu dont le développement se déroule en plusieurs stades.

Le nom « imago » a été donné à la forme définitive d’un insecte en fin de métamorphose  par le naturaliste suédois Carl Von Linné , car elle est alors à l’image (imago en latin) des parents.

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